Une touchante inquiétude

Interesting column and the irony of Premier Legault’s comments on national unity:

Après l’avoir vu souffler sur les braises du nationalisme durant toute la campagne, il était savoureux d’entendre le premier ministre Legault s’inquiéter des divisions reflétées par les résultats de l’élection fédérale de lundi et conseiller Justin Trudeau sur la meilleure façon de « garder le pays uni ».

Cette préoccupation pour l’unité de la fédération est touchante, même si on ne peut pas dire que M. Legault y a beaucoup contribué avec la loi sur la laïcité, que son vis-à-vis manitobain, Brian Pallister, a déclarée contraire aux valeurs canadiennes, ni avec ses propos sur « l’énergie sale » produite par le pétrole de l’Ouest, qui ont fait bondir l’Albertain Jason Kenney.

En réalité, s’il y a une chose sur laquelle le Canada anglais est unanime d’un océan à l’autre, c’est que le Québec demeure l’enfant gâté de la fédération, comme le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, l’a encore déclaré cette semaine. Selon lui, le Québec constitue un facteur de division en profitant de la péréquation sans rien vouloir concéder en retour.

Le hasard fait bien les choses. En 2020, c’est M. Legault qui assumera la présidence du Conseil de la fédération. Du 22 au 24 juillet, il sera l’hôte de ses homologues provinciaux au Château Frontenac. Il aura là une occasion en or de leur expliquer à quel point il est désireux de favoriser l’harmonie au sein de la fédération et de leur exposer ses idées sur la façon d’y parvenir. La perspective de séjourner dans la « capitale nationale » du Québec doit certainement les combler de joie. Un coup parti, M. Legault pourrait les emmener à Baie-James pour leur montrer ce qu’est une énergie propre.

Cela dit, M. Legault a raison de penser que l’octroi d’une plus grande autonomie serait de nature à apaiser la frustration des provinces de l’Ouest. Un mégasondage pancanadien effectué en début d’année par six instituts de recherche dans le cadre d’une analyse sur la « Confédération de demain » indiquait que les Albertains (49 %), les Québécois (48 %) et les Saskatchewanais (44 %) étaient de loin les plus nombreux à souhaiter que leur province obtienne plus de pouvoirs.

On a souvent du mal à prendre au sérieux les velléités indépendantistes dans l’Ouest. Pourtant, en Saskatchewan et en Alberta, à peine 33 % des personnes interrogées étaient d’avis que le fédéralisme comporte plus d’avantages que d’inconvénients, alors que cette proportion était de 46 % au Québec. Le PLC a été incapable de faire élire un seul député dans ces deux provinces. Cela n’améliorera certainement pas cette perception, même si des non-élus sont nommés ministres.

Vu de là-bas, un gouvernement libéral appuyé par le NPD était sans doute le pire scénario imaginable. La politique n’est pas faite pour les âmes trop sensibles, mais la civilité a quand même ses droits. À de multiples reprises, Andrew Scheer s’est permis de traiter ouvertement M. Trudeau de menteur et d’imposteur. On peut penser que cela traduisait les sentiments que le premier ministre inspire dans la province d’adoption du chef conservateur. Au Québec, où tous ne tiennent pourtant pas M. Trudeau en haute estime, on fait généralement preuve de plus de retenue.

M. Trudeau a confirmé mercredi que son gouvernement triplerait la capacité du pipeline Trans Mountain, tout en reconnaissant qu’il faudra faire davantage pour calmer la colère de l’Ouest. Jason Kenney tient toujours mordicus à un pipeline vers l’est, et c’est le Québec qui constitue le principal obstacle. Si M. Legault veut lui faire la leçon sur la façon de renforcer l’unité canadienne, M. Trudeau aura beau jeu de le lui rappeler.

Minorité oblige, le premier ministre a promis de faire un effort pour collaborer avec les autres partis représentés à la Chambre des communes et avec ses homologues provinciaux afin de mieux répondre aux préoccupations des Canadiens, mais il n’a pas donné le moindre signe qu’il envisageait de diminuer un tant soit peu le rôle du gouvernement fédéral au profit des provinces.

De toute évidence, il n’a pas tiré des résultats de l’élection les mêmes conclusions que M. Legault, selon qui les Québécois lui ont clairement envoyé le message de ne pas contester la loi sur la laïcité. M. Trudeau a refusé d’en prendre l’engagement encore plus fermement qu’il l’avait fait durant la campagne.

« Le message est clair : si vous voulez plus d’appuis la prochaine fois, soutenez la loi 21 », a déclaré M. Legault. Cela reste à voir. S’y opposer n’a pas empêché le PLC de demeurer le premier parti fédéral au Québec, aussi bien en nombre de sièges qu’en nombre de suffrages exprimés. La prochaine fois, M. Legault trouvera bien un autre grief à lui faire.

Source: Une touchante inquiétude

About Andrew
Andrew blogs and tweets public policy issues, particularly the relationship between the political and bureaucratic levels, citizenship and multiculturalism. His latest book, Policy Arrogance or Innocent Bias, recounts his experience as a senior public servant in this area.

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