Bouchard: La souveraineté du Québec, plus nécessaire que jamais

Ironic to cite COVID-19 as a justification for Quebec independence while ignoring that Quebec has the highest number of infections and deaths per million of all Canadian provinces and on par with the most affected European countries.

And of course, both multiculturalism and interculturalism are similar models of civic integration, with more semantic rather than substantive differences:

Du point de vue de notre avenir politique, deux leçons peuvent être tirées de l’actuelle pandémie. Nous avons pu constater que, presque partout, les populations plongées dans l’insécurité se sont tournées vers leur nation pour se protéger. Les instances supranationales, à commencer par l’Union européenne, se sont montrées étonnamment impuissantes à mettre en œuvre des initiatives efficaces pour contrer la pandémie.

Chacun a pu ainsi prendre conscience du recours indispensable que l’État-nation continue de représenter comme rempart dans un contexte de crise. Cette enceinte a montré une grande capacité à susciter une solidarité, montrant ainsi qu’elle est loin d’avoir perdu sa pertinence. Il y a intérêt à la soutenir et à la perpétuer. C’est la première leçon.

La pandémie a aussi révélé la fragilité des réseaux supranationaux. La mondialisation ne s’en trouve pas pour autant condamnée, loin de là, mais elle a accusé d’inquiétantes carences. Il sera prudent de mieux définir nos engagements et nos articulations avec cette sphère qui demeure largement chaotique et imprévisible. On voit l’importance de pouvoir se reposer sur un État doté de tous les pouvoirs essentiels. C’est la deuxième leçon.

Les raisons profondes qui ont toujours motivé le mouvement souverainiste restent d’actualité : le combat pour le français, l’émancipation économique, sociale et culturelle de notre société, le renforcement d’une francophonie nord-américaine et, plus généralement, une plus grande liberté collective pour traiter à notre façon, suivant nos traditions et nos choix, les grands problèmes de l’heure. Ces raisons sont clairement rappelées et mises à jour dans le dernier numéro de la revue Action nationale. La pandémie en fait voir d’autres : renforcer la nation-refuge et procurer à l’État une marge de manœuvre accrue qui lui permet de mieux naviguer à travers les écueils de la sphère planétaire.

Sur l’enjeu identitaire

Tout cela survient au moment où le Parti québécois, occupé à se redéfinir, se donnera bientôt un nouveau chef. J’aimerais, dans ce contexte, soumettre trois réflexions. La première concerne la thématique identitaire, toujours bien vivante au sein de ce parti. Écartons d’abord un malentendu. Il est incontestable qu’une nation a besoin d’une identité comme expression d’une appartenance et source de solidarité. On imagine mal comment, privée de ces ressorts, elle pourrait mobiliser ses citoyens et ses citoyennes autour d’idéaux et de projets communs.

Le danger, c’est lorsque la quête d’une identité glisse vers une auscultation de soi qui l’appauvrit et rétrécit le « nous » de la nation. Un déplacement de ce genre est néfaste pour une société diversifiée. Il tend aussi à diminuer la place d’une dimension essentielle, celle de l’action collective, des grands projets que nous pourrions réaliser tous ensemble comme Québécois. Or, la mémoire de ces réalisations contribue justement à fortifier l’identité.

La population québécoise est de plus en plus diversifiée et le vieux noyau francophone jadis largement majoritaire se contracte progressivement (de 79 % en 1971, sa proportion serait passée à 64 % en 2014). Il est donc nécessaire d’ajuster la définition de la nation et de l’identité à la nouvelle réalité.

Est-ce là succomber au multiculturalisme ? On en est loin. Premièrement, il s’agit simplement de reconnaître les droits de tous les citoyens du Québec, en particulier là où ils sont compromis. Cette règle n’est pas copiée du multiculturalisme, elle fait partie de l’héritage général de toutes les horreurs commises durant la première moitié du XXe siècle en Occident. L’éthique qu’elles ont engendrée invite à respecter la diversité plutôt que de la broyer. Le multiculturalisme canadien en est lui-même une expression parmi bien d’autres, tout comme l’interculturalisme québécois.

Deuxièmement, le modèle canadien en matière de relations interculturelles est très différent de l’approche québécoise. Dans le premier cas, les groupes ethnoculturels se voient accorder une latitude exceptionnelle, si bien que le souci de cimenter ces minorités devient quasiment secondaire.

Au Québec, au contraire, c’est une priorité. Nous sommes une petite nation constamment soucieuse d’intégration, de solidarité, de concertation, de rassemblement — et de survie. Troisièmement, le multiculturalisme canadien reconnaît l’existence de minorités mais nie celle d’une majorité. Comment ce modèle pourrait-il s’appliquer ici ?

Le prochain chef du PQ

Je reviens au Parti québécois. La recherche d’une identité forte, au sens défini plus haut, et la promotion d’une conception vraiment inclusive de la nation ne sont nullement incompatibles. Il suffit de revenir à la tradition instaurée par le parti à ses années glorieuses. La loi 101 en est une parfaite illustration. D’un côté, elle servait les intérêts de la majorité en renforçant le français. De l’autre, elle servait les intérêts des minorités en leur procurant le moyen de mieux s’intégrer à la société et d’y faire leur chemin.

Dans l’intérêt du parti et de celui du Québec, il est éminemment souhaitable qu’il renoue avec cette philosophie qui lui a valu une grande partie de ses succès. Cette tradition est toujours porteuse d’avenir parce qu’elle est étroitement alignée sur le Québec en devenir que les fondateurs avaient remarquablement anticipé.

Concernant la course à la chefferie, ces réflexions invitent à favoriser le candidat qui incarne le mieux à la fois la grande tradition et l’avenir du parti suivant les voies esquissées ici. Parmi les candidatures en lice, celle de Sylvain Gaudreault me semble la plus proche de ce profil.

Source: La souveraineté du Québec, plus nécessaire que jamais

About Andrew
Andrew blogs and tweets public policy issues, particularly the relationship between the political and bureaucratic levels, citizenship and multiculturalism. His latest book, Policy Arrogance or Innocent Bias, recounts his experience as a senior public servant in this area.

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