Nadeau | Une aubaine!

Good critique of some Quebec immigration discourse:

..Au temps où Gérald Godin était ministre des Communautés culturelles et de l’Immigration, il écrivait ceci dans sa lettre type adressée aux immigrants : « Avec tous les Québécois, je me réjouis de votre arrivée chez nous. Je suis persuadé que votre dynamisme est le meilleur gage de votre adaptation à notre collectivité. Bienvenue au Québec. » Et il ajoutait ces mots : « Nous vous attendions. »

En plusieurs pays, le mépris envers les immigrants est aujourd’hui inouï. Pas une semaine ne passe sans que l’on désigne « les étrangers » comme les coupables commodes de tous les maux. Rien de plus facile que de crier au loup. Mais il faut distinguer les faits des fantasmes qu’entretient une idéologie de repli : pendant qu’elle désigne les étrangers comme coupables, elle épargne toute l’année les milliardaires qui se croient tout permis, comme l’affaire Epstein le montre.

La suspension d’une mesure d’immigration comme le Programme de l’expérience québécoise (PEQ) profite désormais au reste du Canada, qui pourra attirer les immigrants francophones rejetés du Québec. Radio-Canada nous apprend que le nombre d’immigrants temporaires francophones du Québec qui cherchent désormais à s’installer ailleurs a quadruplé en un an. Plusieurs expliquent ce départ par l’abolition controversée du PEQ.

“Tout en répétant que la francophonie canadienne a des allures de mouroir, les nationalo-conservateurs québécois se privent paradoxalement de ceux qui pourraient l’aider à vivre. Ils dénoncent le déclin, mais ferment la porte à ceux qui pourraient l’enrayer. Ils invoquent la protection d’une culture, tout en sabotant les conditions mêmes de sa régénération et de sa transmission.

À force de confondre protection et fermeture, identité et repli, ces gens-là en viennent à transformer un projet de société en forteresse médiévale. Ce faisant, ils condamnent lentement mais sûrement ce qu’ils prétendent sauver. Qui en tire profit ?

Source: Nadeau | Une aubaine!

.. At the time when Gérald Godin was Minister of Cultural Communities and Immigration, he wrote this in his standard letter addressed to immigrants: “With all Quebecers, I look forward to your arrival with us. I am convinced that your dynamism is the best guarantee of your adaptation to our community. Welcome to Quebec. “And he added these words: “We were waiting for you. ”

In many countries, contempt for immigrants is now unheard of. Not a week goes by without being designated “foreigners” as the convenient culprits of all evils. Nothing is easier than shouting wolf. But it is necessary to distinguish the facts from the fantasies of a retreat ideology: while it designates foreigners as guilty, it spares billionaires all year round who believe everything is allowed, as the Epstein case shows.

The suspension of an immigration measure such as the Quebec Experience Program (QEP) now benefits the rest of Canada, which may attract Francophone immigrants rejected from Quebec. Radio-Canada informs us that the number of temporary French-speaking immigrants from Quebec who are now looking to settle elsewhere has quadrupled in one year. Many explain this departure by the controversial abolition of the PEQ.

“While repeating that the Canadian Francophonie looks like dying, the Quebec National Conservatives paradoxically deprive themselves of those who could help it live. They denounce the decline, but close the door to those who could stop it. They invoke the protection of a culture, while sabotaging the very conditions of its regeneration and transmission.

By dint of confusing protection and closure, identity and retreat, these people come to transform a society project into a medieval fortress. In doing so, they slowly but surely condemn what they claim to save. Who benefits from it?

Abolition du PEQ: Recruté par le Québec, courtisé ailleurs au Canada

Articles on the impact of ending the PEQ keep on coming:

…Le ministre Roberge promet désormais l’admission à la résidence permanente des quelque 6300 employés du réseau de la santé touchés. Pour le DBenard et son épouse, cette promesse reste théorique.

Dans le PSTQ, la reconnaissance de ses diplômes n’est pas prise en compte, dit le médecin.

« Au ministère de l’Immigration, on m’a dit que l’évaluation comparative demandée dans le portail Arrima est celle qui est faite par le ministère, Ce n’est pas mon cas, parce que mes diplômes médicaux ont été évalués par le Conseil médical du Canada. Mais on m’a dit que, de toute façon, ça change rien : ça n’apporte pas de points », précise le médecin.

« On m’a dit : “Le problème pour vous, c’est que le système est mal fait puisque vous êtes médecin à Montréal, que vous avez plus de 40 ans et que vous n’avez pas fait vos études au Québec, que vous n’avez pas de diplôme québécois. Donc, vous n’êtes pas reconnu à votre juste valeur par ce système-là”. »

Résultat : aucune invitation à déposer une demande à ce jour.

Pour atteindre le seuil de points plus élevé, il lui manque notamment :

  • Des points pour l’âge – un nombre très faible de points après 40 ans ;
  • Des points liés à la région, Montréal étant moins favorisée ;
  • Des points liés à ses diplômes.

On lui a même recommandé de passer des tests de français pour améliorer son pointage.

« Le français est ma langue. Et le test, c’est 500 $ par tête », note-t-il.

Son score se situe entre 540 et 600 points.

« On nous a dit : “Ne vous inquiétez pas, avec le PSTQ, ça va fonctionner.” Mais la plateforme n’est pas adaptée à notre situation. On est dans le flou », résume-t-il.

Courtisés ailleurs

Pendant ce temps, les offres se multiplient ailleurs au Canada : Ontario, Manitoba, Nouveau-Brunswick, Alberta.

« Le problème, c’est au Québec, insiste-t-il. Quand on se renseigne dans les autres provinces, ils nous font un pont d’or. Ils nous disent clairement : “Si vous venez dans n’importe quelle province, francophone ou anglophone, peu importe, obtenir la résidence ne sera pas un souci.” »

Le couple n’a pourtant aucune envie de quitter Montréal.

« Bien sûr qu’on voudrait rester, dit le médecin. Tout se passe bien. Mais avec le PSTQ, il n’y a rien de certain. Et c’est ça qui est difficile. »

Source: Abolition du PEQ: Recruté par le Québec, courtisé ailleurs au Canada

… Minister Roberge now promises the admission to permanent residence of the approximately 6,300 employees of the health network affected. For Dr. Benard and his wife, this promise remains theoretical.

In the PSTQ, the recognition of his diplomas is not taken into account, says the doctor.

“At the Ministry of Immigration, I was told that the comparative evaluation requested in the Arrima portal is the one made by the ministry. This is not the case for me, because my medical degrees were evaluated by the Medical Council of Canada. But I was told that, anyway, it doesn’t change anything: it doesn’t bring points, “says the doctor.

“I was told: “The problem for you is that the system is poorly done since you are a doctor in Montreal, that you are over 40 years old and that you did not study in Quebec, that you do not have a Quebec diploma. So, you are not recognized at your true value by this system.” ”

Result: no invitation to file an application to date.

To reach the higher point threshold, it lacks in particular:

Points for age – a very low number of points after 40 years;

Points related to the region, Montreal being less favored;

Points related to his diplomas.

He was even advised to take French tests to improve his score.

“French is my language. And the test is $500 per head, “he notes.

Its score is between 540 and 600 points.

“We were told: ‘Don’t worry, with the PSTQ, it will work.” But the platform is not adapted to our situation. We are in the dark, “he summarizes.

Courted elsewhere

Meanwhile, offers are multiplying elsewhere in Canada: Ontario, Manitoba, New Brunswick, Alberta.

“The problem is in Quebec,” he insists. When we inquire in the other provinces, they make us a golden bridge. They tell us clearly: “If you come to any province, French-speaking or English-speaking, it doesn’t matter, getting the residency won’t be a problem.” ”

However, the couple has no desire to leave Montreal.

“Of course we would like to stay,” said the doctor. Everything is going well. But with the PSTQ, there is nothing certain. And that’s what’s difficult. ”

“Le chef du PQ se dit prêt à offrir une clause «grand-père» à certains immigrants”

A noter “l’ambiguïté:”:

“Paul St-Pierre Plamondon se dit ouvert à appliquer une clause de droits acquis à une partie des immigrants laissés en plan par l’abandon du Programme de l’expérience québécoise (PEQ), mais il ne précise pas en quoi sa proposition se distingue de celle du gouvernement Legault.

« On est très ouverts à octroyer des clauses “grand-père” », a laissé tomber le chef du Parti québécois (PQ) au premier jour de sa réunion de caucus de la rentrée, à Saint-Georges, en Beauce. La veille, il avait tenu une poignée de rencontres avec des acteurs du milieu économique beauceron, abordant en priorité le sujet de l’abolition du PEQ.

En novembre dernier, le gouvernement de François Legault a mis fin à ce programme qui offrait depuis plusieurs années une voie rapide vers la résidence permanente aux travailleurs temporaires et aux étudiants étrangers du Québec. Il leur demande désormais de postuler au Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ) — et donc de répondre à certains critères — s’ils désirent s’installer de manière permanente en territoire québécois.

“Depuis, nombre d’organismes des milieux économique, de l’immigration et du travail ont émis le souhait que le gouvernement accorde une clause de droits acquis aux personnes déjà établies au Québec. Lundi, le conseil municipal de Montréal a lui aussi fait cette demande, comme plusieurs villes et municipalités.”…

Source: “Le chef du PQ se dit prêt à offrir une clause «grand-père» à certains immigrants”

“Paul St-Pierre Plamondon says he is open to applying a clause of acquired rights to some of the immigrants left in the way by the abandonment of the Quebec Experience Program (PEQ), but he does not specify how his proposal differs from that of the Legault government.

“We are very open to granting “grandfather” clauses,” said the leader of the Parti Québécois (PQ) on the first day of his back-to-school caucus meeting in Saint-Georges, Beauce. The day before, he had held a handful of meetings with actors from the Beauceron economic community, primarily addressing the subject of the abolition of the PEQ.

Last November, the government of François Legault ended this program, which for several years had offered a fast path to permanent residence for temporary workers and international students in Quebec. It now asks them to apply for the Skilled Worker Selection Program (PSTQ) — and therefore to meet certain criteria — if they wish to settle permanently in Quebec territory.

“Since then, many economic, immigration and labor organizations have expressed the wish that the government grant a clause of acquired rights to people already established in Quebec. On Monday, the Montreal City Council also made this request, as did several cities and municipalities.”…

Elkouri: Quand le populisme a la cote

More on the lack of grandfathering/grandmothering of those impacted by Quebec’s cancellation of the PEQ (equivalent of PGWP):

…On pourrait croire que de passer de 100 % à 50 % sur l’échelle du bouc émissaire, c’est une façon de mettre de l’eau dans son vin ou d’épargner un peu le bouc. Le fait est que cette cote revue à la baisse est à certains égards encore plus grossière. Car en répondant à la question de Jean-René Dufort, le premier ministre ne s’en est pas pris aux politiques d’immigration, mais bien aux immigrants eux-mêmes.

Dans le contexte de la suppression du PEQ, on parle d’étudiants et de travailleurs francophones ou francisés que le Québec a tenté de séduire à coups de campagnes publicitaires et de missions de recrutement à l’étranger avant de rompre inopinément ses engagements. Des gens qui contribuent déjà à la société québécoise, que ce soit dans le domaine de la recherche scientifique, où l’on compte une majorité d’étudiants étrangers, ou sur le marché du travail. Dans nos hôpitaux, nos CHSLD, nos écoles, nos garderies… Les inviter à déposer leurs rêves au Québec pour ensuite leur fermer la porte au nez en les accusant d’être responsables de 50 % des maux de la société, c’est pour le moins injuste.

Le gouvernement a évidemment le droit d’adopter de nouvelles règles d’immigration plus restrictives. Mais il a aussi le devoir de tenir parole. 

Dans ce cas, cela veut dire au minimum de prévoir des mesures transitoires pour les orphelins du PEQ déjà installés au Québec et plongés dans la détresse et l’incertitude.

« Je me sens jetable, je me sens trahie, et je me sens profondément blessée », confiait une orpheline du PEQ à ma collègue Suzanne Colpron2. De telles histoires crève-cœur se suivent et se ressemblent depuis novembre. Je croule moi-même sous les témoignages. Les dénonciations sont quasi unanimes.

Une pétition qui a récolté 26 000 signatures en un temps record a été déposée à l’Assemblée nationale. Du maire Bruno Marchand à la mairesse Soraya Martinez Ferrada en passant par le maire de Trois-Rivières, Jean-François Aubin, et l’ex-ministre péquiste Louise Harel, du député solidaire Guillaume Cliche-Rivard au député libéral André A. Morin, des chambres de commerce aux cégeps et aux universités, des experts aux citoyens solidaires, on ne compte plus le nombre de voix qui s’élèvent pour dénoncer cette injustice et réclamer une clause de droits acquis.

À ces voix indignées, il faut aussi ajouter celles de 25 retraités du ministère québécois de l’Immigration, libres de dire tout haut ce que leurs anciens collègues, tenus à un devoir de réserve, doivent penser tout bas. Dans une lettre ouverte publiée avant Noël, ils demandent au gouvernement de faire preuve de décence envers ceux qui étaient admissibles à ce programme avant son abolition3.

Jusqu’à présent, le gouvernement Legault a refusé de les entendre. Pour respecter ses nouveaux seuils d’immigration sans obtenir 0 sur 10 en matière de promesses tenues, des solutions sont pourtant possibles. Le premier ministre pourrait s’inspirer de ce que l’ex-ministre de l’Immigration Christine Fréchette préconisait elle-même en 2023 : placer les candidats au volet « diplômés » du PEQ hors seuils….

Source: Quand le populisme a la cote

… One might think that going from 100% to 50% on the scapegoat scale is a way to put water in your wine or spare the goat a little. The fact is that this revised downward rating is in some respects even coarser. Because by answering Jean-René Dufort’s question, the Prime Minister did not go against immigration policies, but on immigrants themselves.

In the context of the abolition of the PEQ, we are talking about Francophone or French-speaking students and workers whom Quebec tried to seduce with advertising campaigns and recruitment missions abroad before breaking its commitments unexpectedly. People who already contribute to Quebec society, whether in the field of scientific research, where there is a majority of foreign students, or in the labor market. In our hospitals, our CHSLD, our schools, our daycare centers… Inviting them to drop off their dreams in Quebec and then close the door in their face by accusing them of being responsible for 50% of society’s ills, it is unfair to say the least.

The government obviously has the right to adopt new, more restrictive immigration rules. But he also has a duty to keep his word.

In this case, it means at least to provide for transitional measures for PEQ orphans already settled in Quebec and plunged into distress and uncertainty.

“I feel disposable, I feel betrayed, and I feel deeply hurt,” confided an orphan of the PEQ to my colleague Suzanne Colpron2. Such heartbreaking stories follow one after the other and have been similar since November. I myself collapse under the testimonies. The denunciations are almost unanimous.

A petition that collected 26,000 signatures in record time was filed with the National Assembly. From Mayor Bruno Marchand to Mayor Soraya Martinez Ferrada, through the Mayor of Trois-Rivières, Jean-François Aubin, and former Péquista Minister Louise Harel, from Solidarity MP Guillaume Cliche-Rivard to Liberal MP André A. Morin, from chambers of commerce to CEGEPs and universities, from experts to citizens of solidarity, we can no longer count the number of votes that rise to denounce this injustice and claim a clause of acquired rights.

To these indignant voices, we must also add those of 25 retirees of the Quebec Ministry of Immigration, free to say out loud what their former colleagues, bound by a duty of reserve, must think in a low voice. In an open letter published before Christmas, they call on the government to show decency to those who were eligible for this program before its abolition.3

So far, the Legault government has refused to hear them. To respect its new immigration thresholds without getting 0 out of 10 in terms of promises kept, solutions are nevertheless possible. The Prime Minister could be inspired by what former Minister of Immigration Christine Fréchette herself recommended in 2023: placing candidates for the “graduate” component of the PEQ outside the thresholds….

Meggs – Immigration : Les vies brisées par un système brisé

Good insights into Quebec’s cancellation of PEQ (equivalent to TR2PR) and the similar impact of changes to those who were applying given their expectations as at the federal level:

Les personnes ayant un statut temporaire au Québec ont-elles le droit de prétendre qu’on leur a fait croire qu’elles pouvaient obtenir la résidence permanente? Oui, absolument.

Avons-nous toujours besoin du Programme d’expérience québécoise (PEQ) pour atteindre l’objectif de transition du statut temporaire au statut permanent? Non.

Avons-nous une obligation morale d’accorder un statut permanent aux personnes à statut temporaire déjà établies au Québec? Peut-être, jusqu’à un certain point, mais… Bonne chance!

Ce sont toutes des questions légitimes découlant de la réaction très négative récente à l’annulation de ce programme. Le PEQ a été lancé en 2010, et il est possible que, au fil des changements de gouvernements, de ministres et de fonctionnaires, son contexte historique ait été oublié. Tentons d’éclaircir la situation.

L’histoire du PEQ comme voie rapide de traitement d’une demande d’immigration

Demande d’immigration permanente — faite avant ou après l’arrivée?

Pendant les 25 dernières années du 20e siècle, la règle générale au Canada était qu’une personne qui désirait immigrer de façon permanente fasse sa demande avant son arrivée au Québec. Les demandes faites sur place n’étaient acceptées que dans des circonstances exceptionnelles. Cela est même stipulé dans l’Accord Canada-Québec sur l’immigration signé en 1991.

Les dossiers étaient traités et la sélection était effectuée selon une grille de points attribués en fonction des caractéristiques recherchées pour les besoins du Québec et de l’intégration rapide de la personne qui arrive. Ces critères comprennent notamment l’âge, les compétences linguistiques, le niveau d’éducation, l’expérience professionnelle, le domaine d’études, un emploi prévu dans le pays et un lien antérieur avec le Québec.

Si le dossier recueillait le seuil minimum de points, un certificat de sélection du Québec (CSQ) était délivré, ce qui garantissait, même aujourd’hui, le statut de résidence permanente du gouvernement canadien. Seules des raisons de sécurité ou de santé publique pouvaient empêcher l’obtention du statut permanent.

Les personnes arrivaient donc avec leur résidence permanente. Fin du parcours d’immigration. Porte ouverte à une demande de citoyenneté après trois ans. Une immigration permanente en une étape.

Au début du siècle, le Canada et ensuite le Québec ont changé de politique en décidant d’accepter des demandes des personnes déjà au pays. C’est à partir de ce moment que l’immigration en deux étapes est devenue de plus en plus courante.

Problème de délai de traitement

Un autre facteur important de cette histoire est le temps de traitement des demandes d’immigration. En effet, ces dernières se faisaient encore sur papier et le calcul du nombre de points se faisait manuellement. De plus, la loi exigeait que toutes les demandes reçues soient traitées par ordre chronologique. Énormément de temps était perdu à analyser des demandes, qui se voyaient refusées parce que le dossier ne comptait pas le seuil minimal de points. C’était le cas pour près de la moitié des demandes traitées.

Le délai de traitement des demandes en 2011 variait entre 8 et 44 mois [1]. En 2016-2017, l’année avant la mise en œuvre d’Arrima, le système informatisé de traitement, le délai moyen de traitement d’une demande d’immigration permanente était de 32 mois. Les demandes des personnes déjà au Québec s’ajoutaient à la pile.

Trois solutions au problème de productivité

Trois « solutions » s’offraient pour résoudre ce défi de productivité :

  1. L’informatisation : La première, évidemment, était l’informatisation du système de traitement. On y reviendra.
  2. Le PEQ : La deuxième était le PEQ. Ce programme était conçu comme une voie rapide de traitement uniquement pour les demandes présentées par des personnes à statut temporaire déjà au Québec. Il y avait un volet pour des détenteurs d’un diplôme postsecondaire obtenu au Québec et un deuxième pour des personnes qui occupaient le même emploi au Québec depuis au moins deux ans. Mais pas n’importe quel emploi. Il fallait que celui-ci exige l’équivalent d’au moins un diplôme collégial, voire universitaire. Auquel s’ajoutaient les exigences linguistiques. Compte tenu de ces conditions d’admissibilité, ces demandes ne passaient pas par la grille de sélection et pouvaient donc être approuvées beaucoup plus rapidement. Le ministère s’engageait à rendre une décision en 20 jours.
  3. L’immigration temporaire : La troisième solution, qui existait déjà, consistait à contourner les délais de traitement d’une demande d’immigration permanente en recrutant des personnes avec un permis temporaire d’études ou de travail. À l’époque, cette procédure était plus rapide que celle pour les demandes d’immigration permanente. De plus, il y avait plusieurs avantages à court terme à accroître le nombre d’étudiantes et étudiants étrangers, ainsi que le recours à une main-d’œuvre souvent à bas salaire, autorisée par le Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET).

Le PTET est particulièrement utile en matière de régionalisation. Les personnes recrutées par ce biais sont liées à leur employeur. Le gouvernement utilise même ce programme pour recruter du personnel de la santé, y compris des médecins et des infirmières, justement pour cette raison.

Ils pourraient facilement être recrutés via le programme d’immigration permanente, ce qui leur garantirait la résidence permanente à leur arrivée, mais pour les lier à un établissement situé en région, le PTET est plus sûr, même si cela les laisse dans la précarité pendant quelques années.

Mais attention! Contrairement à l’immigration permanente, il n’y avait pas de planification du nombre de personnes à recruter par l’immigration temporaire. Alors que le nombre de personnes obtenant la résidence permanente est resté relativement stable au Québec, grâce aux limites imposées chaque année dans les plans annuels, aucun plafond n’a été fixé pour le nombre de personnes arrivant avec un statut temporaire. Par conséquent, le nombre de permis temporaires délivrés a explosé, notamment dans les deux programmes contrôlés par le gouvernement du Québec.

La promesse implicite de la résidence permanente

Beaucoup de personnes à statut temporaire qui réclament le maintien du PEQ affirment qu’on leur avait promis la résidence permanente, particulièrement par le PEQ. Est-ce vrai?

Il est logique qu’elles aient eu cette impression. Dès son lancement, ce programme a bénéficié d’une promotion active auprès des étudiantes et étudiants étrangers, que ce soit lors des sessions de recrutement à l’étranger ou lors des séances d’information organisées dans des établissements d’enseignement supérieur.

Des dépliants ont été distribués à ces jeunes par l’équipe du ministère à leur arrivée à l’aéroport, tandis que des lettres leur ont été envoyées après l’obtention de leur diplôme. Des ententes lucratives ont été signées avec Montréal International pour en faire la promotion auprès des travailleurs étrangers spécialisés. Il y avait même, pendant quelque temps, une mention du programme dans la lettre accompagnant la délivrance d’un Certificat d’acceptation du Québec (CAQ), document requis pour obtenir un permis d’études ou de travail dans le cadre du PTET.

L’appât de la résidence permanente a toujours bien servi les agences de recrutement, les établissements d’enseignement postsecondaires et les employeurs dans le recrutement de l’immigration temporaire. D’autres mesures concrètes renforçaient le même message. Certains titulaires de permis avaient désormais le droit de faire venir toute leur famille, les permis de travail étaient délivrés aux conjoints ou aux conjointes, des permis étaient souvent renouvelables à répétition. Tout laissait croire que « temporaire » voulait dire « jusqu’à la résidence permanente », plutôt que « jusqu’à l’expiration du permis ».

Cette carotte se révélait efficace, mais malhonnête, pour deux raisons. D’abord, la majorité des personnes à statut temporaire ne rempliront pas les conditions des programmes d’immigration permanente, que ce soit le PEQ ou le défunt Programme régulier de travailleurs qualifiés (PRTQ) ou le nouveau Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ). Deuxièmement, comme on le verra plus loin, les volumes annuels établis pour l’immigration permanente ne pourront jamais accueillir sur le territoire toutes les personnes à statut temporaire.

Le PEQ comme « voie rapide »

En 2019-2020, le délai moyen de traitement d’une demande d’immigration permanente régulière était de 127 jours, ce qui représente une nette amélioration par rapport aux 32 mois qui étaient la norme trois ans plus tôt.

Comment est-ce possible? Grâce à l’implantation du système de gestion informatisé Arrima au cours de l’été 2018. Avec ce système, les personnes sur place ou à l’étranger qui sont intéressées à immigrer, à obtenir un CSQ, remplissent un formulaire en ligne dans la plateforme Arrima fournissant presque toute l’information qui anciennement était fournie sur papier, créant ainsi un bassin de candidatures possibles.

Ensuite, un algorithme permet au ministère de repérer des profils correspondant aux critères souhaités, puis à inviter ces individus à soumettre une demande d’immigration en bonne et due forme. Le ministère peut aussi gérer le nombre d’invitations tout au long de l’année. Un système similaire, appelé Entrée Express, avait été mis en place par le fédéral en 2015 pour les demandes d’immigration au reste du Canada.

Dès l’implantation du système, le besoin d’une « voie rapide » comme le PEQ n’était plus vraiment nécessaire. En 2024-2025, on constate même que le délai moyen de traitement d’une demande dans le PEQ (127,2 jours) était devenu plus long que pour le PRTQ (82,2 jours). Pourquoi? Sûrement parce que, tout comme dans l’ancien système, toutes les demandes reçues dans le PEQ étaient traitées, et ce, dans l’ordre chronologique. Le taux de refus des demandes d’immigration permanente avait également chuté en 2019, pour atteindre moins de 1 %.

En ce qui concerne les permis de travail PTET, le délai de traitement semble avoir disparu comme enjeu pour les employeurs. Ils ont même pris goût au programme. Aujourd’hui, ils sont prêts à payer plus cher et à vivre avec des mois de bureaucratie afin d’embaucher des effectifs de l’étranger, captifs et obligés d’accepter des conditions de travail inacceptables à la main-d’œuvre locale.

Le système Arrima peut donc inviter des personnes qui séjournent au Québec, c’est-à-dire des personnes à statut temporaire. En fait, depuis le lancement en juillet du nouveau programme, le PSTQ, 1 038 invitations ont été envoyées à des personnes ayant déclaré leur intérêt d’immigrer sur la plateforme Arrima. Parmi ce nombre, 991 résidaient au Québec (95,5 %), incluant 273 hors de la Communauté métropolitaine de Montréal. Il peut aussi privilégier facilement des jeunes d’ailleurs diplômés au Québec.

On peut en conclure que la majorité des personnes qui auraient pu bénéficier du PEQ présentent les caractéristiques nécessaires pour recevoir une invitation dans le cadre du PSTQ. Même certaines personnes à statut temporaire actuellement, qui n’étaient pas admissibles au PEQ, le seront au nouveau programme, c’est-à-dire celles qui occupent un emploi moins bien rémunéré exigeant un niveau de scolarité un peu plus bas.

La plus grande déception pour les personnes qui comptaient sur le PEQ est de ne plus pouvoir compter sur le fait que leur demande d’immigration sera traitée, car elles ne savent pas si elles seront invitées par le système Arrima.

Leur avenir au Québec, déjà fragile en raison de la date d’expiration de leur séjour, est maintenant encore plus incertain. Cet enjeu est moins grave pour les personnes toujours à l’étranger, puisqu’elles ne feront pas des démarches de déménagement et de déracinement avant d’avoir reçu leur CSQ.

Une clause de droit acquis ou au moins une obligation morale

Après avoir accordé des permis temporaires à des individus en les attirant avec la carotte de la résidence permanente, en leur fournissant des services d’intégration et de francisation, en leur assurant souvent un emploi, en leur facilitant l’arrivée et l’établissement de toute leur famille chez nous, avons-nous une obligation morale de leur délivrer le billet doré que représente le CSQ?

C’est la revendication générale qu’on entend et c’est une des propositions de la pétition lancée par Québec solidaire sur le site de l’Assemblée nationale. [2]

Il n’est pas surprenant qu’il y en ait plusieurs qui répondent spontanément, « oui! ». Cela reflète l’ouverture connue du peuple québécois.

Mais examinons le contexte créé par la gestion de l’immigration au cours des dix dernières années, ainsi que le virage vers l’immigration temporaire.

Au 31 décembre 2024, les données du ministère révèlent qu’il y avait 200 495 titulaires de permis dans les deux programmes contrôlés par le Québec, et 299 685 avec un permis de travail dans le programme où le Québec n’intervient pas. Ça veut dire 500 180 en tout. Il y a fort à parier qu’il y a plus de 200 000 personnes sur le territoire québécois dont le permis temporaire a expiré, si on se fie aux estimations canadiennes de la CIBC. Ces personnes remplissaient des conditions pour un permis temporaire, mais aucune n’a été sélectionnée selon les critères appliqués pour l’obtention d’un CSQ.

En outre, le plan annuel d’immigration pour 2026 prévoit un plafond de 35 600 CSQ pour la sous-catégorie des travailleurs qualifiés (PSTQ) et un maximum de 29 500 personnes admises avec un statut de résident permanent dans la même catégorie.

L’explosion non planifiée et non sélectionnée de l’immigration temporaire fait en sorte qu’on se trouve face à des centaines de milliers de personnes, devenues nos voisins et voisines, qui ont cru au rêve de s’établir durablement au Québec, mais qui ne seront toutefois jamais sélectionnées pour y rester. Pourquoi? Soit parce qu’elles ne satisfont pas aux critères établis pour l’immigration permanente, basés sur l’analyse des besoins socio-économiques et linguistiques du Québec. Soit parce que, par un drôle de raisonnement, elles sont trop nombreuses pour notre « capacité d’accueil », alors que plusieurs contribuent à l’économie et au développement de la société québécoise depuis quelques années.

Une planification qui ne répond pas au plus grand enjeu

La réaction à la décision de mettre fin au PEQ montre bien l’ampleur de la rupture dans notre système d’immigration causée par le virage non réfléchi vers l’immigration temporaire et les conséquences sur les vies des personnes, maintenant parmi nous, les plus concernées.

Rappelons-nous qu’on n’est pas en Europe. Notre frontière terrestre est avec un pays qui, malgré tout ce qui se passe sous Trump, demeure un aimant pour les gens du monde entier. Autrement, l’entrée se fait par avion, ce qui exige un document d’entrée. Les personnes venues du reste du monde au Québec sont arrivées légalement. Ce sont les gouvernements fédéral et québécois qui ont créé et facilité la situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui. Le PEQ n’en est qu’un exemple.

Malheureusement, les orientations pluriannuelles en matière d’immigration pour les quatre prochaines années, déposées par le ministre Roberge, le 6 novembre dernier, ne contiennent aucune proposition sérieuse pour résoudre ce problème. Elles incluent une baisse minimale sur quatre ans du nombre de personnes détenant un permis de travail PTET ou d’études, et le gouvernement adopte un discours contradictoire face au fédéral, qui propose quant à lui des coupures plus rapides dans le nombre de nouveaux permis de travail.

Il reste l’épineuse question des personnes à statut temporaire qui n’auront pas droit au renouvellement de leur permis et qui ne seront pas approuvées pour la résidence permanente. L’élan spontané de solidarité envers les personnes qui comptaient sur le PEQ démontre aussi que les Québécoises et Québécois n’appuieront pas facilement des départs forcés. Même aux États-Unis, les méthodes agressives de Trump ont fait considérablement augmenter le sentiment positif à l’égard de l’immigration.[3]

2026 est une année électorale. Ce contexte ne sera pas propice à une réflexion commune et sereine sur les mesures à prendre pour résoudre cette impasse. Cela pourrait être une année marquée par l’inquiétude et les perturbations pour de nombreuses personnes qui souhaitent simplement poursuivre leur vie avec leurs nouveaux amis et amies québécois. Essayons de faire notre part, même à notre niveau personnel, pour les aider dans leur parcours. Il est crucial de trouver des solutions pour éviter d’accroître le nombre de personnes non documentées. C’est le pire résultat, tant pour la société d’accueil que pour les individus concernés et leurs enfants.

Source: Immigration : Les vies brisées par un système brisé

Do people with temporary status in Quebec have the right to claim that they were made to believe that they could obtain permanent residence? Yes, absolutely.
Do we still need the Quebec Experience Program (QEP) to achieve the goal of transitioning from temporary to permanent status? No.
Do we have a moral obligation to grant permanent status to people with temporary status already established in Quebec? Maybe, up to a certain point, but… Good luck!
These are all legitimate questions arising from the recent very negative reaction to the cancellation of this program. The EQP was launched in 2010, and it is possible that, as the changes of governments, ministers and officials, its historical context has been forgotten. Let’s try to clarify the situation.
The history of the EQP as a quick route to process an immigration application
Application for permanent immigration – made before or after arrival?
During the last 25 years of the 20th century, the general rule in Canada was that a person who wished to immigrate permanently should apply before arriving in Quebec. On-site applications were only accepted in exceptional circumstances. This is even stipulated in the Canada-Quebec Immigration Agreement signed in 1991.
The files were processed and the selection was made according to a grid of points awarded according to the characteristics sought for the needs of Quebec and the rapid integration of the person who arrives. These criteria include age, language skills, level of education, professional experience, field of study, planned employment in the country and a previous link with Quebec.
If the file collected the minimum threshold of points, a Quebec Selection Certificate (CSQ) was issued, which guaranteed, even today, the permanent residence status of the Canadian government. Only safety or public health reasons could prevent permanent status from being obtained.
People therefore arrived with their permanent residence. End of the immigration journey. Door open to an application for citizenship after three years. Permanent immigration in one step.
At the beginning of the century, Canada and then Quebec changed their policy by deciding to accept applications from people already in the country. It was from this moment that two-stage immigration became more and more common.
Processing time issue
Another important factor in this story is the processing time for immigration applications. Indeed, the latter were still done on paper and the calculation of the number of points was done manually. In addition, the law required that all applications received be processed in chronological order. A lot of time was lost analyzing applications, which were refused because the file did not have the minimum points threshold. This was the case for almost half of the applications processed.
The processing time for applications in 2011 varied between 8 and 44 months [1]. In 2016-2017, the year before the implementation of Arrima, the computerized processing system, the average processing time for a permanent immigration application was 32 months. The requests of people already in Quebec were added to the pile.
Three solutions to the productivity problem
Three “solutions” were available to solve this productivity challenge:
Computerization: The first, of course, was the computerization of the processing system. We’ll come back.
The EQP: The second was the PEQ. This program was designed as a quick route of processing only for applications submitted by people with temporary status already in Quebec. There was a component for holders of a post-secondary diploma obtained in Quebec and a second for people who had held the same job in Quebec for at least two years. But not just any job. It had to require the equivalent of at least a college degree, or even a university degree. To which were added the linguistic requirements. Given these eligibility requirements, these applications did not pass through the selection grid and could therefore be approved much faster. The ministry committed to making a decision within 20 days.
Temporary immigration: The third solution, which already existed, was to circumvent the processing times of a permanent immigration application by recruiting people with a temporary study or work permit. At the time, this procedure was faster than that for permanent immigration applications. In addition, there were several short-term benefits to increasing the number of international students, as well as the use of an often low-pay workforce, authorized by the Temporary Foreign Worker Program (TETP).
The PTET is particularly useful in terms of regionalization. People recruited through this channel are linked to their employer. The government is even using this program to recruit health personnel, including doctors and nurses, for this very reason.
They could easily be recruited through the permanent immigration program, which would guarantee them permanent residence upon arrival, but to link them to an establishment located in the region, the PTET is safer, even if it leaves them precarious for a few years.
But be careful! Unlike permanent immigration, there was no planning of the number of people to be recruited by temporary immigration. While the number of people obtaining permanent residence remained relatively stable in Quebec, thanks to the limits imposed each year in the annual plans, no ceiling was set for the number of people arriving with temporary status. As a result, the number of temporary permits issued has exploded, especially in the two programs controlled by the Government of Quebec.
The implicit promise of permanent residence
Many people with temporary status who claim to maintain the PEQ say that they were promised permanent residence, particularly by the PEQ. Is it true?
It is logical that they had this impression. Since its launch, this program has benefited from an active promotion to foreign students, whether during recruitment sessions abroad or during information sessions organized in higher education institutions.
Leaflets were distributed to these young people by the ministry’s team upon their arrival at the airport, while letters were sent to them after they graduated. Gainful agreements have been signed with Montréal International to promote it to specialized foreign workers. There was even, for some time, a mention of the program in the letter accompanying the issuance of a Quebec Certificate of Acceptance (CAQ), a document required to obtain a study or work permit under the PTET.
The permanent residence bait has always served well for recruitment agencies, post-secondary education institutions and employers in the recruitment of temporary immigration. Other concrete measures reinforced the same message. Some permit holders now had the right to bring their entire family, work permits were issued to spouses, permits were often renewable repeatedly. Everything suggested that “temporary” meant “until permanent residence”, rather than “until the expiration of the permit”.
This carrot proved to be effective, but dishonest, for two reasons. First, the majority of people with temporary status will not meet the requirements of the permanent immigration programs, whether it is the EQP or the defunct Regular Skilled Worker Program (PRTQ) or the new Skilled Worker Selection Program (PSTQ). Secondly, as will be seen later, the annual volumes established for permanent immigration will never be able to accommodate all people with temporary status on the territory.
The PEQ as a “fast track”
In 2019-2020, the average processing time for a regular permanent immigration application was 127 days, which represents a significant improvement over the 32 months that were the norm three years earlier.
How is this possible? Thanks to the implementation of the Arrima computerized management system during the summer of 2018. With this system, people on site or abroad who are interested in immigrating, in obtaining a CSQ, fill out an online form in the Arrima platform providing almost all the information that was previously provided on paper, thus creating a pool of possible applications.
Then, an algorithm allows the ministry to identify profiles corresponding to the desired criteria, then to invite these individuals to submit a formal immigration application. The department can also manage the number of invitations throughout the year. A similar system, called Express Entry, was put in place by the federal government in 2015 for immigration applications to the rest of Canada.
From the implementation of the system, the need for a “fast track” like the PEQ was no longer really necessary. In 2024-2025, we even see that the average processing time for an application in the PEQ (127.2 days) had become longer than for the PRTQ (82.2 days). Why? Probably because, just like in the old system, all applications received in the PEQ were processed, in chronological order. The refusal rate of permanent immigration applications had also fallen in…

McGill, Concordia unlikely to be hampered by new [language] immigration rules: minister

More likely than unlikely:

The immigration minister does not believe universities like McGill and Concordia will be hampered in their recruitment efforts owing to new rules imposing more French on international students.

Christine Fréchette said university recruitment was not hampered in the previous incarnation of the Quebec Experience Program (PEQ),which international students use to enter Quebec combining school with career aims. In 2019, the government slapped limits on the range of disciplines eligible, sparking an uproar from students that forced it to back down.

And on Thursday, Fréchette said she does not believe another new set of rules, this time imposing more French on PEQ candidates, will do what the universities predict.

“For me this argument is not backed up by the numbers,” Fréchette said answering a question from the Montreal Gazette. “I think that McGill has an attraction, an appeal that is worldwide.

“They will be able to attract international students even though we have changed the rules of the PEQ diplomé.”

Last week, both McGill University and Concordia University slammed Fréchette’s new rules, which are part of a massive reform of Quebec’s immigration system.

In two separate briefs presented to the legislature committee studying the reforms, they said the new French language requirements included in the new PEQ will mean international students will be deterred from applying, thus depriving Quebec of their skills and talent.

The PEQ welcomes a wide range of academic options and is hugely popular, but in May Fréchette announced changes to the way the program works. In an effort to increase the French skill level of applicants — in the same way as her overall immigration reforms in the economic category, which Quebec controls — Fréchette introduced a distinction between francophone and anglophone applicants.

Foreign students who studied in French or are francophone will benefit from a fast-tracked system designed to retain them. Instead of the 12 to 18 months of work experience currently required to apply for a certificate leading to permanent residency, a request can be made as soon as they complete their studies.

But students who come to Quebec to study in English and do not have a sufficient knowledge of French will no longer qualify for the PEQ and the advantages it offers.

McGill argues the rules will create a two-tier system because most of its 12,000 foreign students will not meet the new qualifications.

“Our students risk emerging as the losers in this exercise,” Fabrice Labeau, McGill’s deputy provost of student life and learning, told the committee.

Concordia has a similar view and says the reforms will “de facto” exclude graduates from anglophone universities even if they master French.

The PEQ, or Programme de l’expérience québécoise, is a fast track for international students — some of whom may already be living and working in the province — to obtain a Quebec selection certificate, which is a step toward permanent residency.

International students can apply to the program, as can new arrivals who have obtained a degree at a Quebec institution in the last two years.

Source: McGill, Concordia unlikely to be hampered by new immigration rules: minister – Montreal Gazette

Une voie rapide d’immigration seulement critiquée par l’Université McGill

Not surprising, as McGill would be most affected

Une voie rapide d’immigration permanente applicable uniquement aux étudiants étrangers ayant étudié en français préoccupe fortement l’Université McGill, qui estime qu’il s’agit d’un système à deux vitesses qui exclura des étudiants.

« Étant donné que ces personnes possèdent un diplôme québécois, qu’elles sont jeunes et qu’elles vivent déjà ici, en français, depuis plusieurs années, elles constituent un bassin exceptionnel où recruter de nouveaux Québécois et de nouvelles Québécoises », écrit le premier ministre du Québec, François Legault, dans le cahier de consultations sur la planification pluriannuelle de l’immigration, en les décrivant comme « des candidats idéaux ».

Cela fait réagir l’Université McGill, qui enseigne et fait de la recherche principalement en anglais, et qui pense que cette approche pénalisera les étudiants étrangers « même s’ils peuvent démontrer une excellente connaissance orale et écrite du français ».

« Nos étudiants risquent de sortir perdants de cet exercice », a déclaré Fabrice Labeau, premier vice-principal exécutif adjoint (études et vie étudiante) de l’Université McGill, lors de son passage aux consultations mercredi après-midi. À la suite de la réforme proposée au volet « diplômés » du Programme de l’expérience québécoise (PEQ), un diplômé du Québec pourra déposer une demande de résidence permanente dès la fin de ses études au lieu d’attendre les 12 ou 18 mois d’expérience de travail actuellement exigés.

Une voie rapide qui crée un système « à deux vitesses » et qui exclura des étudiants, croit-il. Il cite en exemple un étudiant de McGill originaire de Chine qui l’a contacté récemment. Celui-ci suit des cours de français tout en étudiant dans son programme à temps plein en anglais afin de « s’intégrer à la société québécoise ». « Cet étudiant s’inquiète maintenant pour son projet de vie au Québec, qu’il a patiemment construit au cours des dernières années », souligne-t-il.

Une bonne part de l’effectif étudiant songera à d’autres options que l’Université McGill, refroidie par les difficultés de s’établir au Québec par la suite, appréhende Fabrice Labeau. « Si on peut assouplir les règles, nous, on peut travailler fort sur la francisation », assure-t-il. L’établissement accueille présentement 12 000 étudiants étrangers, ce qui représente 30 % de sa population étudiante.

« Ne serait-il pas préférable d’évaluer chaque candidat à l’immigration individuellement plutôt que d’indiquer d’emblée une préférence pour ceux ayant suivi un programme francophone ? » demande l’université dans son mémoire.

Une voie de passage existe, dit Fréchette

Une voie de passage existe, a tenu à préciser la ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, Christine Fréchette, en réponse aux préoccupations de l’université.

« Les étudiants qui auront obtenu un diplôme dans un programme en anglais auront tout de même la possibilité d’appliquer pour le PEQ “diplômés”, s’il advenait qu’ils ont fait trois ans d’études en français au niveau secondaire ou postsecondaire », a-t-elle dit. Il est également possible pour eux de déposer leur candidature à la résidence permanente après une année d’expérience de travail s’ils maîtrisent le français au niveau requis.

Une réponse qui n’a pas semblé convaincre Fabrice Labeau, qui a, de son côté, invoqué l’attractivité des universités. « Leur fermer la porte à la voie rapide, c’est une difficulté », dit-il.

Source: Une voie rapide d’immigration seulement critiquée par l’Université McGill

Des immigrants se disent injustement recalés en français par Québec

A noter:

Québec accuse de nombreux immigrants d’avoir menti sur leurs compétences linguistiques et les recale lors d’une entrevue orale, en dépit d’une preuve attestant qu’ils ont déjà réussi le niveau requis en français, a appris Le Devoir. Plusieurs d’entre eux peuvent même être « bannis pour cinq ans » du processus de sélection du Québec, dénoncent des avocats.

Ces derniers — et leurs clients — déplorent ce qu’ils qualifient d’acharnement de la part du ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI). « Québec cherche des façons innovantes de torturer des gens, des gens qui ont le malheur d’être convoqués en entrevue pour qu’on évalue leur niveau de français », laisse tomber David Chalk, un avocat en droit de l’immigration, dont certains clients ont été recalés.

Le Devoir s’est entretenu en français, à l’oral et à l’écrit, avec plusieurs candidats à l’immigration n’ayant pas le français comme langue maternelle qui ont été convoqués à une entrevue. Il préserve leur anonymat pour ne pas nuire à leurs démarches.

D’origine chinoise, Chang déplore la façon dont il a été traité par le MIFI, qu’il qualifie d’« arrogant » et d’« irresponsable ».

Le jeune homme a fait une maîtrise dans une université anglophone d’ici et dit être « tombé en amour » avec le Québec. Le Programme de l’expérience québécoise (PEQ) lui permettait de réaliser son rêve d’immigrer, mais il devait apprendre le français et obtenir l’équivalent du fameux « niveau 7 » sur l’Échelle québécoise des niveaux de compétence en français.

Au printemps 2022, après avoir réussi tous les tests de français oraux et écrits agréés par le MIFI, il a demandé le Certificat de sélection du Québec (CSQ), le précieux sésame lui permettant de demander la résidence permanente au gouvernement fédéral. Or, son rêve s’est effondré lorsqu’il a été convoqué quelques mois plus tard à une entrevue de contrôle par le ministère de l’Immigration du Québec. Celui-ci lui a dit avoir des raisons de croire qu’il avait soumis des « documents faux ou trompeurs » pour attester de son niveau de français, ce que nie le principal intéressé.

Au terme de l’entretien, qui « s’est très mal passé », Chang s’est vu octroyer un niveau 4. Dans la lettre du MIFI, on l’informe aussi que sous prétexte qu’il a menti sur ses compétences en français, toute nouvelle demande qu’il voudrait soumettre pourrait ne pas être évaluée, et ce, pour les cinq prochaines années. « J’étais dévasté », a-t-il dit.

Le Devoir a pu consulter la lettre de refus, qui, ironiquement, contenait plusieurs coquilles. Elle détaille, au moyen d’exemples, certains problèmes de français du candidat, notamment en commentant sa prononciation. « On a ridiculisé mon accent », déplore Chang dans un français tout de même compréhensible pour Le Devoir.

Ce jeune homme s’indigne surtout du fait que le MIFI l’accuse d’avoir menti, de ne pas avoir « démontré la véracité de [sa] déclaration sur [sa] connaissance du français oral ». Selon lui, ayant déjà obtenu l’équivalent d’un niveau 7 à un examen de français reconnu par le MIFI, il était normal qu’il affirme détenir ce niveau. « En aucun cas, je n’ai eu l’intention de tromper qui que ce soit dans le processus ! »

Une pratique illégale ?

Pour Me David Chalk, le ministère veut « piéger » les gens. « Cette question n’a aucune raison d’être posée, sauf pour accuser quelqu’un de fausse déclaration. »

Ningsi Mei, une avocate qui dit avoir de plus en plus de clients refusés, estime que l’entretien, auquel participent un agent du MIFI et un enseignant, est subjectif. « C’est un jugement personnel. »

Après avoir été recalés à l’entrevue du MIFI, plusieurs de ses clients ont quitté le Québec, soit pour une autre province soit pour leur pays d’origine. « Ils me disent qu’ils ne se sentent pas les bienvenus ici. Ils croient que le [gouvernement] veut juste limiter le nombre d’immigrants et qu’il ne veut pas de ceux qui ne parlent pas parfaitement le français », a rapporté l’avocate.

Me David Chalk se dit surtout agacé par les présomptions de tromperie qui servent à justifier une convocation en entrevue. « Pourquoi alléguer d’emblée que le candidat est un fraudeur ? »

En 2016, des soupçons de fraude et de production de faux documents avaient mené l’Unité permanente anticorruption à ouvrir une enquête, ont révélé des documents de cour. C’est ce qui avait incité le ministère de l’Immigration du Québec à vérifier de manière plus proactive le niveau de français oral des candidats au PEQ en les convoquant en entrevue.

Or, cette pratique a été contestée devant les tribunaux en 2017. Les avocats avaient fait valoir que les preuves soumises par leurs clients pour attester leur niveau de français dans le cadre du PEQ étaient conformes à la loi, contrairement aux tests de français oral supplémentaires menés par le MIFI.

Un jugement de la Cour supérieure rendu en décembre 2018, confirmé par la Cour d’appel, leur avait donné raison et avait forcé le MIFI à annuler ses décisions de refus de CSQ pour une cinquantaine d’immigrants, surtout originaires de l’Asie.

En août 2018, le Règlement sur l’immigration a été changé, et le ministre peut désormais exiger qu’« une personne démontre une connaissance du français oral au niveau 7 », a affirmé Émilie Vézina, porte-parole du ministère. Quant aux présomptions de fraude qui servent à la convocation des gens en entrevue, on se contente d’expliquer que c’est « en fonction des faits propres à chaque demande ».

D’après les données du MIFI, plus de 2000 personnes se sont soumises à cette entrevue depuis l’automne 2016. Les convocations ont connu une augmentation et sont en voie de rattraper le niveau prépandémique. Quant au taux d’échec, il varie beaucoup, allant de 16 % à 84 % selon les années.

Convoqués même après avoir obtenu un CSQ

Le Devoir a échangé avec plusieurs immigrants qui se sont fait convoquer en entrevue même après avoir obtenu leur Certificat de sélection du Québec.

C’est le cas d’Emily Zhao, une enseignante et danseuse d’origine chinoise qui est arrivée au Canada il y a huit ans. Elle a obtenu son CSQ en juillet 2018 et attend depuis la résidence permanente pour elle et sa famille. Or, en janvier dernier, elle a, à sa grande surprise, reçu une lettre du MIFI la convoquant en entrevue et l’informant de ses intentions d’annuler son CSQ.

 « C’est comme si vous aviez obtenu votre permis de conduire et que, cinq ans plus tard, on vous appelle pour repasser l’examen et annuler votre permis », a dit cette mère de famille, qui a accepté de témoigner à visage découvert.

Citant la décision des tribunaux, Emily Zhao a refusé de se présenter en entrevue, prétendant qu’il n’était pas légal de vérifier à nouveau son niveau de français. La semaine dernière, elle a finalement reçu une lettre de rétractation du MIFI : son CSQ demeurera valide.

Mme Zhao craint d’avoir été placée sur une « liste noire » de personnes ayant obtenu leur CSQ alors que des soupçons de corruption pesaient sur le programme. Elle craint aussi que la remise en question de son certificat ait suspendu le traitement de sa demande de résidence permanente au fédéral, ce qui expliquerait la longue attente.

Selon le MIFI, depuis septembre 2021, 70 personnes ayant déjà obtenu un CSQ ont été convoquées à une entrevue visant à vérifier leur français oral, et près de 60 % ont échoué.

Après s’être vu refuser son CSQ, Chang est rentré en Chine la semaine dernière. Pour lui, c’était comme « tout jeter et partir ». Il croit que son expérience a découragé certains de ses amis. « Ils ont peur d’essayer. Parce qu’ils savent à quel point j’ai essayé d’apprendre le français. »

Source: Des immigrants se disent injustement recalés en français par Québec

Demonstrators rally against Quebec’s updated immigration reforms

CAQ continues to struggle with immigration issues, most notably with international students and their transition to permanent residency, reinforcing Quebec being a less attractive destination for international students:

Protesters in Montreal and around the province gathered Saturday to denounce upcoming reforms to a Quebec program that fast-tracks immigration for foreign students and temporary workers.

The reforms, announced in late May, mark the Coalition Avenir Québec government’s second attempt to adjust the Quebec Experience Program after it backed down on a first set of changeslast fall.

Those changes were criticized as disorganized and poorly thought out by opposition parties and decried as unfair by students and other members of the public. Simon Jolin-Barrette, the immigration minister at the time, eventually said the reforms had been a mistake.

On Saturday, demonstrators — who marched from Mont-Royal Park to Quebec Premier François Legault’s office in downtown Montreal, as well as others in Quebec City, Sherbrooke, Trois-Rivières and Rouyn-Noranda —  said the new reforms still compromise the future of international students and temporary workers.

“They are totally unjust and unfair to international students like me who just graduated,” said Carla Trigoso, who is from Peru and studied sociology at McGill University. “There are no acquired rights for us. We are terribly, terribly disappointed with the changes in general.”

Quebec Liberal Party MNA Kathleen Weil was one of several opposition members at the demonstration. She said the program, which she introduced as immigration minister in the Charest government, was the envy of many other jurisdictions.

“We created this rapid immigration route because we wanted to retain this talent,” she said of the program, known by its French acronym PEQ. “We compete with the world to attract them. We’re regressing with this reform. We’re not looking at human beings with their full potential.”

Quebec’s new minister of immigration, Nadine Girault, who was appointed to the position on June 22, declined an interview request from Radio-Canada. Her office said it will take some time to properly take over the reform file.

The reforms are nonetheless expected to come into effect soon.

Among other things, the reforms add or increase work experience requirements for applicants. Foreign students, who previously did not need work experience in addition to completing their studies, now do: two years of full-time work for those with a professional diploma and one year for those who complete a university degree or technical diploma.

“Now a diploma in Quebec is not enough to integrate someone,” said Thibault Camara, an organizer with Quebec Is Us Too, one of the groups behind the demonstration.

Trigoso said meeting the work experience conditions would be exceptionally difficult “now that we’re in the middle of an economic crisis and a world pandemic.”

Temporary workers will have to work more to qualify. Until now, one year of work experience was required, but the reforms raise the requirement to the equivalent of three years of full-time work over 48 months.

Camara said his group was also concerned about certain jobs being removed from eligibility altogether.

“All the préposés and all the truck drivers, for example, they aren’t part of the Quebec of tomorrow because of this reform,” he said.

The reforms also impose new requirements around French-language knowledge and increase the processing time for applications from less than a month to six months. Opponents to the reforms want Quebec to maintain the shorter time for applicants who were already in the province.

Source: Demonstrators rally against Quebec’s updated immigration reforms

Quebec should reconsider immigration changes

On the non-competitiveness of recent Quebec changes to PEQ:

Recently announced reforms to the Quebec Experience Program should be reconsidered.

Since 2010, the Quebec Experience Program (or “PEQ” in French) has offered a fast-track to permanent residence for temporary foreign workers and international students that lived in Quebec. Such individuals could often get their Quebec Selection Certificate in around 20 business days, and then go ahead and submit their permanent residence application to the federal government.

This was excellent policy by Quebec.

Government research shows that such individuals integrate quickly into Canada’s economy and society since they are young, well-educated, speak English and French and have Canadian work experience.

In addition, it made sense for Quebec to fast-track their applications since unlike immigration candidates outside of Canada, such individuals are already here. It would be very inconvenient to have them leave Quebec when they have already established themselves in the province and are contributing to the economy as workers and consumers.

Problems with Quebec’s new work experience requirements

The province is increasing the work experience requirements that future applicants will need to obtain to become eligible for the PEQ.

Currently, a temporary foreign worker (TFW) needs 12 months of eligible Quebec work experience within the preceding 24 months of submitting their application to meet the PEQ’s criteria. Students do not need Quebec work experience to be eligible.

Quebec will now require 36 months of work experience from TFWs and between 12-24 months of work experience from foreign students (depending on their program of study in Quebec).

A benefit of the stricter PEQ criteria is it will help more Quebec Skilled Worker Program (QSWP) candidates immigrate to the province through its Arrima Portal.

Currently, highly-qualified QSWP candidates are not able to obtain permanent residence under what is a more competitive process than what PEQ applicants need to go through.

However, Quebec is now introducing stricter work experience requirements for the PEQ than what is currently in place nationally. This means it will become more difficult for foreign workers and students to obtain permanent residence in Quebec.

One may argue that this is a good thing, since those that do become immigrants (whether through the QSWP or QEP) are more likely to succeed in the province.

But, many of the foreign workers and students who are poised to succeed will be unlikely to meet the high bar that Quebec has set.

It is quite normal across Canada for federal and provincial programs to have work experience requirements in place for existing TFWs and international students that want to transition to permanent residence. However, typically, the Canadian work experience requirement is set at 12 months. Whether Quebec likes it or not, it is in competition with other provinces to attract and retain global talent.

If I am a province that is offering the same product (in this case, Canadian permanent resident status), what is the incentive for a prospective immigrant to go through more hurdles when neighbouring provinces offer that product at a much lower cost? (i.e., only 12 months of work experience required versus 24-36 months for TFWs and some international students in Quebec).

Quebec’s higher standards will disincentivize TFWs and students from choosing Quebec.

Such individuals will either choose to go to other provinces at the start of their Canadian immigration journey, or will leave Quebec and move to another province when they are ready to apply for permanent residence.

Even if an individual is motivated to remain in Quebec, it may prove difficult for them to obtain the work experience they may need to be eligible for the PEQ.

For instance, some TFWs such as International Exchange Canada participants have work permits that are valid for no more than two years. Employers may not be willing spend the time and money required to petition the government to provide such individuals with one or more work permits (e.g., a work permit that requires a Labour Market Impact Assessment or “LMIA”).

One other point on this front: in the short run, it will become even more challenging for candidates to meet the new work experience requirements due to the economic damage that is being caused by the coronavirus pandemic. 

New processing standard is also problematic

Quebec indicated that it will now seek to process PEQ applications within 6 months, rather than 20 business days, in order to harmonize its processing standard with the Quebec Skilled Worker Program.

Once again, Quebec is hurting its competitiveness since the quicker processing standard was one of the PEQ’s major selling points. Now, prospective immigration candidates may look to options outside of the province given that there will no longer be a significant advantage to applying to the PEQ.

Keep in mind that it was already taking nearly 23 months for PEQ candidates to obtain permanent residence (20 business days to get a Quebec Selection Certificate plus another 22 months for the federal government to process permanent residence applications).

Adding another fives months on top of that is unwise on its own, and even more so when you consider that successful Express Entry candidates are usually able to get permanent residence within six months.

A better solution would have been to identify how to reduce the length of time it takes Quebec to issue CSQs to QSWP candidates.

Changes come at a time when Quebec will need more immigration

No immigration program is perfect, and it is a good practice for Canada’s federal and provincial governments to seek reforms to their programs to help meet the country’s evolving economic and social needs.

However, not all reforms end up being beneficial.

In this case, time will likely prove that Quebec’s reforms are misplaced. By discouraging workers and students from remaining in the province due to uncompetitive work experience requirements and processing times, Quebec may end up with even lower immigration levels at a time when it will need higher immigration in the years to come due to its aging population and low birth rate.

This may be hard to fathom at the moment due to the COVID-19 crisis.

But, the crisis will eventually pass and Quebec will soon need more immigrants to complement its Quebec-born work force.

What better way of doing so, then by providing a fast-track to immigration for the workers and students that have already resided in Quebec and contributed for several years?

Source: Quebec should reconsider immigration changes