Longs délais pour les visas de visiteur malgré les promesses d’Ottawa

Of note, another operational issue:

Quiconque veut venir en visite au Canada pourrait devoir s’armer de patience avant de pouvoir le faire. Alors qu’Ottawa avait promis une réduction du temps de traitement et promettait un retour à la normale à la fin de 2022, Le Devoir a constaté que les délais officiels pour obtenir un visa de visiteur n’ont pas diminué et qu’ils ont, au contraire, explosé.

En six mois, entre juillet 2022 et janvier 2023, les délais affichés ont empiré dans 179 pays sur 195. Dans certains cas, les autorités consulaires canadiennes mettent parfois un an et demi à traiter des demandes de visa, selon les données officielles affichées sur le site d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) que Le Devoir a compilées.

« Ce n’est pas juste les délais en ligne qui sont longs, c’est ça aussi dans les faits », affirme Me Léa Charbonneau-Lacroix, avocate associée chez Brunel Immigration et qui traite plusieurs dossiers de visas de visiteur. Celle-ci a déposé des demandes au printemps, à l’été et à l’automne derniers pour des clients. Elle a reçu plusieurs approbations récemment et, « tous pays confondus », les délais étaient de huit ou neuf mois. « Des pays d’Afrique, d’Amérique du Sud, d’un peu partout, détaille-t-elle. Des fois, des gens veulent venir en vacances et ils vont attendre un an pour avoir une décision. C’est un peu irréel. »

En Tanzanie, les délais battent des records. Alors qu’un visa pouvait être obtenu en 64 jours en juillet dernier, il met maintenant dix fois plus de temps à être délivré, soit plus d’un an et demi (611 jours). Au Honduras, alors que le temps d’attente était de 82 jours en juillet, il est passé à 502 jours en janvier. Au Nicaragua, la situation est pratiquement la même, à quelques jours près.

Les délais s’allongent partout, même en Europe. Au Royaume-Uni, les délais sont 22 fois plus longs. Les Britanniques n’ont pas besoin de visa, mais ceux qui ne sont pas citoyens et qui ont besoin d’un visa de visiteur pour le Canada peuvent y déposer une demande. Ils doivent désormais attendre 222 jours, alors qu’un tel visa prenait à peine dix jours à être délivré il y a six mois. En Grèce, un visa qui prenait trois semaines à arriver met maintenant dix fois plus de temps.

Promesse non tenue ?

L’été dernier, à la suite d’une série d’articles du Devoir sur les longs délais de traitement pour les visas de visiteur et les permis de travail, le ministre de l’Immigration, Sean Fraser, avait réitéré l’engagement d’Ottawa de diminuer les délais pour permettre le retour aux normes de service d’ici la fin de l’année.

« On est vraiment proches du pic attendu [de l’attente pour un visa], avait affirmé le ministre Fraser fin août dernier. C’est possible qu’il y ait encore une hausse pendant à peu près un mois, mais on s’attend à ce qu’il y ait ensuite une réduction considérable du temps d’attente pour la délivrance d’un visa de visiteur [ou] pour différentes voies d’immigration. »

Selon le site de l’IRCC, la « norme de service » est un délai de 14 jours pour un visa de visiteur.

« Ce n’est pas ça qui se passe, tranche Me Léa Charbonneau-Lacroix. Nous ne sommes vraiment pas à un retour à la normale, loin de là. »

Une demande déposée par son cabinet en mai pour un client résidant en Côte d’Ivoire, où le délai officiel de traitement est de 518 jours, est toujours en attente. « C’est un dossier avec un certain risque de refus, mais ce n’est pas un dossier problématique. Ce n’est pas quelqu’un avec des antécédents, dit-elle. C’est vraiment étonnant. »

« Avant la pandémie, un bureau de visa qui avait des délais d’un mois, on trouvait ça anormalement long, renchérit-elle. On avait des gens qui voulaient voyager dans trois ou quatre mois et, normalement, on avait une décision avant. Là, il faut qu’une personne s’y prenne un an en avance si elle veut voyager au Canada. »

IRCC s’explique

La pandémie COVID-19 a causé un arriéré important dans le traitement des demandes. Plusieurs demandes datant d’avant la levée des restrictions pour voyager en septembre 2021 n’ont pas été traitées, et le gouvernement fédéral assure avoir embauché les 1250 employés qu’il avait promis pour la fin 2022 afin d’accélérer le traitement.

« Il est également important de noter qu’au fur et à mesure que nous traitons l’arriéré de demandes, les délais de traitement peuvent être faussés par des valeurs aberrantes, en particulier les demandes de notre ancien inventaire qui étaient auparavant en attente pendant une longue période et qui sont maintenant en cours de traitement, écrit IRCC au Devoir. Une fois l’arriéré de ces demandes éliminé, nous commencerons à voir des délais de traitement plus représentatifs de la réalité. »

14 jours 

C’est la « norme de service » pour l’obtention d’un visa de visiteur, selon le site d’IRCC, mais dans plusieurs pays, les délais dépassent 100 jours. 

Le délai par pays est mesuré sur la base du temps qu’il a fallu pour traiter 80 % des demandes déposées au cours des deux à quatre derniers mois.

Le cabinet du ministre Sean Fraser insiste de son côté pour dire qu’il y a eu des « améliorations importantes au cours des derniers mois ». « Sur une base mensuelle, le Canada traite désormais plus de demandes de visas de visiteur qu’avant la pandémie, écrit-on. Rien qu’en novembre 2022, plus de 260 000 visas de visiteur ont été traités. En comparaison, la moyenne mensuelle en 2019 était d’environ 180 000 demandes. »

Délais « de non-traitement »

Cette explication convainc à moitié. La présidente de l’Association des avocats et avocates en immigration, Stéphanie Valois, trouve cet allongement des délais « gênant » pour le gouvernement. « Comment peut-il demander aux gens des tarifs pour le traitement des dossiers alors que manifestement, ce n’est pas traité ? »

Me Denis Girard parle même de « délais de non-traitement ». L’avocat tente depuis le 28 juillet dernier d’aider une mère résidant au Bénin à obtenir un visa de visiteur pour qu’elle puisse venir visiter son fils, un résident permanent. Celle-ci était encore sans nouvelle en date du 29 janvier, soit six mois plus tard. Les délais officiels étaient de 167 jours en septembre l’année dernière. Ils ont ensuite bondi à 209 jours en novembre, pour repasser à 160 jours le 25 janvier.

Me Charbonneau-Lacroix dénonce surtout le manque de fiabilité des délais officiels affichés. « Moi, je dis à mes clients, n’achetez pas de billets d’avion tant que vous n’avez pas de visa dans votre passeport, parce qu’en ce moment, on peut s’attendre à tout et son contraire, lance-t-elle. C’est un peu embêtant pour les personnes qui veulent organiser un voyage, visiter leur famille. Ils ne peuvent se fier à rien de tangible. »

Source: Longs délais pour les visas de visiteur malgré les promesses d’Ottawa

The Alternative, Optimistic Story of Population Decline

Of note. Perhaps instead of trying to delay the trend, more thought and preparation is needed to prepare and manage the decline:

The shoe has dropped. The big one. China, the most populous country on the planet for centuries, this month reported its first population decline in six decades, a trend that is almost certainly irreversible. By the end of the century China may have only around half of the 1.41 billion people it has now, according to U.N. projections, and may already have been overtaken by India.

The news has been met with gloom and doom, often framed as the start of China’s inexorable decline and, more broadly, the harbinger of a demographic and economic “time bomb” that will strain the world’s capacity to support aging populations.

There is no doubt that a shrinking global population — a trend expected to set in by the end of this century — poses unprecedented challenges for humanity. China is only the latest and largest major country to join a club that already includes Japan, South Korea, RussiaItaly and others. Germany would most likely be in decline too if not for immigration, and many others could begin shrinking in the years ahead. (The United States is expected to grow moderately in coming decades, largely because of immigration.) Median U.N. projections point to global population peaking in the mid-2080s at more than 10 billion, but if fertility rates continue to drop, the decline could begin decades earlier.

But the alarmist warnings are often simplistic and premature. The glass is at least half full. Shrinking populations are usually part of a natural, inevitable process, and rather than focus excessively on concerns like labor shortages and pension support, we need to look at the brighter spots for our world.

There is no need for panic; we’ve made that mistake before.

In the second half of the 20th century the world was panicking about unstoppable population growth. The number of people on the planet more than tripled in seven decades, from 2.5 billion in 1950 to around eight billion in 2022. Turns out, that was a transitory phase when mortality rates fell faster than fertility rates because of improved nutrition and public health, and relative peace.

But panic can lead to hasty policy and human tragedy. This reached its fullest form with China’s extreme birth-control campaigns launched in the late 1970s and which caused immense suffering, mostly for women, through forced abortions or fines and other penalties for breaking rules that restricted most couples to having only one child. Until those limits were scrapped beginning in 2015, hundreds of millions of Chinese women underwent sterilization procedures or had intrauterine devices inserted.

The population declines seen today in some countries have come about largely as a happy story of greater longevity and freedom. Fertility rates worldwide dropped from more than five births per woman in the early 1960s to 2.3 in 2020. Credit greater investment in child and maternal health everywhere: A mother who successfully brings her child to term and an infant who survives to childhood lower birthrates because parents often don’t feel the need to try again. Greater availability of free or affordable contraception has also reduced unwanted births.

China, South Korea and Japan are now all in population decline, but this is in part because of rapid increases in income, employment and education. The number of South Korean women who went on to postsecondary education rose from 6 percent in 1980 to more than 90 percent by 2020; China and Japan also have seen big gains. Lower birthrates stem in part from greater personal and reproductive freedom, such as the choice to stay unmarried, higher pay and more professional opportunities for women in these nations.

More women in the work force is a recipe for even greater productivity and prosperity and could help ease labor concerns among falling populations. More women than ever are rising to leadership positions in business, media and politics.

Compared with a half-century ago, people in many countries are richer, healthier and better educated and women are more empowered. China’s population, for example, is shrinking and aging, but its people are more educated and have a longer life expectancy than at any time in the country’s history. Expanded educational opportunities guarantee a spot in a university for almost every person born today in China, including more women than men.

Average world life expectancy has increased from 51 years in 1960 to 73 in 2019, and even more so in China, from 51 in 1962 to 78 in 2019. Increases of that magnitude reshape lives and open up opportunities unimaginable when life spans were shorter, such as workers remaining productive later in life and growing markets for older consumers in areas like tourism, nutritional supplements and medical devices, among others.

Fewer people on the planet, of course, may reduce humanity’s ecological footprint and competition for finite resources. There could even be greater peace as governments are forced to choose between spending on military equipment or on pensions. And as rich nations come to rely more on immigrants from poorer countries, those migrants gain greater access to the global prosperity currently concentrated in the developed world.

This new demography brings new challenges, including the need to offer quality and affordable child care, make college education more affordable and equitable, provide guaranteed minimum income and make societies more gender equal. Governments should abandon the mindless pursuit of economic growth in favor of well-being for citizens.

There is no reason the world’s population must keep growing or even remain level. And just as earlier panic led to harmful policies in China and elsewhere, efforts to raise fertility — which may prove futile — risk viewing women once again as birth machines.

Global population will inevitably decline. Rather than trying to reverse that, we need to embrace it and adapt.

Source: The Alternative, Optimistic Story of Population Decline

Adams, Khanji: Canada must continue modelling its refugee efforts on its response to the Syrian crisis

Indeed. Unfortunate that increased administrative requirements are making it more difficult for private sponsors (Federal changes could make it impossible for private groups to sponsor refugees, say faith leaders):

The arrival of Syrian refugees in Canada a few years ago is a well-known “feel-good” story. Images of Justin Trudeau greeting refugees at the airport and private citizens stepping up as sponsors are etched in the minds of many Canadians. The compelling stories of particular refugees and families who suffered hardship and became successful, such as Tareq Hadhad of Peace by Chocolate in Antigonish, N.S., and Abdulfatah Sabouni of Aleppo Savon in Calgary, have been showcased as wonderful examples highlighting the resilience and entrepreneurial spirit of Syrian newcomers. But what about the other refugees who arrived with them, most of whom are living outside the media spotlight?

Canada acted quickly to take in 40,000 Syrian refugees in a short span of time between November, 2015, and December, 2016, and it is important to know how they are doing today (and not just through the success stories captured by the media). This is the question that the Environics Institute sought to answer in a national study with a representative sample of Syrian refugees on their lived experience since arriving in Canada.

The answer is that Syrian refugees who arrived in the first wave are doing remarkably well. Our study shows that most Syrian refugees who arrived in 2015 and 2016 have established new lives for themselves and their families in Canada, largely overcoming the initial hurdles that face all refugees (and especially those who come from societies with different languages and cultures). The research shows that most are supporting themselves financially and have achieved functional fluency in English or French. Their children are doing well in school, they feel accepted by other Canadians and identify strongly as Canadian, and are active members of their local communities. These refugees, having had only a few years to create new lives in a foreign place, are notably optimistic about the future for themselves and their children.

Not everyone is doing equally well and many continue to face challenges, most notably with employment and underemployment, along with other immigrants who find their native credentials of little value in the Canadian workplace. Achieving financial security and accessing affordable housing are issues for some refugees, as they are for many Canadians. And many of these refugees miss having family nearby and struggle to become comfortable with an unfamiliar culture.

But the big picture is positive. Canada rose to the occasion through an unprecedented effort by governments, civil society and citizens, to open the country and make it home for Syrians fleeing a horrendous humanitarian crisis. And these refugees are now contributing to their communities and the country in important ways. Only now are other countries taking our lead, with the U.S. announcing a similar program just last week.

It is important to remember the tragic story of Alan Kurdi, a two-year-old Syrian boy pictured lying face down on a Mediterranean beach in 2015, which helped spark the Canadian response to the Syrian refugee crisis. Alan’s story continues to serve as a powerful reminder of the dangers and hardships facing many refugees, and how a country and its people can respond in a meaningful way. We did so once before on a large scale, in the late 1970s, when Canada stepped up to accept more than 60,000 people fleeing war and persecution in Southeast Asia.

These examples demonstrate that Canadian society – not just our governments – has both the interest and the capacity to get directly involved in making this country a welcoming refuge. Canada was the first country to make it possible for private citizens and faith-based institutions to sponsor refugees. Our research highlights the essential role that private sponsors played in Syrian refugees’ successful resettlement. And we know from one of our other studies that many Canadians across the country – estimated to be around four million – are interested in getting directly involved in helping refugees in this way. Our governments can and should do whatever they can to enable and support this goodwill.

Doing so requires a more robust level of focus and effort. The scale of support provided to Syrians has not been sustained, with subsequent waves of refugees now arriving from Afghanistan and elsewhere. The effort put into Syrian resettlement, compounded by the protracted COVID-19 pandemic, has pushed government agencies, settlement support services and private sponsors to their limits.

There is much to be learned from our recent experience in welcoming Syrian refugees, and we now have the opportunity – and responsibility – to repeat this accomplishment on a sustainable basis. Canadian institutions and citizens stepped up in a big way to welcome Syrians. Let’s find a way to make this an enduring feature of our country’s future.

Michael Adams is the founder and president of the non-profit Environics Institute for Survey Research. Jobran Khanji is the community outreach co-ordinator for the Institute’s Syrian Refugee Lived Experience Project. Keith Neuman is a senior associate with the Environics Institute.

Source: Adams, Khanji: Canada must continue modelling its refugee efforts on its response to the Syrian crisis

IRCC’s reliance on McKinsey explains a ‘disconnect’ between money spent and value added, immigration lawyers say

More on McKinsey and IRCC. Hearing some concerns from within IRCC as well:

The decision by Immigration, Refugees, and Citizenship Canada to hire McKinsey and Company to mobilize its digital transformation explains what immigration lawyers are calling a ‘disconnect’ between the resources being put into IRCC and the results it’s produced.

Barbara Jo (BJ) Caruso, an immigration lawyer speaking on behalf of the Canadian Immigration Lawyers Association (CILA), said when she heard about contracts IRCC had with McKinsey, “a light bulb went on.

“We were then able to sort of connect the dots and say, ‘Okay, now maybe this makes sense why everything’s been sort of haphazard, and pieced together,’ ” she said. 

At the beginning of January, a Radio-Canada report revealedthat the Canada branch of global consulting firm McKinsey and Company had seen a marked increase in the number of contracts it had been awarded by the federal government since 2015. In fact, the government later confirmed it had awarded McKinsey a total of 23 contracts at a cost of $101.4-million since 2015. By comparison, Stephen Harper’s government had spent $2.2-million on the firm throughout its nine year tenure. 

There’s been a disconnect, Caruso said, between the amount of money going into the department and the results it’s been able to produce, adding there’s been a lot of changes made, but “essentially no consultation from our vantage point.” 

“We’ve been perplexed by the amount of money that has been designated to the department and yet, we’re not really reaping the benefits of those financial contributions. We’ve got bigger backlogs than we’ve ever had, and probably the lowest client service standards, ever. And a diminishing trust from the public in the whole immigration system,” she said. 

The House Government Operations and Estimates Committee (OGGO), headed by Conservative MP Kelly McCauley, agreed over the break to undertake a study of the government’s contracts with McKinsey, particularly given this government’s relationship with Dominic Barton, who was Canada’s ambassador to China from 2019 to 2021, head of the Trudeau government’s advisory panel on economic growth, and prior to both those appointments, global managing director at McKinsey and Company between 2009 and 2018. It’s expected to call a total of seven ministers to testify before the committee, as well as top McKinsey executives, and Barton. 

Prime Minister Justin Trudeau (Papineau, Que.) said he welcomes the committee’s probe to determine whether there was “value for money” in the work McKinsey did. 

McKinsey spokesperson Alley Adams said the firm “welcomes the [committee] review of the services we deliver to the federal government.” 

“We look forward to working with the committee to resolve its questions and clarify relevant issues. We are proud of the contributions our firm has had across the public sector and are focused on working with the committee to discuss our impact in detail,” Adams said in an emailed statement. 

McKinsey and Company was a key player in the department’s “transformation agenda” since 2018, when it was awarded a $2.9-million contract to assess the department’s operations and “recommend a way forward for its transformation agenda,” according to IRCC.

Based on McKinsey’s assessment, “and IRCC’s own analysis of its operating context,” IRCC launched its transformation program in 2019, with the overarching goals of improving its operations. 

In 2019, McKinsey and Company was hired for a second contract to set “the service transformation agenda in motion.” According to IRCC, the contract focused on “reviewing, developing, and implementing digital tools, processes, and services.” It was initially valued at $16.37-million, but was later amended to add $8.47-million, bringing the total to $24.8-million. 

“Following the onset of the COVID-19 pandemic, IRCC was faced with an immediate need to further accelerate the development and implementation of digital products and services. That is why the contract was amended in 2021 to help IRCC respond to these pandemic-driven pressures, manage increased volumes, and sustain core client services,” the department added. 

For its part, McKinsey has stressed that it was only involved in non-partisan, government operations, and did not influence policy.

“We work on independent research, economic and sector-based insights, in addition to core management topics such as the reduction of document processing backlogs, digitization of processes, technology strategy, operational improvements, and change management. This work does not include policy development and/or political advice. We support the service delivery objectives pursued by
the professional public servants who lead the departments and agencies we serve,” McKinsey said in a statement issued to media. 

However, Toronto-based immigration lawyer Maureen Silcoff—a former decision-maker at IRCC herself—said she doesn’t think the distinction between the two is so obvious. 

“I’m not sure that there’s really a bright line that can be drawn between the immigration policies and the immigration systems,” said Silcoff, who also sits on the executive of the Canadian Association of Refugee Lawyers. “In the immigration context, [systems] necessarily impact the way laws and policies are implemented, or operationalized.” 

“Efficiency is crucial, but whatever measures are put in place, and have been put in place, have to be alert to the sensitivities of the population affected, which we know involves, very often, racialized people and vulnerable people,” she added.

The move towards digitizing and automating processes at IRCC has already proven to be a sticky process. 

The department has already been the subject of systemic racism allegations, and as the House Citizenship and Immigration Committee heard last March, artificial intelligence, and immigration expert witnesses expressed concern that systemic racism and bias would be embedded in any automated processes the department employs. 

“There’s advantages to algorithms, to artificial intelligence, to web-based portals, but they do come with a cost, and if attention is not paid to the frailties, there could be serious human rights implications,” Silcoff said. 

“A digitized refugee portal, for example. Is that accessible to vulnerable people, people arriving in Canada who have been subjected to torture or remain traumatized, who are new to the country and the systems?” 

An element that further exacerbates this challenge is who can access the portals on behalf of the applicant. 

One complaint Caruso and CILA have with IRCC currently is that lawyers cannot access certain online portals on behalf of their clients. 

According to IRCC, as part of its work on the department’s “digital transformation,” McKinsey helped design, develop, and launch an online citizenship application, which “enabled clients to apply digitally and IRCC to continue business throughout the pandemic.” 

However, Caruso said lawyers have not been able to access this portal on behalf of their clients, which she said is an impediment not only to their work, but to the efficiency of the department as well. 

“In our dialogue with the department, they absolutely recognize the role that counsel plays, that we can add value to the process, eliminate applications that have missing documents, because typically with good counsel, it’s a more complete application. There’s less back and forth and it means they can get to a decision sooner,” she said. 

It struck her and CILA as strange, then, when the department decided to roll out a portal that didn’t allow lawyers to access it. 

“For us, there has been this disconnect with the rollout of the technology and our role in the process. And now it sort of makes sense that it wasn’t the department, but an external player that maybe doesn’t appreciate the role that legal counsel can have in simplifying and ensuring efficiency,” she said. 

NDP MP Jenny Kwan (Vancouver East, B.C.), her party’s immigration critic, said she’s eager to hear more about exactly what work McKinsey was contracted to do for IRCC, but added that overall, departmental work should be done in-house. 

Kwan said the fact that IRCC, along with the Canada Border Services Agency, spent the most money on McKinsey contracts of any department tells her “there’s very little transparency within IRCC.” 

“It’s just so concerning that there’s this discovery of these contracts and the government is anything but transparent about it,” she said, after describing a lack of transparency at IRCC as a “black hole.” 

“It just really speaks to the black hole that exists within IRCC. And it is deeply concerning,” she said.

Source: IRCC’s reliance on McKinsey explains a ‘disconnect’ between money spent and value added, immigration lawyers say

Nadeau: Ouvrir le chemin Roxham

Of note, different from most Quebec commentary. And telling critique of those who adopt positions to increase reader and view ship (click bait):

Qu’est-ce qui rend nos idées acceptables ? Il est toujours plus facile d’adhérer à ce qui nous est familier. Aussi nos idées sont-elles souvent enracinées dans la pauvreté de simples réflexes. Nous reproduisons, dans le présent, des idées conventionnelles héritées du passé, sans songer à les actualiser. Nous portons, ce faisant, les oeillères de nos pères et de nos mères.

Rien d’étonnant à ce que les idées conventionnelles aient la cote. Dans les grands médias, cela se voit, cela s’entend. À la télévision en particulier, devant des animateurs qui se posent, pour la forme, en arbitre du temps de parole, des intervenants répètent sensiblement tous la même chose. Plongé dans ces lieux formatés et huilés pour être glissés entre deux publicités, l’auditeur peut-il en tirer quelque chose de neuf ?

Il y a bien des raisons pour expliquer cette uniformité chez ceux qui font métier de leur image en nous montrant avant tout leurs beaux habits et leurs habitudes. À commencer par le fait qu’il est toujours plus facile de faire passer une idée qui a mille fois été rabâchée que de se mettre à disserter de nouvelles dans un espace réduit. Quand il est répété en boucle, même sur le ton de l’indignation, le banal n’a guère besoin d’être expliqué. Le prédigéré — le préjugé, si vous voulez — est ainsi plus facilement assimilé que n’importe laquelle autre nourriture intellectuelle télévisée.

En matière d’idées, voilà pourquoi le conservatisme a toujours, du moins en apparence, une longueur d’avance. Pourtant, la postérité est cruelle avec de telles idées, à mesure que le présent fait irrésistiblement en sorte d’en miner les fondements. Jusqu’au jour où tout le monde admet que de tels jugements sont dépassés.

Il est encore difficile de parler d’immigration aujourd’hui sans que la discussion soit infléchie par des idées anciennes.

Autrefois, à l’ère du protectionnisme et d’un nationalisme frileux, le refus de l’immigration pouvait se comprendre en partie. Mais au jour où presque tous nos biens de consommation sont fabriqués à l’étranger, au nom du libre marché, en vertu de quoi faudrait-il repousser l’entrée chez nous de cette part d’humanité vers laquelle nous avons délocalisé nos industries autant que nos ennuis ?

L’hémisphère Nord accapare de plus en plus les richesses de la planète, à une vitesse jamais vue. Mais nous ne voulons pas voir apparaître chez nous les conséquences de problèmes que nous avons contribué à ériger ailleurs. Peut-on sincèrement en vouloir à une partie de l’humanité de vouloir prendre ses jambes à son cou pour tenter de profiter d’une assiette au beurre que nous avons tirée de notre côté ?

Il est répété que les réfugiés doivent être rentables pour être acceptés. Qui plus est, ils devraient parler français. Au jour où mon ancêtre Nadeau est arrivé en Nouvelle-France, il parlait seulement, comme bien d’autres immigrants, un patois occitan. Du monde, il ne connaissait qu’une vieille voie romaine capable de le conduire jusque sur un rafiot voguant sur l’océan. Au Québec, moins de 3 % de la population — les Autochtones répartis en onze nations — ne sont pas le fruit de l’immigration.

Le français est important. Mais une langue, cela s’apprend. Encore faudrait-il commencer par se donner les moyens de la transmettre avec la culture qu’elle porte. Notre système scolaire apparaît aussi malade que notre système hospitalier. François Legault en est rendu à avaliser l’idée que des enseignants à peine formés peuvent tout de même enseigner. Les conséquences d’un manque de planification et de vision, nous en payons le gros prix devant l’avenir.

Le chemin Roxham, est-ce par là que nos idées prennent désormais la fuite quand il est question de repenser notre société ? Depuis des mois, tous les maux des Québécois — l’éducation, la santé, l’environnement, la pauvreté, l’inflation — semblent s’exorciser dès lors qu’est invoqué le chemin Roxham, comme si, d’ailleurs, il était le seul du genre. L’attention est sans cesse détournée de ce côté. Au point que le ministre Jean Boulet, collectionneur de grossièretés, a affirmé l’an passé que la fermeture de ce chemin éviterait le débordement d’un système de santé pourtant déjà surchargé depuis des années ! Le même avait laissé entendre qu’il existait un lien entre le chemin Roxham et la propagation du variant Omicron… Mieux valait compter sur des robots, disait-il aussi, que sur des immigrants pour résorber la pénurie de main-d’oeuvre !

Bien des commentateurs obsédés par l’immigration ont des allures d’agitateurs à force de chercher à tout prix à créer les conditions favorables à la croissance de leur nombre d’auditeurs et d’électeurs plutôt qu’à éclairer le débat public. Selon de vieux clichés, l’immigrant serait une menace et un danger, lorsqu’il n’est pas réduit à une simple marchandise. Au nom d’une vision étriquée de l’identité nationale, faut-il pourchasser et traquer ces gens comme des vaches, pour les enfermer, les terroriser, les maltraiter et les traire, au seul prétexte qu’ils viennent d’ailleurs ?

Le nombre de personnes qui migrent désormais au pays de façon temporaire, que ce soit pour labourer nos terres, assurer les récoltes ou soigner nos aînés, a été multiplié par trois. Pareilles portes tournantes, par lesquelles des personnes sont exploitées puis expulsées, est-ce là un meilleur gage d’humanité ?

Une immigration planifiée à gros prix par la firme McKinsey, au nom des puissances de la finance, puis avalisée par un béni-oui-oui d’une morale sans esprit à la Justin Trudeau, cela n’a évidemment pas de quoi rassurer qui que ce soit. Mais on ne peut pas jeter pour autant des gens comme des kleenex, sachant ce qu’est la faim, le froid, la misère, l’insécurité, la peur. Les problèmes majeurs qui pèsent sur notre monde ne tiennent pas à l’immigration, mais à ses causes. C’est à elles qu’il faut s’attaquer.

Il n’existe pas de meilleur des mondes. Mais un monde meilleur est possible. Encore faudrait-il, pour commencer à en envisager les termes, accepter de retirer nos oeillères des temps passés

Source: Ouvrir le chemin Roxham

Le Bloc québécois dénonce un «manque d’humanisme» chez Immigration Canada

More criticism from a less frequent source:

« Manque d’empathie et d’humanisme », « structure dysfonctionnelle » : le porte-parole en matière d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté du Bloc québécois, Alexis Brunelle-Duceppe, ne mâche pas ses mots en parlant d’Immigration Canada, en entrevue avec Le Devoir.

Le Bloc québécois tient samedi un point de presse à l’aéroport Pierre-Elliot Trudeau afin de souligner l’arrivée au pays de Rose Eva, une Camerounaise expulsée du territoire en 2020. La jeune femme avait obtenu un permis d’étude pour compléter une technique en informatique à l’Institut Teccart.

Elle avait obtenu son diplôme précocement grâce à ses bons résultats, et avait ensuite continué à travailler dans une boutique de vêtements, où elle avait été embauchée pendant ses études.

Le visa que détenait Mme Eva lui interdisait cependant de travailler une fois son diplôme obtenu, ce qu’elle ignorait. Le ministère de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté du Canada l’avait donc renvoyée au Cameroun, en janvier 2020.

« Aujourd’hui, elle revient avec une résidence permanente et on en est bien heureux », se réjouit Rhéal Éloi Fortin, député bloquiste de Rivière-du-Nord, la circonscription dans laquelle résidait la jeune femme. « Mais c’est une situation que je déplore pour l’ensemble de la société québécoise et canadienne : on avait une immigrante qualifiée et intégrée, et on l’a retournée chez elle. »

Dans un communiqué, le Bloc indique que le bureau de circonscription de M. Fortin a aidé Mme Eva dans ses démarches administratives « depuis son exclusion en janvier 2020 jusqu’à son retour. »

Mme Eva devait initialement arriver à Montréal vers 11 heures du matin, mais elle aurait été « retenue à Toronto » et aurait manqué son vol, indique le Bloc québécois. Elle est finalement arrivée vers 15 heures à Dorval.

Un ministère « dysfonctionnel »

Pour le député de Lac-Saint-Jean, Alexis Brunelle-Duceppe, cette situation est symptomatique d’un « manque d’empathie et d’humanisme » chez Immigration Canada. « S’il y a bien un ministère qui se doit d’être humain et empathique, c’est celui-là, insiste-t-il. Les dossiers qu’on gère, c’est pas des statistiques, c’est des vraies personnes. »

Il invoque le cas de Rose Eva pour illustrer son propos. « Ils l’ont détenue, ont pris son téléphone, l’ont mise dans une pièce fermée. C’est bouleversant, […] c’est extrêmement humiliant. » Pour lui, le constat est clair : « Ce ministère est dysfonctionnel. »

Cet automne, le gouvernement a allégé certaines restrictions inhérentes au visa d’études. Certains étudiants peuvent désormais travailler plus de 20 heures par semaine, ce qui était auparavant interdit. Le Bloc québécois demande maintenant au gouvernement de lever le règlement qui a coûté son visa à Rose Eva, c’est-à-dire l’interdiction de travailler une fois le diplôme complété.

Le chemin Roxham, un sujet chaud

Questionné sur un sujet chaud de l’heure, le chemin Roxham, M. Brunelle-Duceppe n’a pas voulu se positionner en faveur ou non de sa fermeture. « Nous, on demande au gouvernement depuis 2019 de suspendre l’entente sur les tiers pays sûrs », a-t-il martelé.

Cette entente stipule qu’un migrant qui met d’abord le pied en territoire américain doit obligatoirement faire sa demande d’asile en sol américain, et vice-versa s’il est d’abord arrivé au Canada. Voilà pourquoi plusieurs migrants préfèrent arriver au Canada en empruntant le chemin Roxham, un passage non officiel où ils ne se feront pas contrôler par les agents frontaliers.

« Si on suspend cette entente, les migrants pourraient faire leur demande aux postes frontaliers de l’ensemble de la frontière canadienne, ce qui enlèverait la pression sur le Québec », croit M. Brunelle-Duceppe.

Il souligne que le gouvernement canadien aurait le pouvoir de suspendre l’entente sur les tiers pays sûrs pour une durée minimale de trois mois et ce, sans l’accord du gouvernement américain. « Un moment donné, il va falloir mettre ses culottes, assène-t-il. Mais le gouvernement canadien a peut-être peur de froisser les Américains. »

Rappelons que le 4 janvier dernier, le migrant haïtien Fritznel Richard avait été retrouvé mort à proximité du chemin Roxham, alors qu’il tentait de rejoindre les États-Unis.

Source: Le Bloc québécois dénonce un «manque d’humanisme» chez Immigration Canada

Lisée: Dire «basta!» à Roxham

More on Roxham. Current federal approach is looking rather lame:

Mettons les choses au clair. Si vous ou moi étions Haïtiens, Cubains, Guatémaltèques, entre plusieurs autres, nous remuerions ciel et terre, vendrions tous nos biens, nous endetterions jusqu’aux yeux pour arriver en territoire états-unien, prendre la route qui mène au chemin Roxham et tenter notre chance d’avoir, pour nous et nos enfants, une vie immensément meilleure au Canada.

Les informations circulent vite dans les milieux de l’immigration des pays du Sud. Il y a six ans ce mois-ci, Justin Trudeau a lancé son gazouillis annonçant « À ceux qui fuient la persécution, la terreur et la guerre, sachez que le Canada vous accueillera ». La version anglaise a récolté pas moins de 600 000 mentions « J’aime ».

Dans un premier temps, paniqué par l’afflux de demandes, Ottawa a annoncé que plus de 90 % de ces demandeurs finiraient par être renvoyés, car ne satisfaisant pas aux critères de l’asile. Plus récemment, un nouveau bilan faisait état de 50 % de refus. On sait cependant que des dizaines de milliers de personnes disparaissent dans la nature et préfèrent vivre sans papiers au Québec et au Canada plutôt que d’être reconduites dans leur pays d’origine. Vous et moi ferions pareil. D’autant qu’Ottawa prévoit régulariser sous peu la situation d’un demi-million d’entre elles.

Voyez, vos (nos) chances de succès sont passées de 10 % à 50 % à potentiellement 100 %. Venir au chemin Roxham, c’est le bon choix.

La société d’accueil doit poser ses conditions au point d’entrée. Elles doivent être précises, compréhensibles, prévisibles. Le contrat social entre nous et les futurs membres de notre société s’incarne là, dans la décision du migrant d’accepter ces conditions. Une fois ce pas franchi, notre attitude doit être d’une totale ouverture.

C’est pourquoi, ministre, j’ai appuyé les milliers de réfugiés du tremblement de terre haïtien qu’Ottawa menaçait d’expulser ; chef du PQ, j’ai dénoncé pendant la campagne de 2018 l’absurde projet de la Coalition avenir Québec (CAQ) de faire reconduire à la frontière les immigrants qui, trois ans après leur arrivée, échoueraient à des tests de valeurs ou de français ; commentateur, j’ai réclamé que tous les réfugiés et demandeurs d’asile ayant soutenu la santé et l’économie québécoises pendant la pandémie, sans exception, se voient accorder un certificat de sélection du Québec, ce que la CAQ a honteusement refusé de faire.

J’ai aussi insisté pour qu’une connaissance du français au point d’entrée soit indispensable pour les immigrants en règle, mais que le niveau de français soit modulé en fonction de l’emploi visé. (Des exemples navrants de rigidité sont bien exposés dans le documentaire Essentiels, sur Télé-Québec.)

Le refus canadien d’agir

Que faire avec Roxham ? On sait exactement quoi, et depuis le début. Ottawa n’avait qu’à utiliser la clause qui suspend notre accord avec les États-Unis pour faire en sorte que tous les demandeurs d’asile se présentent à un poste-frontière régulier. S’il ne souhaitait pas froisser les Américains, il aurait suffi de modifier la loi fédérale sur l’immigration pour appliquer à Roxham les termes de l’entente. Par conséquent, immédiatement, les agents auraient pu y refuser sur-le-champ les demandes d’asile qu’ils jugeaient non fondées, donc la moitié.

On nous annonce que la renégociation de l’entente avec les États-Unis ne sera pas finalisée lors de la venue de Joe Biden en mars et qu’il faudra attendre que le Congrès américain adopte un changement législatif, ce qui est ces jours-ci aussi facile que d’apprendre la nage synchronisée à un essaim de mouches noires.

La nouvelle ministre de l’Immigration du Québec, Christine Fréchette, a dit « basta ! » (un vocable emprunté à l’italien qui veut dire « ça suffit ! »). Oui, mais comment cette injonction se traduira-t-elle dans les faits, lorsque le flot, passé de 16 000 en 2017 à 39 000 l’an dernier, atteindra 50 000 cette année, 60 000 l’an prochain ?

Les options

Je ne connais que deux options aptes à forcer la main d’Ottawa. Certains proposent d’envoyer la Sûreté du Québec. Elle ne pourrait pas bloquer la frontière, qui relève du fédéral, mais la route, de compétence québécoise, derrière les installations fédérales d’accueil. Ce qui signifierait que les agents fédéraux continueraient de recevoir les migrants, mais ne pourraient les faire sortir de leur enclave, forçant Ottawa à renvoyer les candidats vers Lacolle. Je suis opposé à cette hypothèse, angoissante pour les migrants et politiquement intenable, car — visualisez une barricade de policiers québécois bloquant l’accès à des fonctionnaires fédéraux — d’un coût réputationnel énorme.

L’autre solution est de réclamer d’Ottawa qu’il laisse au Québec sa juste part de ces réfugiés, soit 20 %, notre poids démocratique, et qu’il se charge de répartir les autres dans le reste du pays. Sinon, le Québec le fera pour lui. En fait, Ottawa a commencé à opérer ce déplacement l’an dernier, pour environ 10 % des demandeurs. Mais il le fait de façon aléatoire et franchement indélicate, débarquant chez des migrants sans prévenir pour les conduire en Ontario. Je propose que cette démarche soit transparente et prévisible.

Le Québec prendrait en charge dès leur arrivée les francophones et les personnes qui ont de la famille immédiate au Québec, donc ceux pour qui le succès d’intégration est le plus élevé, mais reconduirait quotidiennement les autres à Ottawa ou à un lieu qui nous serait indiqué. Le second contingent en importance est formé de Nigérians, des anglophones, qui trouveront dans le ROC de meilleures conditions d’intégration. S’il existe d’autres options réalistes, je suis tout ouïe.

Une exigence de lucidité

Cette solution ne tarirait pas le flot. Seules les mesures légales fédérales précitées permettraient de le réduire de moitié. Le Québec aurait à vue de nez recueilli l’an dernier 10 000 de ces demandeurs irréguliers, donc quatre fois moins. Ce nombre pourrait doubler en quelques années, mais, au moins, ce serait gérable.

Finalement, il y a la question de savoir si, en cas de suspension de l’entente canado-américaine par Ottawa, les candidats sachant que la moitié d’entre eux seront interdits d’entrée ne franchiront pas la frontière ailleurs. Un certain nombre, oui. Le mal est fait, les passeurs sont installés, ils ont intérêt à ce que ça dure. Cependant, le nombre serait considérablement réduit, car le risque serait beaucoup plus grand.

Je sais que des lecteurs estimeront qu’il ne faut pas évoquer ces hypothèses. Ils ont raison d’estimer que chacun de ces migrants a une histoire, un espoir, une valeur humaine irréductible. Mais puisque les frontières existent, il faut les gérer. Ce qui signifie dire parfois oui, parfois non. Et ces réponses ont, sur chaque migrant, des conséquences pour toute une vie.

La lucidité exige que ces questions soient posées, puisque Justin Trudeau refuse d’agir depuis six ans. J’estime que le Québec doit dire « basta ! » à l’intenable statu quo canadien à Roxham et prendre les moyens pour opérer un vrai changement. J’estime tout aussi essentiel qu’une fois parmi nous, chacune des personnes que nous accueillons obtienne immédiatement ce premier passeport pour la dignité qu’est le droit de travailler — et pour les travailleurs agricoles, qu’ils puissent changer d’employeur à leur gré. Qu’on leur offre ensuite une passerelle rapide vers un statut de résident permanent sans leur faire subir la tartufferie d’examiner leur demande d’asile, d’en refuser la moitié, de les pousser à la clandestinité, puis de les régulariser dans une amnistie.

Bref, soyons fermes et rigoureux au point d’entrée, et mettons tout en oeuvre, ensuite, pour que ceux qui nous choisissent et qu’on a choisis obtiennent le droit, et développent l’envie, de devenir pleinement Québécois.

Source: Dire «basta!» à Roxham

EU wants to send more migrants away as irregular arrivals grow

Of note:

European Union ministers on Thursday sought ways to curb irregular immigration and send more people away as arrivals rose from pandemic lows, reviving controversial ideas for border fences and asylum centres outside of Europe.

EU border agency Frontex reported some 330,000 unauthorised arrivals last year, the highest since 2016, with a sharp increase on the Western Balkans route.

“We have a huge increase of irregular arrivals of migrants,” Home Affairs Commissioner Ylva Johansson told talks among the 27 EU migration ministers. “We have a very low return rate and I can see we can make significant progress here.”

Denmark, the Netherlands and Latvia were among those to call for more pressure through visas and development aid towards the roughly 20 countries – including Iraq and Senegal – that the EU deems fail to cooperate on taking back their nationals who have no right to stay in Europe.Only about a fifth of such people are sent back, with insufficient resources and coordination on the EU side being another hurdle, according to the bloc’s executive.

The ministerial talks come ahead of a Feb. 9-10 summit of EU leaders who will also seek more returns, according to their draft joint decision seen by Reuters.”The overall economic malaise makes countries like Tunisia change from a transit country to a country where locals also want to go,” said an EU official. “That changes things. But it’s still very manageable, especially if the EU acts together.”

‘WALLS AND FENCES’

That, however, is easier said than done in the bloc, where immigration is a highly sensitive political issue and member countries are bitterly divided over how to share the task of caring for those who arrive in Europe.The issue has become toxic since more than a million people crossed the Mediterranean in 2015 in chaotic and deadly scenes that caught the bloc off guard and fanned anti-immigration sentiment.The EU has since tightened its external borders and asylum laws. With people on the move again following the COVID pandemic, the debate is returning to the fore, as are some proposals previously dismissed as inadmissible.
Denmark has held talks with Rwanda on handling asylum applicants in East Africa, while others called for EU funds for a border fence between Bulgaria and Turkey – both ideas so far seen as taboo.”We are still working to make that happen, preferably with other European countries but, as a last resort, we’ll do it only in cooperation between Denmark and, for example Rwanda,” Immigration Minister Kaare Dybvad said on Thursday.
Dutch minister Eric van der Burg said he was open to EU financing for border barriers.
“EU member states continue making access to international protection as difficult as possible,” the Danish Refugee Council, an NGO, said in a report on Thursday about what it said were systemic pushbacks of people at the bloc’s external borders, a violation of their right to claim asylum.
While EU countries protest against irregular immigration, often comprising Muslims from the Middle East and North Africa, Germany is simultaneously seeking to open its job market to much-needed workers from outside the bloc.”We want to conclude migration agreements with countries, particularly with North African countries, that would allow a legal route to Germany but would also include functioning returns,” Interior Minister Nancy Faeser said in Stockholm.

Source: EU wants to send more migrants away as irregular arrivals grow

StatsCan: Official language proficiency and immigrant labour market outcomes: Evidence from test-based multidimensional measures of language skills 

Of interest. Significant difference:

Numerous studies have demonstrated that higher proficiency in the language spoken in the destination country improves immigrant labour market outcomes. However, because of a lack of objective measures of language skills, previous studies have mainly drawn on subjective measures of language proficiency and were confined to the effect of only one dimension or general language skills. This study examines the effects of test-based measures of official language proficiency in four dimensions—listening, speaking, reading and writing—on immigrant employment and earnings. The analysis focuses on economic principal applicants admitted through the Express Entry (EE) system who immigrated to Canada from 2015 to 2018. A self-reported language measure based on self-reported knowledge of official languages at immigration and mother tongue is also examined for comparison. 

The analysis of employment outcomes shows that in the initial years after immigration, test-based language measures in all four dimensions, as well as the self-reported language measure, had little effect on the incidence of employment. The analysis of earnings, however, shows that the predictive power and the marginal effect of each of the four dimensions of test-based language measures were much stronger than those of the self-reported measure, indicating that using the latter can considerably underestimate the effect of language skills on earnings. The four test-based measures of official language skills all had independent positive effects on earnings. Reading tended to have a stronger predictive power and a larger marginal effect than the other three dimensions, but the differences across the four dimensions were generally small. The tested official language skills were as important as pre-immigration Canadian work experience and more important than the educational level and age at immigration in predicting initial earnings of principal applicants admitted under the EE system.

Source: Official language proficiency and immigrant labour market outcomes: Evidence from test-based multidimensional measures of language skills

Dutrisac: La vulnérabilité perpétuée par le système (Temporary Foreign Workers and closed work permits)

Of note::

Le nombre d’immigrants temporaires a explosé au Québec, tout comme dans le reste du Canada d’ailleurs. Et parmi eux, des travailleurs étrangers à bas salaire, qu’ils se trouvent dans les entrepôts ou dans les champs, sont à la merci d’employeurs sans scrupule.

Discuter d’un seuil de 50 000 immigrants reçus, le chiffre programmé par le gouvernement Legault, c’est discourir sur un portrait bien partiel de l’immigration au Québec. Comme l’a rapporté Le Devoir récemment, ce seuil est largement dépassé par l’afflux d’immigrants temporaires. Ainsi, le nombre de ressortissants étrangers détenteurs de permis de travail et d’études présents sur le territoire québécois dépassait les 180 000 en 2022. En tout, selon l’Institut de la statistique du Québec, au 1er juillet dernier, on comptait 290 000 résidents non permanents, toutes catégories confondues. Ce nombre a presque doublé en dix ans.

Le gouvernement caquiste n’en a que pour les professionnels et les travailleurs qualifiés, réunis sous le vocable d’immigration économique et commandant les hauts salaires que favorise François Legault. Il en faut, de cette main-d’oeuvre bien formée que recherchent des employeurs aux prises avec des difficultés de recrutement.

Mais on ne saurait occulter le fait que le Québec a aussi besoin de travailleurs sans grandes études, disposés à prendre des emplois dont les Québécois ne veulent pas et à se contenter des bas salaires qui vont avec. Des emplois ingrats, souvent exigeants physiquement, qui représentent pourtant un rouage important de l’économie. On parle de manoeuvres, de manutentionnaires, de préposés à l’entretien, d’ouvriers dans des usines de transformation alimentaire, de travailleurs agricoles.

Depuis 2015, la main-d’oeuvre recrutée par les entreprises québécoises par le truchement du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) a plus que triplé pour atteindre les 34 000 personnes.

Quelles que soient leurs compétences, les travailleurs étrangers temporaires, s’ils veulent prolonger leur présence au pays, ce qui, souvent, est aussi le souhait de leur employeur, doivent renouveler leur permis de travail, une démarche souvent angoissante compte tenu de l’incurie administrative des autorités fédérales. Certains de ces immigrants sont ici pour trois ans, cinq ans, dix ans même. C’est la grande hypocrisie du système : de nombreux travailleurs temporaires occupent des postes permanents. Plusieurs souhaitent immigrer au Québec.

Contrairement aux étudiants et aux personnes admissibles au Programme fédéral de mobilité internationale, les travailleurs peu qualifiés recrutés par le PTET ne disposent pas d’un permis de travail ouvert, mais d’un permis « fermé » qui lie leur présence au Québec à un employeur unique. Ils sont placés dans une situation de vulnérabilité qui les expose à des abus et à une exploitation éhontée de la part d’employeurs. Ces travailleurs hésitent à porter plainte de crainte de perdre leur emploi et de se voir forcer de retourner dans leur pays, ce dont on les menace, d’ailleurs.

C’est ce genre de situations que montre l’enquête Essentiels. La face cachée de l’immigration, un documentaire présenté à Télé-Québec, réalisé par Ky Vy Le Duc et signé par la militante Sonia Djelidi et la journaliste du Devoir Sarah R. Champagne. On constate que des travailleurs agricoles ont été forcés de s’échiner dans les champs jusqu’à 17 heures par jour et qu’ils ont passé plusieurs semaines sans prendre une seule journée de congé. Logés sur la ferme, ils doivent s’entasser dans des baraques exiguës et invivables qu’on dit conformes aux normes fédérales. On y voit des travailleuses immigrantes se faire exploiter par une agence de placement sans permis. Ou encore ce travailleur qui est employé depuis dix ans par les serres Savoura et qui n’a vu sa famille, restée au Guatemala, que trois mois et demi pendant la décennie, ne réussissant pas à obtenir un certificat de sélection du Québec.

Contrairement à la Charte canadienne, la Charte québécoise des droits et libertés protège les étrangers. Il faudrait s’en souvenir. Se rappeler aussi que les normes minimales de travail, c’est pour eux aussi. Sur la ferme, Québec peut remédier à la discrimination perpétuée par Ottawa et leur garantir un hébergement digne de ce nom, sujet aux mêmes normes qui régissent l’hébergement fourni par les employeurs aux travailleurs québécois.

Pour que cessent les abus et les mauvais traitements dont les travailleurs étrangers sont l’objet, les permis fermés devraient être abolis et remplacés par des permis ouverts liés à un secteur d’activité et possiblement à une région. Ces changements essentiels dépendent malheureusement de la bonne volonté du gouvernement fédéral. C’est Québec qui devrait se charger des travailleurs étrangers temporaires sur notre territoire, ce que prévoyait l’entente Canada-Québec sur l’immigration. S’assurer du respect de la dignité de tout travailleur en sol québécois, c’est en somme sa responsabilité.

Source: La vulnérabilité perpétuée par le système