Carbo | Quel gâchis! [francisation]

On the problems with Quebec’s francisation cutbacks and an interesting and creative example of advanced levels:

Le 4 avril 2024, une grosse bordée de neige s’abat sur Montréal, de celles qui nous rappellent qu’on ne peut jamais tenir le printemps pour acquis dans notre belle province. Mon collègue et moi garons tant bien que mal la voiture en face du centre de francisation William-Hingston, du Centre de services scolaire de Montréal. Nous avons rendez-vous avec les élèves du niveau 8, le niveau le plus avancé en classe de francisation. Nous y sommes attendus pour y faire de l’improvisation. Les élèves ont écrit les thèmes qui vont inspirer nos saynètes et ils pourront se joindre à nous, si le coeur leur en dit.

En grimpant les escaliers vers la salle où aura lieu notre atelier de démonstration, j’entends d’autres élèves qui parlent français entre eux avec leurs accents du bout du monde. Tous discutent de cette tempête de neige imprévue. Une élève appliquée utilise le terme « congère » et un sympathique professeur lui apprend l’expression « banc de neige ». Elle rit. Mimant la hauteur de la neige, elle demande, incertaine : « On dit un banc parce qu’on peut s’asseoir dessus ? » Le professeur acquiesce en rigolant à son tour.

Une fois dans la salle de classe, je regarde les étudiants arriver, souriants et de tous âges, venus du monde entier. On se lance sans plus tarder et on improvise devant eux en toute simplicité. Les thèmes qu’ils ont composés sont drôles, pertinents et surtout inspirants. Certains viendront même jouer avec nous. Leur maîtrise du français est impressionnante. Ils ont de jolis traits d’esprit. Faire rire dans une langue étrangère démontre une bonne connaissance de cette dernière, mais aussi plusieurs acquis en matière de références culturelles. Je sors de là ébahie par leur intelligence, leur vocabulaire et leur humour.

Je mesure tous les efforts qu’ils ont déployés pour réussir à s’intégrer dans leur société d’accueil et l’aplomb avec lequel ils parlent notre langue. Je suis aussi admirative du travail des professeurs. On peut percevoir leur engagement dans la progression de leurs apprenants et leur fierté devant leur réussite.

Si je vous raconte cette matinée dans un centre de francisation, c’est parce que l’avenir de ces lieux d’apprentissage essentiels semble menacé par les priorités budgétaires du gouvernement caquiste. Pourtant, ce gouvernement a placé le français au coeur de ses préoccupations. Il a même renforcé sa protection en adoptant la loi 96 en 2022. Cette mise à jour de la Charte de la langue française précise que tous les services publics devront être rendus en français pour tous les nouveaux arrivants et les réfugiés (sauf exception) qui sont au Québec depuis six mois. Or, six mois, même si on étudie à temps plein, c’est bien peu pour maîtriser une langue, a fortiori si on ferme des classes de francisation à proximité.

Bien sûr, le nombre d’élèves a augmenté avec le flux migratoire, mais, justement, je pense qu’il est urgent d’augmenter le financement pour la francisation et l’intégration. Malheureusement, on procède à des coupes ou à des remaniements arbitraires, ce qui, selon les estimations,laisse plus de 10 000 élèves sans rien. On estime qu’environ 113 enseignants ont perdu leur emploi. C’est une catastrophe sous plusieurs angles.

Je sais bien que la bourse de l’État n’est pas un sac magique duquel on peut faire apparaître des millions de dollars. En revanche, lorsqu’un gouvernement ne cesse de nous rappeler la fragilité du français, lorsqu’il commande des rapports sur l’évolution de la situation linguistique à l’Office québécois de la langue française ou encore qu’il demande des études sur la situation des langues parlées au Québec à l’Institut de la statistique, je m’attends à ce qu’il intervienne en amont pour contrer le déclin de notre langue commune.

En tâtant le terrain auprès d’amis qui travaillent dans l’univers de la francisation et de l’intégration, et qui observent avec scepticisme, voire avec inquiétude, les choix du ministère, j’apprends que cette branche de l’enseignement est malmenée depuis plusieurs années, et pas uniquement sous ce gouvernement. J’ai compris qu’une multitude d’activités incluses dans le programme ont disparu au fil des ans. Des expériences qui aidaient les étudiants à s’intégrer à notre culture, comme une visite de la ville de Québec, des épluchettes de blé d’Inde, de l’autocueillette de pommes, etc.

De plus, le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration semble chercher à réduire le nombre de classes physiques pour augmenter l’offre virtuelle. Mais apprendre en groupe dans un même lieu, c’est tellement plus vivant ! On peut rebondir sur ce que vient de dire le professeur, échanger de manière spontanée, participer aux discussions de corridors. On apprend mieux en classe qu’isolé devant un écran impersonnel. C’est d’ailleurs ce que me confirme mon ami, qui est lui-même professeur. Il constate que ses élèves progressent beaucoup plus rapidement lorsqu’ils sont en présentiel plutôt qu’en ligne.

Il y a fort à parier que je ne serai plus invitée à faire de l’impro dans une classe de francisation. Bien sûr, cela me rend un peu triste, mais ce qui me rend le plus furieuse, c’est de penser que ces merveilleux adultes pleins de bonne volonté et de courage, qui pourraient contribuer à notre société à leur plein potentiel, seront privés des services de professeurs compétents et motivés. Au lieu de voir un formidable investissement dans les classes de francisation, le gouvernement semble désormais y voir une vulgaire dépense. Moi, je vois là un immense gâchis.

Source: Carbo | Quel gâchis! [francisation]

On April 4, 2024, a big snow line fell on Montreal, one of those that remind us that we can never take spring for granted in our beautiful province. My colleague and I park the car in front of the William-Hingston francization center, of the Montreal School Service Center. We have an appointment with students at level 8, the most advanced level in the francization class. We are expected there to improvise. The students have written the themes that will inspire our skits and they will be able to join us, if the heart tells them.

As I climb the stairs to the room where our demonstration workshop will take place, I hear other students who speak French among themselves with their accents from the end of the world. Everyone is talking about this unexpected snowstorm. An applied student uses the term “congère” and a friendly teacher teaches her the expression “snow bench”. She laughs. Mimicking the height of the snow, she asks, uncertain: “We say a bench because we can sit on it? The teacher nods laughing in turn.

Once in the classroom, I watch the students arrive, smiling and of all ages, from all over the world. We start without further delay and improvise in front of them with ease. The themes they have composed are funny, relevant and above all inspiring. Some will even come to play with us. Their command of French is impressive. They have nice wits. Making people laugh in a foreign language demonstrates a good knowledge of the latter, but also several achievements in terms of cultural references. I leave there amazed by their intelligence, vocabulary and humor.

I measure all the efforts they have made to succeed in integrating into their host society and the aplomb with which they speak our language. I also admire the work of the teachers. We can perceive their commitment to the progress of their learners and their pride in their success.

If I tell you this morning in a francization center, it is because the future of these essential places of learning seems threatened by the budgetary priorities of the Caquist government. However, this government has placed French at the heart of its concerns. He even strengthened his protection by adopting Law 96 in 2022. This update of the Charter of the French Language specifies that all public services must be rendered in French for all newcomers and refugees (with exceptions) who have been in Quebec for six months. However, six months, even if you study full-time, is very little to master a language, especially if you close Frenchization classes nearby.

Of course, the number of students has increased with the migratory flow, but, precisely, I think it is urgent to increase funding for francization and integration. Unfortunately, arbitrary cuts or rearrangements are being carried out, which is estimated to leave more than 10,000 students with nothing. It is estimated that about 113 teachers have lost their jobs. It’s a disaster from many angles.

I know that the state exchange is not a magic bag from which you can show millions of dollars. On the other hand, when a government keeps reminding us of the fragility of French, when it orders reports on the evolution of the linguistic situation from the Office québécois de la langue française or when it requests studies on the situation of languages spoken in Quebec from the Institut de la statistique, I expect it to intervene upstream to counter the decline of our common language.

By trying the ground with friends who work in the world of francization and integration, and who observe with skepticism, even with concern, the choices of the ministry, I learn that this branch of education has been mistreated for several years, and not only under this government. I understand that a multitude of activities included in the program have disappeared over the years. Experiences that helped students integrate into our culture, such as a visit to Quebec City, Indian wheat peels, self-picking apples, etc.

In addition, the Ministry of Immigration, Francisation and Integration seems to be seeking to reduce the number of physical classes to increase the virtual offer. But learning in a group in the same place is so much more lively! We can bounce back on what the teacher has just said, exchange spontaneously, participate in corridor discussions. We learn better in class than in isolation in front of an impersonal screen. This is also what my friend confirms to me, who is himself a teacher. He notes that his students progress much faster when they are in person rather than online.

It is a safe bet that I will no longer be invited to improvise in a francization class. Of course, it makes me a little sad, but what makes me most furious is to think that these wonderful adults full of good will and courage, who could contribute to our society to their full potential, will be deprived of the services of competent and motivated teachers. Instead of seeing a formidable investment in francization classes, the government now seems to see it as a vulgar expense. I see a huge mess here.

Les enseignants en francisation en ont très gros sur le coeur

Unravelling, at least partly, of francisation?

« Outré », « dégoûtée », « jeté à terre », « en colère » : les émotions sont fortes pour les enseignants en francisation, qui ont subi de nombreuses fermetures de classes dans les dernières semaines. Sortant de leur réserve habituelle, plusieurs racontent l’impression d’un « échec de toute la société » au-delà de la perte de leur emploi, comme l’exprime l’enseignante Valérie Fortier.

Des centaines de classes de francisation ont été ou sont en train d’être annulées en cours d’année dans les centres de services scolaires. Dans certaines régions, comme en Estrie et en Abitibi, des écoles de francisation ferment tous leurs services.

Le ministre québécois de l’Immigration, Jean-François Roberge, a évoqué mardi des « enjeux financiers » pour expliquer ces fermetures, se défendant de franciser moins d’immigrants cette année. C’est en fait un changement dans les règles budgétaires qui est à l’origine de cette situation. Le réseau scolaire est responsable d’environ 40 % des cours de francisation, le reste étant sous la gouverne du ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI)….

Source: Les enseignants en francisation en ont très gros sur le coeur

“Outraged”, “disgusted”, “thrown to the ground”, “angry”: emotions are strong for teachers in Frenchization, who have suffered many class closures in recent weeks. Coming out of their usual reserve, many tell the impression of a “failure of the whole society” beyond the loss of their job, as expressed by teacher Valérie Fortier.

Hundreds of francization classes have been or are being canceled during the year in school service centers. In some regions, such as Estrie and Abitibi, Frenchization schools close all their services.

Quebec’s Minister of Immigration, Jean-François Roberge, spoke on Tuesday about “financial issues” to explain these closures, defending himself from Frenchizing fewer immigrants this year. It is actually a change in the budgetary rules that is at the origin of this situation. The school network is responsible for about 40% of francization courses, the rest being under the guidance of the Ministry of Immigration, Francisation and Integration (MIFI)….

ICYMI: Les annulations de cours de francisation se multiplient sur la couronne nord faute de budget

Of note:

Les réductions budgétaires en francisation du ministère de l’Éducation sèment la consternation dans la couronne nord de Montréal, qui connaît un boom d’immigration. Au Centre de services scolaire (CSS) des Mille-Îles, ce sont 90 % des cours de francisation aux adultes qui ont été annulés et une vingtaine de postes qui ont été éliminés. Quant aux étudiants, eux, ils ne savent pas vers qui ou quoi se tourner.

Depuis la semaine dernière, « c’est la panique » chez l’organisme ABL Immigration, explique son directeur intérimaire, Alain Marginean.

L’organisme de Saint-Eustache est inondé d’appels depuis que le CSS des Mille-Îles a annulé presque toute son offre de cours de francisation des adultes en cette rentrée scolaire. Seulement trois classes, plutôt que 14, ont été ouvertes, et ce, uniquement pour la moitié de l’année.

« Ça appelle en continu depuis jeudi dernier », relate M. Marginean, un cadre du réseau collégial à la retraite.

ABL Immigration organise des activités de socialisation pour les nouveaux arrivants et offre différents services de soutien — comme aider les gens à s’inscrire aux cours de francisation offerts par le CSS.

Le directeur Marginean a l’impression de retourner en arrière. « Ça dépasse mon entendement. J’en ai vu, des conneries, mais ça, ça dépasse l’entendement », dit-il à propos des réductions imposées par Québec en francisation. Car, cette année, les ministères de l’Éducation et de l’Immigration ont décidé de limiter les budgets destinés aux cours de francisation donnés par les CSS.

Des parcours et une intégration freinés

Sehriban Naman et son mari — deux réfugiés kurdes — s’apprêtaient à commencer leur classe de francisation de niveau 5 (il y en a 12) quand ils ont appris la nouvelle. Ils sont découragés. « Mon mari ne peut pas se trouver de travail parce qu’il n’a pas la langue », explique la dame.

Le couple réside à Sainte-Marthe-sur-le-Lac depuis 2023. Dans leur pays d’origine, la Turquie, les deux enseignaient. Mme Naman espère maintenant s’occuper de garde d’enfants ; son mari souhaite devenir plombier. « Pour trouver une bonne job, je dois prendre le français au niveau 5, 6 ou 7. Mais, maintenant, je ne peux pas », dit-elle.

La CSS des Mille-Îles confirme avoir dû abolir 21 postes d’enseignants en francisation cet automne. « Nous avons l’obligation de nous gouverner avec les règles budgétaires 2024-2025 du ministère de l’Éducation », a indiqué sa porte-parole par écrit. « Chacune de ces personnes a été contactée par l’équipe de direction […] et un second suivi a été fait par l’équipe des ressources humaines afin de leur offrir un autre poste. »

Dans une lettre ouverte au Devoir, des professeurs parlent de restrictions « sauvages, injustifiables et incohérentes » ordonnées par le gouvernement Legault. « Environ 250 nouveaux arrivants ne seront pas francisés cette année dans notre région. Ils devront retourner sur les listes d’attente interminables de Francisation Québec », déplorent-ils. « Si on se fie aux différentes mesures et lois mises en place pour protéger les valeurs, la langue et la culture d’ici par ce même gouvernement, c’est contre-productif. »

Les réductions décrétées par Québec touchent l’ensemble des CSS, mais l’effet sur l’offre de cours de francisation varie selon les endroits. Plus au nord des Laurentides, à Saint-Jérôme, le CSS de la Rivière-du-Nord ne rapporte aucun changement dans l’offre. Idem au CSS des Laurentides, basé à Saint-Agathe-des-Monts.

Mais à Repentigny, dans Lanaudière, le CSS des Affluents a dû réduire de 50 % son offre de cours en francisation, privant ainsi 200 élèves de cours et 20 enseignants de leur poste. Au CSS des Patriotes, basé à Saint-Bruno-de-Montarville, le nombre de cours offerts est passé de vingt l’an dernier à sept cet automne.

Plusieurs directions de CSS qui disent avoir maintenu leur offre de cours affirment toutefois qu’elles ne prendront peu ou pas en charge de nouveaux groupes. C’est entre autres le cas des CSS Marguerite-Bourgeoys (à Montréal), des Navigateurs (à Québec), des Chênes (à Drummondville) et des Hauts-Cantons (en Estrie).

D’autres, comme le CSS de Sherbrooke, tablent sur une résolution du problème cet automne, au risque de devoir fermer des classes plus tard cette année.

Des solutions de rechange limitées

Depuis le début, le gouvernement Legault défend sa décision en plaidant que la demande en francisation est trop forte. En seulement deux mois, ce printemps, le nombre d’adultes inscrits en francisation dans le réseau québécois a atteint 26 656, alors qu’on en comptait 34 060 pour tout l’exercice 2023-2024.

Or, M. Marginean plaide que des régions comme la sienne en pâtissent beaucoup plus que d’autres.

Cela fait seulement quelques années que des cours de francisation sont offerts localement à Saint-Eustache et à Saint-Thérèse, fait-il valoir, et il a fallu se battre pour les obtenir. « Ça fait trois ans qu’on a gagné ça. On n’est pas intéressés à envoyer les gens à Laval ou à Saint-Jérôme. »

Le ministère de l’Immigration avait affirmé au Devoir à la mi-août que le nouvel organisme Francisation Québec (FQ) dirigeait les étudiants déboutés vers des solutions de rechange. « L’équipe de FQ […] surveille de près les capacités de tous les partenaires, dont les CSS. Lorsqu’un centre informe avoir atteint sa capacité, l’équipe procède à un aiguillage des élèves vers d’autres partenaires ayant de la capacité, que ce soit des CSS, des cégeps, des universités ou des organismes à but non lucratif. »

« Rappelons que les services de FQ s’appuient aussi sur des cours offerts en ligne », signalait-on aussi.

Sehriban Naman a jeté un regard sur les cours offerts à Laval, mais doute de pouvoir s’y inscrire. « C’est très loin et il faut que je fasse garder mes enfants près d’ici. »

Un autre étudiant de Saint-Eustache avec qui Le Devoir s’est entretenu, Enrique (qui a demandé que l’on utilise un pseudonyme, par crainte de nuire à son dossier d’immigration), dit, quant à lui, avoir essayé les cours en ligne sans grand enthousiasme. « Personne n’aime ça », dit-il. « La francisation, c’est pas juste la langue : c’est connaître des gens, être en immersion. »

Ces derniers mois, l’homme d’origine nicaraguayenne a commencé à travailler en soirée comme opérateur de machine dans une entreprise des environs, tout en suivant des cours de francisation le jour. « C’est important de continuer les cours, dit-il, parce qu’il y a beaucoup de choses que je ne comprends pas au travail. »

Source: Les annulations de cours de francisation se multiplient sur la couronne nord faute de budget

Computer translation:

The French budget cuts of the Ministry of Education are sowing consternation in the northern crown of Montreal, which is experiencing an immigration boom. At the Centre de services scolaires (CSS) des Mille-Îles, 90% of adult francization courses were canceled and about twenty positions were eliminated. As for the students, they don’t know who or what to turn to.

Since last week, “it’s panic” at the ABL Immigration organization, explains its interim director, Alain Marginean.

The Saint-Eustache organization has been flooded with calls since the CSS des Mille-Îles canceled almost all of its offer of adult francization courses this school year. Only three classes, rather than 14, were opened, and only for half the year.

“It’s been calling continuously since last Thursday,” says Mr. Marginean, a retired college network executive.

ABL Immigration organizes socialization activities for newcomers and offers various support services — such as helping people enroll in francization courses offered by the CSS.

Director Marginean feels like he’s going back. “It’s beyond my understanding. I’ve seen some bullshit, but that’s beyond comprehension, “he says about the reductions imposed by Quebec in francization. Because, this year, the Ministries of Education and Immigration have decided to limit the budgets for francization courses given by the CSS.

Braked courses and integration

Sehriban Naman and her husband – two Kurdish refugees – were about to start their level 5 francization class (there are 12) when they heard the news. They are discouraged. “My husband can’t find a job because he doesn’t have the language,” explains the lady.

The couple has lived in Sainte-Marthe-sur-le-Lac since 2023. In their country of origin, Turkey, they both taught. Ms. Naman now hopes to take care of the child; her husband wants to become a plumber. “To find a good job, I have to take French at level 5, 6 or 7. But now I can’t,” she says.

The CSS des Mille-Îles confirms that it had to abolish 21 teacher positions in Frenchization this fall. “We have the obligation to govern ourselves with the 2024-2025 budget rules of the Ministry of Education,” his spokeswoman said in writing. “Each of these people was contacted by the management team […] and a second follow-up was made by the human resources team to offer them another position. ”

In an open letter to Le Devoir, teachers speak of “wild, unjustifiable and incoherent” restrictions ordered by the Legault government. “About 250 newcomers will not be Frenchized this year in our region. They will have to return to the endless waiting lists of Francisation Québec,” they lament. “If we rely on the various measures and laws put in place to protect the values, language and culture here by this same government, it is counterproductive. ”

The reductions decreed by Quebec affect all CSS, but the effect on the offer of francization courses varies by location. Further north of the Laurentians, in Saint-Jérôme, the CSS de la Rivière-du-Nord does not report any change in the offer. Ditto to the CSS des Laurentides, based in Saint-Agathe-des-Monts.

But in Repentigny, in Lanaudière, the CSS des Affluents had to reduce its offer of francization courses by 50%, thus depriving 200 students of classes and 20 teachers of their posts. At CSS des Patriotes, based in Saint-Bruno-de-Montarville, the number of courses offered increased from twenty last year to seven this fall.

However, several CSS managements who say they have maintained their course offerings say that they will take little or no support for new groups. This is the case, among others, of CSS Marguerite-Bourgeoys (in Montreal), Navigators (in Quebec City), Chênes (in Drummondville) and Hauts-Cantons (in the Eastern City).

Others, such as the Sherbrooke CSS, are counting on a resolution of the problem this fall, at the risk of having to close classes later this year.

Limited alternative solutions

From the beginning, the Legault government defended its decision by arguing that the demand for francization is too strong. In just two months, this spring, the number of adults registered for francization in the Quebec network reached 26,656, while there were 34,060 for the entire 2023-2024 financial year.

However, Mr. Marginean argues that regions like his suffer much more than others.

It has only been a few years that francization courses have been offered locally in Saint-Eustache and Saint-Thérèse, he argues, and it was necessary to fight to obtain them. “It’s been three years since we won that. We are not interested in sending people to Laval or Saint-Jérôme. ”

The Ministry of Immigration had told Le Devoir in mid-August that the new organization Francisation Québec (FQ) was directing rejected students to alternative solutions. “The FQ team […] closely monitors the capabilities of all partners, including CSS. When a center informs that it has reached its capacity, the team refers students to other partners with capacity, whether CSS, CEGEPs, universities or non-profit organizations. ”

“Remember that FQ services also rely on courses offered online,” it was also reported.

Sehriban Naman took a look at the courses offered in Laval, but doubts that he can register. “It’s very far and I have to have my children looked after near here. ”

Another student from Saint-Eustache with whom Le Devoir talked, Enrique (who asked for a pseudonym to be used, for fear of harming his immigration file), says he tried the online courses without much enthusiasm. “Nobody likes it,” he says. “Francization is not just language: it is knowing people, being immersed. ”

In recent months, the man of Nicaraguan origin has started working in the evening as a machine operator in a nearby company, while taking francization courses during the day. “It’s important to continue classes,” he says, “because there are many things I don’t understand at work. ”

Where Germany’s Immigration Debate Hits Home

Of note. Incidents like this naturally raise worries and fears:

The leafy market square, ringed by Middle Eastern restaurants in a quiet city where nearly half the residents have immigrant backgrounds, seems like the last place that would spur Germany’s latest explosive wave of nationalist backlash.

But it was in Mannheim where prosecutors say an Afghan man stabbed six people in May at an anti-Islamist rally, killing an officer who had intervened. No motive has yet been determined. But the death and the fact that the man accused had his asylum claim denied years ago set off calls for the expulsion of some refugees. Such sentiments were once viewed as messaging mostly reserved for the far right.

That this could occur in Mannheim, a diverse community of over 300,000 people known for its sensible plotting along a grid as a “city of squares,” has rattled Germany. It has been particularly painful for the longtime Muslim population of the city, where, according to some estimates, nearly one in five people are of Turkish descent.

Overtly, the political discussion concerns refugees, but in the lived experience of German Muslims, many said they felt like they were steps away from becoming a target. That worry has heightened since January, when an exposé revealed a secret meeting by members of the extreme right during which the deportation of even legal residents of immigrant descent was discussed.

Some expressed fears that what happened in Mannheim may have broken a dam.

Source: Where Germany’s Immigration Debate Hits Home

Des milliers de cours en francisation compromis

A noter (despite the Canada-Quebec accord generous funding):

De nouvelles règles budgétaires sèment la consternation auprès des organismes en francisation. Alors que les besoins ont grimpé en flèche dans les dernières années, ils disent ne plus pouvoir accueillir de nouveaux étudiants l’automne prochain. « Un problème créé par le fédéral », selon Québec.

« C’est beaucoup de personnes qu’on ne sera pas capables de franciser l’année prochaine », déplore Carl Ouellet, le président de l’Association québécoise du personnel de direction des écoles (AQPDE). Ce dernier évalue que « des milliers » d’étudiants en francisation seront touchés.

Interpellé par Le Devoir, le gouvernement se défend en invoquant « la pression exercée par l’immigration temporaire sur les services publics ».

« On consacre déjà plusieurs ressources de notre réseau de l’éducation afin de franciser les nouveaux arrivants, et ces ressources ont augmenté de façon très importante », a indiqué par écrit le cabinet du ministre de l’Éducation, Bernard Drainville.

De 2019 à 2024, le budget de la francisation est passé de 69 à 104 millions de dollars, et le gouvernement a décidé que la hausse allait s’arrêter là, explique-t-on. « On reconnaît tous que c’est important […], mais on doit aussi respecter notre capacité de payer. Les demandeurs d’asile ne sont évidemment pas à blâmer, c’est un problème créé par le fédéral », signale le cabinet.

Or selon Carl Ouellet de l’AQPDE, en plus de priver les immigrants de cours, la décision du gouvernement fait en sorte que les centres de services scolaires (CSS) qui font de la francisation ne seront pas payés pour des cours qu’ils ont déjà donnés depuis deux ans.

Au Québec, 40 % des cours de francisation sont prodigués par les CSS par l’entremise de ce qu’on appelle la formation aux adultes. Près de 21 000 personnes y étaient inscrites ce printemps à temps plein ou à temps partiel. Le reste des cours sont offerts dans des universités, des cégeps ou des organismes communautaires.

Moins de places

Les CSS reçoivent chaque année des subventions en fonction du nombre d’étudiants des années précédentes. Or le ministère de l’Éducation du Québec a revu sa méthode de calcul des subventions, ce qui crée un trou majeur dans leurs budgets.

« Je ne vais pas pouvoir prendre de nouveaux étudiants à la rentrée », se désole le directeur d’un centre de francisation qui a demandé l’anonymat pour ménager ses relations avec le ministère. Dans son CSS, la coupe correspond à plus de 10 % du budget et à une baisse de 25 % du nombre de places disponibles pour les étudiants. « Je vais engager moins d’enseignants et je vais diminuer la cadence », dit-il.

Pour l’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire, c’est tout simplement illogique. « C’est renversant ! Ça va complètement dans l’autre sens que [celui du] discours politique qu’on entend », avance sa présidente, Kathleen Legault.

Le gouvernement du Québec table en bonne partie sur une meilleure offre en francisation pour contrer le déclin du français au Québec. Son plan d’action présenté en avril prévoyait des investissements de 320 millions de dollars afin d’améliorer l’usage du français chez les travailleurs étrangers.

Des risques pour le reste de la formation aux adultes ?

Dans ses échanges avec les CSS ces derniers jours, le ministère de l’Éducation du Québec montre du doigt le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI). Il avance que le MIFI ne lui a pas transféré suffisamment de fonds cette année pour compenser la hausse des demandes.

« Le maintien de l’enveloppe financière est en fonction de celle transférée par le MIFI pour la francisation », écrit-il dans une communication écrite aux responsables de la francisation des CSS dont Le Devoir a obtenu copie.

Le ministère invite ensuite les CSS à prendre moins d’étudiants pour régler leur problème budgétaire. « En limitant [le] nombre d’ETP [étudiants en équivalence au temps plein] lié à la francisation, ceci laissera une marge de manoeuvre… »

Kathleen Legault craint que d’autres étudiants des CSS écopent étant donné « la pression très grande en francisation ». « Est-ce que ça va mettre en péril le financement de la formation des jeunes adultes en retard d’apprentissage ? Parce que c’est offert dans les mêmes centres. C’est ça, le danger. »

Cette situation survient dans un contexte où la gestion de la francisation au Québec connaît des ratés. L’an dernier, le gouvernement avait créé l’organisme Francisation Québec pour mieux coordonner l’offre de cours. Or la moitié des demandes sont toujours en attente, selon un rapport déposé à la fin mai par le commissaire à la langue française Benoît Dubreuil.

Dans le même rapport, M. Dubreuil a relevé que le nombre total d’heures de formation offertes en 2023-2024 correspond à « environ 2 % de celui qui aurait été nécessaire pour que l’ensemble des personnes domiciliées au Québec qui ne connaissaient pas le français puissent terminer les niveaux débutants et intermédiaires ».

Source: Des milliers de cours en francisation compromis

Active presence of immigrants in Canada: Recent trends in tax filing and employment incidence

Interesting and relevant way to measure integration and assess emigration rates. Findings make intuitive sense:

Increased tax-filing rates of immigrants across arrival cohorts

The tax-filing rate in the first full year is a key indicator of immigrant retention, as an earlier study found that over half of immigrants who emigrated did not file income tax in their first year after arrival. This suggests that many immigrants make decisions about leaving shortly after immigration (Aydemir & Robinson, 2008).

Among immigrants aged 20 to 54 at landing, the rate of filing an income tax return in the first full year after landing remained stable from the 1990-to-1994 cohort to the 2000-to-2004 cohort. However, it increased for cohorts that arrived since the mid-2000s (Table 1). About 90% of the 2015-to-2019 and 2020 cohorts filed a tax return in the first full year after immigration, compared with 85% among the 2005-to-2009 cohort. …

The rise in first-year tax-filing rates since the mid-2010s was widespread, spanning both men and women, age groups, educational levels, official language profiles, and most source regions. This increase was also observed across admission programs, except for a slight decline among immigrants in the Provincial Nominee Program (PNP) from the 2010-to-2014 cohort to the 2020 cohort. 

The tax-filing rate in the fifth year after immigration increased steadily from the 1990-to-1994 cohort to the 2010-to-2014 cohort. Again, this uptrend was observed across immigrants with diverse sociodemographic backgrounds. However, among PNP immigrants, the filing rate in the fifth year remained relatively stable from the 2000-to-2004 cohort onward, following a decline from the 1995-to-1999 cohort. Additionally, there was a marginal decrease among immigrants from Northern Europe in the 2010-to-2014 cohort.

The tax-filing rate in the 10th year after immigration was higher among immigrants who arrived in the 2000s than among those who arrived in the 1990s. However, there was minimal change between those who arrived in the early 2000s and the late 2000s. These trends remained consistent across immigrants with various sociodemographic characteristics.

Tax-filing rates, specifically in the 5th and 10th years after immigration, were generally lower among immigrants in the Federal Skilled Worker Program and Canadian Experience Class, compared with family class immigrants and refugees. These rates were also relatively lower among immigrants with graduate degrees and those originating from the United States, and Northern and Western Europe. The literature suggests that highly skilled immigrants are more mobile and tend to explore better opportunities in the international labour market or return to their home countries when they cannot fully utilize their skills in the destination country (Aydemir & Robinson, 2008)….

Source: Active presence of immigrants in Canada: Recent trends in tax filing and employment incidence

Canadians outraged over Parks Canada’s free admission to “newcomers” policy 

Typical overstating without appreciation of the policy and practical rationale to do so to strengthen integration and sense of belonging. And of course, no numbers on how many:

Many Canadians expressed their discontent with a newly announced Parks Canada policy allowing “newcomers to Canada and new Canadian citizens” free admission to all national parks, historic sites and marine conservation areas as part of a new policy.

According to the Parks Canada website, for the next year “admission to all national parks, national historic sites, and national marine conservation areas operated by Parks Canada.”

“Using the Institute for Canadian Citizenship’s Canoo mobile app, enjoy free admission to all places administered by Parks Canada across the country for one full year,” it reads. 

However, the free admission policy is limited solely to newcomers and new Canadian citizens, if you’re already a tax paying citizen, you’ll be paying full price. 

“Get back to nature and unwind amidst the spectacular scenery in Canada’s national parks and marine conservation areas,” reads the website. “Celebrate your arrival in Canada or your citizenship with great Canadian experiences,” it continued.

“Check out some of the most awesome places in Canada. We look forward to welcoming you!”

The 1998 Parks Canada Agency Act established Parks Canada as a separate Government of Canada Agency, which currently reports to Environment Minister Steven Guilbeault.

While daily admission and service fees and single-location passes are variable depending on the location, camping fees for a family pass begin at $151.25.

The announcement was met with strong disapproval on X, with the overwhelming majority of comments frustrated with the new policy. 

Source: Canadians outraged over Parks Canada’s free admission to “newcomers” policy

Un service de Québec dédié aux nouveaux arrivants rate la cible

Of note. Those in the rest of Canada shouldn’t feel to smug as they also have gaps in settlement services:

Le service Accompagnement Québec, visant à guider les nouveaux arrivants dans leurs démarches d’installation et d’intégration, rate sa cible. Alors que certains organismes d’aide aux immigrants s’interrogent sur son utilité, les plus récentes données démontrent que le service est très peu utilisé, voire carrément méconnu.

En 2023-2024, à peine plus de 12 000 personnes ont bénéficié d’une évaluation de leurs besoins par Accompagnement Québec, révèlent les plus récentes données du ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI). L’année précédente, en 2022-2023, près de 10 000 personnes immigrantes avaient eu une rencontre avec un agent du service.

Pour Stephan Reichhold, directeur de la Table de concertation des organismes au service des réfugiés et immigrants, atteindre quelques milliers de personnes sur un total de centaines de milliers d’immigrants qui arrivent ici, « c’est rien ! »

Selon lui, la centaine d’organismes d’aide aux immigrants qu’il représente et qui sont aussi financés par le MIFI pour soutenir et accompagner les immigrants en a accueilli bien plus : soit près de 100 000 personnes au cours des 12 derniers mois. « Tout le monde est d’accord pour dire qu’[Accompagnement Québec], ça ne fonctionne pas », a-t-il déclaré. « C’est une marque de commerce du gouvernement, mais [en fait], ça ne peut pas continuer. »

Parachevé en mai 2023, un sondage réalisé par le MIFI obtenu par Le Devoir révèle que 70 % des répondants affirmaient ne pas connaître Accompagnement Québec. De plus, environ la moitié des personnes interrogées indiquaient ne pas connaître les étapes à suivre pour immigrer, pour chercher un emploi ou pour faire reconnaître leurs compétences.

Qu’il soit ici ou dans son pays d’origine, un immigrant qui reçoit un certificat pour résider au Québec de manière permanente ou temporaire devrait être invité par courriel à s’inscrire à Accompagnement Québec par l’entremise de la plateforme Arrima. Il sera par la suite contacté par un agent d’aide à l’intégration qui lui concoctera un plan individualisé en fonction de ses besoins (francisation, emploi, etc.) et le dirigera vers un organisme sur le terrain.

Un service qui fait doublon

À l’été 2019, le ministre de l’Immigration d’alors, Simon Jolin-Barrette, avait bonifié le service Accompagnement Québec en ouvrant plus de bureaux régionaux et en augmentant l’effectif en région. Il réagissait ainsi aux critiques dans le rapport de la vérificatrice générale, qui reprochait au gouvernement de ne pas connaître les besoins réels des immigrants et d’échouer à les orienter vers les bons services.

Depuis la réforme, Accompagnement Québec a plus spécifiquement comme mission d’inciter les immigrants à s’installer en région et d’aider les employeurs à recruter ces derniers. Mais, sur le terrain, certains organismes se questionnent sur le rôle que joue le service.

À l’organisme Groupe Inclusia, au Saguenay, très peu d’immigrants — environ 5 % — ont été envoyés par Accompagnement Québec. « La grande majorité des gens qui viennent à nous, c’est grâce au bouche à oreille ou à des employeurs qui recrutent à l’international », explique la coordonnatrice, Sylvie Pedneault. Même si plusieurs rencontres ont lieu par année avec les fonctionnaires de Québec et les organismes de la région afin d’arrimer leur travail, elle constate qu’il y a quand même « des doublons ». « Nous, les organismes d’accueil, on a toujours fait des plans d’intégration pour diriger la personne immigrante vers les ressources appropriées. Mais c’est le rôle qu’Accompagnement Québec a pris », dit-elle. « Concrètement, ce que ce service fait de plus, je ne le sais pas. »

Le fait que les immigrants doivent eux-mêmes s’inscrire aux services d’Accompagnement Québec dans Arrima ajoute une certaine « lourdeur » pour eux, croit Mme Pedneault. « C’est comme une étape qui se rajoute dans leur parcours, alors qu’ils ont déjà un paquet d’autres choses à faire. Ce n’est pas optimal. » Cette lourdeur s’étend aussi aux organismes vers qui les immigrants sont de toute manière redirigés et qui ont la charge de les accompagner dans les méandres d’Arrima.

Pour plus d’efficacité, Sylvie Pedneault suggère qu’Accompagnement Québec s’occupe des personnes qui ne tombent pas dans les critères de financement de son organisme, comme les demandeurs d’asile, par exemple.

Des dirigeants d’un centre de francisation en région se sont également montrés très critiques à l’endroit de ce service gouvernemental. « C’est quoi, leur mission ? On ne le sait pas », a indiqué au Devoir l’un de ces dirigeants, qui demeure anonyme pour ne pas nuire à ses relations avec le MIFI. Il dit avoir contacté à maintes reprises les agents pour mieux connaître leurs services et savoir comment conseiller des immigrants qui ont des besoins excédant la francisation… en vain. « On dirait que personne ne travaille là. On ne sait pas ce qu’ils font. C’est très flou », avance cette personne. « Les organismes d’aide aux immigrants, on voit leurs actions sur le terrain, mais Accompagnement Québec… on ne sait pas trop. »

Peu d’accueils à l’aéroport

À l’aéroport de Montréal, le service d’accueil pour immigrants, notamment censé les diriger vers Accompagnement Québec, est un échec. Selon le rapport annuel de gestion de 2022-2023, à peine 9 % des immigrants adultes ayant transité par ce comptoir d’accueil se sont véritablement inscrits à Accompagnement Québec, ce qui rate complètement la cible de 75 % qui avait été fixée.

Selon le MIFI, la non-atteinte de l’objectif s’explique par le fait que les immigrants sont, depuis le printemps 2021, invités à s’inscrire en ligne directement sur la plateforme Arrima. Depuis 2020, le nombre de personnes accueillies par le service à l’aéroport est en chute libre, selon des données obtenues par la Loi sur l’accès à l’information. Les travailleurs étrangers temporaires, qui sont à peine quelques dizaines à être passés par ce comptoir, ne sont pas reçus « systématiquement » par le service d’accueil de l’aéroport. « Une réflexion plus large est en cours », lit-on dans le rapport.

Source: Un service de Québec dédié aux nouveaux arrivants rate la cible

How African Immigrants Have Revived a Remote Corner of Quebec

Nice story from rural Quebec, undermining some of the common narratives:

Not long ago, the handful of African immigrants in Rouyn-Noranda, a remote city in northern Quebec, all knew one another.

There was the Nigerian woman long married to a Québécois man. The odd researchers from Cameroon or the Ivory Coast. And, of course, the doyen, a Congolese chemist who first made a name for himself driving a Zamboni at hockey games.

Today, newcomers from Africa are everywhere — in the streets, supermarkets, factories, hotels, even at the church-basement boxing club.

A couple from Benin has taken over Chez Morasse, a city institution that introduced a greasy spoon favorite, poutine, to this region. And women from several corners of West and Central Africa were chatting at the city’s new African grocery store, Épicerie Interculturelle.

“Since last year, it’s like the gate of hell or the gate of heaven, something opened, and everybody just kept trooping in — I’ve never seen so many Africans in my life,” Folake Lawanson Savard, 51, the Nigerian whose husband is Québécois, said to loud laughter in the store.

Rouyn-Noranda’s transformation followed a surge of immigrants Canada has allowed in as temporary workers in recent years to address widespread labor shortages. Many have been able to eventually turn their temporary status into permanent residency, the final step before citizenship.

The influx of immigrants has also raised concerns, contributing to the nation’s housing crisis and straining public services in some areas, leading the government of Prime Minister Justin Trudeau to announce plans to rein in their numbers.

The increase has created African communities in the unlikeliest places in the French-speaking province of Quebec. Some are working in logging in boreal forests. Others, after becoming permanent residents or citizens, are government workers in Indigenous towns accessible only by boat or small propeller planes.

While African immigrants have long lived in the province’s large cities, the newcomers are a recent phenomenon in rural areas.

Driven by a graying population and declining birthrates, the labor shortage has drawn many from Francophone Africa to Quebec, including to Rouyn-Noranda, a mining city of 42,000 people about 90 minutes north of Montreal — by plane.

Across Canada, the number of temporary residents, a category that includes foreign workers but also foreign students and asylum seekers, has soared in recent years. It has doubled in the past two years alone to 2.7 million, out of Canada’s total population of 41 million.

Canada’s immigration policy has traditionally focused on attracting highly educated and skilled immigrants.

But many temporary foreign workers are now being hired by companies for less skilled jobs in manufacturing and the service industry, fueling debates about whether they will contribute as much to Canada’s economy as past immigrants did.

Rouyn-Noranda’s once tiny African population was made up of individuals who were hired for technical positions in the mining industry or as researchers at the local university.

“We had professors and engineers,” said Valentin Brin, the director of La Mosaïque, a private organization that helps new immigrants. “And then there was a shift.”

The shift occurred partly because of the city government’s decision in 2021 to increase efforts to help local companies recruit foreign workers, said Mariève Migneault, the director of the Local Development Center, the city’s economic development arm.

“Our companies were suffering from such a shortage of workers that it was slowing down Rouyn-Noranda’s economic development,” Ms. Migneault said.

For G5, a family-owned company that owns and operates hotels and restaurants in the city, the pool of local workers had been shrinking for years, said Tatiana Gabrysz, who oversees the company’s two hotels. Young people were more drawn to highly paid mining jobs.

Immigrants, most from Colombia, are soon expected to make up about 10 percent of the company’s 200-person work force, Ms. Gabrysz said, adding that they allowed the company to operate without constantly worrying about staff shortages.

“It’s changed my life,” Ms. Gabrysz said.

Precise numbers are difficult to find, but Africans are believed to make up the largest group of temporary foreign workers in the city. About 4,000 to 4,500 temporary foreign workers are now in the Rouyn-Noranda region, following a sharp increase since 2021, according to the Local Development Center.

When Aimé Pingi arrived in the region from the Democratic Republic of the Congo in 2008, Africans were so few that they all were able to know one another….

Source: How African Immigrants Have Revived a Remote Corner of Quebec

Lisée | Le remède imaginaire [immigration]

Blast from the past, still relevant, perhaps even more so, along with commentary on the French language commissioner’s comments on how francisation will never match demand, particularly given the large number of temporary workers and students (the latter likely to decline sharply given tougher French language requirements:

Il a fait son apparition dans le débat public en 2011, cosignant un ouvrage choquant. Le malotru utilisait des chiffres probants pour crever un dogme. Le livre s’intitulait Le remède imaginaire (Boréal). Le dogme qu’il trucidait était celui de l’immigration comme solution à la pénurie de main-d’oeuvre et au vieillissement de la population et comme levier pour l’enrichissement. Les études existantes, osait-il affirmer contre l’avis unanime des gouvernements, du patronat et d’associations de gauche, démontrent que ce n’est tout simplement pas le cas. L’immigration peut avoir d’autres vertus, mais pas celles-là.

Treize ans plus tard, les constats des auteurs Benoît Dubreuil et Guillaume Marois ont fini par percoler dans le débat public, même si les zones de résistance perdurent. L’économiste Pierre Fortin a mis à jour le consensus scientifique dans ses propres publications, y compris dans un rapport de 2022 pour le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ). Il vient d’ailleurs de surenchérir. Analysant les dernières données disponibles des pays du G9 et de quatre provinces canadiennes, il conclut dans cette étude que « l’immigration contribue surtout à modifier la répartition de la pénurie entre secteurs de l’économie, mais qu’elle ne produit pas de réduction globale significative de la rareté de la main-d’oeuvre. Dans les cas étudiés, elle paraît au contraire l’avoir aggravée ». Ouch !

Benoît Dubreuil est un récidiviste. Désormais commissaire québécois à la langue française, il a utilisé le même outil — sa maîtrise des chiffres — pour dégonfler une autre baudruche : l’efficacité de la francisation pour renverser le déclin du français. « On a accumulé un passif, a-t-il expliqué, dans le sens où les gens qui sont arrivés au cours des dernières années, même si on voulait avoir des classes de francisation pour tout le monde, on n’y arriverait pas. Et même si on avait des classes de francisation, il faudrait avoir des incitatifs financiers beaucoup plus forts pour amener les gens à s’inscrire et pour amener les gens à y mettre un nombre d’heures conséquent. » 

On a beau doubler, tripler, quintupler les budgets de francisation, la cible est simplement inatteignable. C’est comme vouloir mettre le lac Saint-Jean en bouteille. On peut, comme le fait la ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, Christine Fréchette, proclamer qu’on fait des progrès considérables, le niveau du lac ne bouge pas, et les rivières continuent de s’y déverser.

« Une majorité d’immigrants temporaires [ne parlant pas français] ne s’inscrivent pas aux cours de Francisation Québec, et ceux qui y obtiennent une place n’y consacrent pas suffisamment de temps pour dépasser le niveau débutant », dit Dubreuil. Le gouvernement de la CAQ a l’impression d’avoir frappé deux grands coups en exigeant l’obtention d’un niveau 4 (sur 12) pour renouveler les permis de travail après trois ans et d’un niveau 5 pour les étudiants en fin de premier cycle de McGill et de Concordia venant de l’extérieur du Québec.

« Moi, a dit Dubreuil devant les journalistes mercredi, un diplômé qui a un niveau 5, je ne l’embauche pas, OK ? Puis, je connais quand même pas mal l’apprentissage des langues, là. On ne peut pas prendre la personne puis la mettre dans une réunion de travail, on ne peut pas la mettre ici dans la salle puis penser que la personne va comprendre ce qui se passe. » On ne peut pas non plus l’inviter à souper. Le niveau 8, pour lui, devrait être visé « de façon générale pour assurer une intégration sociale ».

On est loin du compte, car l’afflux de travailleurs temporaires, calcule-t-il, a un impact majeur sur l’augmentation de l’utilisation de l’anglais au travail. Entre 2011 et 2023, le nombre de salariés utilisant principalement l’anglais a bondi de 40 %. C’est sans précédent, explique-t-il (mais il semble oublier la Conquête, puis l’afflux de loyalistes fuyant la révolution américaine). Reste que son évaluation est en deçà de la réalité, car il n’a pas les données pour les arrivées de 2024. Et c’est évidemment concentré à Montréal, où le gain anglophone est le plus fort et crée une spirale de l’anglicisation de l’immigration.

« La plupart des gens qui ne parlent pas français au Québec sont en immersion anglaise. Donc, si vous arrivez, vous connaissez bien l’anglais, vous êtes en immersion anglaise à temps plein et vous faites du français trois, quatre, cinq heures par semaine. Si je reviens vous voir un an, deux ans, trois ans plus tard, quelle va être votre langue forte ? Celle que vous allez privilégier dans un environnement comme celui de Montréal où, dans les faits, il n’y a pas beaucoup de contraintes à l’utilisation d’une langue plutôt que l’autre ? » La langue de Shakespeare, évidemment. 

C’est donc, je le suppose, pour sortir les décideurs de leur torpeur qu’il a évalué la somme que tous les intervenants — gouvernement, entreprises, immigrants — devraient investir pour franciser correctement les immigrants temporaires arrivés avant la fin de 2023 : près de 13 milliards de dollars. Or, cette somme n’inclut ni le coût de francisation des résidents permanents qui ne parlent pas le français, ni celui des 32 % d’Anglo-Québécois qui ne le parlent toujours pas près d’un demi-siècle après l’adoption de la loi 101, ni celui des 25 % d’allophones qui ne le parlent pas non plus, ni même celui des immigrants temporaires arrivés après le 31 décembre 2023.

On peut certes mieux franciser des immigrants qui ont fait l’effort, avant de venir ici, d’acquérir des bases. Mais sinon, la francisation comme solution au déclin linguistique est un mirage. Une inaccessible étoile. Un fantasme dont la réitération rituelle par le patronat, ainsi que par les élus libéraux et solidaires, fait écran au réel et laisse place à la dégradation de la situation.

Je ne doute pas un instant de la volonté de François Legault et de plusieurs membres de son équipe de laisser en héritage la fin du déclin. Et il est indubitable que plusieurs des mesures annoncées depuis six ans sont courageuses, inédites et structurantes. J’ai bon espoir que le plan que déposera bientôt le ministre de la Langue française, Jean-François Roberge, inclura des éléments positifs.

Mais c’est le drame de ce gouvernement d’avoir simultanément présidé, d’abord par inconscience — il n’a pas vu venir la hausse des immigrants temporaires —, ensuite par laxisme — il fut informé de la perte de contrôle dès 2021 —, à ce grand phénomène d’anglicisation de l’ère moderne. Réagissant jeudi au dépôt du rapport, la ministre Fréchette a invité Ottawa à « sortir de sa bulle » en ce qui concerne l’inégale répartition géographique des demandeurs d’asile. Bien. Mais au sujet de l’impact anglicisant des immigrants temporaires, elle semblait confortablement campée dans la sienne.

Source: Chronique | Le remède imaginaire