Lisée: Jungle identitaire

Interesting commentary regarding the latest report by the commissaire à la langue française, Benoît Dubreuil, Intégration à la nation québécoise:

…En comparaison, il est beaucoup plus agréable d’être entre immigrants ou avec des anglophones, dont la composition ethnique est plus diversifiée, dont la langue est plus facile, où les accents divers sont plus acceptés, et où la pression pour s’intégrer à une culture précise n’existe tout simplement pas.

Et c’est là qu’on trouve la spécificité du cas québécois. Dans le monde entier, les ados sont rustres, et l’intégration, difficile. En Allemagne, au Chili ou au Cambodge, il n’y a pas d’autre choix que celui de l’intégration à la langue et à la culture de la société d’accueil, même lorsqu’elle accueille mal. Ici, un autre univers est à portée de main, l’anglophone.

Dubreuil nous apprend qu’une fois l’enfer du secondaire traversé, les tensions s’atténuent au cégep et à l’université. La maturité des uns et des autres y est pour quelque chose. Mais ce passage a laissé des traces. Les enfants d’immigrants connaissent le français, mais l’utilisent moins que les immigrants de première génération. On est en présence d’une acquisition, puis d’une distanciation de l’expérience québécoise, à la fois présente, mais étrangère.

Le commissaire propose, pour juguler ce phénomène, un gigantesque chantier, multiforme, d’intégration. Sa créativité force l’admiration. On voudrait partager sa détermination et son volontarisme. Peut-être y arriverons-nous, après avoir digéré la douleur générée par ses constats.

Source: Jungle identitaire

….In comparison, it is much more pleasant to be among immigrants or with Anglophones, whose ethnic composition is more diverse, whose language is easier, where diverse accents are more accepted, and where the pressure to integrate into a specific culture simply does not exist.


And this is where we find the specificity of the Quebec case. All over the world, teenagers are rude, and integration is difficult. In Germany, Chile or Cambodia, there is no choice but to integrate into the language and culture of the host society, even when it is poorly welcomed. Here, another universe is at hand, the English-speaking.


Dubreuil tells us that once the high school hell is crossed, tensions ease at CEGEP and university. The maturity of each other has something to do with it. But this passage left traces. Immigrant children know French, but use it less than first-generation immigrants. We are in the presence of an acquisition, then a distancing from the Quebec experience, both present but foreign.


The commissioner proposes, to curb this phenomenon, a gigantic, multifaceted integration project. His creativity forces admiration. We would like to share his determination and voluntarism. Maybe we will get there, after digesting the pain generated by his observations.

Entre réussite et intégration, un Québec fou de tous ses enfants

Interesting read by a former teacher:

…Mon premier contrat dans mon champ — l’histoire et la géographie — était dans une grande école secondaire du quartier défavorisé Côte-des-Neiges. J’ai partagé certaines appréhensions concernant le secteur avec des collègues, et ils m’ont tous répondu une variation de la formule suivante : Côte-des-Neiges, c’est un secret bien gardé.

Les défis linguistiques y sont importants, mais la population scolaire y est réceptive, les jeunes souvent polis et travaillants. C’était il y a dix ans. J’avais plus de deux cents élèves et une seule qui n’était pas issue de l’immigration.

Cette école n’avait rien d’un « ghetto » : on y retrouvait plus de soixante nationalités représentées. Dans les corridors, on entendait l’anglais, l’espagnol, l’arabe ou le tagalog. La valorisation du français était au cœur du projet éducatif.

Les élèves s’exprimaient aussi entre eux dans la langue de Molière, la seule qu’ils avaient tous en commun. Un français certes teinté d’accents de banlieues françaises ou de franglais. Une langue qui ne les avait pas préparés à comprendre L’erreur boréale, que j’ai dû traduire, mimer et rembobiner lors du chapitre sur le territoire forestier.

L’équipe d’accueil et de francisation comptait sur des enseignants intimement qualifiés : pour plusieurs, le français avait aussi été une langue étrangère. Grâce à leur formation et leur expérience, ces enseignants savaient que l’apprentissage d’une langue s’effectue en complémentarité et non en concurrence avec les autres langues connues.

Plusieurs recherches montrent que des pédagogies plurilingues, mobilisant les autres langues des élèves, soutiennent efficacement l’apprentissage du français. En plus de leurs effets positifs sur le plan cognitif, ces pratiques renforcent le lien maître-élève.

Or, comme l’ont souligné plusieurs chercheuses en commission parlementaire, certains articles du projet de loi 94 visant notamment à renforcer la laïcité risquent de compromettre ces interactions dans la langue maternelle de l’élève.

Les pratiques d’accueil

La francisation des élèves ne se limite pas aux classes d’accueil. Il existe les services intensifs d’accueil et de soutien à l’apprentissage du français (SASAF), qui incluent un soutien quotidien en classe ordinaire et les classes d’accueil.

Les services de soutien linguistique d’appoint en francisation (SLAF) s’adressent quant à eux aux élèves intégrés en classe ordinaire dont l’acquisition du français est bien amorcée.

Les critères de classement et les choix de services varient d’un centre de services scolaire à l’autre. Notons que le MEQ n’a fixé aucun nombre minimal d’heures hebdomadaires de SLAF à offrir. L’accès aux services professionnels, comme l’orthopédagogie ou la psychoéducation, peut aussi être limité lorsqu’une direction considère que la classe d’accueil constitue le service de soutien.

Certaines directions imposent aux enseignants d’attendre que l’élève soit francisé avant de soumettre une demande de services complémentaires. Certaines disent vouloir éviter la suridentification. N’en demeure qu’avec la hausse du nombre d’élèves ayant un parcours scolaire interrompu, des retards importants ou des parcours migratoires difficiles, ce retard d’accès pèse lourd à la fois sur les élèves et sur le personnel.

Selon le MEQ, alors qu’il y a deux fois plus d’élèves en classe d’accueil qu’il y a dix ans, on en compte trois fois plus en classe ordinaire bénéficiant d’un soutien d’appoint sans qu’aucune norme minimale ne soit établie à cet effet. Les critères de classement demeurent souvent opaques ; le service d’appoint est-il réellement suffisant pour ces élèves ? Plus d’uniformité et de transparence sont nécessaires.

Qui sont les élèves issus de l’immigration ?

À la parution, en 2015, de l’ouvrage de Marie Mc Andrew et du groupe de recherche Immigration, équité et scolarisation (GRIES), La réussite éducative des élèves issus de l’immigration, ceux-ci représentaient 26 % de la population scolaire. Dix ans plus tard, ce chiffre est passé à 36 %.

Tous n’ont pas besoin de services de francisation. C’est notamment le cas de plusieurs élèves dits de deuxième génération, les plus nombreux (22 % de ces 36 %), dont le recours aux SASAF est resté stable depuis dix ans, voire a légèrement diminué. Un élève de deuxième génération est un élève né ici dont au moins un parent est né à l’extérieur du Québec. Fait marquant, le nombre d’élèves immigrants dont la langue maternelle est le français est en hausse — ils composent près de la moitié du groupe en 2025 (43 % contre 37 % en 2015). Les groupes de langue arabe, anglaise ou espagnole sont, eux, restés stables.

Les élèves issus de l’immigration fréquentent davantage l’école privée au secondaire que les non-immigrants (24,5 % contre 20,5 %), une donnée influencée par la forte présence des élèves de deuxième génération dans le réseau privé. Toutefois, le rôle du privé dans l’accueil et la francisation des élèves de première génération tend à diminuer.

Citoyenneté québécoise

Comment évalue-t-on l’intégration d’une personne à sa société d’accueil ? Lorsque cette question est soulevée, les critères objectifs sont parfois maigres. Pour les élèves québécois, deux indicateurs pourraient toutefois nous servir de repères : la réussite scolaire et le choix de la langue d’enseignement au postsecondaire.

Selon l’Observatoire des inégalités, en 2016, le taux de diplomation des élèves de deuxième génération était de 88 %, alors qu’il était de 83 % pour les élèves non issus de l’immigration. Quant aux élèves de première génération ayant immigré dès le primaire, leur taux de réussite est passé de 75 % à 84 % entre 2008 et 2016.

Bien que les défis soient nombreux, plusieurs facteurs propres à la population immigrante expliqueraient cette réussite, dont l’approche scolaire parentale. En 2015, le GRIES notait que le caractère sélectif des politiques d’immigration québécoises, visant un objectif d’établissement permanent, contribuait à la stabilité des familles, à la légitimité de la présence des immigrants, ce qui favorisait la réussite.

Après leur passage en système scolaire francophone, comme le veut la loi 101, 50 % des inscrits allophones au collégial choisissaient les études en français en 2007. Cela passait à 66 % en 2021, selon l’OQLF. Sur cette même période, le choix des jeunes francophones pour le collégial en français est lui passé de 95 % à 93 %. Considérant ce facteur, l’intégration des jeunes allophones à la société québécoise tend à s’améliorer.

Afin d’accentuer l’adhésion à la culture francophone, dans un rapport bien documenté sur les dynamiques linguistiques du monde scolaire, le commissaire à la langue française, Benoît Dubreuil, proposait notamment des mesures comme le développement de programmes de jumelages entre écoles de différentes régions du Québec, approche souvent mise de côté au profit d’expériences internationales.

Les élèves issus de l’immigration créent-ils « une pression énorme sur nos écoles » ? Les politiques d’immigration, nommément celles d’immigration temporaire, ont accentué leur nombre, surtout depuis 2022.

Reste que leur présence à la hausse s’inscrit de façon prévisible depuis plusieurs années, que ces élèves sont aussi globalement résilients, engagés dans leurs études, en preuve leur taux de réussite, qu’ils sont de plus en plus francophones et qu’ils sont aussi de plus en plus nombreux à choisir le français pour la suite de leur parcours scolaire.

Investir ambitieusement dans l’accueil et la francisation des élèves est incontournable pour la nation québécoise et ce n’est pas uniquement une question d’argent : c’est aussi reconnaître l’effet d’émulation positive qu’ont plusieurs de ses élèves sur l’ensemble du système, laisser les professionnels utiliser les meilleures pratiques, comme les références à la langue et à la culture maternelles, sans y voir de menace à la société d’accueil ou favoriser des démarches peu systématisées, comme le jumelage interrégional.

Mon passage en milieu pluriethnique m’a notamment appris que l’amour de la langue ne peut se développer qu’au travers du respect et de l’affection qu’on porte à ceux qui la parlent.

Source: Entre réussite et intégration, un Québec fou de tous ses enfants

Settlement Services: 2024 data

For some reason, IRCC does not regularly publish use of settlement services on open data and thus I submit annual requests. The following slides contrast 2024 with previous years by service, region and province.

Starting with monthly data, the first chart shows the pandemic dip has been completely eclipsed by post pandemic growth:

The next chart shows how the proportion of different services has remained relatively constant:

The regional breakdown highlights the sharp increase in settlement services to Europe, driven entirely by those from Ukraine:

The country view shows not unsurprisingly that it has been Ukraine and Afghanistan where growth has been greatest:

Lastly, usage by province, comparing recent and overall period changes, with Atlantic Canada and Ontario having the largest increase since 2018 (most Quebec settlement services are delivered by the province, not the federal government so hard to compare trends):

Une pause du projet de loi sur l’intégration nationale, «ça n’arrivera pas», dit Roberge

Not surprising both in substance and political positioning:

Le ministre de l’Immigration, Jean-François Roberge, ne mettra pas « sur pause » l’étude détaillée du projet de loi 84 sur l’intégration nationale, comme l’ont demandé plus d’une centaine d’organismes et de personnalités dans une lettre ouverte. « Ça n’arrivera pas », a-t-il déclaré en mêlée de presse.

« Le projet de loi sur l’intégration nationale est extrêmement important. C’est une réponse au multiculturalisme », a-t-il ajouté.

Selon M. Roberge, également ministre de la Langue française, le projet de loi 84 viendra jeter les bases de comment le Québec accueillera les immigrants, soit en tout respect de la langue et de la culture communes. « Moi, je suis ouvert à avoir certains amendements, mais sur le fond, sur le cœur du projet de loi, on va de l’avant », a-t-il souligné.

Mardi, Le Devoir rapportait que dans une lettre ouverte, plus d’une centaine d’organismes d’aide aux immigrants et de personnalités, telles que Gérard Bouchard et Charles Taylor, ont demandé au ministre d’arrêter l’étude du projet de loi afin de tenir une consultation publique « large et inclusive ». Car celui-ci est loin de faire l’unanimité, avait déclaré la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes.

Dans la foulée de son dépôt en janvier dernier, le projet de loi 84 avait suscité des inquiétudes chez une trentaine de personnalités publiques, dont d’ex-ministres du Parti québécois et du Parti libéral, qui en avaient critiqué les « accents assimilationnistes ».

D’autres, comme la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), avaient dit craindre qu’il ne limite les immigrants dans la défense de leurs droits devant les tribunaux.

Source: Une pause du projet de loi sur l’intégration nationale, «ça n’arrivera pas», dit Roberge

The Minister of Immigration, Jean-François Roberge, will not “pause” the detailed study of Bill 84 on national integration, as requested by more than a hundred organizations and personalities in an open letter. “It won’t happen,” he said in a press scrum.


“The national integration bill is extremely important. It’s a response to multiculturalism,” he added.
According to Mr. Roberge, also Minister of the French Language, Bill 84 will lay the foundations for how Quebec will welcome immigrants, in full respect of the common language and culture. “I am open to having certain amendments, but on the substance, on the heart of the bill, we are going forward,” he stressed.


On Tuesday, Le Devoir reported that in an open letter, more than a hundred immigrant aid organizations and personalities, such as Gérard Bouchard and Charles Taylor, asked the minister to stop the study of the bill in order to hold a “wide and inclusive” public consultation. Because it is far from unanimous, said the Consultation Table of organizations serving refugees and immigrants.


In the wake of its filing last January, Bill 84 had raised concerns among about thirty public figures, including former ministers of the Parti Québécois and the Liberal Party, who had criticized its “assimilationist accents”.


Others, such as the Centrale des syndicats du Québec (CSQ), said they feared that it would limit immigrants in defending their rights in court.

Akbar: Canada’s labour market is failing racialized immigrant women, requiring an urgent policy response

Would be helpful to have breakdowns by visible minority groups as they are significant (chart below compares citizens and non-citizens by visible minority group and not visible minority):

…To address these challenges, future research should adopt a problem-solving approach to address the root causes. Simultaneously, a comprehensive policy response is needed to tackle the systemic barriers in the labour market. 

Targeted solutions are needed to help racialized immigrant women. Strengthening credential recognition, for instance, can help employers assess transferable skills across countries. Implementing equitable hiring practices and workplace integration policies are also essential. 

Digital technology and artificial intelligence can also help eliminate bias in hiring and job matchingSettlement programsshould account for the intersecting identities of racialized immigrant women to provide tailored support.

Most importantly, it’s crucial to recognize that ensuring equitable access to meaningful employment is not only vital for advancing gender and racial equity, but also essential for unlocking Canada’s full economic potential.

Source: Canada’s labour market is failing racialized immigrant women, requiring an urgent policy response

Meggs: L’immigration : Quels sont nos objectifs?

Good general set of questions that apply to Canada and Quebec alike from former senior Quebec immigration official:

Il y en a certains qui aiment poser la question « pourquoi de l’immigration? » Comme nous avons pourtant souligné dans la chronique précédente, la migration humaine existe depuis le début des temps; elle est normale et inévitable. L’important est de bien la gérer pour s’assurer qu’elle demeure une force positive.

La vraie question donc est « De l’immigration pour quoi? » « Quelles sont nos attentes relatives à notre gestion de l’immigration? »

C’est la question la plus importante et la plus complexe à résoudre lors des consultations à venir ce printemps au Québec sur la planification pluriannuelle d’immigration. Les objectifs de cette planification seront très spécifiques au Québec compte tenu de sa situation géopolitique, linguistique et culturelle.

Convenons d’abord que l’immigration n’est pas la seule réponse aux défis québécois, ni la seule cause de ceux-ci. Elle constitue un élément qui peut aider à régler certains problèmes actuels, mais qui peut aussi les exacerber. D’où l’importance de bien la gérer et de trouver l’équilibre nécessaire.

La planification de l’immigration au Québec comprend traditionnellement deux types d’objectifs, des objectifs sociétaux et ceux du nombre et du rythme des arrivées1.

Objectifs sociétaux complexes

Les objectifs sociétaux incluent les enjeux, tels que la démographie, la langue française, l’économie et le marché du travail, les considérations humanitaires et familiales. Ces objectifs font appel aux caractéristiques ou aux critères de sélection des personnes qui arrivent (âge, langue, expérience de travail, domaine de formation, région de destination) ainsi qu’à la proportion de l’immigration permanente qui sera accordée à chaque catégorie — économique, humanitaire et familiale.

La démographie, par exemple, comprend plusieurs volets – le vieillissement de la population, le taux de fécondité et même les déplacements internes et externes.

Quels sont nos objectifs sur le plan de la démographie? Voulons-nous augmenter la taille de la population du Québec, la maintenir à peu près telle quelle, ou sommes-nous à l’aise avec une baisse de la population? Quelle priorité faut-il donner à l’enjeu du poids démographique du Québec au sein du Canada? Quelle structure des âges visons-nous? Quelle est l’importance de la rétention des personnes immigrantes et de la répartition de la population sur le territoire?

Les réponses à ces questions détermineront notamment l’importance de l’âge et de jeunes familles parmi les critères de sélection, ainsi que la connaissance du français. La connaissance du français et la présence de jeunes enfants sont deux facteurs qui jouent sur le taux de rétention des personnes qui arrivent.

De plus, les enfants d’âge scolaire contribuent à la pérennité de la langue française grâce à l’obligation de fréquenter des écoles françaises. Il est également à noter qu’il y a plus d’enfants de moins de 15 ans parmi les admissions de la catégorie familiale.

En ce qui concerne les objectifs économiques, comme notés dans l’Énoncé en matière d’immigration et d’intégration adopté en 1991 à la suite de la signature de l’Accord Canada-Québec, ils « permettent de concilier à la fois les motivations de l’immigrant et les intérêts de la collectivité québécoise. En effet, l’immigrant veut pour sa part améliorer son sort et celui de ses descendants; la société d’accueil, quant à elle, veut faire appel au potentiel de l’immigrant en fonction de ses besoins. »

Pour y arriver, d’une part, les économistes prônent la sélection des personnes hautement qualifiées qui travailleront dans les industries de pointe et qui pourront s’adapter à l’évolution des exigences du marché du travail. Les critères de sélection importants sont donc l’expérience de travail et la formation recherchées.

Ces personnes apportent de l’innovation et contribuent au développement et, avec des salaires plus élevés, elles paient plus d’impôts, contribuant ainsi au filet social qui sert à l’ensemble de la population.

D’autre part, le patronat signale que ces personnes sont souvent surqualifiées pour plusieurs des secteurs qui sont en pénurie de main-d’œuvre actuellement, particulièrement en région. Il ne faut pas oublier cependant que les personnes peu éduquées à bas salaire, immigrantes ou nées au Québec, ont besoin de soutien pour améliorer leur sort. L’intégration socioéconomique réussie est plus longue.

Quelles sont les priorités économiques au Québec qui détermineront le rôle que jouera l’immigration et les critères de sélection à favoriser? Quelle est la proportion à donner à la catégorie économique de l’immigration en équilibre avec les catégories familiales et humanitaires?

Enfin, en matière de langue, les bassins de recrutement à l’étranger des personnes qui utilisent déjà le français sont assez limités. Quels arbitrages sommes-nous prêts à faire entre les objectifs démographiques, économiques et linguistiques?

La capacité d’accueil

Avant d’établir les objectifs en ce qui concerne le nombre et le rythme des arrivées, il est crucial non seulement de clarifier les objectifs démographiques, mais également d’identifier et de mesurer les facteurs constituant la capacité d’accueil, et ce, idéalement par région administrative.

La plupart des composantes de la capacité d’accueil touchent la vie quotidienne de l’ensemble de la population et déterminent la qualité de vie tant des personnes arrivant de l’étranger que celle des personnes déjà établies.

Donnons quelques exemples : la disponibilité de logements abordables, les places dans les écoles et les garderies, l’accès à un médecin de famille, le temps d’attente dans les cliniques de première ligne et les hôpitaux ou pour une consultation avec un psychologue, la disponibilité des transports en commun, les services d’insertion en emploi, le taux de chômage, l’utilisation du français au travail et en public.

La capacité d’accueil inclut également l’accès aux services spécifiques au milieu d’immigration, tels les services de francisation, d’accueil et d’intégration socioculturelle.

La plupart de ces facteurs n’ont jamais fait partie du calcul des seuils de l’immigration permanente, encore moins de l’immigration temporaire dont la planification a été inexistante jusqu’à cette année.

Dans chaque cas, il faudrait déterminer quels indicateurs sont les plus pertinents à mesurer et quel seuil permet de dire qu’on est capable d’accueillir un certain nombre de nouvelles personnes.

Par exemple, en ce qui concerne la disponibilité du logement, il y aurait des indicateurs comme le taux d’inoccupation des logements en location, le prix moyen des loyers en fonction du salaire moyen des personnes immigrantes nouvellement arrivées, les mises en chantier. Chaque secteur de service public a déjà ses indicateurs pour mesurer le niveau de fonctionnement optimal.

Pour y arriver, une idée serait de créer une unité d’expertise à l’Institut de la statistique du Québec chargée d’élaborer une mesure de la capacité d’accueil, alimentée par les données administratives des divers ministères et organismes, ainsi que les données socioéconomiques, qui serait suivie en continu. Idéalement, les coûts associés à ces diverses composantes seraient également estimés et suivis.

La planification des niveaux et du rythme des admissions au Québec, et même par région, serait basée sur ces données. Les mesures à prendre, par exemple en matière de construction de logements ou de places en garderie, pour pouvoir accueillir convenablement les personnes nouvellement arrivées, seraient claires, ainsi que les coûts afférents.

Un tel chantier de recherche prendrait plusieurs mois à opérationnaliser et d’autres formules sont sûrement envisageables. L’important est de fixer les seuils d’immigration sur la base des données probantes et de retirer cet aspect de la planification de l’arène partisane.

Une planification de l’immigration basée sur les objectifs sociaux qui font consensus et sur des données probantes relatives à la capacité d’accueil serait un modèle inédit dans le monde. Elle aurait aussi le grand avantage de rassurer notre société que nous sommes bien capables d’accueillir des gens de partout pour bâtir le Québec de demain ensemble.

Anne Michèle Meggs is a former director of planning and accountability at the Ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, and former director of research and evaluationat l’Office québécois de la langue française.

Source: L’immigration : Quels sont nos objectifs?

There are some who like to ask the question “why immigration? As we pointed out in the previous column, human migration has existed since the beginning of time; it is normal and inevitable. The important thing is to manage it well to ensure that it remains a positive force.

The real question then is “Immigration for what? “What are our expectations for our immigration management? ”

This is the most important and complex question to be resolved during the upcoming consultations this spring in Quebec on multi-year immigration planning. The objectives of this planning will be very specific to Quebec given its geopolitical, linguistic and cultural situation.

Let us first acree that immigration is not the only answer to Quebec’s challenges, nor the only cause of them. It is an element that can help solve some current problems, but that can also exacerbate them. Hence the importance of managing it well and finding the necessary balance.

Immigration planning in Quebec traditionally includes two types of objectives, societal objectives and those of the number and pace of arrivals1.

Complex societal objectives

Societal objectives include issues, such as demographics, the French language, the economy and the labour market, and humanitarian and family considerations. These objectives rely on the characteristics or selection criteria of arriving persons (age, language, work experience, field of training, region of destination) as well as the proportion of permanent immigration that will be granted to each category — economic, humanitarian and family.

Demography, for example, includes several aspects – population aging, fertility rate and even internal and external displacements.

What are our demographic goals? Do we want to increase the size of Quebec’s population, keep it pretty much as it is, or are we comfortable with a decline in the population? What priority should be given to the issue of Quebec’s demographic weight within Canada? What age structure are we aiming for? What is the importance of the detention of immigrants and the distribution of the population in the territory?

The answers to these questions will determine in particular the importance of age and young families among the selection criteria, as well as knowledge of French. Knowledge of French and the presence of young children are two factors that play a role in the retention rate of people who arrive.

In addition, school-age children contribute to the sustainability of the French language through the obligation to attend French schools. It should also be noted that there are more children under the age of 15 among the admissions of the family category.

With regard to the economic objectives, as noted in the Statement on Immigration and Integration adopted in 1991 following the signing of the Canada-Quebec Agreement, they “make it possible to reconcile both the motivations of the immigrant and the interests of the Quebec community. Indeed, the immigrant wants to improve his fate and that of his descendants; the host society, for its part, wants to appeal to the potential of the immigrant according to his needs. ”

To achieve this, on the one hand, economists advocate the selection of highly qualified people who will work in advanced industries and who will be able to adapt to changing labor market requirements. The important selection criteria are therefore the work experience and training sought.

These people bring innovation and contribute to development and, with higher wages, they pay more taxes, thus contributing to the social net that serves the entire population.

On the other hand, employers point out that these people are often overqualified for many of the sectors that are currently in labor shortages, particularly in the regions. We must not forget, however, that people with little educated and low pay, immigrants or those born in Quebec, need support to improve their fate. Successful socio-economic integration takes longer.

What are the economic priorities in Quebec that will determine the role that immigration will play and the selection criteria to be favored? What is the proportion to be given to the economic category of immigration in balance with the family and humanitarian categories?

Finally, in terms of language, the recruitment pools abroad of people who already use French are quite limited. What arbitrations are we prepared to make between demographic, economic and linguistic objectives?

The reception capacity

Before establishing objectives with regard to the number and pace of arrivals, it is crucial not only to clarify the demographic objectives, but also to identify and measure the factors that make up the reception capacity, ideally by administrative region.

Most of the components of the reception capacity affect the daily life of the entire population and determine the quality of life of both people arriving from abroad and those already established.

Let’s give some examples: the availability of affordable housing, places in schools and daycare centers, access to a family doctor, waiting time in front-line clinics and hospitals or for a consultation with a psychologist, the availability of public transport, job placement services, the unemployment rate, the use of French at work and in public.

The reception capacity also includes access to specific services for the immigration environment, such as francization, reception and sociocultural integration services.

Most of these factors have never been part of the permanent immigration threshold calculation, let alone temporary immigration, the planning of which was non-existent until this year.

In each case, it would be necessary to determine which indicators are most relevant to measure and which threshold allows us to say that we are able to welcome a certain number of new people.

For example, with regard to the availability of housing, there would be indicators such as the vacancy rate of rental housing, the average price of rents based on the average salary of newly arrived immigrants, construction starts. Each public service sector already has its indicators to measure the optimal level of operation.

To achieve this, one idea would be to create an expertise unit at the Institut de la statistique du Québec responsible for developing a measurement of reception capacity, fed by administrative data from the various ministries and organizations, as well as socio-economic data, which would be monitored continuously. Ideally, the costs associated with these various components would also be estimated and monitored.

The planning of levels and pace of admissions in Quebec, and even by region, would be based on this data. The measures to be taken, for example in the construction of housing or daycare places, to be able to properly accommodate newly arrived people, would be clear, as well as the related costs.

Such a research project would take several months to operationalize and other formulas are surely possible. The important thing is to set immigration thresholds on the basis of evidence and to remove this aspect from the planning of the party arena.

Immigration planning based on consensual social objectives and evidence of reception capacity would be an unprecedented model in the world. It would also have the great advantage of reassuring our society that we are capable of welcoming people from everywhere to build tomorrow’s Quebec together.

Anne Michèle Meggs is a former director of planning and accountability at the Ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, and former director of research and evaluation at the Office québécois de la langue française.

Canada’s cuts to newcomer English language programs puts communities’ well-being at risk

While one can always make the case for more, harder to justify when the government implements reductions to permanent and temporary migrants.

Would also be helpful if the article made reference to the 2018 IRCC evaluation of the settlement program and the degree to which recommendations were implemented.

Still surprising that IRCC does not update settlement services data on open data (it is available upon request but should be updated on a monthly basis like other data sets:

…By reducing funding available for English-language classes, the federal government is denying thousands of people their fundamental right to education. The current budget cuts will inevitably contribute to growing social stratification and increase the challenges faced by the already overwhelmed immigration and educational sectors. 

A recent statement by TESL Ontario, the certification body for educators who teach English as another language in Ontario, urges the Canadian government to consider impacts on language teachers who face precarious employment and low pay, a concern shared by unions across the public sector

Language learning programs are foundational to ensuring sustainable settlement in Canada. A truly sustainable development strategy would see the continued funding of English-language programs as essential to ensuring the continued economic and societal well-being of all people living in Canada.

Source: Canada’s cuts to newcomer English language programs puts communities’ well-being at risk

Immigrants’ Sense of Belonging to Canada: The Role of Source-Country Gender Inequality

Interesting findings:

“A growing body of literature uses country-level indicators to examine the impact of immigrants’ source-country conditions on the home and work lives of immigrants after arrival. One measure that has attracted increased attention is gender inequality in immigrants’ countries of origin. However, little is known about the degree to which the transition from high to low gender inequality countries affects the development of connections with the receiving country and whether immigrant women and men are impacted differently. This article examines the association between source-country gender inequality and immigrants’ sense of belonging to Canada. Our regression analysis of data from the 2013 and 2020 General Social Surveys suggests a higher level of source-country gender inequality is associated with a stronger sense of belonging to Canada for both immigrant men and women. Despite concerns from some conservative critics that gender inequality in source countries hinders immigrant integration, the results show that immigrants from cultures different from Canada develop a strong sense of belonging to Canada. Our findings suggest that cultural distance does not necessarily have a negative impact on immigrant men’s and women’s self-perceived integration into their host country.”

Source: Immigrants’ Sense of Belonging to Canada: The Role of Source-Country Gender Inequality

Rioux | Le sexe des anges [arguing #s more important for integration than approaches]

Rioux is consistent in the sources he cites and the positions he takes. Numbers are important, as recent Canadian and other experiences attest, but policies and approaches all matter too:

…C’est d’ailleurs tout le drame de l’immigration. Malgré certaines expériences individuelles positives qu’on aura beau brandir comme un étendard, dans l’immense majorité des cas, elle est d’abord une souffrance pour ces individus à qui l’on demande de faire table rase de leur famille, de leur langue et de leur culture pour être ballottés comme de simples produits au gré des besoins du marché. Ensuite, indépendamment des individus, cette immigration massive devient vite un problème. Cela se vérifie partout. On ne transplante pas impunément des populations entières dans n’importe quelle communauté sans ébranler la cohésion sociale et créer inévitablement des réactions de rejet. Réactions que les bonnes âmes auront beau condamner, mais que l’anthropologue Claude Lévi-Strauss jugeait « normales, légitimes même, et en tout cas inévitables ». Une réalité devant laquelle les discours soporifiques sur l’ouverture à l’Autre seront toujours impuissants.

C’est ce que disait Rémy Girard dans Le déclin de l’empire américain : « Il y a trois choses importantes en histoire : premièrement le nombre, deuxièmement le nombre et troisièmement le nombre ». Cette citation que l’on prête à l’historien Michel Brunet est encore plus vraie en matière d’immigration. Et Rémy Girard d’ajouter que « l’histoire n’est pas une science morale. Le bon droit, la compassion, la justice sont des notions étrangères à l’histoire ». Ce qui peut avoir du sens pour l’accueil d’un petit nombre d’individus n’en a plus guère dès lors que l’on parle d’un phénomène de masse. En France, même le premier ministre centriste François Bayrou, qui penche généralement à gauche, a dû se résoudre à parler de « submersion migratoire ». Les chiffres les plus récents étant d’ailleurs là pour le prouver.

Si le nombre est de loin le critère déterminant, d’autres comme la proximité culturelle et la volonté de s’intégrer jouent un rôle. C’est toute la difficulté que connaît la France aujourd’hui dans ses banlieues ethniques. L’intégration de populations de culture musulmane est évidemment plus difficile que celle, hier, des Italiens ou des Portugais. Cette intégration est d’autant plus ardue que des idéologies comme l’islamisme la combattent ouvertement. En 2015, le président Recep Tayyip Erdoğan était venu à Strasbourg présenter la Turquie comme le seul défenseur de la « vraie civilisation » et soutenir que l’assimilation était « un crime contre l’humanité ». Des organismes comme l’Organisation du monde islamique pour l’éducation, les sciences et la culture (ICESCO) incitent ouvertement les immigrants musulmans à ne pas acquérir les valeurs de leur pays d’accueil.

Mais encore faut-il aussi que pour intégrer, on ait confiance dans sa propre culture. Les efforts destinés à favoriser l’intégration sont évidemment louables. Mais ils ne pourront jamais rien contre le nombre. De grâce, cessons de traiter un problème démographique qui est en train de devenir la grande affaire politique du siècle comme une banale question de compassion et de bonne volonté.

Source: Chronique | Le sexe des anges

International student graduates earn much less than Canadian peers, study shows

Of concern, particularly at masters and PhD levels:

International students earn substantially less than their Canadian counterparts upon graduation, and a larger proportion of them end up in sales and service jobs, new research from Statistics Canada shows.

The data – part of a report by the agency examining the labour-market outcomes of university and college graduates in Canada – capture the inequity in wages and types of jobs that international students eventually obtain compared with Canadian graduates.

Over all, international student graduates earned 19.6 per cent less than Canadian graduates three years after graduating, the report found. Moreover, their annual incomes were lower than Canadian graduates at all levels of study, regardless of if they earned a diploma or a doctorate degree.

The report used data from a 2023 national survey of graduates conducted by Statscan, and focused on the graduating class of 2020.

Foreign students with a bachelor’s degree, for example, earned a median annual income of $52,000, compared with Canadian graduates at $65,200. At the master’s level, international students earned 16.6 per cent less than Canadians – $70,000 compared with $83,900, annually.

A critical difference in the employment outcomes for foreign students compared to Canadian graduates can be seen in the proportion of international students who work in sales and service occupations. Across all education levels, approximately 28 per cent of international student graduates worked in sales and service jobs, compared with roughly 12 per cent of Canadian graduates.

Some examples of sales and service occupations, according to the National Occupation Classification system, include retail and restaurant workers, door-to-door salespeople and call-centre operators. These jobs tend to pay lower wages than, for example, management occupations or jobs in business and finance.

Brittany Etmanski, the report’s author, suggested that one reason for the significant earnings differential between foreign graduates and Canadian graduates was because more of the former group tended to be college and bachelor’s degree holders employed in the low-wage sales and service sectors.

“However, this does not explain the difference in income at the masters and doctoral levels,” she wrote….

Source: International student graduates earn much less than Canadian peers, study shows