Les jeunes péquistes refusent de revenir à la charte des valeurs

Encouraging:

Les esprits se sont échauffés au Congrès du comité national des jeunes du Parti québécois (PQ), qui ont rejeté en bloc, dimanche, l’idée d’interdire le port des signes religieux pour tous les employés du secteur public et parapublic pendant leurs heures de travail. Seulement une quinzaine de personnes ont appuyé une mesure qui consistait essentiellement à reprendre les aspects controversés de la charte des valeurs du gouvernement Marois.

« Cette proposition-là, à mon sens, ce n’est pas de la laïcité, c’est, d’une certaine façon, jouer le jeu des racistes. Qui on va attirer au Parti québécois avec cette proposition-là ? » a lancé le délégué Laurent Constantin aux jeunes réunis à Victoriaville. Il a été hué pour avoir utilisé le mot raciste.

« On est Québécois avant tout. C’est de cette façon que nous réussirons à inclure dans la société tous les Québécois de quelque origine qu’ils soient », a exposé Nicolas Turcotte, de l’association des Laurentides, qui avait avancé cette proposition pour le congrès.

Marc-André Bouvette, le nouveau président du Comité national des jeunes du PQ, et Ariane Cayer, la présidente sortante, se sont prononcés contre la proposition. « Les gens sont tannés, les gens ont envie qu’on règle cette question-là une fois pour toutes et là, nous, on a l’odieux d’aller secouer ça encore ? Les gens sont plus capables », a lancé Mme Cayer.

Étude: la charte des valeurs québécois aurait attisé la discrimination

Not surprising but nice to see this confirmed in a more systematic manner:

Le débat sur la charte des valeurs a-t-il ouvert la porte à plus de racisme ? Depuis l’attentat à la Grande Mosquée de Québec, plusieurs membres de la communauté musulmane accusent le projet du Parti québécois d’avoir alimenté les tensions sociales et engendré des gestes violents à leur endroit. Une très rare étude sur la question, obtenue par La Presse, tend à leur donner raison.

Les jeunes plus sensibles

« La charte a-t-elle généré une solidarité accrue autour d’une identité commune ou a-t-elle sapé l’harmonie sociale ? » Voilà la question à laquelle ont tenté de répondre des chercheurs de l’UQAM et des universités Laval et McGill depuis 2014. Leur étude, qui cible les jeunes, est « très exploratoire », prévient Ghayda Hassan de l’UQAM. « C’est un projet pilote qui n’est pas nécessairement représentatif. » Il s’agit toutefois d’une très rare, sinon de la seule étude scientifique sur le sujet depuis 2014. L’équipe de Mme Hassan a interrogé 441 étudiants de l’UQAM (30,5 % d’hommes, 69,5 % de femmes). Pourquoi l’université ? D’abord parce que « les tensions intercommunautaires ont de graves conséquences pour les jeunes », lit-on. Aussi, « comparativement à la population générale, les étudiants sont plus susceptibles de connaître la charte ».

Discrimination

« Bien que le but de la charte était de placer la laïcité et l’égalité des femmes au coeur du débat public et politique, nos résultats montrent qu’il a eu des conséquences négatives », écrivent les chercheurs. Le tiers des étudiants ont déclaré avoir vécu personnellement ou avoir été témoins d’une forme de discrimination ethnique ou religieuse depuis la charte des valeurs. Un chiffre « plus élevé que prévu », qui a surpris les chercheurs. Les cas de discrimination étaient plus nombreux chez les immigrants, ainsi que chez ceux qui se sont identifiés comme biculturels ou appartenant à des groupes culturels ou religieux minoritaires par rapport aux Québécois « de souche » ou aux personnes s’identifiant comme catholiques. Les participants qui se disaient en faveur de la charte ont rapporté moins de discrimination que ceux qui y étaient opposés.

Perceptions transformées

Bonnes ou mauvaises, les relations intercommunautaires au Québec ? Le débat sur la charte a complètement changé la vision des jeunes sur cette question. Alors qu’ils voyaient majoritairement les relations intercommunautaires comme étant positives avant la charte, leur perception est devenue largement négative après, surtout chez les femmes, les immigrants et ceux qui s’identifient comme des minorités culturelles ou religieuses. C’est plus de la moitié des étudiants qui entrevoyaient un avenir sombre pour les relations entre les communautés. Seulement 20 % croyaient en un avenir positif. « L’étude révèle que la question de l’identité nationale québécoise est très sensible et sous-tend des tensions intercommunautaires importantes », écrivent les chercheurs.

Femmes musulmanes

Les femmes de confession musulmane ont été parmi les plus touchées par la charte, nous explique la chercheuse Ghayda Hassan, notamment parce que le débat sur le projet du PQ a beaucoup tourné autour du port du voile islamique. L’étude démontre que la couverture médiatique, en « dépeignant les symboles religieux comme des menaces au vivre-ensemble », en centrant son discours « autour de la sécularisation préconisée par la charte, a contribué à des manifestations de discrimination et d’ethnicisation dirigées surtout contre des femmes musulmanes immigrées, perçues comme des menaces pour la construction de la nation ».

Encore des séquelles ?

Dans la foulée de l’attentat dans une mosquée de Québec, plusieurs membres de la communauté musulmane ont montré du doigt la charte des valeurs. Visiblement, plus de deux ans après l’abandon du projet, les séquelles se font toujours sentir. Mais ont-elles encore un impact réel dans la société ? « Étant donné que le projet de charte a été abandonné lorsque le gouvernement du Parti québécois a été battu en 2014, les effets négatifs que nous avons observés ont peut-être disparu. Cependant, le débat sous-jacent est encore vivant », écrivent les chercheurs.

Source: Étude: la charte des valeurs aurait attisé la discrimination | Gabrielle Duchaine | National

Pauline Marois et Kellie Leitch : deux poids, deux mesures? 

I think Marie Vastel has it wrong here.

Most commentary has been critical of Lietch and her proposed values test for immigrants, including many Conservatives. Comparing a two-week period with the close-to-a-year period of the Quebec Values Charter debates is meaningless. It would have been more interesting to compare the first two weeks following the QVC announcement to make a proper assessment.

But that would take too much time and effort…

La controverse entourant la députée ontarienne reste jeune. Son idée de test de valeurs n’a été révélée qu’il y a deux semaines. Mais, pour l’instant, les commentateurs semblent moins pressés de dresser le même constat qu’au lendemain du dépôt de la charte des valeurs péquiste.

Source: Pauline Marois et Kellie Leitch : deux poids, deux mesures? | Le Devoir

Dans les coulisses du gouvernement Marois

Some interesting vignettes regarding the Quebec Values Charter from Dominique Lebel, former Premier Marois’s deputy chief of staff:

M. Lebel jette aussi un nouvel éclairage sur l’unanimité de façade du Conseil des ministres à l’égard du projet de charte de la laïcité signée Bernard Drainville. « Le débat est rapidement empreint d’émotion », note-t-il. Selon lui, « au moins la moitié des ministres ne sont pas à l’aise avec certains aspects [du document] ».

Source: Dans les coulisses du gouvernement Marois | Le Devoir