David: Les pommes québécoises et les oranges suisses [immigration], Yakabuski: In Quebec, immigration takes centre stage again on the campaign trail

More on Quebec election immigration debates, starting with Michel Davidd:

François Legault a cette fâcheuse habitude de prendre des raccourcis intellectuels qui déforment la réalité à sa convenance, comme il le fait presque quotidiennement dans le dossier du troisième lien.

Pour justifier sa décision de limiter le nombre d’immigrants à 50 000 par année alors que le gouvernement Trudeau prévoit en accueillir jusqu’à 450 000 pour l’ensemble du Canada, le chef de la CAQ a fait valoir les avantages des petits pays comme la Suisse et les États scandinaves.

Personne ne doute de leur extraordinaire réussite dans une multitude de domaines où une population plus nombreuse peut compliquer les choses. Il est clair que la taille n’est aucunement un gage de richesse ou de qualité de vie.

M. Legault sait cependant très bien qu’il compare des pommes et des oranges quand il établit un parallèle entre des États qui détiennent tous les attributs de la souveraineté et une simple province dont les pouvoirs sont limités, notamment en matière d’immigration. Que leur voisin allemand ouvre les vannes de l’immigration n’empêche en rien la Suisse ou le Danemark de fixer leurs propres règles sans provoquer chez eux un quelconque déséquilibre démographique ou politique.

Il va de soi qu’une explosion du nombre d’immigrants au Canada anglais, alors que le Québec choisit de le limiter, ne peut qu’affaiblir son poids au sein de la fédération et rendre encore plus difficile sa capacité d’affirmer sa différence.

Et suivre le mouvement canadien, ce qui imposerait au Québec d’accueillir 100 000 immigrants par année, compromettrait encore plus sûrement son caractère français, dont les chiffres du dernier recensement ont encore démontré la fragilité.
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Même dans un État souverain, la capacité d’intégration des nouveaux arrivants a ses limites. En avril dernier, la première ministre suédoise, Magdalena Andersson, déclarait que son pays « n’avait pas réussi à intégrer les nombreux immigrés qu’il a accueillis au cours des deux dernières décennies, ce qui a donné naissance à des sociétés parallèles et à la violence des gangs ».

Issue du Parti social-démocrate, Mme Andersson n’est pourtant pas une politicienne de droite adepte de la théorie complotiste du « grand remplacement ». La Suède s’est montrée très généreuse — peut-être trop — lors de la crise migratoire de 2015, en étant le pays européen à accueillir le plus grand nombre de migrants par habitant. « Nous allons devoir revoir nos vérités antérieures et prendre des décisions difficiles », a relevé la première ministre.

Le Québec n’est évidemment pas seul à tenter de concilier le désir de préserver son identité et la nécessité de répondre aux besoins du marché du travail. Au
Danemark, également dirigé par une première ministre sociale-démocrate, Mette Frederiksen, une politique migratoire très restrictive se traduit par un taux de chômage très bas et un manque criant de main-d’oeuvre.
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S’il est difficile pour un État souverain de trouver le juste équilibre, cela devient pratiquement impossible pour le gouvernement qui ne dispose pas de tous les éléments pour résoudre l’équation.

Il y a quelque chose de surréaliste dans le débat sur les seuils d’immigration auquel la présente campagne électorale donne lieu. Chaque parti semble tirer un chiffre de son chapeau, bien qu’il n’ait aucun pouvoir sur la sélection de la moitié de ceux qu’il compte accueillir et ne soit pas en mesure d’évaluer la capacité d’intégration de la société québécoise.

Au-delà de la « compatibilité civilisationnelle » évoquée par le Parti conservateur du Québec, il va de soi qu’un plus grand nombre de personnes exige plus de logements, de places en garderie, de travailleurs de la santé, d’enseignants, etc. Ce qui exige précisément de disposer de tous les outils nécessaires.

Le rapatriement des pouvoirs en matière d’immigration est la seule réclamation commune aux cinq partis, qu’ils soient fédéralistes ou souverainistes. Mais le refus d’Ottawa demeure toujours aussi catégorique.

Jean Charest avait espéré que Stephen Harper fasse preuve d’ouverture. François Legault avait misé sans trop y croire sur Andrew Scheer, puis sur Erin O’Toole. S’il devient premier ministre, Éric Duhaime se fait fort de convaincre Pierre Poilievre et ses homologues conservateurs au Canada anglais. Cela demeure bien hypothétique, c’est le moins qu’on puisse dire.

De passage à la table éditoriale du Devoir, mardi, le chef conservateur a proposé une démarche commune de tous les partis représentés à l’Assemblée nationale, ce qui apparaît déjà plus plausible, sans toutefois offrir la moindre garantie de succès.

Depuis le début de la campagne, M. Legault n’a pas reparlé de la grande conversation nationale sur l’immigration qu’il avait évoquée au printemps dernier sans en préciser la forme, mais il faudra bien faire quelque chose. Si cet exercice pouvait simplement permettre de séparer les pommes et les oranges, ce serait déjà quelque chose.

Source: Les pommes québécoises et les oranges suisses

And from the Globe’s Yakabuski, a good overview:

It wouldn’t be an election campaign in Quebec without a debate about immigration.

Elsewhere in the country, elections come and go without much talk about immigration. A broad consensus exists on the topic across the political spectrum and political parties rarely, if ever, seek to differentiate themselves on the issue. That, it seems, is the Canadian way.

In Quebec, however, immigration has become a hot-button issue that features prominently in party platforms. The issue played a determining role in the 2018 campaign as the Coalition Avenir Québec’s signature promise to slash the number of newcomers the province accepts each year propelled it to victory over the Quebec Liberal Party. Under then-premier Philippe Couillard, the Liberals had set an annual target of 60,000 permanent residents; the CAQ, under François Legault, vowed to cut the number to 40,000. It crushed the Liberals.

Within a couple of years, though, the CAQ government increased its annual target for new permanent residents – to 50,000 – and oversaw an explosion in temporary foreign workers to help alleviate a severe labour shortage amid a clamouring for employees from the business sector. The somewhat ironic result is that Quebec has seen a greater influx of foreigners under the CAQ – to more than 93,000 in 2019 and 100,000 expected this year – than it ever did under the Liberals. Proof that there is a lot more than meets the eye on the immigration file.

The nuances get lost on the campaign trail, however, as the parties once again go at each other over immigration levels in advance of the Oct. 3 provincial election.

Mr. Legault maintains that the CAQ’s 50,000 cap on permanent residents represents the number of newcomers the province can integrate each year without threatening its French character. On Monday, he conceded that Quebec’s population is destined to continue to decline as a share of the Canadian population as Ottawa boosts national immigration targets to 450,000 permanent residents in 2024. But that is the price Quebec must pay to remain an island of French in North America.

Besides, small is beautiful. “Switzerland is an extraordinarily rich, and extraordinarily dynamic, small country,” Mr. Legault said. “Being big might be nice, but what’s important is having a [high] quality of life for the people who live in Quebec.”

But maintaining Quebeckers’ quality of life will become an increasing challenge as the province’s working-age population shrinks and the proportion of seniors rises to 24.8 per cent in 2030 from 20.3 per cent in 2021, according to the Quebec Finance Ministry’s own projections. With a population aging faster than the rest of the country outside Atlantic Canada, future economic growth will be severely handicapped.

That reality has not stopped the sovereigntist Parti Québécois from vowing to cut immigration levels further – to 35,000 permanent residents annually, or less than 8 per cent of the Canadian total – if it wins on Oct. 3. At that rate, Quebec’s share of Canada’s population (which now stands at 22.5 per cent) would likely plummet even more rapidly than it is forecast to fall under Statistics Canada’s most recent projections, which show it falling to 19.8 per cent by 2043.

To back up his plan, Parti Québécois leader Paul St-Pierre Plamondon has referred to a study produced this year for the Quebec Ministry of Immigration by economist Pierre Fortin that disputes the argument that higher immigration levels are needed to address labour shortages as “a big fallacy,” since an influx of newcomers creates demand in the economy that serves to exacerbate shortages for workers, housing and health care.

Prof. Fortin’s study is especially critical of Ottawa’s immigration targets, arguing they will lead to “bureaucratic congestion and confusion,” produce scarce economic benefits, and increase the “social risk of stoking xenophobia and encouraging a rejection of immigration.”

Under leader Dominique Anglade, the Liberals are proposing to boost the number of permanent residents Quebec accepts to 70,000 in 2023. It would determine immigration levels beyond that year in conjunction with the province’s 17 regions in a bid to get more newcomers to locate outside the greater Montreal area.

The far-left Québec Solidaire has adopted the most ambitious immigration targets of all the parties, promising to welcome up to 80,000 permanent residents to the province annually. That would still not be enough for Quebec’s population growth to keep pace with the rest of Canada, but the figure clearly sets QS apart as the most unabashedly pro-immigration party in this election campaign.

When the CAQ leader challenged QS co-spokesperson (and de facto leader) Gabriel Nadeau-Dubois to explain how his party would slow the decline of French in Quebec with such high immigration levels, he responded with a zinger: “The difference between Mr. Legault and me is that he points fingers and I open my arms.”

Source: Opinion: In Quebec, immigration takes centre stage again on the campaign trail

About Andrew
Andrew blogs and tweets public policy issues, particularly the relationship between the political and bureaucratic levels, citizenship and multiculturalism. His latest book, Policy Arrogance or Innocent Bias, recounts his experience as a senior public servant in this area.

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