Le PLQ et QS dénoncent un programme de régularisation discriminatoire

Appropriate criticism over the narrowness of the program;

Le Parti libéral du Québec et Québec solidairejugent trop sévères les conditions d’admission au Programme spécial visant à faciliter l’octroi de la résidence permanente aux demandeurs d’asile qui, au plus fort de la crise sanitaire, suaient sang et eau dans les résidences pour personnes âgées assaillies par la COVID-19.

« On circonscrit l’accès à la mesure à un secteur [la santé], et à l’intérieur du secteur, même si tout le monde a eu un risque [de contracter le coronavirus], on circonscrit encore plus… Ça, ça ne serait pas discriminatoire ? » a demandé l’élu libéral Gaétan Barrette en commission parlementaire lundi.

Le Programme spécial des demandeurs d’asile en période de COVID-19 (PSDAPC) s’adresse aux « anges gardiens » qui étaient « sur la ligne de front » à prodiguer des « soins directs à la population pendant la pandémie », a expliqué la ministre de l’Immigration, Nadine Girault. « Ceux qui ont pris le plus de risque », a-t-elle résumé.

Le PLQ et QS se sont tour à tour désolés de voir les autres travailleurs du secteur de la santé — les préposés à l’entretien des résidences pour aînés frappés de plein fouet par le coronavirus, par exemple — laissés en plan par le PSDAPC. Un « vrai, vrai, vrai geste d’humanité » serait de « remercier […] tous les gens qui ont pris un risque ». « Que je sois préposé à l’entretien ménager ou gardien de sécurité, quand le virus je l’attrape, puis que je meure, c’est moi qui suis mort, c’est ma famille qui pâtit. C’est ça un risque », a souligné M. Barrette.

On circonscrit l’accès à la mesure à un secteur [la santé], et à l’intérieur du secteur, même si tout le monde a eu un risque [de contracter le coronavirus], on circonscrit encore plus…

« On a envoyé au combat […] une armée de gens sans arme », a-t-il ajouté, tout en rappelant l’absence d’équipements de protection individuelle en quantité suffisante dans les milieux de vie pour personnes âgées après l’arrivée de la COVID-19 en sol québécois.

L’ex-ministre de la Santé soupçonne le gouvernement caquiste d’avoir « mis un frein » à la volonté du gouvernement fédéral de régulariser les employés du réseau de la santé en situation de précarité afin de respecter les seuils d’immigrationqu’il s’est fixés.

Le député solidaire Andrés Fontecilla a suggéré lundi d’accroître la portée du Programme spécial afin que les préposés à l’entretien, les agents de sécurité, les travailleurs agricoles, les travailleurs d’abattoirs ou d’entrepôts en situation de précarité puissent aussi s’y inscrire.

La ministre de l’Immigration, Nadine Girault, a dit être en paix avec sa décision de permettre seulement aux demandeurs d’asile ayant prodigué des soins directs à des patients — dont des préposées aux bénéficiaires et des aides-infirmières — de s’inscrire au PSDAPC, ce qui leur permettra de s’établir au Québec. « Ce n’était pas un programme discriminatoire. C’était un programme pour remercier les gens qu’on voulait remercier chez les “anges gardiens” qui ont pris soin de nos gens. C’est tout simplement ça », a-t-elle fait valoir.

Puis, elle a cédé, sans avertissement, la parole au nouveau sous-ministre de l’Immigration, Benoit Dagenais. Béant de surprise, le haut fonctionnaire s’est mis à la tâche d’énumérer les 10 orientations de la Planification pluriannuelle de l’immigration 2020-2022 léguée par l’ex-ministre Simon Jolin-Barrette.

Il a par la suite mentionné que le Plan d’immigration du Québec 2021 sera établi à la lumière de la situation économique du Québec, qui a été fragilisée par l’arrivée du coronavirus en sol québécois le printemps dernier. « La crise sanitaire, évidemment, on va la prendre en considération », a souligné M. Dagenais.

De son côté, Mme Girault a indiqué qu’« il n’y aura pas de baisse des seuils d’immigration ».

Lutte contre le racisme

Le PLQ a aussi jeté le doute sur la volonté du gouvernement de lutter contre le racisme au Québec, lundi, après que Mme Girault eut refusé net de nommer les groupes rencontrés jusqu’à aujourd’hui par le Groupe d’action contre le racisme (GACR), dont elle assure la coprésidence.

Le « groupe des sept » élus de la Coalition avenir Québec, qui a été mis sur pied au lendemain de la mort de l’Afro-Américain George Floyd sous le genou d’un policier de Minneapolis, doit présenter une série d’actions visant à faire reculer le racisme au cours de l’automne.

« C’est malheureux et c’est décevant de ne pas avoir l’information », a dit la députée libérale Jennifer Maccarone, tout en invitant le GACR à solliciter sans délai l’avis de la Ligue des Noirs, du Congrès maghrébin au Québec, de la Ligue des droits et libertés…

Source: Le PLQ et QS dénoncent un programme de régularisation discriminatoire

About Andrew
Andrew blogs and tweets public policy issues, particularly the relationship between the political and bureaucratic levels, citizenship and multiculturalism. His latest book, Policy Arrogance or Innocent Bias, recounts his experience as a senior public servant in this area.

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