Roberge veut renvoyer le multiculturalisme dans les « limbes de l’histoire »

Forgets, of course, s27 of the Charter and the Multiculturalism Act, not to mention that the differences between multiculturalism and interculturalism are relatively small, as both properly understood pertain to civic integration and the CAQ’s more divisive approach has been subject to considerable criticism.

And somewhat ironic for Minister Roberge to state that the parties in the Assemblée nationale opposed Bill 84 given “clientélisme partisan when arguably, so is the CAQ:

« Le multiculturalisme ne s’applique plus sur le territoire québécois, enfin ! […] C’est un modèle qui a toujours été nuisible pour le Québec », a affirmé le ministre mercredi à l’Assemblée nationale.  

Selon lui, dans ce modèle, l’État se donne le devoir de permettre aux nouveaux arrivants de garder leur culture et leur langue d’origine. « C’est ça, le multiculturalisme canadien. On vit les uns aux côtés des autres », a-t-il expliqué.  

Sa nouvelle loi – qui s’inspire de l’interculturalisme – vise à envoyer le signal aux immigrants qu’ils « arrivent dans un État qui a son propre modèle d’intégration » et qu’ils doivent accepter le contrat social du Québec basé sur des valeurs comme la démocratie, la langue française, l’égalité entre les hommes et les femmes ou encore la laïcité.  

« Sans quoi, bien, ce n’est pas une bonne idée de venir ici », indique Jean-François Roberge.  

Mais il reste des éléments à mettre en place afin de clarifier le modèle du ministre. Il promet qu’une « Politique nationale sur l’intégration à la nation québécoise et à la culture commune » sera mise en œuvre avant l’élection de 2026.  

Jean-François Roberge ajoute qu’après l’adoption de cette politique nationale, « tous les ministères, tous les organismes, les municipalités, etc., lorsqu’ils vont subventionner un projet d’un partenaire, vont devoir s’assurer que ce projet est compatible avec les fondements du modèle d’intégration nationale ». 

Le ministre assure que les financements qui ont déjà été octroyés ne seront pas retirés.  

Dans cinq ans, il y aura un rapport pour évaluer le nouveau modèle d’intégration. Les critères seront élaborés dans la Politique nationale.  

Le projet de loi 84 a été adopté mercredi matin au Salon rouge. Le Parti québécois a voté avec le gouvernement. Les solidaires et les libéraux s’y sont opposés. Le ministre s’en est désolé.  

« Je ne sais pas trop, c’est probablement pour des questions de clientélisme partisan. Il devait y avoir quelques membres très très multiculturalistes qui n’ont pas compris que c’était un projet d’ouverture », a-t-il dit.  

Source: Roberge veut renvoyer le multiculturalisme dans les « limbes de l’histoire »

“Multiculturalism no longer applies to Quebec territory, finally! […] It is a model that has always been harmful to Quebec, “said the minister on Wednesday in the National Assembly.

According to him, in this model, the State makes it its duty to allow newcomers to keep their culture and language of origin. “This is Canadian multiculturalism. We live side by side,” he explained.

His new law – which is inspired by interculturalism – aims to send the signal to immigrants that they are “arriving in a state that has its own model of integration” and that they must accept Quebec’s social contract based on values such as democracy, the French language, equality between men and women or secularism.

“Without that, well, it’s not a good idea to come here,” says Jean-François Roberge.

But there are still elements to be put in place in order to clarify the minister’s model. He promises that a “National Policy on Integration into the Quebec Nation and the Common Culture” will be implemented before the 2026 election.

Jean-François Roberge adds that after the adoption of this national policy, “all ministries, agencies, municipalities, etc., when they are going to subsidize a partner’s project, will have to ensure that this project is compatible with the foundations of the national integration model”.

The Minister assures that the funding that has already been granted will not be withdrawn.

In five years, there will be a report to evaluate the new integration model. The criteria will be developed in the National Policy.

Bill 84 was adopted Wednesday morning at the Red Hall. The Parti Québécois voted with the government. The solidarity and liberals opposed it. The minister apologized.

“I’m not sure, it’s probably for questions of partisan clientelism. There must have been some very multicultural members who didn’t understand that it was an opening project,” he said.

Une pause du projet de loi sur l’intégration nationale, «ça n’arrivera pas», dit Roberge

Not surprising both in substance and political positioning:

Le ministre de l’Immigration, Jean-François Roberge, ne mettra pas « sur pause » l’étude détaillée du projet de loi 84 sur l’intégration nationale, comme l’ont demandé plus d’une centaine d’organismes et de personnalités dans une lettre ouverte. « Ça n’arrivera pas », a-t-il déclaré en mêlée de presse.

« Le projet de loi sur l’intégration nationale est extrêmement important. C’est une réponse au multiculturalisme », a-t-il ajouté.

Selon M. Roberge, également ministre de la Langue française, le projet de loi 84 viendra jeter les bases de comment le Québec accueillera les immigrants, soit en tout respect de la langue et de la culture communes. « Moi, je suis ouvert à avoir certains amendements, mais sur le fond, sur le cœur du projet de loi, on va de l’avant », a-t-il souligné.

Mardi, Le Devoir rapportait que dans une lettre ouverte, plus d’une centaine d’organismes d’aide aux immigrants et de personnalités, telles que Gérard Bouchard et Charles Taylor, ont demandé au ministre d’arrêter l’étude du projet de loi afin de tenir une consultation publique « large et inclusive ». Car celui-ci est loin de faire l’unanimité, avait déclaré la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes.

Dans la foulée de son dépôt en janvier dernier, le projet de loi 84 avait suscité des inquiétudes chez une trentaine de personnalités publiques, dont d’ex-ministres du Parti québécois et du Parti libéral, qui en avaient critiqué les « accents assimilationnistes ».

D’autres, comme la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), avaient dit craindre qu’il ne limite les immigrants dans la défense de leurs droits devant les tribunaux.

Source: Une pause du projet de loi sur l’intégration nationale, «ça n’arrivera pas», dit Roberge

The Minister of Immigration, Jean-François Roberge, will not “pause” the detailed study of Bill 84 on national integration, as requested by more than a hundred organizations and personalities in an open letter. “It won’t happen,” he said in a press scrum.


“The national integration bill is extremely important. It’s a response to multiculturalism,” he added.
According to Mr. Roberge, also Minister of the French Language, Bill 84 will lay the foundations for how Quebec will welcome immigrants, in full respect of the common language and culture. “I am open to having certain amendments, but on the substance, on the heart of the bill, we are going forward,” he stressed.


On Tuesday, Le Devoir reported that in an open letter, more than a hundred immigrant aid organizations and personalities, such as Gérard Bouchard and Charles Taylor, asked the minister to stop the study of the bill in order to hold a “wide and inclusive” public consultation. Because it is far from unanimous, said the Consultation Table of organizations serving refugees and immigrants.


In the wake of its filing last January, Bill 84 had raised concerns among about thirty public figures, including former ministers of the Parti Québécois and the Liberal Party, who had criticized its “assimilationist accents”.


Others, such as the Centrale des syndicats du Québec (CSQ), said they feared that it would limit immigrants in defending their rights in court.

Le Devoir editorial: Gare aux contradictions 

More on Quebec’s CAQ identity and integration policies:

Nouvelle année, nouvelle offensive nationaliste caquiste. François Legault avait prévenu qu’il mettrait le cap sur le dossier de l’identité. Ce fut chose faite dès les premiers jours de la rentrée parlementaire à Québec, avec le dépôt de son projet de loi-cadre enchâssant le modèle choisi de l’interculturalisme comme meilleur rempart pour assurer la vitalité et la pérennité de la langue française et de la culture francophone.

Le projet de « loi sur l’intégration nationale » énonce les grands principes auxquels adhère la société québécoise — être démocratique, laïque, guidée par sa Charte des droits et libertés et l’égalité hommes-femmes, et évoluer dans une langue commune, le français. L’affirmation nationale de consensus établis au Québec, qui guideront au travers de l’appareil de l’État québécois l’intégration de nouveaux arrivants dans un esprit de mixité.

Sur papier, la proposition caquiste s’en tient aux terrains d’entente et aux doctrines orthodoxes du modèle d’intégration québécois à une société et à une culture communes. L’adhésion et la participation de tous, la contribution de chacun.

Une nouvelle proposition législative qui se veut consensuelle, afin d’apporter une nouvelle pierre à l’édification d’un cadre constitutionnel proprement québécois. De grands pans de la mise en œuvre de cette loi-cadre restent toutefois à définir.

Une politique nationale viendra régir son champ d’application dans l’appareil gouvernemental et parapublic 18 mois après son adoption. Un règlement balisera par ailleurs les nouvelles règles de financement d’activités et d’organismes soutenus par l’État, qui devront à l’avenir respecter ce nouveau cadre d’intégration, dans les deux années suivant sa promulgation.

Le ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, Jean-François Roberge, a laissé entendre, à la suite du dépôt de son projet de loi jeudi, que son gouvernement pourrait ainsi forcer un pressant ménage dans l’attribution de places dans les garderies subventionnées, où le religieux s’est immiscé. Il a en outre laissé planer la possibilité que le financement public versé aux écoles à vocation religieuse puisse être revu à son tour. Un revirement pour le gouvernement, qui choisirait alors judicieusement la voie de la cohérence.

Bien qu’il prépare sa loi depuis 18 mois, le ministre Roberge s’est montré tout aussi vague quant aux nouvelles balises qui encadreront le financement étatique d’événements communautaires ou d’activités culturelles. Au-delà de la microgestion du moindre rassemblement, l’adoption d’une culture commune passe par la découverte d’artistes et d’œuvres du Québec. Et pas seulement forcée.

Pour un gouvernement qui souhaite rassembler tous les Québécois autour d’une culture commune,dont les acteurs crient leur détresse, la fin de la gratuité universelle dans les musées le premier dimanche du mois est difficile à expliquer.

Tout comme la fermeture de classes de francisation. Le ministre et son gouvernement ont beau nier les « coupures budgétaires » en prétextant plutôt « le respect budgétaire », le résultat est le même. Les immigrants, de qui il exige une maîtrise du français pour en assurer la vitalité devant la menace, sont privés des cours espérés.

Prétendre que la demande rejoindra l’offre en francisation puisque le gouvernement resserre l’accueil d’immigrants temporaires relève de l’illusion. L’arriéré de nouveaux arrivants désireux d’apprendre la langue commune du Québec (bien qu’il découle d’abord de l’accueil pléthorique fédéral) ne disparaîtra pas pour autant. Et ceux qui fuient la guerre, les dérèglements climatiques ou la dureté du président américain, Donald Trump, ne seront pas moins nombreux.

Les contradictions du gouvernement de François Legault ne s’expliqueront pas aussi facilement.

D’autant que son propre projet de loi-cadre prône une nécessaire approche de réciprocité des responsabilités partagées entre l’État québécois et les nouveaux arrivants.

Il est attendu que ces derniers apprennent le français et participent ainsi à la vitalité de la culture québécoise. Encore faut-il leur donner les moyens de respecter ce contrat social qui leur est présenté.

Le gouvernement s’engage, noir sur blanc, à prendre des mesures pour contribuer à leur intégration, « par exemple en créant et en maintenant les conditions favorisant l’apprentissage du français ». De même qu’à « facilite[r] l’accès aux œuvres et aux contenus culturels ». Les échos sur le terrain — qu’ils découlent d’une rigueur ou d’une responsabilité budgétaires — laissent croire que le gouvernement n’y met pas tout à fait les ressources prescrites.

François Legault mise sur la carte de l’identité pour faire oublier les défis auxquels il fait face. Au-delà des intentions, c’est sur les résultats concrets qu’il sera jugé.

Source: Gare aux contradictions

New year, new Caquist nationalist offensive. François Legault had warned that he would set course for the identity file. This was done in the first days of the parliamentary return to school in Quebec City, with the tabled of its draft framework law enshrining the chosen model of interculturalism as the best bulwark to ensure the vitality and sustainability of the French language and Francophone culture.

The draft “law on national integration” sets out the main principles to which Quebec society adheres – to be democratic, secular, guided by its Charter of Rights and Freedoms and gender equality, and to evolve in a common language, French. The national affirmation of consensus established in Quebec, which will guide through the apparatus of the Quebec State the integration of newcomers in a spirit of diversity.

On paper, the Caquist proposal sticks to the common grounds and orthodox doctrines of the Quebec model of integration into a common society and culture. The support and participation of all, the contribution of each.

A new legislative proposal that aims to be consensual, in order to bring a new stone to the construction of a properly Quebec constitutional framework. However, major parts of the implementation of this framework law remain to be defined.

A national policy will govern its scope in the government and parapublic apparatus 18 months after its adoption. A regulation will also set out the new rules for financing activities and organizations supported by the State, which will have to comply with this new integration framework in the future, within two years of its promulgation.

The Minister of Immigration, Francisation and Integration, Jean-François Roberge, suggested, following the tabling of his bill on Thursday, that his government could thus force a pressing budget in the allocation of places in subsidized daycare centers, where the religious have interfered. He also left it possible that public funding for religious schools could be reviewed in turn. A turnaround for the government, which would then wisely choose the path of coherence.

Although he has been preparing his law for 18 months, Minister Roberge has been equally vague about the new beacons that will govern the state financing of community events or cultural activities. Beyond the micromanagement of the slightest gathering, the adoption of a common culture requires the discovery of Quebec artists and works. And not just forced.

For a government that wants to bring together all Quebecers around a common culture, whose actors shout their distress, the end of universal gratuity in museums on the first Sunday of the month is difficult to explain.

Just like the closure of francization classes. The minister and his government may deny “budget cuts” on the pretext of “budgetary respect”, the result is the same. Immigrants, from whom he requires a mastery of French to ensure their vitality in the face of the threat, are deprived of the hoped-for courses.

To claim that demand will join the supply in francization since the government is tightening the reception of temporary immigrants is a matter of illusion. The backlog of newcomers wishing to learn the common language of Quebec (although it first stems from the federal full reception) will not disappear. And those fleeing war, climate change or the harshness of American President Donald Trump will not be less numerous.

The contradictions of François Legault’s government will not be so easily explained.

Especially since his own draft framework law advocates a necessary approach to reciprocity of shared responsibilities between the Quebec State and newcomers.

They are expected to learn French and thus participate in the vitality of Quebec culture. They must still be given the means to respect this social contract that is presented to them.

The government undertakes, in black and white, to take measures to contribute to their integration, “for example by creating and maintaining conditions conducive to learning French”. As well as “facilitates access to cultural works and content”. The echoes on the ground — whether they stem from budgetary rigour or responsibility — suggest that the government is not quite putting the prescribed resources into it.

François Legault relies on the identity card to make people forget the challenges he faces. Beyond the intentions, it is on the concrete results that he will be judged.

Fréchette et Roberge comme cautions nationalistes à l’Énergie et à l’Immigration

Some analysis of the new Quebec immigration minister:

….À l’Immigration, l’arrivée de Jean-François Roberge est vue comme un moyen d’aligner les orientations du ministère avec le programme nationaliste de la Coalition avenir Québec (CAQ). Pour certains, Mme Fréchette — qui est ex-présidente-directrice générale de la Chambre de commerce de l’Est de Montréal — est perçue comme étant trop près des demandes des associations patronales, qui réclament des hausses radicales des niveaux d’immigration.

Cela ne l’a pas empêchée de « livrer les commandes » qui lui ont été passées par la CAQ, observe une source du milieu économique. Ex-péquiste, Mme Fréchette avait claqué la porte du gouvernement Marois en 2014, incapable de défendre la Charte des valeurs que son parti allait proposer en campagne électorale.

Les talents de Mme Fréchette à l’Immigration ont été remarqués au bureau du premier ministre. La ministre a su calmer le jeu, surtout après le tollé causé par une affirmation de son prédécesseur. En pleine campagne électorale, en 2022, Jean Boulet avait déclaré que « 80 % des immigrants s’en vont à Montréal, ne travaillent pas, ne parlent pas français ou n’adhèrent pas aux valeurs de la société québécoise ».

À l’aube d’élections fédérales, et vu l’explosion de l’immigration temporaire, les troupes de François Legault estiment que le moment est venu d’être plus revendicateur, plus « politique » dans ce ministère. Jean-François Roberge, notamment responsable des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne, apparaît tout désigné.

M. Roberge, ex-ministre de l’Éducation, fait partie de la frange nationaliste de la CAQ. « Jean-François, c’est un grand nationaliste, un enseignant, quelqu’un qui a à coeur le français », a dit à son sujet M. Legault après son assermentation. Dans ses fonctions actuelles, M. Roberge a notamment négocié une entente sur les langues officielles avec Ottawa. Quant à Christine Fréchette, elle est diplômée en administration et en relations internationales. Elle est souvent décrite comme une femme pugnace, mais discrète, capable d’obtenir les résultats qu’elle recherche….

Source: Fréchette et Roberge comme cautions nationalistes à l’Énergie et à l’Immigration

Computer translations:

…. At Immigration, the arrival of Jean-François Roberge is seen as a means of aligning the ministry’s orientations with the nationalist program of the Coalition avenir Québec (CAQ). For some, Ms. Fréchette — who is the former President and Executive Officer of the East Montreal Chamber of Commerce — is perceived as being too close to the demands of employers’ associations, which are calling for radical increases in immigration levels.

This did not prevent her from “delivering the orders” placed with her by the CAQ, observes a source from the economic community. Ex-Péquiste, Mrs. Fréchette slammed the door of the Marois government in 2014, unable to defend the Charter of Values that her party would propose in the election campaign.

Ms. Fréchette’s talents in Immigration were noticed in the Prime Minister’s office. The minister was able to calm the game, especially after the outcry caused by a statement by her predecessor. In the middle of the election campaign, in 2022, Jean Boulet said that “80% of immigrants go to Montreal, do not work, do not speak French or do not adhere to the values of Quebec society”.

On the eve of federal elections, and given the explosion of temporary immigration, François Legault’s troops believe that the time has come to be more demanding, more “political” in this ministry. Jean-François Roberge, in particular responsible for Canadian Relations and Canadian Francophonie, appears to be designated.

Mr. Roberge, former Minister of Education, is part of the nationalist fringe of the CAQ. “Jean-François is a great nationalist, a teacher, someone who cares about French,” said Mr. Legault after his oath. In his current duties, Mr. In particular, Roberge negotiated an agreement on official languages with Ottawa. As for Christine Fréchette, she has a degree in administration and international relations. She is often described as a pugnacious, but discreet woman, capable of obtaining the results she is looking for….

A related article, Le milieu de l’immigration craint que Roberge ne soit qu’un «ministre à temps partiel»

Nommer au ministère de l’Immigration Jean-François Roberge, qui détient déjà les portefeuilles de la Langue française et des Relations canadiennes, est « un choix cohérent » pour le gouvernement caquiste actuel, qui prône un nationalisme identitaire et économique et qui est engagé dans un bras de fer avec Ottawa. Mais l’Immigration est un véritable « monstre », qui demande une expertise complexe qui va au-delà des questions de langue et de main-d’oeuvre, indiquent des acteurs du milieu. M. Roberge est-il l’homme de la situation ?

« Je ne suis pas certain qu’il est très connaissant de tous les dossiers en immigration », dit Stephan Reichhold, directeur de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI), qui représente plus de 150 organismes communautaires. Il rappelle que, au point de vue du budget et du nombre d’employés, c’est la francisation qui occupe le plus de place au sein du ministère de l’Immigration. « J’imagine que c’est surtout ça qui va intéresser [le ministre]. On va voir. On va laisser une chance au coureur. »

M. Reichhold craint surtout que l’immigration ne reçoive pas toute l’attention qu’elle mérite. « Ce sera un ministre à temps partiel et, pour nous, c’est toujours très handicapant », dit-il. Il cite comme exemple des prédécesseurs de Christine Fréchette : Jean Boulet, qui était aussi ministre de l’Emploi, du Travail et de la Solidarité sociale, et Nadine Girault, qui avait aussi la responsabilité des Relations internationales et de la Francophonie. « Le plus gros problème, on l’a vécu avec Jean Boulet, c’est l’absence du ministre. »

Il dit toutefois avoir été bien servi avec la ministre Fréchette, dont l’immigration était l’unique responsabilité. « Elle maîtrisait bien ses dossiers, et même si on n’était pas toujours d’accord, il était possible d’avoir de bons échanges avec elle, raconte M. Reichhold. Je ne sais pas dans quelle mesure M. Roberge va être à l’écoute, mais on espère avoir de bonnes relations avec lui. »

Au début de l’année, Jean-François Roberge avait suscité l’ire de plusieurs immigrants et personnes travaillant dans le milieu en déclarant que le grand nombre de demandeurs d’asile menaçait les services et pourrait aller jusqu’à compromettre l’identité québécoise. Aura-t-il un accueil plus tiède du milieu ? « Difficile à dire », avance M. Reichhold. « Il calquait son discours sur celui du premier ministre. Ça va freiner ses ardeurs [de devenir] ministre de l’Immigration. Il va comprendre que ce n’est pas à son avantage de tenir ce type de propos. »

Le portefeuille de l’Immigration, « pas un cadeau »

Professeure adjointe au Département de science politique de l’Université de Montréal, Catherine Xhardez fait aussi remarquer que la ministre sortante avait réussi à piloter habilement les dossiers de l’Immigration pour plaire aux diverses « coalitions » — économiques, identitaires — de la Coalition avenir Québec. « Elle avait réussi à gagner le respect et la confiance de plusieurs groupes et à naviguer entre eux. C’est ça qui est le plus difficile. Ça va constituer un défi pour le nouveau ministre », dit la chercheuse spécialiste en politiques publiques et en immigration.

Le défi sera aussi de gagner la confiance des acteurs de la première ligne. « Quand on devient ministre de l’Immigration, on est confronté à toute cette complexité. C’est tellement hétéroclite. Il y a beaucoup de programmes. C’est un monstre, l’Immigration. Ce n’est pas un cadeau », constate-t-elle. C’est là une occasion pour le nouveau ministre de se plonger dans la réalité du terrain. « C’est son défi et en même temps une opportunité de gérer mieux, en synergie et de manière plus holistique », croit Mme Xhardez.

Et l’immigration, c’est beaucoup plus que de la francisation. « Pour être en mesure de négocier, il faut connaître sur le bout des doigts les programmes, les chiffres, comprendre les accords et rester compétitif par rapport au reste du Canada, et ça veut dire aussi comprendre les employeurs, le patronat, le milieu des affaires et comprendre les problèmes de terrain dans l’accueil et la disponibilité des services. »

Source: Le milieu de l’immigration craint que Roberge ne soit qu’un «ministre à temps partiel»

Appointing Jean-François Roberge, who already holds the French Language and Canadian Relations portfolios, to the Ministry of Immigration, is “a coherent choice” for the current Caquist government, which advocates identity and economic nationalism and is engaged in a tug-of-war with Ottawa. But Immigration is a real “monster”, which requires complex expertise that goes beyond language and labor issues, say actors in the field. Mr. Is Roberge the man of the situation?

“I’m not sure he’s very knowledgeable about all immigration issues,” says Stephan Reichhold, director of the Table for Concertations for Refugees and Immigrants (TCRI), which represents more than 150 community organizations. He recalls that, from the point of view of the budget and the number of employees, it is the francization that occupies the most space within the Ministry of Immigration. “I imagine that this is mainly what will interest [the minister]. We’ll see. We’ll give the runner a chance. ”

Mr. Reichhold fears above all that immigration will not receive all the attention it deserves. “It will be a part-time minister and, for us, it is always very disabling,” he says. He cites as an example Christine Fréchette’s predecessors: Jean Boulet, who was also Minister of Employment, Labour and Social Solidarity, and Nadine Girault, who was also responsible for International Relations and La Francophonie. “The biggest problem, we experienced it with Jean Boulet, is the absence of the minister. ”

However, he says he was well served with Minister Fréchette, whose immigration was the sole responsibility. “She mastered her files well, and even if we did not always agree, it was possible to have good exchanges with her,” says Mr. Reichhold I don’t know to what extent Mr. Roberge will be listening, but we hope to have good relations with him. ”

At the beginning of the year, Jean-François Roberge had aroused the ire of several immigrants and people working in the environment by stating that the large number of asylum seekers threatened the services and could go so far as to compromise Quebec identity. Will he have a lukewarm welcome from the environment? “Hard to say,” says Mr. Reichhold “He modelled his speech on that of the Prime Minister. It will curb his ardor [to become] Minister of Immigration. He will understand that it is not to his advantage to make this type of comment. ”

The Immigration portfolio, “not a gift”

Catherine Xhardez, an assistant professor in the Department of Political Science at the Université de Montréal, also notes that the outgoing minister had managed to skillfully manage immigration issues to please the various “coalitions” – economic, identity – of the Coalition avenir Québec. “She had managed to gain the respect and trust of several groups and navigate between them. That’s what’s the most difficult. It will be a challenge for the new minister, “says the researcher specializing in public policy and immigration.

The challenge will also be to gain the trust of front-line actors. “When you become Minister of Immigration, you are faced with all this complexity. It’s so heterogeneous. There are many programs. It’s a monster, Immigration. It’s not a gift,” she says. This is an opportunity for the new minister to immerse himself in the reality of the field. “This is his challenge and at the same time an opportunity to manage better, in synergy and in a more holistic way,” believes Ms. Xhardez.

And immigration is much more than francization. “To be able to negotiate, you have to know the programs, the numbers, understand the agreements and remain competitive with the rest of Canada, and it also means understanding employers, employers, the business community and understanding the field problems in the reception and availability of services. ”