Boulet promet de la francisation pour les Ukrainiens dès cet été

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Les Ukrainiens et autres immigrants en attente pourront commencer la francisation à temps complet dès cet été, moins d’un mois après en avoir fait la demande. Le ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, Jean Boulet, s’y est personnellement engagé lors d’une entrevue accordée au Devoir mercredi.

« Il y aura peut-être des cas qui vont [nous] échapper, mais notre objectif, c’est de faire le plus rapidement possible. Cet été, oui, il y a des possibilités de commencer des sessions [de francisation] à temps complet. » En date du 17 juin, 981 personnes, dont 137 nées en Ukraine, étaient sur une liste d’attente pour s’inscrire à des cours, et le délai moyen d’attente cumulé était de 22 jours, un délai dont Jean Boulet se dit « particulièrement fier ».

Vendredi dernier, Le Devoir avait révélé les difficultés de certains Ukrainiens à avoir accès cet été à la francisation à temps complet, et même à temps partiel, alors que dans certaines régions, plusieurs organismes mandataires du ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI) n’ouvraient pas de cours, faute d’enseignants ou d’un nombre suffisant d’inscriptions. Certains organismes faisaient même relâche pendant l’été.

« Moi, je n’accepterais pas [ça]. Si je le sais, je vais m’assurer de remédier à la situation. S’ils sont quatre et qu’ils veulent débuter, je vais m’assurer qu’ils débutent, peu importe le moyen, que ce soit en ligne avec accompagnement, que ce soit avec des personnes d’autres régions », a insisté Jean Boulet. Les cours en ligne ne sont toutefois pas offerts pour les débutants, a-t-il convenu.

Commencer à temps partiel

Au calendrier du MIFI, une seule session à temps complet est prévue l’été, soit du 25 mai au 3 août. Si les groupes n’ont plus de place, les personnes immigrantes peuvent toutefois commencer la francisation à temps partiel — la prochaine session débute le 11 juillet — avant d’intégrer un cours à temps complet plus tard. « Les mandataires du MIFI doivent orienter la clientèle vers d’autres organismes et vers les centres de services scolaires si leurs groupes sont complets afin de ne pas créer de liste d’attente et des délais pour la clientèle », lit-on dans un document d’information transmis au Devoir.

Dans sa déclaration de services à la clientèle, le MIFI s’engage à offrir un cours à « temps complet » dans un délai de 50 jours pour plus de 80 % des personnes en faisant la demande. Cette cible est respectée, assure le ministre, puisque 83,2 % des élèves ayant commencé un cours entre le 1er avril et 13 juin l’ont fait dans un délai de 50 jours. Toutefois, cette information sur les listes d’attente et les délais n’est pas disponible pour les cours à temps partiel, les inscriptions étant gérées directement par les organismes communautaires.

Le ministre Boulet ne nie pas non plus « le défi » que représente le recrutement du personnel enseignant, notamment pour les cours à temps partiel, où une hausse de la clientèle a été remarquée. « Mais je me suis assuré qu’on fasse de la formation continue pour répondre à la demande, qui est croissante. C’est pour ça qu’on est capable de respecter le délai moyen de 22 jours. »

Un manque d’information

Plusieurs Ukrainiens et les Québécois qui les hébergent ou leur donnent un coup de main ont dit avoir du mal à obtenir de l’information sur l’offre de cours. Le ministre dit comprendre la situation. « C’est souvent un manque d’information. C’est sûr que c’est important pour nous de faire une nouvelle offensive publicitaire et de dire quels sont nos services en francisation », a reconnu M. Boulet.

Il invite d’ailleurs les immigrants à s’informer auprès d’Accompagnement Québec, un service d’orientation gratuit et personnalisé présent en région. La semaine dernière, le ministre Boulet a également annoncé le début des travaux menant à la création dans un an de Francisation Québec, un guichet unique dont les premières tentatives d’implantation remontent à 2005 et qu’aucun gouvernement n’a réussi à livrer jusqu’ici, faute d’entente entre les divers ministères offrant de la francisation.

Pour pouvoir s’inscrire à un cours, le MIFI exige, entre autres, une pièce qui prouve le statut d’immigration, comme le visa de séjour temporaire (AVUCU) ou le permis de travail. Seul ce dernier peut donner accès à l’allocation de participation de 200 $ et au remboursement des frais de transport et de garde des enfants. Le visa de visiteur, sans le permis de travail, ne le permet pas.

Le ministre dit cependant avoir agi en permettant, dans l’intervalle, l’accès à des cours gratuits à temps complet ou à temps partiel aux Ukrainiens qui n’auraient pas encore de permis de travail. « Dès que les Ukrainiens arrivent, ils bénéficient de l’ensemble des services, notamment de francisation », a-t-il assuré. Si un immigrant bénéficie d’une aide financière de dernier recours (aide sociale) comme c’est souvent le cas quand on est demandeur d’asile, il peut aussi avoir accès à la francisation et au remboursement des frais de garde et de transport.

« J’ai des directions régionales et près de 200 personnes réparties dans tout le territoire du Québec, et le message est le même. […] C’est sûr qu’il y [en] a qui ne sont peut-être pas totalement informés, mais les droits sont là, il faut qu’ils soient respectés, qu’il y ait une saine communication et qu’on ne soit pas éparpillés », a dit le ministre.

Jean Boulet a dit « vouloir tout faire » pour soutenir les nouveaux arrivants ukrainiens. « C’est sûr qu’il y aura peut-être un cas isolé où tu vas tomber sur des personnes dans une ville X, Y ou Z au Québec, qui n’auront pas eu totalement satisfaction à leur demande. Et si ce n’est pas du caprice, moi, je vais m’assurer qu’il y ait un retour d’ascenseur. »

Source: Boulet promet de la francisation pour les Ukrainiens dès cet été

About Andrew
Andrew blogs and tweets public policy issues, particularly the relationship between the political and bureaucratic levels, citizenship and multiculturalism. His latest book, Policy Arrogance or Innocent Bias, recounts his experience as a senior public servant in this area.

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