Elkouri: La loi qui renforce l’absurdité

Indeed:

C’est ce que je me suis dit en prenant connaissance du tableau explicatif byzantin que le centre de services scolaire de Montréal a présenté cette semaine à son comité de parents qui voulait comprendre comment serait appliquée la loi 94 pour les parents et les élèves.

On se rappellera que cette loi adoptée dans la foulée du scandale de l’école Bedford ne fait pas qu’élargir l’interdiction de porter un signe religieux aux membres du personnel scolaire. Elle s’étend aussi aux parents bénévoles et à toute personne qui fournit régulièrement des services aux élèves.

Dans quels cas un signe religieux est-il autorisé ?

On apprend donc en consultant le tableau explicatif qu’un parent portant un signe religieux, c’est-à-dire en l’occurrence une mère voilée, pourrait préparer un gâteau pour une fête à l’école de ses enfants, mais ne pourrait pas servir elle-même ledit gâteau. Elle pourrait participer à l’organisation d’une sortie scolaire, mais elle ne pourrait pas y accompagner les enfants. Elle pourrait assister à un spectacle de fin d’année comme parent. Mais elle ne pourrait pas donner un coup de main durant le spectacle comme bénévole. Elle pourrait tricoter des mitaines pour la classe le soir, mais pas participer à un atelier de tricot à l’école le jour. Vous suivez la logique ?

La loi suscite son lot d’inquiétudes sur le terrain. Elle semble à bien des égards inapplicable. Comment des directions d’école qui ont déjà leur lot de défis quotidiens vont-elles gérer la chose ? Qui aura l’odieux d’annoncer à une mère enthousiaste et appréciée de tous qu’en raison de son signe religieux, elle peut continuer à être présente à l’école comme mère, mais plus comme bénévole ? …

Mais quel message envoie-t-on aux enfants quand on leur dit que certaines éducatrices, aussi compétentes et professionnelles soient-elles, et certaines mères, aussi impliquées soient-elles, sont désormais infréquentables par leur seule présence auprès des enfants, sans avoir commis aucune faute ? Si infréquentables qu’il faudrait ériger un « cordon sanitaire » entre elles et l’école de peur qu’elles contaminent l’esprit des enfants ?

Je suis désolée, mais le principal message que j’y vois est un message raciste et paternaliste qui a été normalisé ces dernières années. Un message qui tient pour acquis que ces femmes sont incapables de faire leurs propres choix et que l’on devrait donc choisir pour elles. Soumettez-vous à nous ou retournez à la maison, mesdames ! On fait ça pour votre bien, afin de favoriser l’égalité homme-femme… Parce qu’au Québec, c’est comme ça qu’on vit. Vraiment ?

Source: La loi qui renforce l’absurdité

This is what I thought to myself when I read the Byzantine explanatory table that the Montreal school service center presented this week to its parents’ committee who wanted to understand how Bill 94 would be applied to parents and students.

It will be remembered that this law passed in the wake of the Bedford School scandal does not only extend the ban on wearing a religious sign to members of school staff. It also extends to volunteer parents and anyone who regularly provides services to students.

In which cases is a religious sign allowed?

We therefore learn by consulting the explanatory table that a parent wearing a religious sign, that is to say in this case a veiled mother, could prepare a cake for a party at her children’s school, but could not serve said cake herself. She could participate in the organization of a school trip, but she could not accompany the children. She could attend an end-of-year show as a parent. But she couldn’t help out during the show as a volunteer. She could knit mittens for the class in the evening, but not participate in a knitting workshop at school during the day. Do you follow the logic?

The law raises its share of concerns on the ground. It seems in many ways inapplicable. How will school principals who already have their share of daily challenges handle this? Who will have the hate to announce to an enthusiastic and appreciated mother that because of her religious sign, she can continue to be present at school as a mother, but no longer as a volunteer? …

But what message do we send to children when we tell them that some educators, no matter how competent and professional they are, and some mothers, no matter how involved they are, are now infrequent by their sole presence with the children, without having committed any fault? So infrequent that a “sanitary cordon” should be erected between them and the school for fear that they contaminate the minds of children?

I’m sorry, but the main message I see in it is a racist and paternalistic message that has been normalized in recent years. A message that takes for granted that these women are unable to make their own choices and that we should therefore choose for them. Submit to us or return home, ladies! We do this for your good, to promote gender equality… Because in Quebec, that’s how we live. Really?

Unknown's avatarAbout Andrew
Andrew blogs and tweets public policy issues, particularly the relationship between the political and bureaucratic levels, citizenship and multiculturalism. His latest book, Policy Arrogance or Innocent Bias, recounts his experience as a senior public servant in this area.

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