Rioux | Le tabou de l’immigration

Rioux on what he perceives as the denial of the left (which of course is matched by denial on the right), making reasoned discussion more difficult. That being said, I would rephrase his “rien n’apparaît plus urgent que de rapatrier l’immigration du champ de la morale à celui de la politique” to à celui des questions concretes comme le logement et système de santé:


…C’est à partir des années 1970 qu’une gauche morale, embourgeoisée et néolibérale, soulignent les auteurs de l’étude, devint ouvertement multiculturaliste et abandonna toute idée de réguler l’immigration.

Le Rassemblement national n’avait plus qu’à cueillir l’électorat populaire, abandonné de tous. Au point où il est justifié de se demander si, malgré les étiquettes qu’on lui colle, ce parti ne s’inscrit pas aujourd’hui dans la tradition des grands partis populaires de gauche.

Mais il n’est jamais aisé d’admettre son erreur. C’est pourquoi, en France, celle qu’on appelle encore la gauche a plutôt choisi de s’enfoncer dans le déni alors même que la moitié de ses électeurs, pourtant de moins en moins nombreux, continuent à penser qu’il y a trop d’immigrés en France.

Là-bas comme au Québec, rien n’apparaît plus urgent que de rapatrier l’immigration du champ de la morale à celui de la politique.

Source: Chronique | Le tabou de l’immigration

Raj: Why Canada’s consensus on immigration is fraying

The unfortunate all to common mistake of conflating concerns over unbridled temporary migration with overall permanent resident migration, as well as the distinction between concern over the practicalities of housing, healthcare etc to a rapidly increasing population, driven more by temporary immigration. Raj completely misses the point (and I suspect Poilievre understands the distinction).

Abacus in its regular polling also appears to ignore this distinction:

Money quote:

Anti-immigration sentiment used to be politically taboo. Election after election, a majority of voters told party leaders they wanted more immigrants, not fewer. That vision of a Canada welcoming newcomers with open arms, however, is increasingly challenged. Unless governments address a growing perception that unbridled migration is making the country worse off, we may be walking towards a darker, more divisive path, one that makes us less wealthy in the long run.

Source: Why Canada’s consensus on immigration is fraying

Empty desks, international students and the quest for Canadian work permits 

Excellent reporting on what the private colleges and those in partnership with public colleges looks like in practise. More reporting like this is needed, and one has to ask where the federal and provincial governments were in allowing this to develop, along with those immigration advocates and academics who largely neglected this growth.

Major policy and program fail:

On a desolate industrial park off a highway north of Toronto stands the Vaughan campus of Flair College of Management and Technology. The boxy façade of the business college is adorned with images of students cooking, at a computer screen, or wearing virtual-reality goggles. Yet the only sign of real life is a woman smoking a cigarette on the steps next door. It is a school day in late January, but the college doors are locked.

Flair’s other campus is in a Brampton strip mall that advertises an optometrist, a dental hygienist and a vascular institute. This at least looks open.

There are two pieces of paper taped to a wall. One directs the visitor downstairs to a busy clinic offering “Immigration Medicals,” the other to Flair College, toward a suite in the basement where no one has quite bothered to move in. Only one room, as big as a decent-sized bedroom, resembles a classroom with chairs and a desk at the front, where a woman sits glued to her phone.

The women’s washroom has no soap or bathroom tissue. There are two television boxes and a desk in an empty office that looks as if it has never been used. One classroom is empty, except for a couple of desks stacked against the wall. There are no students, just a queue from the immigration medical clinic snaking into the corridor…

Source: Empty desks, international students and the quest for Canadian work permits 

Un programme «totalement dénaturé», tonne un leader syndical

On the steep rise in the number of temporary workers. Not much similar messaging from Canadian unions unless I’ve missed it:

Québec a fait entrer plus de personnes munies d’un permis de travail fermé que de résidents permanents l’an dernier. La majorité d’entre eux sont arrivés sans que leur poste soit d’abord affiché pour les travailleurs locaux. C’est donc une mesure d’exception qui est devenue la norme, déplorent des syndicats.

« Le programme est totalement dénaturé. Il a été remplacé par un fast track pour les employeurs, une autoroute pour la précarisation », lance Dominic Lemieux, directeur québécois du syndicat des Métallos. Il s’inquiète que les employeurs n’aient plus « aucune pression » pour donner des conditions de travail compétitives s’ils peuvent se tourner vers les travailleurs temporaires « sans rien avoir à faire pour trouver des gens locaux ».

En 2023, ce sont 63 % des dossiers de travailleurs temporaires qui ont pu passer par le « traitement simplifié », en dehors de l’agriculture, selon des données obtenues par Le Devoir dans le cadre d’une demande d’accès à l’information. Cette mesure réclamée par Québec fait en sorte que les employeurs ne sont pas obligés d’afficher l’emploi au préalable et donc de faire la démonstration qu’ils ont cherché à recruter quelqu’un localement.

En principe, le Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) permet aux employeurs d’embaucher ailleurs « lorsqu’aucun Canadien ou résident permanent n’est disponible », est-il pourtant expliqué à la première ligne du feuillet d’information fédéral.

Embaucher des travailleurs à l’étranger, même avec un traitement simplifié, « est un parcours du combattant », rétorque quant à elle Véronique Proulx, présidente-directrice générale de Manufacturiers et exportateurs du Québec (MEQ). « Le premier choix est de recruter localement », car il est « excessivement complexe et long » de franchir toutes les étapes pour recevoir des travailleurs temporaires.

Mécanique

Les permis dits « fermés » sont liés à un seul employeur. Plusieurs les trouvent trop restrictifs, voire controversés parce qu’ils peuvent rendre les travailleurs étrangers temporaires « vulnérables », comme l’a souligné un rapporteur spécial des Nations unies l’automne dernier. Deux actions collectives contre le gouvernement fédéral afin de les abolir sont aussi en attente d’être autorisées par les tribunaux. 

Ce sont 58 885 permis fermés qui ont été octroyés en 2023 avec l’aval de Québec, selon les données d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC). Pendant cette même année, ce sont 52 790 personnes qui sont devenues résidentes permanentes dans la province. 

Depuis 2021, le gouvernement caquiste a fait de nombreuses démarches à Ottawa pour qu’il assouplisse le programme. Résultat : la liste des professions admissibles au traitement simplifié s’est allongée de quelques dizaines à plus de 300 aujourd’hui.

Le fédéral avertit en ligne que les employeurs « devraient faire de leur mieux pour recruter des citoyens canadiens », mais ils n’ont plus à fournir de preuve qu’ils l’ont fait.

Ce changement est « majeur », selon M. Lemieux, des Métallos. Il s’exprimait en nos pages au mois de janvier, mais les chiffres obtenus confirment selon lui le « détournement » du programme. 

Le Conseil du patronat du Québec parle quant à lui d’une forme de « voie de contournement », puisque l’immigration permanente est bouchée. 

Pour faire partie de la liste des métiers et professions admissibles au traitement simplifié, « le déficit de main-d’oeuvre doit être vraiment confirmé », indique Denis Hamel, vice-président des politiques de développement de la main-d’oeuvre au Conseil. L’affichage est une « barrière administrative » dans des domaines où « il est évident que les gens ne se bousculeront pas » pour l’embauche. 

La liste est préparée par la Commission des partenaires du marché du travail (CPMT) à l’aide d’un diagnostic élaboré à partir d’études, explique M. Hamel. Si le nombre de permis fermés augmente, « c’est le reflet du marché du travail », affirme-t-il. 

« Oui, on a besoin de l’immigration, on est d’accord là-dessus. Mais il faut baliser et aussi leur offrir la possibilité de devenir des citoyens à part entière. […] La pénurie n’est pas temporaire », affirme Dominic Lemieux.

Le leader syndical craint que « l’abondance du cheap labor », à terme, « tire les conditions de travail à la baisse ». La précarisation affecte aussi la santé et la sécurité au travail, ajoute-t-il. « C’est beaucoup plus difficile de revendiquer ton droit de refus de travailler si tu as peur de te faire mettre un timbre dans le front et retourner dans ton pays. »

Rupture historique

Il y a en effet un « risque de distorsion » des conditions de travail si elles ne sont plus évaluées dans un secteur ou une région, selon Dalia Gesualdi-Fecteau, professeure à l’École des relations industrielles de l’Université de Montréal. 

« Si l’on regarde dans le rétroviseur, on voit que la politique d’immigration au Canada a historiquement été une politique d’emploi », expose cette spécialiste du droit du travail. Dès le début du XXe siècle, les entreprises ferroviaires identifient à l’étranger des candidats à l’immigration. Après la Deuxième Guerre mondiale, les autorités canadiennes mettent en place un système fondé sur l’existence d’un contrat de travail, et l’employeur doit formellement démontrer qu’il y a pénurie. 

« Mais la grande différence est qu’à l’époque [cette politique] menait à une réinstallation définitive », et non pas à un permis temporaire comme maintenant. « C’est un changement de paradigme, dit-elle. Aujourd’hui, on est vraiment ailleurs. Le marché du travail a encore des besoins qu’on va chercher à combler, mais en large partie par des gens qui ont une possibilité beaucoup plus limitée de rester ici, surtout quand on est dans des emplois dits à bas salaire. »

Des discussions « difficiles »

À la demande de la ministre de l’Immigration, Christine Fréchette, un groupe de travail de la CPMT se penche en ce moment sur les permis de travail fermés. En septembre dernier, le gouvernement se disait « interpellé par les situations d’abus rapportées ». 

En coulisses, plusieurs sources parlent de discussions corsées entre les membres des syndicats et ceux des organisations patronales. Les réunions se tiennent à huis clos, mais plusieurs parties ont déjà fait état de leurs positions. Les quatre centrales syndicales ont réclamé l’abolition des permis fermés en septembre dernier. « Oui, on peut nommer notre préjugé favorable pour les permis ouverts », dit Luc Vachon, président de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD). « Il faut être capables ensemble de dire que le niveau de vulnérabilité des travailleurs temporaires n’est pas souhaitable ni adéquat. On pourra ensuite réfléchir pour réduire ce niveau », dit-il. 

Le Conseil du patronat du Québec « s’oppose au principe de l’ouverture tous azimuts des permis », indique Denis Hamel, craignant une « déstabilisation » du marché du travail. 

Il en coûte de 12 000 $ à 15 000 $ pour recruter à l’étranger, avance Véronique Proulx, de MEQ. « Le programme est essentiel pour assurer la pérennité et la croissance des entreprises. Il fonctionne très bien, mais ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas des choses à améliorer », résume-t-elle. Ainsi, si les besoins changent, les permis ne devraient pas rester figés dans un seul poste pour un seul salaire, donne-t-elle comme exemple.

Source: Un programme «totalement dénaturé», tonne un leader syndical

How Canada’s study permit cap will change where international students are coming from

We shall see in the next few months through web, application and study permits issued data. To a certain extent, depending whether Ontario cracks down on the private colleges and public satellite colleges (where most of the abuse is), the effect on India may be relatively greater than for some other countries:

Canada’s new restrictions on study permits will change colleges’ and universities’ admission strategy, blunting the country’s recent effort to diversify its international student body, experts warn.

Canada has sought to bring in students from a host of countries to avoid having all its eggs in one basket should relations with one particular nation suddenly deteriorate. It has also been part of an effort to enrich the learning experience on campuses by bringing in diverse perspectives.

With the federal government reducing incoming international student intake by 35 per cent this year, post-secondary institutions, especially those in Ontario, are going to bet on recruiting students from countries with high study permit approval rates historically, to ensure admitted students can come, fill the class and pay tuition fees.

“Whoever colleges and universities are giving their letter of acceptance to, they are going to get the maximum enrolment and tuition dollar,” said immigration lawyer Zeynab Ziaie, whose firm handles a high international student caseload.

“The ways to minimize risk would be to, for the most part, avoid countries that are going to be typically high-risk.”

Under the cap, Ottawa will only process a limited number of study permit applications from institutions in each province. If an application is refused because officials don’t believe the applicant is genuine or has enough money to complete the study, that potential enrolment spot will be wasted.

Those high-risk applications are primarily from African countries, which have also seen the fastest international enrolment growth in Canada in recent years.

Immigration department data obtained by ApplyBoard showed Indian and Chinese students, accounted for 41 per cent and 10 per cent, respectively, of the one million study permit holders in Canada in 2023.

For years, the Canadian government as well as colleges and universities have invested in diversifying where students are coming from to lower the risks of suddenly losing enrolments due to geopolitical events, such as during Canada’s diplomatic spats with Saudi Arabia in 2018 and India in 2023….

Source: How Canada’s study permit cap will change where international students are coming from

Idées | Il est temps de parler d’immigration autrement

Critique regarding the impact on immigrant sending societies:

Avec une couverture médiatique croissante, l’immigration se trouve au centre des préoccupations de la société canadienne et québécoise. Des débats sur son acceptabilité sociale à son effet sur le développement et l’épanouissement du Québec, le discours a évolué vers des inquiétudes quant à la capacité d’accueil et d’intégration des personnes immigrantes. L’immigration serait-elle devenue un problème ? Récemment, les défis liés au logement ont cristallisé ces préoccupations, qui alimentent les discours sur les capacités d’accueil des personnes immigrantes, les seuils et le recrutement des étudiants étrangers.

Deux facteurs principaux expliquent ce changement dans le ton du discours.

Tout d’abord, les événements survenus au chemin Roxham à partir de 2017, notamment la fermeture de ce passage frontalier le 25 mars 2023, ont marqué un tournant dans la perception de l’immigration. Cette décision visait à modifier les propos entourant l’immigration, jugée trop négative par les gouvernements aux prises avec l’arrivée irrégulière de migrants. Le gouvernement du Québec considérait le passage à Roxham comme un fardeau, une situation indésirable qui risquait de compromettre son image et d’accentuer les tensions frontalières, notamment en lien avec la capacité à accueillir les demandeurs d’asile au Québec, surtout à Montréal. 

Il était nécessaire de dissocier le Québec de cette problématique frontalière en mettant en avant sa vision de société d’immigration, fondée sur l’intégrité de son système d’immigration, la sélection des immigrants désirables et la contribution des immigrants à la croissance économique de la province. Dans les semaines suivant la fermeture du chemin Roxham, les médias ont réintroduit le concept du « bon migrant », mettant en lumière les travailleurs qualifiés capables de pallier la pénurie de main-d’oeuvre et les étudiants étrangers susceptibles de devenir résidents permanents.

Ensuite, l’immigration de travailleurs temporaires est devenue un enjeu majeur pour le développement économique de toutes les régions du Québec. Malgré une politique gouvernementale visant à limiter le nombre d’immigrants à 50 000 résidents permanents sous le mandat de François Legault, le Québec a connu une augmentation significative de l’immigration temporaire — travailleurs, étudiants étrangers et demandeurs d’asile. Cette hausse, illustrée par une augmentation de 46 % du nombre de migrants temporaires en une année, de 2022 à 2023, selon Statistique Canada, répond à une demande croissante du secteur économique en matière de recrutement. 

Cette évolution souligne l’importance de repenser le discours sur l’immigration. Dans son discours, le gouvernement provincial a toujours rappelé que l’immigration ne devait pas venir déséquilibrer certains fondements de la réalité québécoise, notamment la préservation de la langue française et la place du Québec au Canada.

Hospitalité et façon d’habiter le territoire

Comment parler d’immigration autrement ? Premièrement, en répondant au discours de la peur qui provoque une régression identitaire à un niveau mondial, comme on peut le voir relativement aux frontières, mais également dans notre quotidien. On devient méfiant. On craint la personne qui ne nous ressemble pas. On agit différemment sur le plan de notre identité en excluant l’autre. 

Deuxièmement, il est nécessaire de présenter une autre option s’inspirant de ce que le philosophe français Étienne Tassin nomme « une utopie concrète », qui ouvre la voie à une réflexion novatrice sur la manière d’être hospitalier au monde. Il y a une actualité de l’accueil aujourd’hui qui demande de nouvelles idées, de nouvelles actions concrètes. 

Dans un très bel ouvrage, l’historienne Michèle Riot-Sarcey présente trois caractéristiques d’une sensibilité utopique. D’abord, il est important de faire émerger une critique radicale de son temps et de renouer avec une écriture de l’espoir. Il me semble que cela est essentiel. Il faut remettre en question le discours dominant de l’immigration, de la réalité de l’immigration, de la manière dont le système fonctionne, ce qui veut dire articuler une pensée critique des politiques d’immigration de nos sociétés. Ensuite, il faut reconnaître les expériences concrètes et humaines et ne pas rester dans l’abstraction, dans une approche gestionnaire déconnectée de la réalité. Enfin, il faut se donner la possibilité de penser un monde de la migration autre que celui de l’État et de la souveraineté nationale.

Malheureusement, il est frappant de constater à quel point nos gouvernements préfèrent adopter un discours utilitariste du besoin d’immigrants. Par exemple, on discute sans cesse de ce qu’apporte l’immigration au développement de la société québécoise, mais pas de ce que cette émigration provoque sur les sociétés de départ. 

L’émigration s’est inscrite dans un besoin de départ pour des populations en survie économique, mais aujourd’hui, ce qui domine est une logique carrément prédatrice dans la stratégie de recrutement de main-d’oeuvre des pays du Nord à l’égard des bassins du Sud. Qu’en est-il de la justice migrante lorsque des États siphonnent les infirmières et autres professions en pénurie ? Le territoire québécois se doit d’être plus qu’un réservoir de main-d’oeuvre immigrante. Montréal ainsi que les régions ne doivent pas être qu’un simple réservoir de main-d’oeuvre immigrante.

Source: Idées | Il est temps de parler d’immigration autrement

John Ivison: Poilievre signals he’s willing to take a hatchet to runaway immigration levels

Still vague but signals. But as I have argued, a Conservative government will face some of the constraints and pressures that have resulted in the current mess, What changes a Conservative government might make to Canada’s immigration policies:

…Poilievre, on the other hand, has resisted pressures to demonize immigrants, even as Canada has witnessed a significant increase in the number of people who think the country accepts too many newcomers.

That said, at a press conference in Kitchener, Ont. on Wednesday, Poilievre gave his clearest indication yet that he will crack down on the number of new immigrants if he forms government.

He said a Poilievre government would apply a “mathematical formula” that links population growth to the growth in the supply of housing. “It’s the only way to eliminate the housing shortage — adding homes faster than we add population,” he said.

It’s not clear what he means exactly, but the facts are that Canada brought in nearly 1.3-million newcomers last year: 471,550 permanent residents and around 800,000 new non-permanent residents (students and temporary foreign workers). At the same time, Canada built 223,513 new homes, a 10-per-cent drop from the previous year thanks to expensive materials and a shortage of labour.

A logical mathematical formula would be two newcomers for each house built, given units usually accommodate two adults. That would almost account for the Liberal immigration target of 500,000 new permanent residents in 2025, but it would mean a new government would have to freeze work and student visas — unlikely, given the economic constraints.

One way or another, Poilievre is going to have to dramatically reduce the number of immigrants far beyond the 364,000 new student visa cap imagined by the Liberal government….

Source: John Ivison: Poilievre signals he’s willing to take a hatchet to runaway immigration levels

David | Crier au loup

Interesting commentary on Quebec immigration politics, criticism of CAQ contradictions and the relationship with federal politics:

Le gouvernement Legault réussit si rarement à obtenir quoi que ce soit d’Ottawa que près d’un an après la fermeture du chemin Roxham, le premier ministre n’en finit plus de s’en féliciter et de fustiger ceux qui doutaient qu’il arrive à convaincre Justin Trudeau.

Il est vrai que les sceptiques étaient nombreux, mais il y en avait autant qui pensaient que cela n’empêcherait pas les migrants de continuer à affluer au Québec, à commencer par sa propre ministre de l’Immigration, Christine Fréchette.

« Le chemin Roxham, s’il est fermé, il va simplement s’en recréer un autre quelques kilomètres plus loin. Ça ne règle absolument rien, de le fermer », disait-elle, avant d’effectuer un virage à 180 degrés après s’être rendu compte qu’elle contredisait son patron.

M. Legault peut toujours continuer à se péter les bretelles, mais le problème demeure entier. Les demandeurs d’asile ont découvert qu’il est encore plus simple de prendre l’avion. « Finalement, la fermeture du chemin Roxham n’a pas donné grand-chose », relevait déjà l’automne dernier le ministre responsable des Relations canadiennes, Jean-François Roberge.

Cela a donné si peu de résultats que M. Roberge en est rendu à dire non seulement que les services publics sont saturés, au point qu’une « crise humanitaire » serait imminente, mais aussi que l’identité québécoise elle-même est menacée. Bien entendu, le grand responsable demeure le gouvernement fédéral, qui a fait des aéroports canadiens, surtout celui de Montréal-Trudeau, de véritables passoires.

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On peut discuter de la proportion exacte de demandeurs d’asile qui se retrouvent au Québec et de la compensation qu’Ottawa devrait verser au gouvernement provincial, mais le fardeau qu’il doit supporter est indéniablement excessif et inéquitable.

Le moins qu’on puisse dire est que ce nouveau cri de détresse n’a pas semblé inspirer à Justin Trudeau un plus grand sentiment d’urgence que la précédente lettre de M. Legault, datée de la mi-janvier, dans laquelle il évoquait une situation devenue « insoutenable » et un « point de rupture ».

Pour toute réponse, Québec a eu droit à 100 millions sur les 362 millions qu’Ottawa a accordés à l’ensemble des provinces pour loger les demandeurs d’asile, alors que le gouvernement Legault présente maintenant une facture d’un milliard.

Il a peut-être raison de s’alarmer, mais ce n’est pas la première fois qu’il crie au loup sans prendre les mesures qui s’imposent si le danger est aussi grand. Devant une telle urgence, les fins de non-recevoir à répétition d’Ottawa devraient l’avoir convaincu que ses réclamations sont peine perdue. Sinon, ce ne sont que des paroles en l’air et Ottawa a raison de l’envoyer paître.

Au printemps 2022, le premier ministre soutenait qu’accueillir plus de 50 000 immigrants entraînerait la « louisianisation » du Québec. L’automne dernier, son gouvernement a pourtant prévu admettre environ 65 000 immigrants au Québec en 2024. Quand le Parti québécois en proposait 35 000, dont il exigerait une connaissance suffisante du français à l’arrivée, M. Legault disait la chose impossible, mais cela est apparemment possible s’ils sont 65 000. Il y a de quoi être perplexe.

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Chercher un bouc émissaire sur lequel rejeter la responsabilité de ses échecs est un réflexe naturel en politique. Un gouvernement qui détient 89 sièges sur 125 peut difficilement faire porter la faute à l’opposition. Bien sûr, il y a les syndicats, les médias, Trump… mais cela a aussi ses limites.

Mardi, M. Legault a trouvé un autre coupable. « À quoi ça sert, le Bloc québécois ? » a-t-il demandé. Que doit-on lui reprocher au juste ? Les demandes du Québec en matière d’immigration semblent plutôt bien défendues par ses soins à la Chambre des communes.

Pas plus tard que la semaine dernière, il y a fait adopter une motion réclamant la convocation d’une réunion des premiers ministres des provinces et des ministres de l’Immigration pour qu’ils fixent des seuils tenant compte de la capacité de paiement et d’accueil du Québec et des autres provinces.

M. Legault n’en est pas encore à unir sa voix à celle de Pierre Poilievre, qui accuse régulièrement le Bloc d’être le complice de Justin Trudeau, mais faut-il comprendre qu’il croit le Parti conservateur plus apte à représenter les intérêts du Québec à Ottawa ?

M. Poilievre a déclaré mercredi que « le Québec est au point de rupture à cause de la décision de Trudeau d’enlever le visa du Mexique que les conservateurs avaient mis en place ». Quelle coïncidence, n’est-ce pas ?

Il est vrai qu’avec la montée du Parti québécois, qui peut compter sur l’appui du Bloc, et vice versa, la Coalition avenir Québec et le Parti conservateur ont des ennemis communs aussi menaçants pour l’un que pour l’autre. Aux yeux de bien des Québécois, Pierre Poilievre est cependant un loup au moins aussi dangereux que Justin Trudeau.

Source: Chronique | Crier au loup

Mike Moffatt and Cara Stern: Bold solutions to the housing crisis must be front and centre in budget 2024

On immigration, sensibly propose a reduction to 2022 levels (arguably, might need further reduction given housing construction timelines, healthcare capacity and the like):

Address demand while waiting for supply

Canada’s housing crisis was largely caused by our housing stock not keeping up with population growth. Supply-side reforms are needed to increase the absorptive capacity of the housing system to support the newcomers that contribute so much culturally and economically to the fabric of this country. However, that will take time, so demand-side measures are needed while the country builds that capacity.

In the last 18 months, the number of non-permanent residents in Canada nearly doubled, from 1.37 million to 2.5 million. This rapid growth led to a crisis for international students and other non-permanent residents who did not have the housing or supports needed to thrive in Canada. The federal government has responded by capping international student visas, but there is more work to be done.

They could develop a plan to reduce the number of non-permanent residents to 2022 levels of roughly 1.5 million. This one-million-person reduction can happen through attrition by slowing the intake of non-permanent residents (as with the international student visa cap) to levels that are exceeded by the outflow. This includes those both leaving the country and those gaining permanent residency. The purpose of this would not be to close the border to those who contribute so much to Canada but rather give the country time to increase its absorptive capacity. This would then create the conditions for both newcomers and existing residents to thrive.

Source: Mike Moffatt and Cara Stern: Bold solutions to the housing crisis must be front and centre in budget 2024

Quebec asks Ottawa for $1B to cover rising costs of asylum seekers

Understandable, even somewhat hypocritical given that under the Canada-Quebec Accord, Quebec’s financial transfer is independent of immigration levels and thus, given lower immigration levels, gets significantly more funding on a per immigrant basis than other provinces:

The Quebec government is calling on Ottawa to reimburse $1 billion — the amount the province says it has spent to welcome a growing number of asylum seekers.

At a news conference Tuesday, Immigration Minister Christine Fréchette, Education Minister Bernard Drainville, Social Solidarity Minister Chantal Rouleau and Jean-François Roberge, minister of Canadian Relations, said the increase in new arrivals may soon become untenable for Quebec’s education network and social services. 

The province says it spent $576.9 million in 2023 on social services to support migrants. It says that is on top of the $470 million it spent in 2021 and 2022. 

As of Dec. 31, 55 per cent of asylum seekers currently residing in Canada — 160,651 people out of 289,047 — are in Quebec. 

“This is completely unreasonable,” Fréchette said. “Our capacity to provide services to asylum seekers has limits.” 

The province is asking the federal government to relocate asylum seekers more equitably throughout Canada and to slow the influx of asylum seekers entering the country by tightening Canadian visa policies.

It also wants Ottawa to close loopholes that it says would allow criminal groups to infiltrate Canada and to reimburse the province for all costs linked to welcoming asylum seekers from 2021 to 2023. 

Roberge, who is the minister responsible for relations with the rest of the country, said the federal government’s “passive attitude” toward Quebec’s reception of asylum seekers “must absolutely end.”

Fréchette pointed to the four Atlantic provinces, which together received a total of 380 asylum seekers in 2023, compared to Quebec’s 65,570. 

A spokesperson for Quebec’s immigration minister said since Roxham Road closed in March 2023, the five main countries of origin of asylum seekers who stayed in the province are Mexico, India, Haiti, the Democratic Republic of Congo and Senegal. 

The amount Quebec says it has spent on last-resort financial assistance for asylum seekers between 2022 and 2023 went from $163 million to $370 million — a 127 per cent increase.

In January, Quebec said it recorded a spike in the number of requests for social assistance, which it attributed to the increase in asylum seekers. 

Data from the Ministry of Labour, Employment and Social Solidarity shows that requests for social assistance made by asylum seekers increased by 27 per cent at the start of 2024 compared to the same period of the previous year.  

In the past couple of years, requests for social assistance by asylum seekers have grown from 27,099 in October 2022 to 43,174 in October 2023, according to ministry data.

So far, discussions with Ottawa haven’t led to an agreement. The federal government transferred $100 million to Quebec three weeks ago to support a program to house migrants, but Fréchette said the injection is “clearly insufficient.”

Increase in asylum seekers weighing down school network

Even if the federal government reimburses Quebec, the ministers say money wouldn’t solve the root of the problem. 

Although Quebec is obligated to provide instruction to asylum seekers who are minors, the education minister says the province is reaching a “breaking point,” where it cannot rule out the possibility that educating them would be unfeasible.

“We are approaching a point where we will not be able to serve people who are already on the Quebec territory,” Drainville said. “What Quebec has done to educate these asylum-seeking children in recent years is exceptional, but now, it can’t continue like this.”

There are 1,200 French-language classes for newcomers in Quebec, which is the equivalent of 52 elementary schools, Drainville said. Montreal’s French school service centre has been receiving 80 new registrations per week. 

At this rate, he says the province would need to open three to four new elementary schools by the end of the school year just to teach young asylum seekers French. 

“The risk is that we will not be able to offer them the education they are entitled to,” Drainville told reporters. “We’re hoping something can be done to bring down the level, and we’re calling on the federal government to take its responsibilities.”

What is most challenging for Montreal’s French school service centre is recruiting teachers in the middle of the school year to meet the needs of additional students, says the centre’s director of services, Mathieu Desjardins. 

There are more than 6,100 students enrolled in elementary and high school French-languages classes of the Centre de services scolaire de Montréal, he said. Previously, the total number of those students did not exceed 5,400. 

“We are still managing to recruit new teachers, but of course, they are teachers who are not legally qualified,” he said. “Resorting to non-legally qualified teachers is one of the solutions we currently have to respond to the teacher shortage.” 

Prime Minister Justin Trudeau said Tuesday the federal government recognizes how generously Quebecers have been welcoming asylum seekers.

“The federal government was there with hundreds of thousands of dollars, and we will continue to work hand in hand with Quebec to ensure that we can move forward in the right way,” Trudeau said at a news conference in Vancouver.

“The important thing, obviously, is to reassure everyone from one end of this country to the other that we have a functional, rigorous immigration system where the rules are being followed.” 

Announcement ‘damaging’ for asylum seekers, advocate says

In recent weeks, public discourse in Quebec has revolved around the pressure immigration puts on housing and social services. 

But strains on government services have “more complex explanations than only the arrival of newcomers,” said Louis-Philippe Jannard, the protection stream co-ordinator of the Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI) — a  group of over 150 organizations supporting newcomers

“It’s very damaging for asylum seekers to be scapegoated as they have been this morning by the Quebec government,” said Jannard. 

In particular, he says the government suggesting that newcomers were overburdening the education network was “below the belt.” 

“It’s been documented in the past decades as well that there has been some underfunding of the education system,” he said, alluding to numerous reports of teachers leaving the professionafter a couple of years because of poor working conditions. 

“The so-called ‘breaking point’ — I don’t think it’s caused by the arrival of asylum seekers,” Jannard said.  

Source: Quebec asks Ottawa for $1B to cover rising costs of asylum seekers