Propos sur le « frérisme »: Ottawa accuse le chef du PQ de propager « une théorie du complot »

Valid criticism of PQ:

« Je pense que cela ressemble pas mal à une théorie du complot », a déploré mercredi le député de la région de Québec et ex-ministre Jean-Yves Duclos.

« La politique la plus facile, c’est celle de diviser. Il faut absolument travailler autrement dans le contexte mondial dans lequel on vit. Il faut qu’on soit unis et que l’on travaille ensemble et éviter de se polariser comme d’autres pays le font », a-t-il ajouté.

Pour sa part, le ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes, Marc Miller, a qualifié de « ridicules » les propos du chef péquiste.

Le libéral réagissait aux déclarations de Paul St-Pierre Plamondon qui a affirmé que le « frérisme » – une idéologie prônée par les Frères musulmans qui vise à islamiser les sociétés occidentales – « est une réalité documentée dans plusieurs pays d’Europe », mais que « la seule raison pourquoi on ne la documente pas au Canada, c’est que c’est l’agenda du gouvernement en place ».

« Je suis désolé, mais c’est ça », a soutenu le chef du Parti québécois, qui a ajouté que le « Québec n’étant pas un pays est subordonné à des décisions et à un service de renseignements absolument pas orienté par l’intérêt public à [son] avis ».

Il a tenu ses propos lors d’une assemblée publique (townhall) organisée par Centre consultatif des relations juives et israéliennes, le 15 avril. Il répondait alors à une question de Léo Dupire, du groupe de droite Québec Fier, qui lui demandait de reconnaître « qu’il y a un problème avec l’immigration musulmane de masse ». M. Dupire relaie lui-même l’extrait sur les réseaux sociaux.

Le leader souverainiste apporte rapidement des nuances à la question de son interlocuteur. « Je vise la paix sociale », affirme-t-il. M. St-Pierre Plamondon déplore ensuite « l’immigration incontrôlée » imposée par Ottawa et propose de « revenir à l’immigration planifiée ».

« Je n’irais pas à dire l’immigration musulmane parce que j’ai eu plusieurs discussions avec des gens qui ont fui des régimes iraniens, saoudiens, afghans. Des gens qui disent : “Moi, j’ai vu comment une société peut virer et je suis conscient du totalitarisme religieux, donc j’ai choisi le Québec pour ne pas vivre là-dedans” », explique le chef péquiste, qui dit vouloir « inclure tout le monde » dans la discussion.

Le Conseil national des musulmans canadiens a dénoncé des déclarations qui ne font « qu’alimenter la peur entre les Québécois avec des idées importées d’Europe ».

« Les propos tenus par M. St-Pierre Plamondon sont à l’image de sa rhétorique habituelle qui laisse planer la suspicion envers nos concitoyens de confession musulmane. En tant que prétendant au pouvoir, il doit être capable d’affirmer clairement que les Québécois de confession musulmane ne sont pas une menace pour notre société », a déploré le président-directeur général, Stephen Brown.

Dans un point de presse mardi à Québec, Paul St-Pierre Plamondon a rappelé que le Parti québécois « est capable d’attirer des candidatures de toutes les religions » qui sont « d’accord sur le contrat social qu’incarne » sa formation politique. Les candidats péquistes dans Jeanne-Mance–Viger et Anjou–Louis-Riel sont notamment de confession musulmane.

De « l’aveuglement volontaire »

Le leader péquiste a également précisé ses propos à l’égard d’Ottawa, mardi. « L’agenda, c’est le multiculturalisme et l’aveuglement devant l’ingérence étrangère », a-t-il expliqué.

Selon lui, il y a matière à inquiétude sur le phénomène du « frérisme » : « Ce serait surprenant qu’il n’y ait pas cette forme d’ingérence étrangère au Québec alors qu’on est en train de la documenter de manière assez précise dans plusieurs pays européens. » Il montre du doigt « la doctrine fédérale » qui est « de fermer les yeux » et d’ouvrir les vannes de l’immigration.

« C’est ce que Trudeau appelait le postnational. Le postnational, c’est un peu l’effondrement de l’État national qui surveille ses intérêts, puis qui voit à une planification », a-t-il dit, ajoutant ne pas observer de changement avec l’arrivée de Mark Carney.

Le ministre des Transports, Steven MacKinnon, s’est montré tout aussi cinglant que Jean-Yves Duclos. « L’agenda du gouvernement, c’est d’assurer la prospérité et la qualité de vie de l’ensemble des Canadiens. Mais venant du gars qui a regardé la caméra pour dire aux gens de l’Outaouais : “C’est ça qui est ça. Vous allez perdre votre job, mais vous allez agir en bons Québécois quand même”, cela ne me surprend pas », a-t-il décoché.

Source: Propos sur le « frérisme »: Ottawa accuse le chef du PQ de propager « une théorie du complot »

“I think it looks a lot like a conspiracy theory,” lamented Quebec City region MP and former Minister Jean-Yves Duclos on Wednesday.

“The easiest policy is to divide. It is absolutely necessary to work differently in the global context in which we live. We must be united and work together and avoid polarizing ourselves as other countries do, “he added.

For his part, the Minister of Canadian Identity and Culture, Marc Miller, described the words of the Péquista leader as “ridiculous”.

The liberal reacted to the statements of Paul St-Pierre Plamondon who said that “fraerism” – an ideology advocated by the Muslim Brotherhood that aims to Islamize Western societies – “is a documented reality in several European countries”, but that “the only reason why it is not documented in Canada is that it is the agenda of the government in place”.

“I’m sorry, but that’s it,” said the leader of the Parti Québécois, who added that “Quebec, not being a country, is subject to decisions and an intelligence service absolutely not oriented by the public interest to [his] opinion.”

He made his remarks at a public meeting (townhall) organized by the Advisory Center for Jewish and Israeli Relations on April 15. He then answered a question from Léo Dupire, of the right-wing group Québec Fier, who asked him to recognize “that there is a problem with mass Muslim immigration”. Mr. Dupire relays the excerpt himself on social networks.

The sovereignist leader quickly brings nuances to the question of his interlocutor. “I aim for social peace,” he says. Mr. St-Pierre Plamondon then deplores “the uncontrolled immigration” imposed by Ottawa and proposes to “return to planned immigration”.

“I would not go to say Muslim immigration because I have had several discussions with people who have fled Iranian, Saudi, Afghan regimes. People who say: “I have seen how a society can turn and I am aware of religious totalitarianism, so I chose Quebec not to live in it,” explains the Pequist leader, who says he wants to “include everyone” in the discussion.

The National Council of Canadian Muslims denounced statements that “only fuel fear among Quebecers with ideas imported from Europe”.

“The remarks made by Mr. St-Pierre Plamondon are in the image of his usual rhetoric that leaves suspicion towards our fellow citizens of Muslim faith. As a contender for power, he must be able to clearly state that Muslim Quebecers are not a threat to our society, “lamented President and CEO Stephen Brown.

In a press briefing on Tuesday in Quebec City, Paul St-Pierre Plamondon recalled that the Parti Québécois “is able to attract applications from all religions” who are “agree on the social contract that embodies” its political formation. The Péquist candidates in Jeanne-Mance–Viger and Anjou–Louis-Riel are in particular Muslim.

Of “voluntary blindness”

The Pequist leader also clarified his remarks about Ottawa on Tuesday. “The agenda is multiculturalism and blindness to foreign interference,” he explained.

According to him, there is cause for concern about the phenomenon of “frarism”: “It would be surprising if there was no such thing as this form of foreign interference in Quebec when it is being documented quite precisely in several European countries. He points to “the federal doctrine” which is “to close the eyes” and open the floodges of immigration.

“This is what Trudeau called the postnational. The post-national is a bit of the collapse of the national state that monitors its interests, then sees to planning, “he said, adding that he did not observe any change with the arrival of Mark Carney.

Transport Minister Steven MacKinnon was just as scathing as Jean-Yves Duclos. “The government’s agenda is to ensure the prosperity and quality of life for all Canadians. But coming from the guy who looked at the camera to say to the people of the Outaouais: “That’s what it is. You will lose your job, but you will act like good Quebecers anyway,” it does not surprise me, “he said.