Les migrants haïtiens doivent savoir ce qui les attend, croit un élu new-yorkais

Hopefully this kind of initiative, along with Canadian consulate outreach to Haitian and other communities in the USA, will reduce the flow:

Venu de la Grosse Pomme pour vérifier si le Canada est vraiment l’eldorado imaginé par de nombreux ressortissants haïtiens, le conseiller municipal new-yorkais Mathieu Eugène promet de remettre les pendules à l’heure auprès de la communauté en rentrant chez lui.

«Je vais pouvoir mieux informer mes frères et mes soeurs qui croient trouver ici la terre promise, a souligné M. Eugène. La perception des Haïtiens aux États-Unis, c’est que le Canada va accueillir à bras ouverts tous ceux qui ont un TPS [Temporary Protected Status], mais ils ne savent pas ce qu’est la réalité.»

L’élu était à Montréal mardi à l’invitation du conseiller de la Ville du district de Saint-Michel Frantz Benjamin, avec qui il a rencontré plusieurs leaders de la communauté haïtienne, en plus de visiter un centre d’hébergement de demandeurs d’asile.

Des gens paniqués

M. Eugène représente un quartier de Brooklyn où résident de nombreux citoyens d’origine haïtienne. Connu et respecté dans la communauté, il voit défiler dans son bureau des gens paniqués qui viennent d’apprendre que leur TPS, un statut de protection temporaire accordé aux Haïtiens après le tremblement de terre de 2010, viendra à échéance dans six mois, et qu’ils devront alors retourner dans leur pays d’origine.

Se fiant naïvement à de fausses informations qui circulent sur le web et sur les réseaux sociaux, ou à des rumeurs propagées par des connaissances, relate Mathieu Eugène, ils croient améliorer leur sort en gagnant le nord du 49e parallèle.

«Ils vivent du désespoir et de la désolation devant la menace d’être déportés en Haïti. Ils ont entendu dire que la situation sera peut-être meilleure ici. Confrontés à des difficultés, ils en sont rendus à penser que le Canada est la solution.»

«Je vais leur donner des informations justes et leur dire d’y réfléchir à deux fois, mais c’est difficile de les décourager ou de prévenir leur décision de venir au Canada. Je ne peux pas contrôler tous les Haïtiens», note-t-il toutefois.

Mathieu Eugène a l’intention d’organiser une conférence de presse à New York et même des rencontres d’information, pour expliquer aux migrants qui craignent l’expulsion du pays de Donald Trump que le même sort les attend peut-être dans la contrée de Justin Trudeau, même si les messages du premier ministre sur Twitter peuvent sembler très accueillants.

Mais pour lui, la priorité est cependant de poursuivre les pressions politiques aux États-Unis afin que soit prolongé le statut de protection temporaire pour les Haïtiens, ce qui n’est pas une mince tâche, étant donné les prises de position de l’administration Trump.

«C’est une lutte que l’on mène depuis longtemps, et on va continuer», a-t-il promis.

Nouvelle plongée dans l’incertitude

Dans la communauté haïtienne de Montréal, on espère que le message de M. Eugène sera entendu aux États-Unis, parce que bien des demandeurs d’asile risquent de voir leurs espoirs déçus, a expliqué Chantal Ismé, vice-présidente du conseil de la Maison d’Haïti, au visiteur new-yorkais.

«La plupart des personnes qui traversent la frontière actuellement ne répondent pas aux critères pour obtenir le statut de réfugié, a-t-elle fait valoir. Peut-être que certaines personnes seront acceptées, mais à cause du grand nombre de personnes qui arrivent et des délais qui s’allongent, les délais seront très longs avant d’avoir une réponse. Ces gens fuient l’incertitude pour être plongés dans une autre incertitude. Si leur demande est refusée, ils seront déportés vers Haïti, pas vers les États-Unis! C’est la précarité qui les attend à nouveau.»

«Le Canada les accueille temporairement, et notre approche humaine leur laisse peut-être croire que c’est le paradis ici, renchérit Ninette Piou, directrice du centre N A Rive. Mais la route est encore longue ensuite et le processus est plein d’écueils.»

Source: Les migrants haïtiens doivent savoir ce qui les attend, croit un élu new-yorkais | Isabelle Ducas | Actualités

Demandeurs d’asile: la communauté haïtienne ébranlée

Activists (and opposition members) always complain that not enough being done with limited recognition of the operational challenges involved. But that is the role they play in society:

Pourquoi avoir utilisé le Stade olympique ? Pourquoi des tentes ? Les gouvernements canadien et québécois n’auraient-ils pas pu faire mieux ?

Pour des Haïtiens réunis en colloque hier à Montréal-Nord à l’initiative de jeunes leaders de leur communauté, l’arrivée importante de migrants a été très mal gérée et la réaction gouvernementale, choquante.

« L’idée d’utiliser le Stade olympique a donné l’impression que le Québec était sous le coup d’une invasion », a dénoncé hier Frantz André, porte-parole du Comité d’action des personnes sans statut.

M. André, qui s’est rendu à Saint-Bernard-de-Lacolle, dit avoir été tout aussi choqué par toutes ces tentes qui ne font que replonger les Haïtiens « dans le traumatisme du tremblement de terre de 2010 ».

Amir Khadir, député de Québec solidaire, était présent au colloque. Lui non plus ne comprend pas que l’accueil des migrants soit aussi chaotique. « Nous avons de multiples édifices publics qui pourraient les héberger, notamment des hôpitaux vides. Je ne comprends pas qu’on n’ait pas recours à ces bâtiments et qu’on laisse les migrants à la frontière, dans des tentes, loin de la communauté qui est toute prête à offrir son soutien. »

À son avis, les gouvernements doivent envoyer des messages sans équivoque, « sans gêne et avec diligence », et démontrer qu’ils ne plient pas devant le ressentiment de certains.

Sacha-Wilky Merazil, qui s’est exprimé à titre de citoyen, a fait un vibrant plaidoyer pour les migrants « qui ont tout laissé dans l’espoir d’une vie meilleure. Ces gens ne s’attendent pas à une faveur, mais à ce qu’on les accueille dignement ».

FAUSSES RUMEURS ET COMMENTAIRES HAINEUX

Au micro, de nombreux intervenants ont corrigé certaines fausses perceptions, rappelant notamment que le fait que Montréal ait le statut de « ville sanctuaire » a été mal interprété.

La réalité, a dit Daphney Laraque, c’est que ce statut donne essentiellement aux migrants la possibilité d’avoir recours à certains services publics, d’envoyer leurs enfants à l’école, par exemple.

« Ça ne veut pas dire qu’on y est accueilli sans restriction. Ceux qui arrivent ici risquent tout aussi bien d’être arrêtés et expulsés. »

Mme Laracque a ensuite rappelé que chaque dossier est analysé à la lumière des règles en vigueur.

Les fausses rumeurs de toutes parts ont donc donné l’illusion aux uns que le Canada accueillait chacun à bras ouverts, et aux autres que le pays était une passoire, ce qui a valu à la communauté haïtienne son lot de commentaires haineux.

« Le racisme exprimé à l’égard de la communauté haïtienne sur les réseaux sociaux est inacceptable, a dit en entrevue Émilie Nicolas. Ce racisme témoigne certes du fait que la droite anti-immigration est de plus en plus organisée au Québec. Heureusement, beaucoup de Québécois prennent la peine de dire haut et fort qu’ils sont opposés à ce discours et ça, c’est important. »

Source: Demandeurs d’asile: la communauté haïtienne ébranlée | Louise Leduc | Actualités