La part québécoise de l’immigration continue de diminuer

No surprise. Conscious policy decision with longer-term political impact:

Le Québec n’a peut-être pas accueilli autant d’immigrants qu’il le souhaitait en 2020 à cause de la pandémie, mais il n’en accueillera pas plus l’année prochaine que ce qu’il avait initialement prévu. Du coup, parce qu’Ottawa, lui, entend procéder à un rattrapage, la part québécoise de l’immigration canadienne diminuera encore.

Québec a reconnu fin octobre qu’il recevra cette année entre 30 % et 40 % moins d’immigrants que prévu et qu’il effectuerait un « rattrapage » de 7000 dossiers au cours des deux prochaines années. Plusieurs en ont déduit que ces 7000 personnes s’ajouteraient aux 44 500 à 47 500 personnes que Québec avait planifié d’accueillir en 2021. Ce ne sera pas le cas, a appris Le Devoir.

« Nous maintenons le cap sur les seuils d’immigration. En effet, la cible d’admission pour 2021 demeure la même, soit entre 44 500 et 47 500 immigrants », précise par courriel Flore Bouchon, l’attachée de presse de la ministre québécoise de l’Immigration, Nadine Girault. « L’ajustement des 7000 personnes est pour compenser la baisse des admissions qu’on pourrait avoir. » En d’autres mots, on pense que l’effet de la pandémie pourrait se prolonger en 2021 : garder la même cible constitue donc en soi un « rattrapage » aux yeux de Québec.

Or, le gouvernement fédéral entend vraiment, au cours des trois prochaines années, augmenter le nombre d’immigrants reçus par rapport à ce qu’il avait initialement prévu. Ainsi, il vise 401 000 admissions en 2021 (au lieu de 351 000), 411 000 en 2022 (au lieu de 361 000) et 421 000 en 2023 (les anciennes projections n’allaient pas jusque-là).

Or, le gouvernement fédéral entend vraiment, au cours des trois prochaines années, augmenter le nombre d’immigrants reçus par rapport à ce qu’il avait initialement prévu. Ainsi, il vise 401 000 admissions en 2021 (au lieu de 351 000), 411 000 en 2022 (au lieu de 361 000) et 421 000 en 2023 (les anciennes projections n’allaient pas jusque-là).

Ces hausses feront donc en sorte que Québec recevra une part plus faible qu’avant de nouveaux arrivants au Canada. En 2018, Québec avait reçu 15,9 % du total canadien. Ce taux a chuté à 11,9 % en 2019 et il sera seulement de 11,5 % en 2021 si les cibles des deux gouvernements sont atteintes. Pour l’année 2020 en cours, Ottawa pense être en mesure de respecter sa cible de 341 000 admissions, alors que Québec prévoit d’arriver bien en deçà, dans une fourchette de plus ou moins 25 000 à 30 000 arrivants, ce qui représenterait alors environ 8 % du total canadien.

La baisse de l’apport québécois à l’immigration canadienne se fera surtout sentir dans la catégorie des réfugiés et de la réunification familiale. Le Québec avait accepté 14,4 % de toutes les personnes arrivant au Canada pour rejoindre leur famille en 2018 et 10,6 % en 2019, mais ce taux passera à 9,6 % en 2021. Le déclin est de même amplitude du côté des réfugiés. La part québécoise était de 17,8 % en 2018 et de 13,6 % en 2019, mais ne sera plus que de 12,1 % en 2021.

La baisse de l’apport québécois à l’immigration canadienne se fera surtout sentir dans la catégorie des réfugiés et de la réunification familiale. Le Québec avait accepté 14,4 % de toutes les personnes arrivant au Canada pour rejoindre leur famille en 2018 et 10,6 % en 2019, mais ce taux passera à 9,6 % en 2021. Le déclin est de même amplitude du côté des réfugiés. La part québécoise était de 17,8 % en 2018 et de 13,6 % en 2019, mais ne sera plus que de 12,1 % en 2021.

L’accord entre Ottawa et Québec sur l’immigration commande que Québec accepte plus ou moins 20 % de tous les réfugiés venant au pays. Même si Québec est loin du compte, le gouvernement de Justin Trudeau accepte ses cibles, indique le bureau du ministre fédéral de l’Immigration, Marco Mendicino. « Le plan des niveaux d’immigration du gouvernement du Québec a été intégré au plan des niveaux d’immigration 2021 annoncé par le ministre Mendicino 30 octobre dernier. Nous collaborons avec le Québec afin de nous assurer de leur permettre de recevoir les immigrants nécessaires à la prospérité des entreprises », indique le porte-parole du ministre, Alexander Cohen.

Des craintes

Stephan Reichhold, qui dirige la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes, trouve « très inquiétante » cette diminution. « Depuis deux ou trois ans, le Québec privilégie beaucoup plus l’immigration temporaire », note-t-il. Ces gens viennent travailler au Québec, mais attendront des années avant que leur statut soit régularisé, faute de place. Cela aura un impact sur leurs droits démocratiques et leur accès aux programmes sociaux ou encore les soins de santé.

Aussi M. Reichhold dit-il à ceux qui seraient tentés de se réjouir de cette diminution des seuils d’immigration que « c’est de la poudre aux yeux ». « Il y a autant de bodiessur le territoire québécois que lorsque les niveaux d’immigration étaient plus élevés. C’est ça que les gens ne comprennent pas. Ils sont déjà parmi nous. Ils vivent parmi nous. Ce sont nos voisins, ils sont là, ils participent, ils travaillent. […] Mais tout ça précarise beaucoup de personnes. »

La hausse des cibles d’immigration d’Ottawa a été généralement bien reçue par le milieu des affaires, qui y voit une solution à la pénurie de main-d’œuvre. Mais la population semble l’accepter avec moins d’enthousiasme. Un sondage Nanos Research Group effectué pour le compte de Bloomberg au début du mois indique que seulement 17 % des répondants pensent que le Canada devrait accueillir plus d’immigrants. 40 % ont dit qu’il faudrait plutôt maintenir les niveaux actuels d’immigration, tandis que 36 % des répondants ont dit qu’il faudrait abaisser les cibles.

Source: https://www.ledevoir.com/politique/canada/589588/immigration-la-part-quebecoise-continue-de-diminuer?utm_source=infolettre-2020-11-12&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

About Andrew
Andrew blogs and tweets public policy issues, particularly the relationship between the political and bureaucratic levels, citizenship and multiculturalism. His latest book, Policy Arrogance or Innocent Bias, recounts his experience as a senior public servant in this area.

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