Un programme «totalement dénaturé», tonne un leader syndical

On the steep rise in the number of temporary workers. Not much similar messaging from Canadian unions unless I’ve missed it:

Québec a fait entrer plus de personnes munies d’un permis de travail fermé que de résidents permanents l’an dernier. La majorité d’entre eux sont arrivés sans que leur poste soit d’abord affiché pour les travailleurs locaux. C’est donc une mesure d’exception qui est devenue la norme, déplorent des syndicats.

« Le programme est totalement dénaturé. Il a été remplacé par un fast track pour les employeurs, une autoroute pour la précarisation », lance Dominic Lemieux, directeur québécois du syndicat des Métallos. Il s’inquiète que les employeurs n’aient plus « aucune pression » pour donner des conditions de travail compétitives s’ils peuvent se tourner vers les travailleurs temporaires « sans rien avoir à faire pour trouver des gens locaux ».

En 2023, ce sont 63 % des dossiers de travailleurs temporaires qui ont pu passer par le « traitement simplifié », en dehors de l’agriculture, selon des données obtenues par Le Devoir dans le cadre d’une demande d’accès à l’information. Cette mesure réclamée par Québec fait en sorte que les employeurs ne sont pas obligés d’afficher l’emploi au préalable et donc de faire la démonstration qu’ils ont cherché à recruter quelqu’un localement.

En principe, le Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) permet aux employeurs d’embaucher ailleurs « lorsqu’aucun Canadien ou résident permanent n’est disponible », est-il pourtant expliqué à la première ligne du feuillet d’information fédéral.

Embaucher des travailleurs à l’étranger, même avec un traitement simplifié, « est un parcours du combattant », rétorque quant à elle Véronique Proulx, présidente-directrice générale de Manufacturiers et exportateurs du Québec (MEQ). « Le premier choix est de recruter localement », car il est « excessivement complexe et long » de franchir toutes les étapes pour recevoir des travailleurs temporaires.

Mécanique

Les permis dits « fermés » sont liés à un seul employeur. Plusieurs les trouvent trop restrictifs, voire controversés parce qu’ils peuvent rendre les travailleurs étrangers temporaires « vulnérables », comme l’a souligné un rapporteur spécial des Nations unies l’automne dernier. Deux actions collectives contre le gouvernement fédéral afin de les abolir sont aussi en attente d’être autorisées par les tribunaux. 

Ce sont 58 885 permis fermés qui ont été octroyés en 2023 avec l’aval de Québec, selon les données d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC). Pendant cette même année, ce sont 52 790 personnes qui sont devenues résidentes permanentes dans la province. 

Depuis 2021, le gouvernement caquiste a fait de nombreuses démarches à Ottawa pour qu’il assouplisse le programme. Résultat : la liste des professions admissibles au traitement simplifié s’est allongée de quelques dizaines à plus de 300 aujourd’hui.

Le fédéral avertit en ligne que les employeurs « devraient faire de leur mieux pour recruter des citoyens canadiens », mais ils n’ont plus à fournir de preuve qu’ils l’ont fait.

Ce changement est « majeur », selon M. Lemieux, des Métallos. Il s’exprimait en nos pages au mois de janvier, mais les chiffres obtenus confirment selon lui le « détournement » du programme. 

Le Conseil du patronat du Québec parle quant à lui d’une forme de « voie de contournement », puisque l’immigration permanente est bouchée. 

Pour faire partie de la liste des métiers et professions admissibles au traitement simplifié, « le déficit de main-d’oeuvre doit être vraiment confirmé », indique Denis Hamel, vice-président des politiques de développement de la main-d’oeuvre au Conseil. L’affichage est une « barrière administrative » dans des domaines où « il est évident que les gens ne se bousculeront pas » pour l’embauche. 

La liste est préparée par la Commission des partenaires du marché du travail (CPMT) à l’aide d’un diagnostic élaboré à partir d’études, explique M. Hamel. Si le nombre de permis fermés augmente, « c’est le reflet du marché du travail », affirme-t-il. 

« Oui, on a besoin de l’immigration, on est d’accord là-dessus. Mais il faut baliser et aussi leur offrir la possibilité de devenir des citoyens à part entière. […] La pénurie n’est pas temporaire », affirme Dominic Lemieux.

Le leader syndical craint que « l’abondance du cheap labor », à terme, « tire les conditions de travail à la baisse ». La précarisation affecte aussi la santé et la sécurité au travail, ajoute-t-il. « C’est beaucoup plus difficile de revendiquer ton droit de refus de travailler si tu as peur de te faire mettre un timbre dans le front et retourner dans ton pays. »

Rupture historique

Il y a en effet un « risque de distorsion » des conditions de travail si elles ne sont plus évaluées dans un secteur ou une région, selon Dalia Gesualdi-Fecteau, professeure à l’École des relations industrielles de l’Université de Montréal. 

« Si l’on regarde dans le rétroviseur, on voit que la politique d’immigration au Canada a historiquement été une politique d’emploi », expose cette spécialiste du droit du travail. Dès le début du XXe siècle, les entreprises ferroviaires identifient à l’étranger des candidats à l’immigration. Après la Deuxième Guerre mondiale, les autorités canadiennes mettent en place un système fondé sur l’existence d’un contrat de travail, et l’employeur doit formellement démontrer qu’il y a pénurie. 

« Mais la grande différence est qu’à l’époque [cette politique] menait à une réinstallation définitive », et non pas à un permis temporaire comme maintenant. « C’est un changement de paradigme, dit-elle. Aujourd’hui, on est vraiment ailleurs. Le marché du travail a encore des besoins qu’on va chercher à combler, mais en large partie par des gens qui ont une possibilité beaucoup plus limitée de rester ici, surtout quand on est dans des emplois dits à bas salaire. »

Des discussions « difficiles »

À la demande de la ministre de l’Immigration, Christine Fréchette, un groupe de travail de la CPMT se penche en ce moment sur les permis de travail fermés. En septembre dernier, le gouvernement se disait « interpellé par les situations d’abus rapportées ». 

En coulisses, plusieurs sources parlent de discussions corsées entre les membres des syndicats et ceux des organisations patronales. Les réunions se tiennent à huis clos, mais plusieurs parties ont déjà fait état de leurs positions. Les quatre centrales syndicales ont réclamé l’abolition des permis fermés en septembre dernier. « Oui, on peut nommer notre préjugé favorable pour les permis ouverts », dit Luc Vachon, président de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD). « Il faut être capables ensemble de dire que le niveau de vulnérabilité des travailleurs temporaires n’est pas souhaitable ni adéquat. On pourra ensuite réfléchir pour réduire ce niveau », dit-il. 

Le Conseil du patronat du Québec « s’oppose au principe de l’ouverture tous azimuts des permis », indique Denis Hamel, craignant une « déstabilisation » du marché du travail. 

Il en coûte de 12 000 $ à 15 000 $ pour recruter à l’étranger, avance Véronique Proulx, de MEQ. « Le programme est essentiel pour assurer la pérennité et la croissance des entreprises. Il fonctionne très bien, mais ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas des choses à améliorer », résume-t-elle. Ainsi, si les besoins changent, les permis ne devraient pas rester figés dans un seul poste pour un seul salaire, donne-t-elle comme exemple.

Source: Un programme «totalement dénaturé», tonne un leader syndical

How Canada’s study permit cap will change where international students are coming from

We shall see in the next few months through web, application and study permits issued data. To a certain extent, depending whether Ontario cracks down on the private colleges and public satellite colleges (where most of the abuse is), the effect on India may be relatively greater than for some other countries:

Canada’s new restrictions on study permits will change colleges’ and universities’ admission strategy, blunting the country’s recent effort to diversify its international student body, experts warn.

Canada has sought to bring in students from a host of countries to avoid having all its eggs in one basket should relations with one particular nation suddenly deteriorate. It has also been part of an effort to enrich the learning experience on campuses by bringing in diverse perspectives.

With the federal government reducing incoming international student intake by 35 per cent this year, post-secondary institutions, especially those in Ontario, are going to bet on recruiting students from countries with high study permit approval rates historically, to ensure admitted students can come, fill the class and pay tuition fees.

“Whoever colleges and universities are giving their letter of acceptance to, they are going to get the maximum enrolment and tuition dollar,” said immigration lawyer Zeynab Ziaie, whose firm handles a high international student caseload.

“The ways to minimize risk would be to, for the most part, avoid countries that are going to be typically high-risk.”

Under the cap, Ottawa will only process a limited number of study permit applications from institutions in each province. If an application is refused because officials don’t believe the applicant is genuine or has enough money to complete the study, that potential enrolment spot will be wasted.

Those high-risk applications are primarily from African countries, which have also seen the fastest international enrolment growth in Canada in recent years.

Immigration department data obtained by ApplyBoard showed Indian and Chinese students, accounted for 41 per cent and 10 per cent, respectively, of the one million study permit holders in Canada in 2023.

For years, the Canadian government as well as colleges and universities have invested in diversifying where students are coming from to lower the risks of suddenly losing enrolments due to geopolitical events, such as during Canada’s diplomatic spats with Saudi Arabia in 2018 and India in 2023….

Source: How Canada’s study permit cap will change where international students are coming from

Et le sort des enfants de l’école juive ultraorthodoxe Belz, M. Drainville? 

On the inconsistency in application of regulations to Jewish religious schools and laicité:

Il y a trois jours, nous apprenions dans un article du Devoir que vous aviez accepté de renouveler le permis d’une école juive hassidique malgré un avis défavorable de la Commission consultative de l’enseignement privé. Après analyse du dossier, la Commission a révélé un nombre important de manquements qui perdurent depuis plusieurs années quant au respect du Régime pédagogique. 

Rien de nouveau sous le soleil. Ainsi, en 2009, cette école, qui faisait partie d’un groupe de cinq établissements qui avaient conclu une entente avec l’ex-ministre Michelle Courchesne, avait jusqu’en 2012-2013 pour se conformer aux exigences du ministre. Plus de dix ans plus tard, les lacunes persistent. Pire, les consignes relatives aux mesures sanitaires lors de la pandémie de COVID-19 n’ont jamais été observées, les mises en demeure ont été ignorées et aucune sanction n’a été prise. 

Quant aux ententes conclues avec la ministre Courchesne, autant dire qu’elles furent signées pour calmer le ministère sans intention véritable de les respecter. La Commission a d’ailleurs produit un rapport assez dévastateur à l’endroit de ces écoles, qui constatait que les manquements à la loi sont récurrents. Même les menaces de révoquer les permis sont restées lettre morte, pour la simple et bonne raison que le ministère n’y a pas donné suite. Bref, on tergiverse et, pendant toutes ces années, les enfants de ces communautés qui ont les mêmes droits que tous les enfants du Québec ne reçoivent pas l’instruction qu’ils devraient recevoir pour être en mesure de prendre en main leur destinée. C’est une honte !

En 2017, le législateur modifiait les lois sur l’enseignement privé, sur l’instruction publique et sur la protection de la jeunesse afin de se doter de moyens plus efficaces pour assurer le respect de ces lois relatives à l’ordre public. C’est d’ailleurs ce qui a amené le juge Castonguay à rejeter, en décembre 2020, la requête pour jugement déclaratoire intentée par Yochonon Lowen et Clara Wasserstein contre le Procureur général du Québec, entre autres. Ces demandeurs ont fait preuve d’un grand courage puisqu’ils ont débuté dans la vie sans avoir l’enseignement nécessaire pour s’assurer — et assurer à leurs enfants — une vie correcte. 

Les objectifs poursuivis par ces lois étaient, entre autres, d’établir des mécanismes de suivi pour mieux identifier les enfants, d’assurer un échange de dossiers avec les autres ministères pour améliorer le suivi, de donner des pouvoirs accrus aux commissions scolaires pour faire le suivi et de permettre une collaboration accrue entre le DPJ et les commissions scolaires.

Le juge Castonguay note au paragraphe 147 de son jugement : « Les articles 18.1, 18.2 et 18.3 de la Loi sur l’enseignement privé permettent au ministre de refuser le renouvellement d’un permis ou encore de le faire en posant des conditions impératives. »

 Les conditions rattachées au permis accordé dans le passé, et ce, depuis plus d’une décennie, n’ont jamais été respectées, ou si peu, seulement pour donner le change et gagner du temps. Il y a longtemps que le ministre aurait dû sévir. On ne peut plus prétendre que les lois ne lui en donnent pas le pouvoir. Malheureusement, pour faire l’économie d’une tension avec les directeurs des écoles hassidiques, le Collège rabbinique de Montréal et les autres instances qui dirigent ces communautés, le ministre préfère sacrifier sur l’autel de la soi-disant bonne entente l’avenir de ces enfants, qui sont des milliers, qui n’auront absolument pas les outils requis pour fonctionner dans la société ouverte de demain et accomplir leur destinée selon leurs aspirations. 

Le Québec a fait le choix de la laïcité afin de permettre à toutes et à tous de s’épanouir tout en respectant leur liberté de religion. Les deux éléments ne sont pas incompatibles, mais complémentaires. Les citoyens financent des écoles qui ne respectent pas les lois pourtant applicables à tout le monde sur le territoire québécois. Cela mine grandement les fondements de notre société et risque à plus ou moins long terme de créer des problèmes de cohésion sociale.

Monsieur le Ministre, vous ne respectez pas vos propres lois, comment voulez-vous qu’on vous prenne au sérieux et comment espérez-vous convaincre éventuellement les tribunaux de la justesse de ces choix ? Puis, au-delà de la question du financement des écoles qui persistent à ne pas respecter les règles, ce qui en soi est carrément injuste et discriminatoire, il y a l’avenir des enfants.

Monsieur Drainville, vous dites que c’est le sort des enfants qui vous préoccupe, prouvez-le !  

source: Et le sort des enfants de l’école juive ultraorthodoxe Belz, M. Drainville?

Idées | Il est temps de parler d’immigration autrement

Critique regarding the impact on immigrant sending societies:

Avec une couverture médiatique croissante, l’immigration se trouve au centre des préoccupations de la société canadienne et québécoise. Des débats sur son acceptabilité sociale à son effet sur le développement et l’épanouissement du Québec, le discours a évolué vers des inquiétudes quant à la capacité d’accueil et d’intégration des personnes immigrantes. L’immigration serait-elle devenue un problème ? Récemment, les défis liés au logement ont cristallisé ces préoccupations, qui alimentent les discours sur les capacités d’accueil des personnes immigrantes, les seuils et le recrutement des étudiants étrangers.

Deux facteurs principaux expliquent ce changement dans le ton du discours.

Tout d’abord, les événements survenus au chemin Roxham à partir de 2017, notamment la fermeture de ce passage frontalier le 25 mars 2023, ont marqué un tournant dans la perception de l’immigration. Cette décision visait à modifier les propos entourant l’immigration, jugée trop négative par les gouvernements aux prises avec l’arrivée irrégulière de migrants. Le gouvernement du Québec considérait le passage à Roxham comme un fardeau, une situation indésirable qui risquait de compromettre son image et d’accentuer les tensions frontalières, notamment en lien avec la capacité à accueillir les demandeurs d’asile au Québec, surtout à Montréal. 

Il était nécessaire de dissocier le Québec de cette problématique frontalière en mettant en avant sa vision de société d’immigration, fondée sur l’intégrité de son système d’immigration, la sélection des immigrants désirables et la contribution des immigrants à la croissance économique de la province. Dans les semaines suivant la fermeture du chemin Roxham, les médias ont réintroduit le concept du « bon migrant », mettant en lumière les travailleurs qualifiés capables de pallier la pénurie de main-d’oeuvre et les étudiants étrangers susceptibles de devenir résidents permanents.

Ensuite, l’immigration de travailleurs temporaires est devenue un enjeu majeur pour le développement économique de toutes les régions du Québec. Malgré une politique gouvernementale visant à limiter le nombre d’immigrants à 50 000 résidents permanents sous le mandat de François Legault, le Québec a connu une augmentation significative de l’immigration temporaire — travailleurs, étudiants étrangers et demandeurs d’asile. Cette hausse, illustrée par une augmentation de 46 % du nombre de migrants temporaires en une année, de 2022 à 2023, selon Statistique Canada, répond à une demande croissante du secteur économique en matière de recrutement. 

Cette évolution souligne l’importance de repenser le discours sur l’immigration. Dans son discours, le gouvernement provincial a toujours rappelé que l’immigration ne devait pas venir déséquilibrer certains fondements de la réalité québécoise, notamment la préservation de la langue française et la place du Québec au Canada.

Hospitalité et façon d’habiter le territoire

Comment parler d’immigration autrement ? Premièrement, en répondant au discours de la peur qui provoque une régression identitaire à un niveau mondial, comme on peut le voir relativement aux frontières, mais également dans notre quotidien. On devient méfiant. On craint la personne qui ne nous ressemble pas. On agit différemment sur le plan de notre identité en excluant l’autre. 

Deuxièmement, il est nécessaire de présenter une autre option s’inspirant de ce que le philosophe français Étienne Tassin nomme « une utopie concrète », qui ouvre la voie à une réflexion novatrice sur la manière d’être hospitalier au monde. Il y a une actualité de l’accueil aujourd’hui qui demande de nouvelles idées, de nouvelles actions concrètes. 

Dans un très bel ouvrage, l’historienne Michèle Riot-Sarcey présente trois caractéristiques d’une sensibilité utopique. D’abord, il est important de faire émerger une critique radicale de son temps et de renouer avec une écriture de l’espoir. Il me semble que cela est essentiel. Il faut remettre en question le discours dominant de l’immigration, de la réalité de l’immigration, de la manière dont le système fonctionne, ce qui veut dire articuler une pensée critique des politiques d’immigration de nos sociétés. Ensuite, il faut reconnaître les expériences concrètes et humaines et ne pas rester dans l’abstraction, dans une approche gestionnaire déconnectée de la réalité. Enfin, il faut se donner la possibilité de penser un monde de la migration autre que celui de l’État et de la souveraineté nationale.

Malheureusement, il est frappant de constater à quel point nos gouvernements préfèrent adopter un discours utilitariste du besoin d’immigrants. Par exemple, on discute sans cesse de ce qu’apporte l’immigration au développement de la société québécoise, mais pas de ce que cette émigration provoque sur les sociétés de départ. 

L’émigration s’est inscrite dans un besoin de départ pour des populations en survie économique, mais aujourd’hui, ce qui domine est une logique carrément prédatrice dans la stratégie de recrutement de main-d’oeuvre des pays du Nord à l’égard des bassins du Sud. Qu’en est-il de la justice migrante lorsque des États siphonnent les infirmières et autres professions en pénurie ? Le territoire québécois se doit d’être plus qu’un réservoir de main-d’oeuvre immigrante. Montréal ainsi que les régions ne doivent pas être qu’un simple réservoir de main-d’oeuvre immigrante.

Source: Idées | Il est temps de parler d’immigration autrement

John Ivison: Poilievre signals he’s willing to take a hatchet to runaway immigration levels

Still vague but signals. But as I have argued, a Conservative government will face some of the constraints and pressures that have resulted in the current mess, What changes a Conservative government might make to Canada’s immigration policies:

…Poilievre, on the other hand, has resisted pressures to demonize immigrants, even as Canada has witnessed a significant increase in the number of people who think the country accepts too many newcomers.

That said, at a press conference in Kitchener, Ont. on Wednesday, Poilievre gave his clearest indication yet that he will crack down on the number of new immigrants if he forms government.

He said a Poilievre government would apply a “mathematical formula” that links population growth to the growth in the supply of housing. “It’s the only way to eliminate the housing shortage — adding homes faster than we add population,” he said.

It’s not clear what he means exactly, but the facts are that Canada brought in nearly 1.3-million newcomers last year: 471,550 permanent residents and around 800,000 new non-permanent residents (students and temporary foreign workers). At the same time, Canada built 223,513 new homes, a 10-per-cent drop from the previous year thanks to expensive materials and a shortage of labour.

A logical mathematical formula would be two newcomers for each house built, given units usually accommodate two adults. That would almost account for the Liberal immigration target of 500,000 new permanent residents in 2025, but it would mean a new government would have to freeze work and student visas — unlikely, given the economic constraints.

One way or another, Poilievre is going to have to dramatically reduce the number of immigrants far beyond the 364,000 new student visa cap imagined by the Liberal government….

Source: John Ivison: Poilievre signals he’s willing to take a hatchet to runaway immigration levels

Opinion: Recognizing immigrants’ credentials is important — but it’s just one piece of the puzzle

Of interest:

It has been an unfairly long-standing challenge for skilled immigrants to B.C. and Canada that their foreign credentials all too often go unrecognized. This has held them back from making their full contribution to our economy and building wealth.

For decades, Canada’s immigration system has selected immigrants by prioritizing those who are the most skilled. To deny so many the chance to put those skills into practice has been a waste of their talent and a missed opportunity to make our immigration system even more successful.

That’s why it has been very encouraging to recently see B.C.’s International Credentials Recognition Act that removes barriers to skilled immigrants finding work in 29 regulated professions like engineering, social work, architecture, accounting or veterinary practice.

We can, and should, build on this.

The B.C. Chamber of Commerce has remarked that the act still excludes health care and trades professionals, who are desperately needed in every B.C. community. So, while work in these sectors has been advanced through other recent legislative changes and programs, the provincial government should continue to prioritize these professions and urgently reduce the significant barriers faced by professionals in these sectors.

The province’s most recent Labour Market Outlook predicts about one million B.C. job openings from 2023 to 2033. Demographic trends mean these openings will not be filled by Canadians alone, and immigrants will be needed across the economy to address worker shortfalls and ensure continued prosperity. Removing barriers to skilled immigrants’ entry into the labour force will help make the most of the skills for which they are selected.

But what about the approximately 80 per cent of the economy that lies outside of the regulated professions? In this much larger part of the job market, employers do not formally require a specific diploma, credential or “ticket.” What they are most interested in is whether a candidate can get the job done.

In this wide group of industries and occupations like administration, small business, and many roles in tech, to name a few, hiring decisions are mainly based on a flexible combination of skills, abilities, potential, and experience. Product managers, salespeople or chefs, for example, are not regulated professions.

The province has tremendous levers to affect immigration to B.C. and respond to labour market demand through its powers under the Provincial Nominee Program and legislation that governs regulatory bodies, and should nimbly use them to make sure that not only is B.C. getting people with the skills and abilities employers need, but they are able to work immediately.

Credentials like diplomas, certificates, and degrees are often a shorthand for skills and abilities, but do not necessarily have a direct link to them. They are useful signals for busy hiring managers but are just one piece of the puzzle.

It is an unfortunate fact for skilled immigrants and for the wider B.C. economy that newcomers whose credentials are outside of what’s typically understood have their value discounted heavily, even when they have the skills employers are looking for.

Just as the B.C. government should build on the progress made with act to speed immigrants’ integration into jobs across the economy, B.C.’s employers should also consider the role they play. Are their managers, recruiters, and human resources teams equipped to recognize, hire, and develop skilled workers, no matter where they’re from? Do their processes and policies focus more on credentials than on recognizing real-life skills and abilities?

These are not academic questions. With a long-term competition for talent playing out from the international level on down, the most successful businesses (and economies) will continue to be those that can attract the best talent.

With the International Credential Recognition Act, the B.C. government has taken a clear step in the right direction. At the same time, forward-thinking employers already recognize the immense potential of skilled people no matter where they are from.

Now, it’s time to build on this progress by extending credential recognition to even more in-demand professions like health care and the skilled trades, and ensuring our provincial nominee program responds to labour market needs. It’s also time to make sure B.C. employers large and small across the entire economy have the tools and competencies to attract workers with the skills to meet and exceed their goals.

Fiona Famulak is president and CEO of the B.C. Chamber of Commerce. Patrick MacKenzie is CEO of the Immigrant Employment Council of British Columbia.

Source: Opinion: Recognizing immigrants’ credentials is important — but it’s just one piece of the puzzle

Treasury Board president announces initiatives to support Black public servants

Of note. All interesting initiatives, and future evaluation will be helpful in assessing their effectiveness.

At the macro level, Black public servants have stronger representation than many other racialized groups, hiring, promotion and separation data for the last six years shows the same pattern (the PSES, however, shows higher discrimination for Black public servants):

Treasury Board President Anita Anand announced the first initiatives of the government’s “Action Plan” for Black public servants on Wednesday, including almost $14 million in funding to three federal organizations.

The federal government committed $49.6 million to create career development programs and a mental health fund for Black public servants through its 2022 and 2023 budgets.

At a downtown news conference, Anand announced that nearly $6 million would be provided to Health Canada to introduce “Black-centric enhancements” to the Employee Assistance Program supporting more than 90 federal organizations.

A Treasury Board news release said the funding would help recruit 19 Black counsellors to provide “trauma-informed” mental health support to public servants and their families.

Another $6.9 million would go to the Canada School of Public Service to support career advancement of Black employees through an executive leadership program, with four cohorts of up to 25 Black executives to access the program over two years, beginning this summer.

The Public Service Commission would also get $1.1 million over three years to provide assessment, counselling and coaching services to Black employees.

At the media conference, Anand said the government still had work to do.

“For several years, we’ve heard from Black public servants about the need for targeted supports,” Anand said. “We haven’t done enough and we haven’t done it fast enough.

“I know that there have been challenges in our path to reconcile and that, for many of us, we see that trust in our institutions from the Black community has been broken.”

The announcement comes as the federal government continues to fight a class-action lawsuit filed by Black public service workers in 2020, alleging decades of systemic racism and discrimination.

When asked whether the government had plans to settle the lawsuit, Anand said she was aware that there was “a process in place” and that the certification hearing for the class action was expected in the coming months. She said the decision to certify the lawsuit rested in the hands of the Minister of Justice and Attorney General of Canada.

Anand acknowledged that Amnesty International Canada had recently been granted intervenor status in the case and said the government would not challenge that court decision.

“What I want to make sure we do is to bring forward supports for Black public servants so, as we look prospectively, systemic racism that is at the foundation of the Thompson class action lawsuit does not exist,” Anand said.

In a news release Wednesday afternoon, the Black Class Action Secretariat said it urged the government to settle the lawsuit. The group also raised concerns that the funding allocated to the Employee Assistance Program was insufficient, calling for the establishment of a Black Equity Branch, for the task force’s leadership to be reassessed and for the group to “meaningfully consult” with Black employee networks and labour unions.

Anand said the implementation of the Action Plan would be led by an internal task force primarily made up of Black employees.

Of the almost $50 million in funding, $24.9 million is expected to go to support mental health programs and $19.4 million is planned to go into career and leadership development projects, with $1.1 having already been spent in the 2022-23 fiscal year. The government also plans to spend $4.2 million to operate task force engagements, research and pay members for their work.

The feds are “layering on” new initiatives on top of existing efforts to support equity-seeking groups, like the Mentorship Plus Program and the Mosaic Leadership Development Program.

“Our efforts will not stop here,” Anand said, noting that the rest of the funding was with the task force to introduce new programming in subsequent months once the group determined what was working and what more needed to be done. “These are early investments which will continue to be guided by the lived experience of Black public servants.”

In 2022, a group of Black federal public servants accused the government of racism while working to develop a mental health action plan for Black workers. When asked how she could ensure a similar situation didn’t happen again, Anand said the current task force was working “very well together” and was on “a very positive track and footing” with the action plan.

The task force is set to run “check-ins” with employee networks, surveys and discussions with Black public servants to “further engage on the implementation of current and future initiatives” of the plan.

“There are continuous needs,” Anand said, adding that the 2022 Public Service Employee Survey found that 11 per cent of Black public servants had reported experiencing discrimination on the job. “We need to ensure that we’re listening to what they suggest are the reforms that should be implemented.”

Source: Treasury Board president announces initiatives to support Black public servants

David | Crier au loup

Interesting commentary on Quebec immigration politics, criticism of CAQ contradictions and the relationship with federal politics:

Le gouvernement Legault réussit si rarement à obtenir quoi que ce soit d’Ottawa que près d’un an après la fermeture du chemin Roxham, le premier ministre n’en finit plus de s’en féliciter et de fustiger ceux qui doutaient qu’il arrive à convaincre Justin Trudeau.

Il est vrai que les sceptiques étaient nombreux, mais il y en avait autant qui pensaient que cela n’empêcherait pas les migrants de continuer à affluer au Québec, à commencer par sa propre ministre de l’Immigration, Christine Fréchette.

« Le chemin Roxham, s’il est fermé, il va simplement s’en recréer un autre quelques kilomètres plus loin. Ça ne règle absolument rien, de le fermer », disait-elle, avant d’effectuer un virage à 180 degrés après s’être rendu compte qu’elle contredisait son patron.

M. Legault peut toujours continuer à se péter les bretelles, mais le problème demeure entier. Les demandeurs d’asile ont découvert qu’il est encore plus simple de prendre l’avion. « Finalement, la fermeture du chemin Roxham n’a pas donné grand-chose », relevait déjà l’automne dernier le ministre responsable des Relations canadiennes, Jean-François Roberge.

Cela a donné si peu de résultats que M. Roberge en est rendu à dire non seulement que les services publics sont saturés, au point qu’une « crise humanitaire » serait imminente, mais aussi que l’identité québécoise elle-même est menacée. Bien entendu, le grand responsable demeure le gouvernement fédéral, qui a fait des aéroports canadiens, surtout celui de Montréal-Trudeau, de véritables passoires.

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On peut discuter de la proportion exacte de demandeurs d’asile qui se retrouvent au Québec et de la compensation qu’Ottawa devrait verser au gouvernement provincial, mais le fardeau qu’il doit supporter est indéniablement excessif et inéquitable.

Le moins qu’on puisse dire est que ce nouveau cri de détresse n’a pas semblé inspirer à Justin Trudeau un plus grand sentiment d’urgence que la précédente lettre de M. Legault, datée de la mi-janvier, dans laquelle il évoquait une situation devenue « insoutenable » et un « point de rupture ».

Pour toute réponse, Québec a eu droit à 100 millions sur les 362 millions qu’Ottawa a accordés à l’ensemble des provinces pour loger les demandeurs d’asile, alors que le gouvernement Legault présente maintenant une facture d’un milliard.

Il a peut-être raison de s’alarmer, mais ce n’est pas la première fois qu’il crie au loup sans prendre les mesures qui s’imposent si le danger est aussi grand. Devant une telle urgence, les fins de non-recevoir à répétition d’Ottawa devraient l’avoir convaincu que ses réclamations sont peine perdue. Sinon, ce ne sont que des paroles en l’air et Ottawa a raison de l’envoyer paître.

Au printemps 2022, le premier ministre soutenait qu’accueillir plus de 50 000 immigrants entraînerait la « louisianisation » du Québec. L’automne dernier, son gouvernement a pourtant prévu admettre environ 65 000 immigrants au Québec en 2024. Quand le Parti québécois en proposait 35 000, dont il exigerait une connaissance suffisante du français à l’arrivée, M. Legault disait la chose impossible, mais cela est apparemment possible s’ils sont 65 000. Il y a de quoi être perplexe.

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Chercher un bouc émissaire sur lequel rejeter la responsabilité de ses échecs est un réflexe naturel en politique. Un gouvernement qui détient 89 sièges sur 125 peut difficilement faire porter la faute à l’opposition. Bien sûr, il y a les syndicats, les médias, Trump… mais cela a aussi ses limites.

Mardi, M. Legault a trouvé un autre coupable. « À quoi ça sert, le Bloc québécois ? » a-t-il demandé. Que doit-on lui reprocher au juste ? Les demandes du Québec en matière d’immigration semblent plutôt bien défendues par ses soins à la Chambre des communes.

Pas plus tard que la semaine dernière, il y a fait adopter une motion réclamant la convocation d’une réunion des premiers ministres des provinces et des ministres de l’Immigration pour qu’ils fixent des seuils tenant compte de la capacité de paiement et d’accueil du Québec et des autres provinces.

M. Legault n’en est pas encore à unir sa voix à celle de Pierre Poilievre, qui accuse régulièrement le Bloc d’être le complice de Justin Trudeau, mais faut-il comprendre qu’il croit le Parti conservateur plus apte à représenter les intérêts du Québec à Ottawa ?

M. Poilievre a déclaré mercredi que « le Québec est au point de rupture à cause de la décision de Trudeau d’enlever le visa du Mexique que les conservateurs avaient mis en place ». Quelle coïncidence, n’est-ce pas ?

Il est vrai qu’avec la montée du Parti québécois, qui peut compter sur l’appui du Bloc, et vice versa, la Coalition avenir Québec et le Parti conservateur ont des ennemis communs aussi menaçants pour l’un que pour l’autre. Aux yeux de bien des Québécois, Pierre Poilievre est cependant un loup au moins aussi dangereux que Justin Trudeau.

Source: Chronique | Crier au loup

Canadian dream elusive for some racialized 2nd-generation Canadians, study finds

Insightful although the differences between racialized groups is not new:

New research has found that the Canadian dream is proving elusive for some racialized second-generation Canadians born since the 1960s, despite having higher educational levels than their white counterparts.

A new study, entitled “Is the Canadian dream broken? Recent trends in equality of opportunity for the racialized second generation,” found that educational attainment and employment earnings are not uniform across groups of racialized second-generation Canadians, with some groups experiencing further disparities below the mainstream average.

And while educational levels for some racialized groups have surged, employment earnings were lower for most groups compared to the mainstream population, the study found. It also discovered intergroup differences.

The study, by researchers at four universities and released on Wednesday, defines the Canadian dream for immigrants as equality of opportunity and the chance to achieve financial security. Even if the first generation lives in poverty, the next generation will be able to pull itself out of poverty and achieve economic success, according to this definition.

“I don’t think the Canadian dream is accessible to everyone equally,” said Rupa Banerjee, one of the authors of the study and associate professor at Toronto Metropolitan University.

“For some, the Canadian dream is holding pretty well, but for others, it’s failing. And that failure has really, really serious and significant repercussions, not just for them and their family, but for the entire society,” added Banerjee, also the Canada Research Chair in the economic inclusion of immigrants.

“We’ve always kind of been smug that Canada is not like Europe or Canada is not like the U.S., that we’re much more multicultural. We believe in pluralism. But I think that’s a bit of a myth that we’ve kind of felt good about but doesn’t really exist, and in that sense, the Canadian dream is failing.”

The study defines second-generation as Canadian-born individuals with at least one immigrant parent.

It looked at educational attainment and employment earnings in three of “successive 10-year birth-cohorts” of second-generation Canadians from the mid-1960s to the mid-1990s, specifically 1966-1975, 1976-1985, and 1986-1995.

It focused on people 26 to 35, using data from the 1981, 1991, 2001, 2021 Canadian Census of Population and the 2011 National Household Survey. Examining the progress of five racialized groups, South Asian, Chinese, Black, Filipino, and Latin American, it compared them to third-and-higher generation white Canadians.

The study sample would have completed their education and begun their work careers.

Anti-Black racism is real, study author says

According to Banerjee, the study’s main findings include:

  • Chinese and South Asian populations have maintained high educational levels, whereas Black individuals, and to some extent Filipino and Latin American individuals, show declining trends across cohorts.
  • Despite a higher proportion of second-generation individuals holding university degrees, earnings were lower for most groups compared to the mainstream population, with pronounced declines observed over time among Black second-generation men and women.
  • Changing characteristics of immigrant parents do not fully account for these trends, raising questions about longer-term integration processes among different ethno-racial minorities in Canada.

Banerjee said the study shows that anti-Black racism is real and Canada is not a post-racial society.

Source: Canadian dream elusive for some racialized 2nd-generation Canadians, study finds

Mike Moffatt and Cara Stern: Bold solutions to the housing crisis must be front and centre in budget 2024

On immigration, sensibly propose a reduction to 2022 levels (arguably, might need further reduction given housing construction timelines, healthcare capacity and the like):

Address demand while waiting for supply

Canada’s housing crisis was largely caused by our housing stock not keeping up with population growth. Supply-side reforms are needed to increase the absorptive capacity of the housing system to support the newcomers that contribute so much culturally and economically to the fabric of this country. However, that will take time, so demand-side measures are needed while the country builds that capacity.

In the last 18 months, the number of non-permanent residents in Canada nearly doubled, from 1.37 million to 2.5 million. This rapid growth led to a crisis for international students and other non-permanent residents who did not have the housing or supports needed to thrive in Canada. The federal government has responded by capping international student visas, but there is more work to be done.

They could develop a plan to reduce the number of non-permanent residents to 2022 levels of roughly 1.5 million. This one-million-person reduction can happen through attrition by slowing the intake of non-permanent residents (as with the international student visa cap) to levels that are exceeded by the outflow. This includes those both leaving the country and those gaining permanent residency. The purpose of this would not be to close the border to those who contribute so much to Canada but rather give the country time to increase its absorptive capacity. This would then create the conditions for both newcomers and existing residents to thrive.

Source: Mike Moffatt and Cara Stern: Bold solutions to the housing crisis must be front and centre in budget 2024