Laïcité: Un comité recommande d’interdire les signes religieux aux garderies

Meanwhile, the Supreme Court challenge on Bill 21 continues:

Ce comité d’étude sur le respect des principes de la Loi sur la laïcité de l’État et sur les influences religieuses a dévoilé mardi à Québec son rapport d’enquête visant à repérer les traces d’infiltration de la religion dans les institutions publiques québécoises en vue de renforcer l’application des lois en matière de laïcité.

Le comité, présidé par l’ex-présidente du Conseil du statut de la femme Christiane Pelchat et le professeur à la faculté de droit de l’Université de Sherbrooke Guillaume Rousseau, a été mandaté en mars par le gouvernement Legault dans la foulée des enquêtes tenues dans 17 écoles au Québec où des manquements à la Loi sur la laïcité de l’État ont été démontrés.

Dans un rapport volumineux de quelque 290 pages, le comité formule 50 recommandations au gouvernement Legault qui a ramené la question identitaire au centre de son action gouvernementale au cours des derniers mois, après la révélation de dérives religieuses à l’école Bedford.

Au centre des recommandations, le comité Pelchat-Rousseau demande au gouvernement d’étendre l’interdiction du port de signes religieux aux centres de la petite enfance (CPE) et aux garderies subventionnées en accordant une clause de droit acquis (clause grand-père) pour les éducatrices déjà à l’emploi.

« Cette mesure répond à de nombreuses préoccupations qui ont été soulevées. Elle est nécessaire afin de favoriser l’apprentissage, les interactions et la cohésion sociale », écrivent les experts.

Le ministre de l’Éducation Bernard Drainville a déjà donné un tour de vis en mars dernier, en élargissant l’interdiction à tout le personnel scolaire en contact avec des élèves, comme au service de garde.

Écoles privées religieuses

Par ailleurs, le comité Pelchat-Rousseau recommande au gouvernement de mettre fin « progressivement au financement étatique des écoles privées religieuses » et demande de prévoir un « mécanisme d’admissibilité pour celles qui souhaitent conserver ce financement sous réserve qu’elles entament des changements institutionnels visant le respect des quatre principes qui sous-tendent la laïcité de l’État ».

Dans la foulée de la crise de l’école Bedford, à l’automne dernier, l’opposition a talonné le gouvernement Legault sur la question du financement public des écoles religieuses.

François Legault avait alors dû justifier son appui au maintien du financement aux écoles religieuses, alors que tous ses députés s’étaient opposés à une motion du Parti québécois visant à y mettre fin, en cohérence avec les principes de la laïcité.

Il faudra voir si le gouvernement donnera suite à cette recommandation du comité, qui lui a remis son rapport la semaine dernière. Il n’est pas prévu que le ministre Jean-François Roberge réagisse au contenu mardi. Le gouvernement veut plutôt se donner quelques semaines pour présenter son plan de match de l’automne.

« Nous l’avons toujours dit : nous voulons renforcer la laïcité de l’État au Québec. Les points soulevés par le comité nous donnent d’excellentes pistes pour moderniser la loi. Nous continuons d’analyser le rapport et nous vous reviendrons bientôt avec les prochaines étapes », a indiqué le ministre dans une déclaration.

Prières en public

François Legault avait jeté un pavé dans la mare en décembre dernier en affirmant qu’il serait prêt à avoir recours à la disposition de dérogation pour interdire la prière en public. Or, les travaux du comité Pelchat-Rousseau ne lui recommandent pas d’aller aussi loin et renvoient aux municipalités l’obligation de mieux encadrer les manifestations religieuses dans l’espace public.

« Le Comité se soucie de ces enjeux, comme il se soucie du respect des libertés individuelles. Notre position est celle du juste milieu, d’un équilibre entre les risques de dérives contraires aux valeurs collectives québécoises et la préservation de pratiques religieuses ne nuisant pas indûment à l’ordre public et respectant la finalité des espaces publics, qui doivent pouvoir être accessibles à l’ensemble de la population », écrit-on.

Le comité recommande aux villes de se doter de politiques en matière de laïcité qui seraient ensuite approuvées par le gouvernement.

Salles de prière

Le comité se penche également sur l’aménagement controversé de salles ou lieux de prière dans les cégeps et les universités. Les experts recommandent de permettre aux collèges d’aménager des locaux de détente et de recueillement, à condition que ces endroits soient accessibles à une ou deux personnes à la fois.

Le rapport propose cependant d’interdire les salles « consacrées exclusivement aux prières ou toute autre forme d’appropriation d’espaces communs, telles les salles de toilettes et les cages d’escaliers, à des fins religieuses ». Les espaces offerts doivent aussi respecter l’égalité entre les sexes.

Pour les universités, le comité recommande de leur « donner explicitement le pouvoir de ne pas fournir de salles de prière ou de recueillement » pour qu’elles « ne se voient pas imposer par la commission des droits [de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ)] ou des tribunaux cette obligation » d’aménager une salle de prière. Le rapport fait ici allusion à la décision de la CDPDJ qui avait conclu en 2006 que l’École de technologie supérieure (ETS) n’avait pas rempli son devoir d’accommodement raisonnable en n’offrant pas un lieu de prière aux étudiants musulmans.

Autres recommandations

  • Créer la Journée nationale de la laïcité ; 
  • Mettre fin de manière progressive aux avantages fiscaux et aux subventions accordés aux organismes religieux ; 
  • Interdire la représentation et le port de signes religieux sur les affiches et dans les publicités du gouvernement et des institutions publiques, sauf exception ; 
  • Documenter les enjeux liés aux influences religieuses favorisant le jeûne chez les enfants d’âge scolaire ainsi que les effets de ce type de jeûne sur ces enfants en vue d’améliorer les méthodes de sensibilisation à ces enjeux ; 
  • Mettre fin à la pratique consistant à écrire aux parents d’élèves pour les informer à l’avance qu’un contenu lié à la sexualité sera enseigné à leurs enfants ; 
  • Créer un organisme indépendant, dont la présidence serait nommée par les deux tiers de l’Assemblée nationale, ayant notamment pour mission de veiller au respect des lois sur la laïcité ; 
  • Modifier la Loi sur la laïcité de l’État de manière à rendre obligatoire la réception à visage découvert de tout service (pas seulement lors de l’identification). 

Source: Laïcité Un comité recommande d’interdire les signes religieux aux garderies

Davantage de demandeurs d’asile en Ontario, mais moins de débats?

Good long read in Le Devoir contrasting Ontario and Quebec, featuring comments by Mireille Paquet and me:

Depuis maintenant près de deux ans, le gouvernement de François Legault réclame une meilleure répartition des demandeurs d’asile au Canada. L’un de ses arguments phares, répété récemment par le ministre de l’Immigration, Jean-François Roberge, est le fait que le Québec accueille plus de demandeurs d’asile que sa part démographique dans le Canada.

En d’autres mots, la province représente 22 % de toute la population canadienne, mais compte 40 % de tous les demandeurs d’asile sur son territoire, selon Statistique Canada.

C’est vrai, mais c’est aussi le cas en Ontario. Bon an mal an depuis au moins 2021, la province voisine compte sur son territoire près de la moitié des demandeurs d’asile au pays, alors que son poids démographique est de 39 %. Les données montrent ainsi une histoire légèrement différente du récit politique.

Ainsi, même lorsque Québec a transféré des demandeurs d’asile par autobus, surtout vers l’Ontario, à partir de l’été 2022 et plus intensivement à l’hiver 2023, la province voisine comptait déjà entre 46 % et 49 % de tous les demandeurs au pays.

Le Québec a bel et bien reçu plus de demandes d’asile que son voisin pendant plusieurs années depuis 2017 ; mais l’Ontario l’a aussi dépassé en 2021, en 2024 et pour les quatre premiers mois de 2025. Les arrivées sont donc à distinguer du nombre de personnes présentes ou réellement installées dans une province.

Le phénomène est aussi plus complexe, car il s’étend souvent dans une migration secondaire : les demandeurs en question peuvent atterrir au Québec ou franchir la frontière vers la province, mais ensuite se déplacer vers l’ouest. Le Devoiravait déjà révélé qu’entre 25 % et 33 % des demandeurs d’asile avec une première adresse au Québec déménageaient ensuite dans une autre province.

Politisation

Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a beau avoir essayé de faire des vagues autour des permis de travail pour les demandeurs d’asile au Conseil de la fédération en juillet, il s’est rétractéune semaine plus tard. Il faut dire que la délivrance des permis de travail est maintenant beaucoup plus rapide qu’en 2022 ou en 2023, c’est-à-dire en 45 jours, a confirmé au Devoir Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada.

M. Ford a aussi formulé le souhait d’avoir plus de pouvoirs en immigration, notamment en 2022 pour pouvoir accueillir plus de travailleurs qualifiés — et non moins. S’il l’a mentionné au détour d’une ou deux conférences de presse, il n’a pas utilisé le dossier dans un bras de fer avec Ottawa, contrairement au Québec, où les échanges sont même devenus plutôt acrimonieux.

Pour Mireille Paquet, professeure à l’Université Concordia, difficile de dire si l’on en parle réellement moins en Ontario qu’au Québec, puisqu’elle ne connaît pas d’études sur cette question précisément. « On en parle certainement différemment », affirme-t-elle toutefois, reconnaissant une politisation de l’immigration propre au Québec.

Ses recherches montrent que les questions migratoires sont en effet de plus en plus politisées dans l’espace politique québécois, et plus clairement depuis le scrutin de 2018, qui a porté la Coalition avenir Québec au pouvoir. « Le gouvernement provincial a décidé de s’emparer de cette question et d’en faire un enjeu de revendication auprès du fédéral », observe-t-elle.

« Et cela se reflète aussi dans la manière dont le public réfléchit à ces questions : plus on parle du fait que les demandeurs d’asile créent des pressions sur les services, plus on augmente l’anxiété dans la population — que ce soit à tort ou à raison, ce n’est pas à moi de le dire. »

C’est aussi que la province voisine s’est « rapidement désengagée de ce dossier », signale-t-elle. Quand les arrivées ont commencé à s’accélérer plus clairement au chemin Roxham en 2017, « l’Ontario a essayé de se mobiliser, mais a dit rapidement que c’est un domaine de compétence fédérale : on ne s’en mêle pas ».

L’enjeu est alors retombé plutôt sur le gouvernement local à Toronto qui a à son tour réclamé du financement à Ottawa, sans que Queen’s Park soit impliqué.   

Étude comparative

Une rare comparaison a été réalisée par les chercheuses Audrey Gagnon et Lindsay Larios, qui ont utilisé les plateformes électorales et la couverture médiatique du Toronto Star et de La Presse entre 1987 et 2018 dans leur analyse.

Fait intéressant : les deux autrices notent qu’au début des années 2000, les politiques d’immigration étaient davantage discutées pendant les campagnes électorales en Ontario qu’au Québec. Mais cette relative importance a diminué à partir de 2010, « peut-être parce que la politisation n’a pas apporté beaucoup de bénéfices électoraux », indiquent-elles dans leur article publié en 2021 dans le Canadian Journal of Political Science.

La trajectoire du Québec montre plutôt une plus grande importance à partir de 2003, en croissance jusqu’à 2018. Ce sont les tensions autour de l’intégration, ainsi qu’une polarisation plus grande, surtout à partir de l’affaire Hérouxville en 2007. Ce n’est qu’ensuite que les candidats aux élections québécoises « ont su exploiter l’inquiétude de la province concernant la préservation de sa langue et de sa culture ».

En Ontario, « la présence des nouveaux arrivants n’est pas considérée comme une menace pour l’identité culturelle, mais plutôt comme une partie intégrante de celle-ci », écrivent-elles.

Le ton et les arguments

« Au Québec, l’attention est plus soutenue qu’épisodique, à cause des questions identitaires », note aussi Andrew Griffith, ancien directeur général au ministère fédéral de l’Immigration.

« Oui, il y a eu un changement notable dans l’opinion publique au Canada, mais on y communique surtout en termes de besoins en logement, et pas de peurs », note celui qui est aussi un associé de l’Institut Environics. Au Québec, le mot « menace » a été associé explicitement à « demandeurs d’asile » par le ministre Roberge dès février 2024, avant qu’il ne soit à l’immigration.

C’est donc sur le fond et sur le ton que les débats sont différents, observe M. Griffith. Mais cette attention n’a pas que du mauvais, au contraire. Dans le reste du Canada, il était presque tabou de parler d’immigration pendant longtemps : « C’est compréhensible, mais c’est aussi malsain. J’ai toujours pensé qu’il était souhaitable d’avoir une discussion basée sur des faits et de réfléchir aux impacts de l’immigration. »

Les demandeurs d’asile étaient aussi en quelque sorte « plus visibles » au Québec. D’une part, parce que les arrivées à la frontière terrestre par le chemin Roxham ont marqué l’imaginaire dès 2017. Mais aussi parce qu’ils se concentrent ensuite surtout à Montréal, alors qu’ils sont plus dispersés en Ontario dans des agglomérations urbaines comme Ottawa, London, Niagara, Waterloo, York, Durham, Peel et Hamilton.

Dans les dernières années, d’autres questions ont également été politisées avant en Ontario, conclut néanmoins Mme Paquet, notamment celle des étudiants internationaux et des collèges privés.

Source: Davantage de demandeurs d’asile en Ontario, mais moins de débats?

For almost two years now, François Legault’s government has been calling for a better distribution of asylum seekers in Canada. One of its key arguments, recently repeated by the Minister of Immigration, Jean-François Roberge, is the fact that Quebec welcomes more asylum seekers than its demographic share in Canada.

In other words, the province represents 22% of the entire Canadian population, but has 40% of all asylum seekers in its territory, according to Statistics Canada.

It’s true, but it’s also the case in Ontario. Good year bad year since at least 2021, the neighboring province has on its territory almost half of the asylum seekers in the country, while its demographic weight is 39%. The data thus show a slightly different history of the political narrative.

Thus, even when Quebec transferred asylum seekers by bus, especially to Ontario, from the summer of 2022 and more intensively in the winter of 2023, the neighboring province already had between 46% and 49% of all applicants in the country.

Quebec has indeed received more asylum applications than its neighbor for several years since 2017; but Ontario has also surpassed it in 2021, in 2024 and for the first four months of 2025. Arrivals are therefore to be distinguished from the number of people present or actually settled in a province.

The phenomenon is also more complex, because it often extends into a secondary migration: the applicants in question can land in Quebec or cross the border to the province, but then move west. Le Devoir had already revealed that between 25% and 33% of asylum seekers with a first address in Quebec then moved to another province.

Politicization

Ontario Premier Doug Ford may have tried to make waves around work permits for asylum seekers at the Federation Council in July, but he retracted a week later. It must be said that the issuance of work permits is now much faster than in 2022 or 2023, i.e. in 45 days, confirmed to Immigration, Refugees and Citizenship Canada.

Mr. Ford has also expressed the desire to have more powers in immigration, especially in 2022 to be able to accommodate more skilled workers – and not less. If he mentioned it at the turn of one or two press conferences, he did not use the file in a tug-of-war with Ottawa, unlike in Quebec, where the exchanges even became rather acrimonious.

For Mireille Paquet, a professor at Concordia University, it is difficult to say whether we really talk about it less in Ontario than in Quebec, since she does not know any studies on this issue precisely. “We certainly talk about it differently,” she says, however, recognizing a politicization of immigration specific to Quebec.

His research shows that migration issues are indeed increasingly politicized in Quebec’s political space, and more clearly since the 2018 election, which brought the Coalition avenir Québec to power. “The provincial government has decided to seize this issue and make it a challenge with the federal government,” she observes.

“And this is also reflected in the way the public thinks about these issues: the more we talk about the fact that asylum seekers create pressures on services, the more we increase anxiety in the population – rightly or wrongly, it’s not up to me to say. ”

It is also that the neighboring province has “quickly disengaged from this file,” she says. When arrivals began to accelerate more clearly on Roxham Road in 2017, “Ontario tried to mobilize, but quickly said it was a federal area of competence: we don’t get involved.”

The issue then fell rather on the local government in Toronto, which in turn called for funding in Ottawa, without Queen’s Park being involved.

Comparative study

A rare comparison was made by researchers Audrey Gagnon and Lindsay Larios, who used election platforms and media coverage of the Toronto Star and La Presse between 1987 and 2018 in their analysis.

Interestingly, the two authors note that in the early 2000s, immigration policies were more discussed during election campaigns in Ontario than in Quebec. But this relative importance has decreased since 2010, “perhaps because politicization has not brought many electoral benefits,” they indicate in their 2021 article in the Canadian Journal of Political Science.

The trajectory of Quebec shows rather greater importance from 2003, in growth until 2018. These are the tensions around integration, as well as greater polarization, especially since the Hérouxville affair in 2007. It was only then that the Quebec election candidates “were able to exploit the province’s concern about the preservation of its language and culture”.

In Ontario, “the presence of newcomers is not seen as a threat to cultural identity, but rather as an integral part of it,” they write.

The tone and arguments

“In Quebec, attention is more sustained than episodic, because of identity issues,” notes Andrew Griffith, former Director General at the Federal Ministry of Immigration.

“Yes, there has been a notable change in public opinion in Canada, but we communicate mainly in terms of housing needs, and not fears,” notes the one who is also a partner of the Environics Institute. In Quebec, the word “threat” was explicitly associated with “asylum seekers” by Minister Roberge in February 2024, before he was in immigration.

It is therefore on the substance and on the tone that the debates are different, observes Mr. Griffith But this attention is not only bad, on the contrary. In the rest of Canada, it was almost taboo to talk about immigration for a long time: “It’s understandable, but it’s also unhealthy. I have always thought it was desirable to have a fact-based discussion and to reflect on the impacts of immigration. ”

Asylum seekers were also somehow “more visible” in Quebec. On the one hand, because the arrivals at the land border by Roxham Road marked the imagination as early as 2017. But also because they then concentrate mainly in Montreal, while they are more dispersed in Ontario in urban agglomerations such as Ottawa, London, Niagara, Waterloo, York, Durham, Peel and Hamilton.

In recent years, other issues have also been politicized before in Ontario, however, concludes Ms. Paquet, especially that of international students and private colleges.

Immigration temporaire« Je prie tous les jours »

A really nice series in La Presse capturing the regional realities of Temporary Foreign Workers in Quebec regions, this one being Mont-Tremblant and the Fairmont employees:

Située au cœur des Laurentides, Mont-Tremblant est la troisième destination touristique du Québec. Réputée pour sa station de ski, son village piétonnier, son parc national et ses nombreuses activités de plein air, la ville attire chaque année plus de trois millions de visiteurs.

Derrière cette vitrine, une réalité plus fragile : l’économie locale repose en partie sur une main-d’œuvre immigrante.

Au Fairmont Tremblant, quelque 60 des 277 employés détiennent un statut temporaire. L’hôtel loge plusieurs d’entre eux dans des maisons qu’il loue à Saint-Jovite, un secteur de la ville.

« Quand on fait venir des personnes de l’étranger, on est capables de les loger dans nos maisons de manière temporaire, explique Julie Labelle, directrice adjointe aux ressources humaines. On les accompagne de A à Z. »

Mais depuis que le gouvernement fédéral a imposé une nouvelle règle limitant à 10 % le nombre d’employés temporaires à bas salaire – soit ceux payés moins de 34,62 $ l’heure – que chaque entreprise peut embaucher, tout est paralysé.

« On dépasse déjà ce ratio, souligne Julie Labelle. On ne peut donc pas renouveler leurs permis. »

« Un petit coin de paradis »

Adelina Rebelo, 55 ans, est arrivée du Brésil en juillet 2023. Son fils Lucas, 29 ans, l’a rejointe quelques mois plus tard. Tous deux ont été embauchés à l’hôtel : elle comme femme de chambre, lui comme équipier à l’entretien ménager.

« Quand j’ai vu Mont-Tremblant, je me suis dit : mon Dieu, on va travailler dans un petit coin de paradis », dit-elle dans un français impeccable.

Avant de venir au Québec, elle a vécu huit ans en Suisse, puis est retournée au Brésil, où la violence l’a rattrapée. « On a subi trois vols à main armée à la maison. J’ai vu les bandits avec un revolver sur la tête de mon fils, comme ça. »

Convaincue par des amis brésiliens installés à Montréal, elle a quitté São Paulo. Aujourd’hui, elle se sent bien et souhaite rester au Québec pour de bon.

Le Fairmont Tremblant, comme d’autres employeurs de la région, se retrouve dans une impasse. La limite fédérale empêche de renouveler les permis… et d’embaucher à nouveau.

Est-ce que l’hôtel pourrait fonctionner sans ces employés temporaires ?

« Non, répond Julie Labelle. Il faudrait fermer des restaurants, restreindre des heures d’ouverture, peut-être réduire des chambres, nos disponibilités. »

Pour elle, leur contribution dépasse largement la logistique.

« C’est ça qui enrichit l’environnement de travail. Ils apportent tous leur petite touche. » 

Ça apporte une richesse dans l’hôtel pour le service à la clientèle. On a des employés qui parlent plusieurs langues. Des fois, c’est pratique.

 Julie Labelle, directrice adjointe aux ressources humaines du Fairmont Tremblant

Julie Labelle est catégorique : « On veut les garder, et eux veulent rester. »

Adelina, elle, garde espoir. « Je vais rester ici jusqu’au dernier jour », dit-elle.

Source: Immigration temporaire « Je prie tous les jours »

Located in the heart of the Laurentians, Mont-Tremblant is the third tourist destination in Quebec. Renowned for its ski resort, pedestrian village, national park and many outdoor activities, the city attracts more than three million visitors every year.

Behind this showcase, a more fragile reality: the local economy is partly based on an immigrant workforce.

At Fairmont Tremblant, some 60 of the 277 employees have temporary status. The hotel houses several of them in houses that he rents in Saint-Jovite, an area of the city.

“When we bring people from abroad, we are able to house them in our homes on a temporary basis,” explains Julie Labelle, Assistant Director of Human Resources. We accompany them from A to Z. ”

But since the federal government imposed a new rule limiting the number of low-wage temporary employees to 10% – those paid less than $34.62 per hour – that each company can hire, everything has been paralyzed.

“We already exceed this ratio,” says Julie Labelle. We cannot therefore renew their permits. ”

“A little corner of paradise”

Adelina Rebelo, 55, arrived from Brazil in July 2023. Her son Lucas, 29, joined her a few months later. Both were hired at the hotel: she as a maid, he as a housekeeping team member.

“When I saw Mont-Tremblant, I said to myself: my God, we are going to work in a little corner of paradise,” she said in impeccable French.

Before coming to Quebec, she lived eight years in Switzerland, then returned to Brazil, where violence caught up with her. “We suffered three armed robberies at home. I saw the bandits with a revolver on my son’s head, like that. ”

Convinced by Brazilian friends living in Montreal, she left São Paulo. Today, she feels good and wants to stay in Quebec for good.

The Fairmont Tremblant, like other employers in the region, finds itself at an impasse. The federal limit prevents you from renewing permits… and hiring again.

Could the hotel operate without these temporary employees?

“No,” answers Julie Labelle. We should close restaurants, restrict opening hours, maybe reduce rooms, our availability. ”

For her, their contribution goes far beyond logistics.

“This is what enriches the work environment. They all bring their little touch. ”

It brings a wealth in the hotel for customer service. Sometimes it’s convenient.

Julie Labelle, Assistant Director of Human Resources at Fairmont Tremblant

Julie Labelle is categorical: “We want to keep them, and they want to stay. ”

Adelina, on the other hand, remains hopeful. “I will stay here until the last day,” she says.

Immigration | Dans certains secteurs, « il n’y aura plus personne pour travailler » Quebec

Of note, business lobby pressures:

Ce chiffre est tiré d’une note transmise à La Presse, qui présente les grandes lignes du mémoire que la FCCQ soumettra à Québec, en prévision des consultations pluriannuelles sur la planification de l’immigration 2026-2029.

Selon les données du ministère de l’Emploi, 1,4 million de postes devront être pourvus d’ici 2033, notamment en raison des départs à la retraite, de la création de nouveaux emplois et d’un nombre insuffisant de jeunes arrivant sur le marché du travail.

En répartissant ces besoins sur une base annuelle, et après avoir tenu compte des gains de productivité et d’une hausse du taux d’activité, la FCCQ estime qu’il faudra au moins 106 000 nouveaux travailleurs immigrants chaque année, permanents et temporaires.

La proposition de la FCCQ, qui regroupe 120 chambres de commerce représentant plus de 40 000 entreprises, s’éloigne nettement des cibles évoquées par le gouvernement Legault.

Dans son cahier de consultation, Québec propose un maximum de 45 000 nouveaux résidents permanents par an, accompagné d’une réduction importante de l’immigration temporaire.

Pour Véronique Proulx, présidente-directrice générale de la FCCQ, l’écart est préoccupant.

« Les scénarios présentés nous apparaissent catastrophiques, et bien en dessous des besoins du marché du travail, déclare-t-elle. Le chiffre de 106 000, c’est vraiment le minimum pour répondre aux besoins des entreprises dans toutes les régions du Québec. »

« Le scénario optimiste du gouvernement, c’est 45 000 permanents et zéro temporaire. Nous, ce qu’on leur dit, c’est 67 000 permanents, plus 39 000 temporaires, en plus de ceux qui sont déjà au Québec », précise Mme Proulx.

Selon les estimations de la FCCQ, 445 000 immigrants temporaires occupent actuellement un poste au Québec.

À défaut d’un rehaussement des seuils, la FCCQ prévoit des conséquences économiques graves.

« S’ils vont de l’avant avec leur scénario optimiste, ou pire, le pessimiste, ce sont des entreprises qui vont fermer. Il n’y a plus personne pour travailler dans ces entreprises-là, dans le secteur public, dans le secteur des services. C’est un non-sens. Il y a une inadéquation complète et totale entre les besoins du marché du travail, des entreprises, et les scénarios qui sont présentés. »

Les limites du recours à la technologie

Certains avancent que la technologie pourrait compenser ce manque de main-d’œuvre. La FCCQ estime toutefois que cela ne sera pas suffisant.

« Bien sûr qu’il faut continuer à investir, qu’il faut accélérer l’intégration de nouvelles technologies, assure la PDG. Mais quand on parle de la coupe, de la découpe, il n’y a pas de robot qui est capable de le faire aussi bien que des humains. La technologie n’existe pas. »

Elle donne l’exemple de Meloche, une entreprise de l’aérospatiale située sur la Rive-Sud de Montréal, qui a automatisé une partie de sa production, mais qui dépend encore largement de travailleurs étrangers temporaires spécialisés.

« On a un retard, c’est connu, c’est documenté, dit-elle. Mais il n’en demeure pas moins qu’on manque cruellement de main-d’œuvre. Et de compétences, ici au Québec. »

La FCCQ admet que l’accueil d’un plus grand nombre d’immigrants posera des défis d’intégration. Mais elle insiste : le gouvernement doit partir des besoins économiques et adapter ses services en conséquence.

Mme Proulx affirme que plusieurs entreprises sont prêtes à collaborer pour accroître la capacité d’accueil. « Elles mettent déjà la main à la pâte au niveau de la construction de logements, dit-elle. Elles sont prêtes à faire partie de la solution, mais on ne leur parle pas, on ne s’assoit pas avec elles. »

Source: Immigration | Dans certains secteurs, « il n’y aura plus personne pour travailler »

This figure is taken from a note sent to La Presse, which outlines the brief that the FCCQ will submit to Quebec City, in anticipation of the multi-year consultations on immigration planning 2026-2029.

According to data from the Ministry of Employment, 1.4 million positions will have to be filled by 2033, in particular due to retirements, the creation of new jobs and an insufficient number of young people entering the labor market.

By spreading these needs on an annual basis, and taking into account the gains in productivity and an increase in the activity rate, the FCCQ estimates that at least 106,000 new permanent and temporary immigrant workers will be required each year.

The FCCQ’s proposal, which brings together 120 chambers of commerce representing more than 40,000 companies, is far from the targets mentioned by the Legault government.

In its consultation book, Quebec proposes a maximum of 45,000 new permanent residents per year, accompanied by a significant reduction in temporary immigration.

For Véronique Proulx, President and CEO of the FCCQ, the gap is worrying.

“The scenarios presented seem catastrophic to us, and well below the needs of the labor market,” she says. The figure of 106,000 is really the minimum to meet the needs of companies in all regions of Quebec. ”

“The government’s optimistic scenario is 45,000 permanent and zero temporary. We, what we tell them, is 67,000 permanent, plus 39,000 temporary, in addition to those who are already in Quebec, “says Ms. Proulx.

According to the FCCQ estimates, 445,000 temporary immigrants currently occupy a position in Quebec.

In the absence of an increase in thresholds, the FCCQ foresees serious economic consequences.

“If they go ahead with their optimistic scenario, or worse, the pessimistic one, they are companies that will close. There is no one left to work in these companies, in the public sector, in the service sector. It’s nonsense. There is a complete and total mismatch between the needs of the labor market, of companies, and the scenarios that are presented. ”

The limits of the use of technology

Some argue that technology could compensate for this lack of labour. However, the FCCQ believes that this will not be enough.

“Of course we must continue to invest, we must accelerate the integration of new technologies,” says the CEO. But when we talk about cutting, cutting, there is no robot that is able to do it as well as humans. Technology does not exist. ”

She gives the example of Meloche, an aerospace company located on the South Shore of Montreal, which has automated part of its production, but which still depends largely on specialized temporary foreign workers.

“We have a delay, it’s known, it’s documented,” she says. But the tall remains that there is a severe shortage of manpower. And skills, here in Quebec. ”

The FCCQ admits that welcoming more immigrants will pose integration challenges. But she insists: the government must start from economic needs and adapt its services accordingly.

Ms. Proulx says that several companies are ready to work together to increase reception capacity. “They are already putting their hands to the dough in housing construction,” she says. They are ready to be part of the solution, but we don’t talk to them, we don’t sit with them. ”

Plus de 142 000 personnes attendent leur résidence permanente au Québec

Of note:

…Est-il déjà arrivé que l’on résorbe ces arriérés ? En 2019, le ministre Simon Jolin-Barrette avait éliminé 18 000 dossiers d’immigration, avant de se faire ordonner par la Cour supérieure d’en reprendre l’examen. Ces dossiers étaient cependant non traités et non pas sélectionnés comme c’est le cas actuellement avec les 142 500 personnes en attente.

Laurence Trempe rappelle aussi que Jason Kenney, ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration entre 2008 et 2013, avait aussi supprimé certains dossiers de grands-parents qui attendaient des parrainages depuis plus de huit ans. Mais la différence encore ici est que ces personnes n’étaient pas installées au Canada, contrairement aux plus gros arriérés actuels en immigration humanitaire.

L’accélération pourrait venir d’un programme d’exception, si Québec décidait par exemple de traiter ces dossiers hors quota, ou alors d’Ottawa, dit Me Lapointe, même s’il en doute. L’ancien ministre de l’Immigration Marc Miller avait d’ailleurs laissé entendre qu’il était prêt à dépasser le seuil de Québec pour le regroupement familial.

L’AQAADI plaide qu’il n’y a rien dans l’Accord Canada-Québec qui l’empêcherait de le faire. « Notre interprétation est que Québec n’a pas la compétence pour limiter dans ces catégories. On doit tout au plus en tenir

Source: Plus de 142 000 personnes attendent leur résidence permanente au Québec

Décision rendue fin juillet | Une première peine adaptée aux criminels racisés au Québec

Of note:

Dans une décision récente rendue fin juillet au palais de justice de Longueuil, la juge Magali Lepage a condamné l’accusé Frank Paris à 24 mois de prison dans une affaire de trafic de cannabis et de haschich. Ce dernier avait déjà plaidé coupable. Jusqu’ici, rien d’inhabituel.

Or, pour déterminer sa peine, la juge a considéré la jurisprudence, une analyse de la preuve, une balance des facteurs aggravants et atténuants… mais aussi une évaluation de l’impact de l’origine ethnique ou culturelle (EIOEC), une analyse particulière qui se penche sur le parcours personnel d’un criminel à travers la loupe des barrières systémiques auxquelles il a pu faire face.

Après la lecture de l’évaluation, la juge a décidé d’accepter la suggestion de la défense, presque un an plus courte que celle de la poursuite.

Il s’agit d’une première au Québec. Aucun juge québécois n’avait considéré une EIOEC dans la détermination d’une peine jusqu’au 28 juillet dernier. La décision risque donc de faire jurisprudence dans le contexte québécois. De telles procédures existent depuis 2014, ailleurs au Canada.

Qu’est-ce qu’une EIOEC ?

Une EIOEC est un rapport présentenciel d’experts qui est utilisé pour déterminer la peine d’une personne racisée – mais qui est surtout utilisé pour les personnes noires. Elle est donc déposée après qu’un accusé est reconnu coupable, mais avant que la peine soit déterminée.

Le rapport fait un examen exhaustif du parcours de l’accusé, avec une insistance sur les « réalités propres » aux personnes racisées, à la « discrimination systémique » qu’elles ont vécue et aux défis spécifiques auxquels elles sont plus exposées (plus bas taux de diplomation, plus grande proportion de familles monoparentales et de père absent, plus grand risque de vivre dans des quartiers défavorisés et criminalisés, etc.).

On considère que ces facteurs, plus présents chez les Noirs, mènent plus facilement à la criminalité.

Comme l’explique MValérie Black St-Laurent, avocate et directrice des opérations chez Jurigo, « l’objectif d’une EIOEC, c’est vraiment d’informer la Cour pour contextualiser le parcours de la personne qui se trouve devant elle et pour qu’elle puisse rendre une peine qui est juste » et individualisée, comme le prévoit le Code criminel.

« C’est individualisé, mais il reste que les statistiques montrent que tout le groupe des personnes noires est victime de discrimination », renchérit Karine Millaire, professeure adjointe à la faculté de droit de l’Université de Montréal.

« Il faut tenir compte du fait qu’il y a une surincarcération des personnes noires qui est issue du fait que notre système est aussi discriminatoire », dit-elle….

Source: Décision rendue fin juillet | Une première peine adaptée aux criminels racisés au Québec

In a recent decision delivered at the end of July at the Longueuil courthouse, Judge Magali Lepage sentenced the accused Frank Paris to 24 months in prison in a cannabis and hashish trafficking case. The latter had already pleaded guilty. So far, nothing unusual.

However, to determine her sentence, the judge considered the case law, an analysis of the evidence, a balance of aggravating and mitigating factors… but also an assessment of the impact of ethnic or cultural origin (EIOEC), a particular analysis that looks at the personal journey of a criminal through the magnifying glass of the systemic barriers he was able to face.

After reading the evaluation, the judge decided to accept the suggestion of the defense, almost a year shorter than that of the prosecution.

This is a first in Quebec. No Quebec judge had considered an EIOEC in determining a sentence until July 28. The decision is therefore likely to become jurisprudence in the Quebec context. Such procedures have existed since 2014, elsewhere in Canada.

What is an EIOEC?

An EIOEC is a face-to-face expert report that is used to determine the sentence of a racialized person – but is mainly used for black people. It is therefore filed after an accused is found guilty, but before the sentence is determined.

The report makes an exhaustive examination of the accused’s career, with an emphasis on the “realities specific” of racialized people, the “systemic discrimination” they have experienced and the specific challenges to which they are more exposed (lower graduation rates, greater proportion of single-parent families and absent fathers, higher risk of living in disadvantaged and criminalized neighborhoods, etc.).

These factors, more present among blacks, are considered to lead more easily to crime.

As explained by Valérie Black St-Laurent, lawyer and director of operations at Jurigo, “the objective of an EIOEC is really to inform the Court to contextualize the journey of the person who is in front of it and so that he can render a sentence that is fair” and individualized, as provided for by the Criminal Code.

“It’s individualized, but the statistics still show that the entire group of black people is a victim of discrimination,” adds Karine Millaire, assistant professor at the Faculty of Law at the University of Montreal.

“We must take into account the fact that there is an over-imprisonment of black people that results from the fact that our system is also discriminatory,” she says….

Patrick Lagacé’s biting critique of the EIOEC reasoning the judgement relied on:

La suite du paragraphe est hallucinante de déresponsabilisation : « Bien que M. Paris ait cru qu’il servait sa communauté d’une façon positive en donnant une tribune aux artistes et l’accès à l’internet, il y vendait aussi des substances illicites. En rétrospective, M. Paris croit qu’il aurait dû cesser de vendre de la cocaïne à cette époque… »

Et c’est comme ça sur 44 pages, cette « évaluation de l’incidence de l’origine ethnique et culturelle », j’en passe et des meilleures : tout est la faute de la société, rien n’a jamais été, rien n’est et ne sera jamais la faute de Frank Paris.

S’il commet des crimes, si la récidive lui tombe dessus à répétition, c’est parce qu’il est noir dans une société anti-black. Et handicapé, mais ça me prendrait une autre chronique pour vous expliquer cette intersectionnalité fascinante qui pousse aussi M. Paris à la criminalité.

Bref, je ne sais pas si les « évaluations de l’incidence de l’origine ethnique et culturelle » nées en Nouvelle-Écosse sont toujours de la bullshit, mais celle de M. Frank Paris, la première utilisée par une juge au Québec, m’apparaît comme ça et juste ça : de la bullshitpur jus.

Source: Un rapport vaguement ésotérique

The rest of the paragraph is hallucinating with deresponsibility: “Although Mr. Paris believed that he served his community in a positive way by giving a forum to artists and access to the Internet, he also sold illicit substances there. In retrospect, Mr. Paris believes that he should have stopped selling cocaine at that time…”
And that’s how it is on 44 pages, this “assessment of the impact of ethnic and cultural origin”, I pass and the best: everything is the fault of society, nothing has ever been, nothing is and will never be the fault of Frank Paris.
If he commits crimes, if recidivism falls on him repeatedly, it is because he is black in an anti-black society. And disabled, but it would take me another column to explain this fascinating intersectionality that also pushes Mr. Paris to crime.
In short, I don’t know if the “evaluations of the incidence of ethnic and cultural origin” born in Nova Scotia are still bullshit, but that of Mr. Frank Paris, the first used by a judge in Quebec, appears to me like this and just that: bullshitpur jus.



Les faux représentants en immigration, un véritable fléau

Good series in Le Devoir on immigration consultants and fraud:

…Consultants « fantômes », faux avocats, usurpateurs d’identité de vrais consultants : de plus en plus de faux représentants font payer des services d’immigration sans être autorisés à les dispenser, selon les informations compilées par Le Devoir.

Au Québec et dans le reste du Canada, il n’est pas obligatoire d’avoir recours à ce genre d’intermédiaire pour déposer une demande en immigration, quelle qu’elle soit. Mais à partir du moment où quelqu’un facture ce genre de services, il doit en revanche être impérativement autorisé : avocat membre du Barreau du Québec, consultant membre du Collège des consultants en immigration et en citoyenneté (CCIC) ou encore notaire à la Chambre des notaires du Québec.

Le problème est difficile à appréhender dans son ensemble, notamment parce que plusieurs entités opèrent de l’étranger et en dehors de la loi. Mais s’il n’y a qu’une pointe de l’iceberg à déceler, elle est déjà immense : dans la dernière année, le CCIC a fait fermer plus de 5000 pages Web et de médias sociaux qui faisaient la promotion de praticiens non autorisés.

Sur le terrain

Dans un contexte où les restrictions en immigration rendent de plus en plus difficile le renouvellement des permis de travail, d’études ou encore l’accès à la résidence permanente, « les faux représentants sont devenus un vrai fléau », dit Louis-Philippe Jannard, coordonnateur du volet protection de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes.

« C’est un problème endémique dans certains quartiers », abonde aussi Camille Bonenfant, organisatrice communautaire à la Clinique pour la justice migrante. Lorsque des membres de son équipe se déplacent pour donner des ateliers d’information, c’est presque « systématique » : les personnes rencontrées « s’approchent et nous montrent une carte d’affaires d’une personne qui n’est enregistrée nulle part ».

« C’est sûr qu’il y a une augmentation », tranche aussi Dory Jade, qui soulève le problème depuis 20 ans. Il est directeur général de l’Association canadienne des consultants professionnels en immigration et a eu connaissance des plus grandes comme des plus petites fraudes : « Il y a des cas qui ont payé des centaines de milliers de dollars à des individus qui leur ont fait miroiter qu’ils pouvaient les emmener au Canada », raconte-t-il.

Ou encore des gens qui ont vendu toutes leurs possessions pour obtenir des papiers… qui ne sont jamais arrivés, poursuit M. Jade….

Source: Les faux représentants en immigration, un véritable fléau

Other articles in the series: Des usurpateurs aux faux avocats : la jungle des consultants en immigration, Des solutions pour contrer les consultants fantômes en immigration, Quand le rêve canadien vire au cauchemar | Parcours

… “Ghost” consultants, false lawyers, identity thieves of real consultants: more and more false representatives are charging immigration services without being authorized to dispense them, according to information compiled by Le Devoir.

In Quebec and the rest of Canada, it is not mandatory to use this kind of intermediary to file an immigration application, whatever it may be. But from the moment someone charges for this type of service, he must be authorized: a lawyer member of the Barreau du Québec, a consultant member of the Collège des consultants en immigration et en citoyenneté (CCIC) or a notary at the Chambre des notaires du Québec.

The problem is difficult to understand as a whole, in particular because several entities operate from abroad and outside the law. But if there is only one tip of the iceberg to detect, it is already huge: in the last year, the CCIC has closed more than 5,000 web and social media pages that promoted unauthorized practitioners.

In the field

In a context where immigration restrictions are making it increasingly difficult to renew work permits, study permits or access to permanent residence, “false representatives have become a real scourge,” says Louis-Philippe Jannard, coordinator of the protection component of the Consultation Table for organizations serving refugees and immigrants.

“It’s an endemic problem in some neighborhoods,” says Camille Bonenfant, community organizer at the Clinic for Migrant Justice. When members of his team travel to give information workshops, it is almost “systematic”: the people met “approach and show us a business card of a person who is not registered anywhere”.

“It is certain that there is an increase,” says Dory Jade, who has been raising the problem for 20 years. He is Director General of the Canadian Association of Professional Immigration Consultants and has learned of the biggest and smallest frauds: “There are cases that have paid hundreds of thousands of dollars to individuals who have made them think they could take them to Canada,” he says.

Or people who sold all their possessions to get papers… who never arrived, continues Mr. Jade….

Les demandes d’asile au poste frontalier de Lacolle en hausse depuis l’année dernière

Of note:

Le point d’entrée de Saint-Bernard-de-Lacolle, situé tout près du chemin Roxham et de la frontière entre le Québec et les États-Unis, accueille près de 50 % de demandeurs d’asile de plus depuis le début de l’année, comparativement à la même période en 2024, selon les chiffres de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC). Pour faire face à cette hausse, l’agence fédérale a loué des « locaux supplémentaires » afin de pouvoir « aider au traitement des demandeurs d’asile ».

« En cas d’afflux de demandeurs d’asile nécessitant des locaux supplémentaires, l’ASFC met en place des plans d’urgence en matière d’infrastructure », précise l’agence fédérale dans une déclaration écrite transmise au Devoir.

Selon les chiffres fournis par l’ASFC, 10 724 demandes d’asile ont été reçues au point d’entrée de Saint-Bernard-de-Lacolle entre le 1er janvier et le 27 juillet 2025. Durant la même période en 2024, 5077 demandes d’asile avaient été reçues.

Le mois de juillet 2025 (prenant fin le 27 juillet dans le cadre de la récolte de données) fut le plus occupé, avec 3089 demandes. Pendant la même période en 2024, 613 demandes d’asile avaient été enregistrées. Pour 2025, juillet est suivi du mois d’avril, avec 2733 demandes, contre 670 en 2024.

Les mois de janvier (560) et février (755) 2025 sont les deux seuls mois ayant vu moins de demandes qu’en 2024 (respectivement 818 et 859)…

Source: Les demandes d’asile au poste frontalier de Lacolle en hausse depuis l’année dernière

The Saint-Bernard-de-Lacolle entry point, located very close to Roxham Road and the border between Quebec and the United States, has received nearly 50% more asylum seekers since the beginning of the year, compared to the same period in 2024, according to figures from the Canada Border Services Agency (CBSA). To cope with this increase, the federal agency rented “additional premises” in order to be able to “help in the treatment of asylum seekers”.

“In the event of an influx of asylum seekers requiring additional premises, the CBSA is putting in place emergency infrastructure plans,” says the federal agency in a written statement sent to Le Devoir.

According to figures provided by the CBSA, 10,724 asylum applications were received at the Saint-Bernard-de-Lacolle entry point between January 1 and July 27, 2025. During the same period in 2024, 5,077 asylum applications were received.

The month of July 2025 (ending on July 27 as part of the data collection) was the busiest, with 3089 requests. During the same period in 2024, 613 asylum applications were registered. For 2025, July is followed by April, with 2733 applications, compared to 670 in 2024.

The months of January (560) and February (755) 2025 are the only two months with fewer requests than in 2024 (818 and 859 respectively)…

Le Devoir editorial: Gouverner, le cœur en moins [immigratiion]

Merited strong critique:

…Il existe en gouvernance une règle qui n’a rien de sorcier et qui tombe sous le couvert du gros bon sens : avant de prendre une décision susceptible de toucher de manière directe la sécurité financière et la stabilité de familles déjà jugées vulnérables, il est préférable d’effectuer une solide collecte d’informations et d’obtenir une validation juridique, surtout si l’on suspecte un « flou » dans la rédaction d’un article de loi. Québec a plutôt provoqué une secousse dans le train-train de familles immigrantes avant de vérifier si sa décision était la bonne.

Voilà une manière de gouverner à rebrousse-poil, et le cœur en moins.

Les faux pas et les maladresses s’accumulent dans le champ crucial de l’immigration, qui marie la vitalité de notre économie à nos compétences comme société d’accueil. La bienveillance devrait y figurer en tête de liste, ce qui ne l’empêcherait pas de cohabiter avec des facteurs clés comme le respect de nos valeurs, la vitalité du français (notamment à Montréal) ou nos capacités à offrir des services en santé, en éducation et en soutien à la famille. Les déclarations politiques s’additionnent désormais pour faire valoir que nos systèmes craquellent notamment en raison d’un volume trop important d’entrées

Source: Gouverner, le cœur en moins

… There is a rule in governance that is not rocket science and that falls under the guise of common sense: before making a decision likely to directly affect the financial security and stability of families already considered vulnerable, it is preferable to carry out a solid collection of information and obtain legal validation, especially if we suspect a “blur” in the drafting of an article of law. Instead, Quebec caused a shock in the train of immigrant families before checking whether its decision was the right one.

This is a way to govern backwards, and the heart less.

Missteps and clumsiness accumulate in the crucial field of immigration, which combines the vitality of our economy with our skills as a host society. Benevolence should be at the top of the list, which would not prevent it from coexisting with key factors such as respect for our values, the vitality of French (especially in Montreal) or our ability to offer health, education and family support services. Political statements are now adding up to argue that our systems are cracking, in particular because of too many entries

Le Québec fait le plein de cerveaux grâce à l’immigration

Similar to other provinces. We select immigrants largely based on human capital, including education:

Le Québec peut compter sur des immigrants très scolarisés : ceux-ci détiennent un diplôme universitaire dans une proportion de loin supérieure à celle des non-immigrants. C’est l’un des constats qui se dégage d’un rapport de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) publié jeudi.

Les chiffres sont sans équivoque. Selon les données du dernier recensement canadien, tenu en 2021, 44 % des immigrants présents au Québec détenaient un diplôme universitaire, contre 25 % des non-immigrants. Chez les résidents non permanents, cette proportion grimpait à 58,6 %.

Ces écarts s’expliquent essentiellement par la méthode de sélection de la population immigrante. « Elle est “sélectionnée” en favorisant la scolarité élevée », explique par courriel l’autrice du rapport, Christine Lessard. « Il n’est donc pas étonnant qu’on y trouve une plus grande proportion de titulaires d’un grade universitaire que dans la population non immigrante. »

Ce rapport est le troisième volet d’une étude dressant le portrait des détenteurs d’un diplôme universitaire au Québec. Après avoir comparé les données québécoises à celles des autres provinces et les avoir décortiquées par région administrative, l’ISQ s’est penché sur le statut migratoire des détenteurs de diplôme. Les données analysées ne concernent que les personnes âgées de 25 à 64 ans.

En 2021, quelque 21,3 % des résidents du Québec étaient des immigrants permanents ou temporaires.

Plus de la moitié des immigrants admis au Canada depuis 2001 détiennent un diplôme universitaire : en d’autres mots, ils sont très scolarisés. « Il est certain que l’immigration contribue au maintien voire à l’accroissement du niveau de scolarité de la population », avance Mme Lessard.

La croissance de la population du Québec repose par ailleurs en grande partie sur l’immigration. Entre 2016 et 2021, la population québécoise non immigrante de 25 à 64 ans a chuté de 2,7 %, tandis que la population immigrante a augmenté de 11 %, et celle des résidents non permanents de 150 %. Au net, la population du Québec a crû de 1,4 % sur cette période….

Source: Le Québec fait le plein de cerveaux grâce à l’immigration

Quebec can count on highly educated immigrants: they hold a university degree in a proportion far greater than non-immigrants. This is one of the findings that emerges from a report by the Institut de la statistique du Québec (ISQ) published on Thursday.
The numbers are unequivocal. According to data from the last Canadian census, held in 2021, 44% of immigrants in Quebec held a university degree, compared to 25% of non-immigrants. Among non-permanent residents, this proportion rose to 58.6%.
These differences are mainly explained by the method of selection of the immigrant population. “It is “selected” by promoting high schooling,” explains the author of the report, Christine Lessard, by email. “It is therefore not surprising that there is a greater proportion of university degree holders than in the non-immigrant population. ”
This report is the third part of a study portraying university degree holders in Quebec. After comparing Quebec data with those of other provinces and dissessing them by administrative region, the ISQ looked at the migration status of diploma holders. The data analyzed only concern people aged 25 to 64.
In 2021, some 21.3% of Quebec residents were permanent or temporary immigrants.
More than half of the immigrants admitted to Canada since 2001 hold a university degree: in other words, they are highly educated. “It is certain that immigration contributes to maintaining or even increasing the level of education of the population,” says Ms. Lessard.
Quebec’s population growth is also largely based on immigration. Between 2016 and 2021, the Quebec non-immigrant population aged 25 to 64 fell by 2.7%, while the immigrant population increased by 11%, and that of non-permanent residents by 150%. Netly, Quebec’s population grew by 1.4% over this period….