Meggs: Il faut se saisir du plein potentiel de nos pouvoirs en immigration

Always worth reading for a Quebec perspective:

…La cible de 35 000 admissions permanentes parmi des résidents temporaires au Québec sera facile à atteindre. Il y a, en fait, déjà plus de 75 000 de ces personnes, ayant franchi toutes les étapes préalables exigées des deux gouvernements, qui attendent la résidence permanente, toutes catégories confondues.

Échanger leur permis temporaire pour un visa de résident permanent est le rêve de leur vie. Baisser leur nombre de 45 000 à 35 000 veut dire cependant qu’il y en aura qui vont attendre encore plus longtemps pour réaliser leur rêve. Dépendant de la catégorie, ces attentes sont déjà d’un an à plus de dix ans.

La baisse du seuil va rendre plus long que quatre ans le temps nécessaire pour diminuer de moitié le nombre de résidents temporaires, sachant que les personnes en attente de la résidence permanente sont comptées comme résidents non permanents par Statistiques Canada.

Pour les titulaires de permis de travail ou d’études, il y a donc trois options :

  • Arrêter d’en ajouter en coupant le nombre de ces permis délivrés et renouvelés. Controversé politiquement, ce sera possible dans le cas du PTET et les permis d’études. Assumer la responsabilité pour le PMI permettrait au Québec d’agir éventuellement sur la balance des permis temporaires.
  • Accorder la résidence permanente aux travailleurs qualifiés et aux conjoints approuvés dans la catégorie familiale déjà au Québec, ce qui dépasserait le seuil de 35 000.
  • Attendre que les permis temporaires expirent et que ces personnes quittent le pays. La grande majorité respecte l’obligation de quitter, même si ce n’est pas leur souhait.

Quant à la catégorie de StatCan nommée « demandeurs d’asile », il serait facile pour le Québec de diminuer leur nombre établi à 190 000 de plus de 42 000, en accordant la résidence permanente aux réfugiés reconnus, mais le seuil de 35 000 bloque ce chemin.

On pourrait inciter davantage de résidents temporaires qui communiquent facilement en français à déménager dans une autre province. Plusieurs le font déjà. D’une pierre, trois coups. La personne obtiendra plus facilement et plus rapidement la résidence permanente, les communautés francophones hors Québec trouveraient un nouvel espoir de pérennité et le nombre de résidents temporaires au Québec baisserait. Pour être claire, cette option n’est pas proposée sérieusement. Elle aurait certains avantages pour les personnes et les communautés concernées, mais ce serait très triste et un aveu d’échec pour le Québec.

Réimaginer ensemble une meilleure façon de faire

Il n’y a pas d’enjeu en matière d’immigration aujourd’hui qui n’est pas lié au virage pris vers un système en deux étapes. Ramener de l’ordre dans la situation actuelle et, en même temps, mettre en place une réforme qui éviterait qu’elle se reproduise à l’avenir est une tâche immense.

Il y a un poème d’Emily Dickinson, repris récemment dans le New York Times, qui vient à l’esprit. « J’habite dans la Possibilité » [2]. Il est très difficile de vivre d’espoir dans nos temps modernes. Mais si nous pouvions retourner à l’esprit de 1978 et de 1991, et retrouver la même transpartisanerie dans ce dossier critique, peut–être qu’on serait à la hauteur de réimaginer ensemble la façon dont nous accueillons les personnes qui acceptent notre invitation à partager notre avenir, celles qui se joignent avec leur famille au Québec et celles qui ont besoin d’une place accueillante et libre pour vivre de façon sécuritaire.

Source: Il faut se saisir du plein potentiel de nos pouvoirs en immigration

…The target of 35,000 permanent admissions among temporary residents in Quebec will be easy to reach. In fact, there are already more than 75,000 of these people, who have already completed all the pre-requisite steps required by both governments, waiting for permanent residence, all categories included.

Switching their temporary permit to a permanent resident visa is their life’s dream. However, reducing their number from 45,000 to 35,000 means that some will have to wait even longer to realize their dream. Depending on the category, these expectations can already range from one year to more than ten years.

The drop in the threshold will make it longer than four years for the time needed to halve the number of temporary residents, knowing that people awaiting permanent residence are counted as non-permanent residents by Statistics Canada.

For holders of work or study permits, there are therefore three options:

  • Stop adding them by reducing the number of these permits issued and renewed. Politically controversial, this will be possible in the case of PTET and study permits. Taking responsibility for the PMI would allow Quebec to potentially act on the balance of temporary permits.
  • Granting permanent residence to qualified workers and approved spouses in the family category already in Quebec would exceed the threshold of 35,000.
  • Waiting for the temporary permits to expire and for these people to leave the country. The vast majority comply with the obligation to leave, even if it is not their wish.

As for the StatCan category called “asylum seekers,” it would be easy for Quebec to reduce their established number to 190,000 by more than 42,000 by granting permanent residence to recognized refugees, but the 35,000 threshold blocks this path.

We could encourage more temporary residents who communicate easily in French to move to another province. Several already do. With a single stone, three strikes. The person would easily and quickly obtain permanent residence, French-speaking communities outside Quebec would find a new hope for sustainability, and the number of temporary residents in Quebec would decrease. To be clear, this option is not being seriously proposed. It would have some benefits for the people and communities involved, but it would be very sad and a confession of failure for Quebec.

Reimagine together a better way to do things

There is no issue in immigration today that is not related to the shift towards a two-stage system. Bringing order to the current situation and, at the same time, implementing a reform that would prevent it from happening again in the future is an immense task.

There is a poem by Emily Dickinson, recently reprinted in the New York Times, that comes to mind. “I Live in Possibility” [2]. It is very difficult to live with hope in our modern times. But if we could go back to the spirit of 1978 and 1991, and rediscover the same transpartisan spirit in this critical dossier, perhaps we could come up with a way to reimagine together how we welcome people who accept our invitation to share our future, those who join with their families in Quebec, and those who need a welcoming and free place to live safely.

Unknown's avatarAbout Andrew
Andrew blogs and tweets public policy issues, particularly the relationship between the political and bureaucratic levels, citizenship and multiculturalism. His latest book, Policy Arrogance or Innocent Bias, recounts his experience as a senior public servant in this area.

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