Tremblay: Nuit et brouillard sur le passé [those who make Holocaust/Nazi comparisons to COVID restrictions]

Good commentary:

On s’inquiète beaucoup, à juste titre, devant les autodafés et les livres expédiés au nouvel enfer où croupissent les damnés. Mais ces ouvrages ne brûlent-ils pas davantage dans les mémoires ? Qui pousse à lire les trésors du passé tant que ça, au fait ? Faute de nombreux emprunts dans les bibliothèques, plus vite des chefs-d’œuvre se feront pilonner. À force de lever le nez sur la culture générale, taxée d’élitiste, vrai garde-fou pourtant et fanal d’éclaireur dans nos nuits, l’ignorance devient la norme et l’aveuglement, son terme.

Prenez les antivaccins défilant dans la rue avec leurs pancartes qui associent l’imposition du passeport sanitaire au sort des Juifs sous la botte nazie. Ils croient sentir le poids historique de l’étoile jaune sur leur t-shirt ou sur leur veste en s’en bricolant des récentes. Toute une coquetterie ! « Même oppression ; même combat pour les parias d’hier et d’aujourd’hui ! » crient-ils dans les manifs. À tous ceux-là, pour qui l’Holocauste ne fut qu’une répétition générale destinée à paver la voie aux supplices d’une vaccination générale réclamée au nom du bien commun, on dit : faites vos recherches. Voyez ! Lisez !

Le Troisième Reich est assez loin derrière pour verser nuit et brouillard sur les annales de l’humanité en ne laissant à des générations montantes que de vagues clichés de persécutions, récupérés pour mieux s’en draper. Mais les familles des survivants des camps de concentration, toute la communauté juive par extension, ne l’entendent pas de cette oreille et hurlent à l’indécence. On n’était pas là quand les Juifs de tant de pays d’Europe se sont fait imposer l’étoile infamante comme au bétail le sceau du maître. Pas là, quand ils se firent entasser dans des stades, puis des trains bondés, avant de se voir recrachés dans des camps pour être asservis ou brûlés. Mais comment plaider l’innocence ?

Pas là, mais transformés par certains témoignages à l’écran, à l’écrit. Du moins ceux d’entre nous qui s’y sont branchés. Que de nouveaux lecteurs se lèvent ! Car le nazisme aura brisé des illusions humanistes à jamais. Ces fringants SS torturant et tuant en série des foules d’innocents avant de repartir écouter du Wagner et du Brahms étaient des êtres dits sophistiqués ! La barbarie fleurit partout, clame ce terrible épisode et n’a pas fini d’obscurcir nos esprits. L’histoire récente en témoigne sous tous les méridiens. Reste que l’Holocauste, par sa démesure, s’inscrit comme le record du pire à dépasser.

À ceux-là qui font des amalgames entre le vaccin apte à sauver des vies et le processus d’extermination d’un peuple entier, on conseille la plongée en eau profonde dans les œuvres écrites jadis à l’encre rouge.

Bien sûr, les documentaires sur le règne d’Hitler sont présentés à la télé, des films de fiction en témoignent encore, mais les rescapés se font de moins en moins nombreux au fil des décennies. Se mettre à l’écoute de leur voix, c’est toucher du bout du doigt l’impensable et s’incliner devant la mémoire de ceux qui l’affrontèrent.

On n’était pas là, mais l’Italien Primo Levi, survivant d’Auschwitz, nous fait entrer par la petite porte dans le quotidien d’un camp d’extermination à travers son témoignage Si c’est un homme. Sans y avoir été, on saisit en fragments noirs, la peur infinie face aux bourreaux, le manque de solidarité des détenus affamés, même si l’auteur lui-même s’estimait incapable de traduire pareille expérience de déshumanisation ; voire de l’envisager : « Nous ne reviendrons pas, écrivait-il. Personne ne sortira d’ici qui pourrait porter au monde, avec le signe imprimé dans sa chair, la sinistre nouvelle de ce que l’homme, à Auschwitz, a pu faire d’un autre homme. »

Pas là, mais Elie Wiesel y était, lui. Et pénétrer ses souvenirs dans La Nuit, où il décrivait également Birkenau-Auschwitz, ses cheminées, l’odeur de la chair brûlée, le camp de Buna, puis la grande marche finale des morts-vivants entourés de nazis fuyant les troupes alliées, c’est ressentir un peu dans notre chair de quoi se nourrit une déchéance programmée. En effet, Elie Wiesel s’était même détourné de son père mourant qui implorait sa présence, pour s’éviter des coups, et la honte de son attitude ne l’a plus jamais quitté.

Pas là, mais on aura vu en plusieurs volets au cinéma Shoah, de Claude Lanzmann, sans voix hors-champ, sans images d’archives, sans experts commentant la chose ; juste des entrevues de survivants et de leurs bourreaux, qui glaçait le sang. Tout est accessible sur Internet, même ce documentaire de plus de neuf heures par les voix des témoins directs. Après avoir vu ça, qui oserait encore s’y référer pour se comparer ? On n’était pas là, piètre excuse ! La culture de l’ignorance est le principal cimetière des œuvres capables d’éclairer l’humanité.

Source: https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/640200/chronique-nuit-et-brouillard-sur-le-passe?utm_source=infolettre-2021-10-14&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

Antisemitic rhetoric continues to be used by some opponents of COVID-19 measures

Unfortunately, not all that surprising:

Belle Jarniewski leaned back from her computer, seething with anger after she finished watching a video on Reddit showing a Winnipeg restaurateur accosting public health enforcement officers.

“I’m still shaking after listening to that rant. That was unbelievable,” she said.

The video shows Shea Ritchie, the owner of Chaise Lounge locations on Corydon Avenue and Provencher Boulevard, speaking with officers giving him tickets on Sept. 24 for allowing diners who choose not to be vaccinated to dine inside his restaurant.

Source: Antisemitic rhetoric continues to be used by some opponents of COVID-19 measures

Anger as French protesters compare vaccines to Nazi horrors

Outrageous but unfortunately all too typical of the more extreme anti-vaxxers:

A French Holocaust survivor has denounced anti-vaccination protesters comparing themselves to Jews who were persecuted by Nazi Germany during World War II. French officials and anti-racism groups joined the 94-year-old in expressing indignation.

As more than 100,000 people marched around France against government vaccine rules on Saturday, some demonstrators wore yellow stars recalling the ones the Nazis forced Jews to wear. Other demonstrators carried signs evoking the Auschwitz death camp or South Africa’s apartheid regime, claiming the French government was unfairly mistreating them with its anti-pandemic measures.

“You can’t imagine how much that upset me. This comparison is hateful. We must all rise up against this ignominy,” Holocaust survivor Joseph Szwarc said Sunday during a ceremony commemorating victims of antisemitic and racist acts by the French state, which collaborated with Adolf Hitler’s regime.

“I wore the star, I know what that is, I still have it in my flesh,” Szwarc, who was deported from France by the Nazis, said with tears in his eyes. “It is everyone’s duty to not allow this outrageous, antisemitic, racist wave to pass over us.”

France’s secretary of state for military affairs, who also attended the ceremony, called the protesters’ actions “intolerable and a disgrace for our republic.”

The International League against Racism and Anti-Semitism said the protesters were “mocking victims of the Holocaust” and minimizing crimes against humanity committed during World War II.

Saturday’s protests involved a mix of people angry at the government for various reasons, and notably supporters of the far right. Prominent French far-right figures have been convicted in the past of antisemitism, racism and denying the Holocaust.

The government is introducing a bill Monday requiring all health care workers to get vaccinated against the coronavirus and requiring COVID passes to enter restaurants and other venues.

At a large protest in Paris on Saturday against vaccine rules, one demonstrator pasted a star on his back reading “not vaccinated.” Bruno Auquier, a 53-year-old town councilor who lives on the outskirts of Paris, drew a yellow star on his T-shirt and handed out arm bands with the star.

“I will never get vaccinated,” Auquier said. “People need to wake up,” he said, questioning the safety of COVID-19 vaccines.

Auquier expressed concern that the new measures would restrict his two children’s freedom and pledged to take them out of school if vaccination becomes mandatory.

Polls suggest most French people support the measures, but they have prompted anger in some quarters. Vandals targeted two vaccination centers in southwest France over the weekend. One was set on fire, and another covered in graffiti, including a reference to the Nazi occupation of France.

France has reported more than 111,000 deaths in the pandemic, and new confirmed cases are increasing again, raising worries about renewed pressure on hospitals and further restrictions that would damage jobs and businesses.

Source: Anger as French protesters compare vaccines to Nazi horrors