Gérard Bouchard désapprouve Lisée à la direction du PQ

Always interesting to follow Bouchard’s commentary and views:

L’auteur et sociologue Gérard Bouchard n’a pas souvent pris position dans l’arène partisane. Mais la candidature d’un fils du Saguenay l’a décidé à sortir de l’ombre. Il avait connu M. Cloutier lors de la course remportée par Pierre Karl Péladeau. Le député péquiste a sollicité l’avis de M. Bouchard sur plusieurs questions – l’immigration, la diversité ethnoculturelle, la laïcité.

En matière de laïcité, M. Cloutier « est assez aligné » sur la proposition du rapport Bouchard-Taylor, qui interdit le port de signes religieux aux seules personnes qui ont un pouvoir de « coercition » sur les citoyens, soit les policiers, les juges, les gardiens de prison. Le président de l’Assemblée nationale ne devrait pas davantage afficher sa foi.

M. Cloutier garde ses cartes sur la question nationale et n’entend dire que six mois avant les prochaines élections s’il y aura un référendum dans un premier mandat péquiste. « C’est l’os qui guette tous les candidats. Le fait qu’il ait décidé d’attendre un peu avant de faire connaître sa position est un signe de prudence, qui ne me gêne pas. La politique change rapidement, les candidats n’ont pas à mettre leurs cartes sur la table tout de suite », estime M. Bouchard.

« Il est temps que le PQ se relève et retrouve la voie qui a toujours été la sienne avec M. Lévesque, M. Parizeau, avec mon frère [Lucien Bouchard] et M. Landry. Le nationalisme du PQ était libéral, progressiste et respectueux des droits. Le PQ était l’exemple en Occident d’un mariage rare entre le nationalisme et le libéralisme. Les Catalans, les Écossais nous disaient que le Québec était un exemple. Ils ne le disent plus depuis deux ans [depuis la charte de Bernard Drainville] », affirme M. Bouchard.

Il est évident « qu’il faut repenser la souveraineté, que ce discours doit être réécrit. Il y a un besoin évident de relève, et je pense qu’Alexandre Cloutier incarne cette relève », souligne aussi M. Bouchard.

LISÉE « INCARNE LA CONTINUITÉ »

Inversement, selon Gérard Bouchard, Jean-François Lisée « incarne plus la continuité que la relève. Il a été au front pendant longtemps ». Le PQ a besoin d’un élan que seul un nouveau visage peut donner, selon lui. Les chefs précédents n’étaient pas des néophytes, mais « la situation du PQ actuellement est complètement différente, son élan est cassé. Pour les jeunes, on ne peut parler de désaffection, mais leur adhésion au PQ n’est plus la même qu’il y a quelques années ».

Pour M. Bouchard, la position de Jean-François Lisée en matière de port de signes religieux ne passerait pas le test des tribunaux. Sa position « ressemble étrangement à la charte des valeurs. Les institutions publiques ou parapubliques auraient à décider de l’utilisation dans leurs lieux de signes religieux ». M. Lisée maintient la clause grand-père, ceux qui sont déjà employés ne seraient pas touchés, mais ceux qui veulent être embauchés seraient écartés.

Source: Gérard Bouchard désapprouve Lisée à la direction du PQ | Denis Lessard | Politique québécoise

Quebec: Les seuils d’immigration haussés

Not much change from previous years and backing away from the initial proposal of 60,000:

Le gouvernement Couillard entend hausser de 50 000 à un maximum de 53 000 les seuils annuels d’immigration pour les deux prochaines années. En 2019, le nombre maximum d’immigrants reçus passerait à 54 500.

La ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion, Kathleen Weil, a dévoilé jeudi le document La planification de l’immigration au Québec pour la période 2017-2019 qui servira de base à la consultation sur les seuils d’immigration. La consultation statutaire, prévue dans la Loi sur l’immigration, devrait s’amorcer en août ou septembre prochain.

En 2017 et 2018, on projette une fourchette variant de 49 000 à 53 000 immigrants par an, et de 50 500 à 54 500 en 2019. C’est moins que l’objectif de recevoir 60 000 immigrants par an qu’avait évoqué le premier ministre Philippe Couillard. Le document sur la politique d’immigration, dévoilé en mars, mentionnait qu’avec un tel seuil, le Québec pourrait éviter un recul du nombre de personnes en âge de travailler. Kathleen Weil reconnaît qu’avec des objectifs moindres, le bassin de main-d’oeuvre rapetissera. « Il faut mieux réussir l’intégration, a-t-elle fait observer. On ne peut pas nier le facteur chômage des personnes immigrantes et la reconnaissance notamment des compétences. C’est des obstacles importants. »

Selon le document, l’augmentation envisagée répondra aux besoins économiques du Québec. Aller plus loin poserait des « défis accrus » sur le plan de l’intégration et « pourrait mener à la remise en question par certaines personnes de l’apport de l’immigration ».

Le parrainage des réfugiés connaît certaines difficultés. La ministre a annoncé le lancement d’une vaste consultation « auprès des groupes parrains, des familles réfugiées et de tous les organismes et ministères oeuvrant auprès de ceux-ci, afin de bien cerner les besoins et de renforcer notre modèle d’accompagnement ».

Parmi les objectifs de la planification pluriannuelle, on note une augmentation de la proportion des immigrants qui proviendraient de la filière des travailleurs temporaires, une hausse de 75 % à 85 % des travailleurs qualifiés qui déclarent connaître le français et un maintien de la proportion des travailleurs qualifiés dont la formation est demandée.

Source: Les seuils d’immigration haussés | Le Devoir

Quebecers can thank comics for the demise of ‘hate speech’ measures: Macpherson

Don Macpherson on the reasons for the demise of the hate speech provisions of Bill 59:

To begin with, the hate-speech provisions were unnecessary. “Hate propaganda” is already an offence under the federal Criminal Code.

Nevertheless, legislating for the sake of legislating, Bill 59 would have created a new offence of hate speech. And it would have turned the Quebec human-rights commission, which is supposed to protect fundamental freedoms, into a “speech police.”

Anyone it charged with hate speech would have been liable, if found guilty by the province’s human-rights tribunal, to a fine of up to $10,000 for a first offence.

But while a conviction under the Criminal Code requires proof beyond a reasonable doubt, Bill 59 contained no such standard.

And while much has been said about how Bill 59 could have had a chilling effect on criticism of religions in Quebec, what has received less attention is that it could have had a similar effect on political debate.

For unlike the Criminal Code, Bill 59 would have specifically defended political groups against so-called hate speech.

This would have been a boon to the Quebec nationalists who have complained that any but the mildest criticism of them and their movement, especially by English-language commentators, amounts to “francophobia.”

Bill 59 would have armed them with a weapon with which to harass their critics by constantly filing new complaints, the way Bill 101 hobbyists do for petty violations of obscure rules on the language of restaurant menus.

Not much public attention was paid to Bill 59, however, until the comics’ protest on a televised comedy awards show two weeks ago.

The protesters didn’t mention Bill 59. And while they pretended to be court jesters using humour to speak truth to power, their actual, somewhat less noble cause was their own freedom to continue to cruelly mock a physically deformed adolescent.

But the protest did make freedom of expression suddenly fashionable in Quebec.

Amid the uproar over the protest, a timely oped article in Quebec newspapers on the more serious issue of Bill 59 led to a re-discovery of it by editorialists and columnists. An editorial in Le Devoir expressed fear that “religious and minority groups” could use the legislation to “muzzle” journalists as well as comics.

A consensus against the bill quickly emerged, isolating the Liberal government. The PQ, citing the “censorship” of the comics, called for the bill’s withdrawal.

Unwilling to use closure to cut off debate and force the adoption of what had suddenly become an unpopular bill, the justice minister withdrew the provisions on hate speech, in a tacit admission that they were unnecessary in the first place.

The PQ claimed a victory. But it really belonged to the comics.

Source: Quebecers can thank comics for the demise of ‘hate speech’ measures | Montreal Gazette

Discours haineux: Québec abandonne l’élément principal de son projet de loi

Appropriate response to concerns, especially given need for this specific provision unclear given existing Criminal and Civil code legislation:

Dans l’espoir d’obtenir l’adoption de son projet de loi sur le discours haineux, le gouvernement Couillard accepte de mettre de côté son élément le plus controversé, perçu comme une menace à la liberté d’expression.

La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, va donc décapiter son projet de loi 59 en laissant tomber les dispositions sur le « discours haineux » qui avaient soulevé des critiques dans les médias et dans l’opposition.

« On lit tous les journaux ici. On sait que, malgré la bonne volonté, malgré les efforts de vulgarisation, l’information qui s’est faite, il n’y a pas d’appétit pour l’encadrement du discours haineux au Québec », a convenu Mme Vallée au terme de la période de questions, mercredi.

Le projet de loi progresse à pas de tortue depuis près d’un an. Il était bloqué en commission parlementaire depuis des semaines et semblait destiné à mourir au feuilleton.

La députée péquiste Agnès Maltais est revenue à la charge pour réclamer que le gouvernement renonce à ces dispositions sur les propos haineux, l’élément central du projet de loi.

« Est-ce que je vais m’entêter ? Non, je ne vais pas m’entêter, a indiqué Mme Vallée. C’est un projet de loi qui apportait des modifications à la Charte des droits et libertés et il n’est pas question de passer ça sous bâillon.»

Les adversaires du projet de loi soulignaient que cette définition supplémentaire des propos haineux était une menace à la liberté d’expression. Surtout, ce nouveau cadre était inutile: les propos haineux sont déjà balisés par le Code criminel, quand ils visent une personne ou un groupe, et par le Code civil s’ils visent une personne identifiable.

Mme Vallée refuse d’y voir un échec de son gouvernement. Elle conservera les dispositions du projet de loi qui touchent le mariage forcé.

La ministre a dit souhaiter désormais obtenir une adoption rapide du projet de loi maintenant que l’élément le plus contentieux est mis de côté.

Source: Discours haineux: Québec abandonne l’élément principal de son projet de loi | Denis Lessard | Politique québécoise

Don Macpherson: Quebec’s unfunny comics have no right to an audience 

Valid:

This year’s Oliviers awards show wasn’t the usual televised celebration of what some critics say is the overall mediocrity of Quebec humour. It was a protest rally against “censorship.”

There were stirring speeches by award presenters and winners. At one point, several comics dramatically mounted the stage, the lower half of their faces covered by dust masks with Xs in red tape on them, and stood in silence.

Were they demonstrating against the imprisonment and barbaric flogging by Saudi authorities of blogger Raif Badawi, whose wife and three children have settled in Sherbrooke? Or in support of the brave comics in other countries who risk imprisonment by using humour to criticize repressive regimes?

Neither. They were defending their own claim to a right to a television audience for jokes like this:

“Do you know why Jews give gold IUDs to their wives? Because they love to get into their money.”

That’s one of the jokes in an early version of the script, published in Le Journal de Montréal, for a presentation of an award during the Oliviers by star comics Mike Ward and Guy Nantel.

The theme of the script was freedom of expression, and that joke was an example of the ones about minorities, unattractive people and other underdogs in society that supposedly are no longer allowed on television.

The video opening of the show made it clear who was to blame for this situation: humourless pressure groups, including minorities.

Ward and Nantel didn’t perform their number in the show. They pulled out after failing in several attempts to rewrite their script to satisfy a lawyer for the company insuring the show’s broadcaster, Radio-Canada, and its producer, the Quebec comedy industry professionals’ association, against the cost of possible legal action.

(Yes, comedy is an industry in Quebec, supplied by a publicly supported “national comedy school,” of which Ward and Nantel are graduates.)

So what the comics were protesting against was that somebody else refused to put their money where the comics’ mouths were.

And while asserting their own freedom of expression, the comics in the audience applauded when one award winner, Louis Morissette, demanded immunity for them from criticism. The thin-skinned Morissette lectured the public that it must shut up and tolerate offensive humour, or change the channel.

Amid the adolescent tantrum, a rare dissenting voice was that of another winner, Martin Matte. “Artists or communications people who drape themselves in freedom of expression to get away with low nastiness or words that incite hatred make me uncomfortable,” he said in accepting his award. “I don’t support that.”

Adults know that freedom of expression isn’t absolute. And there is no fundamental right to a television audience or, for that matter, a newspaper column (I know, I’ve checked all the charters).

In my business, we have an expression: “lawyering.” It means to have a lawyer for the people who pay the bills go over an article before it’s published to suggest how to avoid legal action afterward.

Anyway, the advent of the Internet has made censorship futile in societies that don’t block their citizens’ Internet access, as Ward and Nantel themselves proceeded to demonstrate.

Source: Don Macpherson: Quebec’s unfunny comics have no right to an audience | National Post

Why Quebec needs more immigrants: Yakabuski

Konrad Yakabuski on the demographic and immigration challenges of Quebec. Not sure whether the data shows longer term economic outcomes in Quebec are as rosy as he indicates in comparison to outcomes elsewhere:

But while it’s true that immigrants to Quebec have initially tended to face more difficulty integrating into the work force – employer discrimination and lack of English-language skills being among the main reasons – they also tend to catch up by the five- or 10-year mark. And Quebec’s new policy of choosing immigrants in line with qualifications and labour market requirements will only hasten the integration of newcomers.

Besides, immigration is the opposite of a short-term policy. It is a long-term investment in a society’s future dynamism and prosperity. A community that invests in its immigrants will see its immigrants, and their descendants, invest in it. If Canada is an example of anything, it is this.

Slow or zero population growth is a recipe for decline – economic, social, cultural. Choosing this path out of the fear that more immigration might not only change the face, but the fibre, of Quebec society would be to condemn the province to increasing marginalization within Canada and the world.

As much as Quebec sometimes feels closer to Europe than to the rest of Canada, Europe would be the wrong model for Quebec on immigration policy. A quarter of all immigrants who arrived in Quebec in the decade up to 2013 subsequently left the province, some because they sensed an unwelcoming environment. Quebec needs to devote more resources not only to attracting immigrants, but to retaining them after they arrive.

So what if it means some will need to learn English (in addition to French) to successfully integrate into the workplace? That is a reality faced by most Quebeckers, whether native-born or not. Most professions these days, especially if they involve technology, require some functionality in English.

No francophone Quebecker I know considers unilingualism an asset, yet the suggestion that immigrants should learn both of Canada’s official languages sparks howls of protest from the PQ and CAQ, which seek to make political hay out of Quebeckers’ insecurities. It’s an insult to the resourcefulness of Quebeckers who, over four centuries, have maintained their linguistic identity in the face of far bigger cultural threats than the presence of bilingual immigrants.

If anything, Quebec needs more of them.

Source: Why Quebec needs more immigrants – The Globe and Mail

Quebec minister refuses to sign off on new, controversial history course

Positive move:

A proposed high school history course that critics said ignored minorities in Quebec and promoted a rigid, nationalist ideology will not be implemented province wide as planned, the Education Department confirmed Thursday.

Instead, the department will make changes to the program to better reflect the province’s cultural and linguistic minorities, according to a government official as well as other well-placed sources.

The contentious plan was introduced by the Parti Quebecois government before it lost the 2014 election and was being piloted in a few Quebec schools.

Department spokeswoman Marie-Eve Dion said schools that want to try piloting the new program in August 2016 will be allowed to do so while all others will stick to the old curriculum until further notice.

“Many consultations have been done and improvements are constantly being implemented,” she said in an email. “The goal is to make the course as representative and inclusive as possible.”

The program was to be introduced province wide in the 2016-17 school year, which begins in late August.

“This is absolutely good news,” said Sylvia Martin-Laforge, head of the Quebec Community Groups Network, a federally funded organization that advocates for the province’s anglophone community.

“We understand that the minister was not happy with the material. It would seem that people were eager (in the Education Department) to roll out this program and the minister had the courage to say ‘No. We will not roll this out.’”

The proposed two-year program, called History of Quebec and Canada, was widely panned by First Nations groups, as well as by cultural and linguistic minority communities across the province.

Documents obtained by The Canadian Press revealed that non-European francophone immigrants are scantily mentioned.

In the guidelines teachers use to craft their lesson plans, Confederation in 1867 is not a theme, but tucked into the larger section called “1840-1896: The formation of the Canadian federal system.”

Moreover, the only discussion of former prime minister Pierre Trudeau, considered the father of multiculturalism in Canada, is in the context of him “inviting the provincial governments to reopen the Canadian Constitution,” after which Quebec left “empty-handed.”

Martin-Laforge said “we can only hope that the depictions of minority communities will not be stereotypical and that the new program doesn’t characterize us as bad guys.”

Jacques Beauchemin, who helped write the proposed curriculum, told The Canadian Press earlier this year the purpose of the program was to remove mentions about Quebec being a diverse society that promotes multiculturalism.

Source: Quebec minister refuses to sign off on new, controversial history course – Macleans.ca

La situation démographique avive les enjeux de l’immigration au Québec

Good overview of Quebec demographics and the some of the challenges to its immigration policies:

Alors que le taux de fécondité poursuit son déclin et que le vieillissement de la population s’accentue au Québec, l’enjeu de l’accueil des immigrants est placé à l’avant-plan, suscitant des débats sur l’économie, l’identité, la culture et la langue dans la province.

L’Institut de la statistique du Québec (ISQ) a annoncé à la fin du mois dernier que l’indice synthétique de fécondité s’était établi à 1,6 enfant par femme en 2015 – une baisse de 1 % par rapport au niveau de 2014 -, marquant un recul pour la sixième année consécutive.

Bien que ce chiffre ne semble pas anormalement bas, la province doit aussi tenir compte du vieillissement de la population et du manque de main-d’oeuvre qualifiée.

Québec estime qu’environ 1,1 million de travailleurs auront pris leur retraite entre 2013 et 2022, et selon un document récemment publié par le ministère de l’Immigration, cette situation «souligne la nécessité de réaffirmer le rôle de l’immigration et de sa contribution au Québec».

Cependant, les immigrants ne sont pas répartis équitablement partout dans la province. Selon Statistique Canada, d’ici 2031, les minorités visibles représenteront 31 % de la population de Montréal, mais pas plus de 5 % ailleurs au Québec.

Le démographe de l’Université de Montréal Marc Termote se dit «très, très inquiet» des divisions culturelles et linguistiques entre la métropole et le reste des municipalités québécoises.

«C’est une cassure vraiment profonde entre Montréal et le reste du Québec», a-t-il constaté.

Il a cité l’exemple de Brossard, en banlieue sud de Montréal, qui abrite plus d’immigrants que Québec, la capitale et la deuxième ville la plus populeuse de la province.

M. Termote s’est par ailleurs désolé que tous les gouvernements répandent le «mythe» voulant que l’augmentation des niveaux d’immigration aide à combler le manque de main-d’oeuvre.

«Toutes les études montrent que l’impact économique de l’immigration est nul», a-t-il soutenu.

«Il y aura des pénuries, mais ce seront des pénuries très ponctuelles, dans des secteurs bien spécifiques. Et ce n’est pas en ajoutant 10 000 immigrants de plus qu’on va régler cette pénurie-là. (…) Ce n’est pas par une politique générale qu’on règle le problème», a-t-il ajouté.

Montréal a du mal à intégrer les immigrants qu’elle a déjà accueillis, alors que le taux de chômage pour les résidants nés à l’extérieur du pays se situe à 11 %, comparativement à sept pour cent pour ceux qui sont nés au Canada.

Par rapport aux autres provinces, le Québec contrôle davantage ses politiques d’immigration. La province sélectionne ses immigrants en fonction de la langue; 61,3 % des immigrants arrivés entre 2010 et 2014 étaient francophones.

Cette politique aide à préserver le caractère distinctif du Québec, mais elle crée également des tensions, selon M. Termote.

«Le bassin d’immigration francophone, ce n’est pas la France, la Belgique ou la Suisse francophone. Le bassin francophone, c’est essentiellement l’Afrique francophone – l’Afrique subsaharienne et le Maghreb -, ce qui a des implications (culturelles)», a-t-il indiqué.

Mais il y a aussi des conséquences politiques, a souligné Daniel Weinstock, directeur de l’Institut de recherche sur les politiques sociales et de santé de McGill.

Selon M. Weinstock, la province est témoin d’un «évidemment» de la position nationaliste modérée sur l’immigration et la diversité qui avait caractérisé les discours politiques dans la province, depuis les années 1960 et au temps de René Lévesque.

Il y a une forte division entre le gouvernement libéral, qui souhaite augmenter les niveaux d’immigration à 60 000 personnes par année et les sélectionner selon leur potentiel économique, et l’opposition, qui s’inquiète de leur intégration dans la province.

«Il y avait une sorte de consensus à l’idée que le Québec est une société immigrante, une société francophone et qu’être un citoyen québécois signifiait l’acceptation de ce contrat», a-t-il expliqué.

Ce discours change, dit-il, puisque désormais, certains Québécois veulent aller plus loin que de protéger la langue, ils veulent «protéger tous les aspects de la culture québécoise que certains immigrants, même s’ils parlent français, ne partagent pas».

Source: La situation démographique avive les enjeux de l’immigration au Québec | Giuseppe Valiante | National

Procès pour terrorisme: «l’islamophobie» n’est pas une raison pour cacher la preuve au public

Good decision:

La Cour du Québec a réitéré le droit fondamental à un procès public jeudi et rejeté la demande de deux accusés de terrorisme, qui souhaitaient qu’une partie de la preuve amassée contre eux soit cachée au public sous prétexte qu’elle risque de compromettre leur droit à un procès équitable en alimentant « l’islamophobie » et « le climat de panique » au Québec.

La requête avait été présentée par Sabrine Djaermane et El-Madhi Jamali, deux anciens élèves du collège de Maisonneuve arrêtés il y a un an et accusés d’avoir tenté de rejoindre un groupe terroriste à l’étranger et d’avoir planifié un attentat à Montréal.

En attente de leur procès, tous deux souhaitaient empêcher la publication d’éléments de preuve résumés par les enquêteurs de la GRC dans une demande pour obtenir un mandat de perquisition.

Leur demande s’appuyait sur le témoignage d’une témoin experte, Valérie Amiraux, sociologue et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en étude du pluralisme religieux à l’Université de Montréal. Avec l’aide de deux collègues, cette dernière a produit un rapport de 22 pages sur l’effet que pourrait avoir la divulgation de la preuve au sein de la population québécoise.

Dans son rapport, la professeure souligne que l’image publique des musulmans s’est considérablement altérée depuis le 11 septembre 2001, « notamment par l’effet du traitement médiatique des informations ». Elle ajoute qu’il existe « une antipathie généralisée vis-à-vis des musulmans au Canada » et que « l’islamophobie s’est banalisée au Québec » dans la foulée des débats sur les accommodements raisonnables et la Charte des valeurs. Le contexte s’apparente à ce que certains sociologues appellent une « hystérie politique ».

Dans ce contexte, le dévoilement de certains éléments de preuve est « problématique », conclut-elle, car « ces éléments […] sont particulièrement susceptibles d’aider à tracer des liens entre l’islamophobie, le climat de panique et le sentiment d’insécurité ».

FRONT COMMUN DES MÉDIAS

Les avocats de La Presse, Québecor et de Radio-Canada ont fait front commun pour s’opposer à cette requête au nom de la liberté d’expression et des principes établis qui veulent que la justice soit publique au Canada.

La juge Lori Renée Weitzman leur a donné raison. La magistrate a résumé l’affaire à un conflit entre deux droits fondamentaux protégés par la Charte canadienne des droits et libertés : le droit des accusés à un procès juste et équitable, et le droit à la liberté d’expression.

La juge reconnaît que la témoin experte possède une grande expertise en sociologie et traite d’enjeux réels.

«Nul besoin d’un expert en sociologie pour affirmer qu’en 2016 au Québec, la population musulmane confronte des préjugés et stéréotypes à leur égard.»

Extrait du jugement

Mais pour la cour, l’existence de ces préjugés ne justifie pas de restreindre l’accès du public aux procédures judiciaires. « Sans minimiser l’étendue de l’expertise de Mme Amiraux, la faille dans son opinion est qu’elle extrapole des données qu’elle maîtrise parfaitement en sociologie pour arriver à une conclusion portant sur le système de droit criminel canadien, sans avoir les connaissances requises dans ce domaine », poursuit la juge.

Elle rappelle que selon la Cour suprême, « la bonne administration de la justice comprend le droit prévu par l’article 11 (d) de la Charte, qui garantit un procès public, et le droit à ce que les médias aient accès au procès et rapportent ce qui s’y déroule ».

Source: Procès pour terrorisme: «l’islamophobie» n’est pas une raison pour cacher la preuve au public | Vincent Larouche | Procès

La langue au Québec, un casse-tête pour l’immigrant

More on Quebec’s francophone immigration challenge:

L’intégration en emploi des nouveaux arrivants francophones pose problème, surtout pour ces immigrants qui ne parlent pas anglais. Le taux de chômage des immigrants (admis depuis cinq ans ou moins) qui ne parlent que le français — en plus, souvent, de leur langue maternelle autre — atteint 23 %. Mais ceux-ci restent au Québec dans une proportion qui dépasse 85 %, contrairement aux immigrants qui parlent anglais et qui sont beaucoup plus mobiles.

La discrimination dont font preuve les employeurs ainsi que les problèmes de reconnaissance des compétences nuisent à l’embauche de ces immigrants francophones. Mais l’exigence généralisée du bilinguisme en emploi représente un autre frein pour eux. Dans ce contexte, doit-on prévenir les candidats à l’immigration du Maghreb, de la Côte d’Ivoire ou du Sénégal qu’ils devront apprendre l’anglais s’ils désirent s’installer dans la région de Montréal ? La ministre croit que non. « Nous, on ne peut pas lancer un autre message [qu’au Québec, ça se passe en français], a affirmé Kathleen Weil au Devoir. On veut attirer des gens qui veulent vivre en français au Québec. »

Le MIDI agira sur trois plans : choisir davantage de candidats qui parlent français (95 % des candidats sélectionnés — issus l’immigration dite économique — disent parler français), favoriser une meilleure adéquation avec le marché du travail grâce à un nouveau mode de sélection et, enfin, renforcer les services de francisation et d’intégration. En matière de francisation, après les coupes des deux dernières années, le MIDI peut compter en 2016 sur 4 millions de plus par rapport à 2015.

La langue de travail

Mais le MIDI ne peut rien au regard de la langue de travail des immigrants. Le chômage chez les immigrants francophones, « c’est sûr que c’est désolant », juge la ministre. « Le mot n’est pas trop fort. On travaille tellement fort pour aller chercher des gens qui parlent français. »

Source: La langue au Québec, un casse-tête pour l’immigrant | Le Devoir