Le débat sur l’islamophobie au Québec fait des flammèches

Walking back his earlier remarks which nevertheless revealed his lack of understanding and awareness:

Y a-t-il ou non des manifestations d’islamophobie au Québec ? Oui, a concédé le premier ministre Legault vendredi, au lendemain d’une déclaration controversée qui lui a valu de vives critiques — mais aussi le soutien inattendu d’une élue municipale. Mais de là à reconnaître qu’il y a un « courant islamophobe » dans la province, il y a un pas que François Legault refuse de faire.

Jeudi, le chef caquiste était catégorique : « Il n’y a pas d’islamophobie au Québec. »

Il mettait ainsi un terme à la discussion autour de la création possible d’une Journée contre l’islamophobie.

Vendredi, le cabinet du premier ministre a précisé que « M. Legault voulait dire qu’il n’y a pas de courant islamophobe au Québec. Il existe de l’islamophobie, de la xénophobie, du racisme, de la haine, mais pas de courant islamophobe. Le Québec n’est pas islamophobe ou raciste. »

Cette décision de ne pas faire du 29 janvier (date anniversaire de la tuerie de la mosquée de Québec) une journée dédiée à la lutte contre l’islamophobie a été saluée vendredi par la mairesse suppléante de Gatineau, Nathalie Lemieux.

Dans une entrevue au quotidien Le Droit, l’élue a soutenu que « ce mot n’existe même pas. Justin Trudeau pense que l’islamophobie existe, mais c’est lui qui invente ce problème. Il tente de provoquer des problèmes où il n’y en a pas. Les Québécois ne sont pas aussi racistes que certains voudraient le faire croire. Quand un peuple veut s’intégrer, il s’intègre. [Mais] ce peuple ne s’intègre pas. »

Mme Lemieux a aussi ajouté que « ces gens-là font beaucoup de choses mal, avec leurs camions et toutes ces choses-là, et c’est normal d’en avoir peur ».

Ses propos ont été immédiatement dénoncés par le maire de la ville, Maxime Pedneaud-Jobin. « Je me dissocie complètement et je dénonce les propos tenus par la conseillère Nathalie Lemieux à l’égard de la communauté musulmane. Je lui ai immédiatement demandé de se rétracter et de s’excuser », a indiqué M. Pedneaud-Jobin sur Twitter. Le député libéral André Fortin, élu dans la région, a pour sa part écrit que la mairesse suppléante « représente bien mal notre Gatineau, notre Outaouais, notre Québec ».

Des propos peçus comme une «trahison»

Même avec la précision de vendredi, les propos de François Legault ont été perçus comme une « trahison » par Boufeldja Benabdallah, le président du Centre culturel islamique de Québec. Un « coup de massue », même.

Dans une lettre envoyée aux médias, il a écrit vendredi que la sortie du premier ministre a représenté une « insulte à notre intelligence, nous qui luttons sans cesse pour abolir l’attitude de certains contre les citoyens musulmans afin que notre société soit la meilleure et la plus juste qui soit ».

« Avec tout le respect que j’ai pour vous, indique M. Benabdallah à l’intention du premier ministre, je me permets de vous dire que vous n’avez pas mesuré la gravité de cette phrase, 48 heures à peine après la deuxième édition de la Commémoration de la tuerie de la Grande Mosquée. »

En entretien avec Le Devoir, M. Benabdallah a « salué le fait que M. Legault se soit rectifié ». Mais sur le fond, ses critiques demeurent.

« Je me suis senti trahi parce que le 29 janvier, M. Legault a eu la grande amabilité de venir aux commémorations, il était compatissant et a eu des mots extraordinaires. Mais quand il dit qu’il n’y a pas de courant islamophobe tout en reconnaissant qu’il y a des gestes graves d’islamophobie, je lui demande : d’où viennent ces gestes ? Ils viennent de l’islamophobie. »

M. Benabdallah fait valoir que reconnaître l’existence de l’islamophobie au Québec ne revient pas à dire que le Québec est islamophobe. Il dit craindre que les propos de M. Legault « ne redonnent vie à l’amalgame que les islamophobes adorent, à l’effet que nous traitons toutes les Québécois d’islamophobes ».

Le « courant est soutenu par une minorité », estime le président du centre islamique. « Mais il existe et il faut en prendre conscience, ne pas cacher une évidence. Il y a eu six morts et des blessés ici. Il y a eu plusieurs gestes haineux [pamphlets, croix gammées sur les murs de la mosquée, tête de porc tranchée, etc.]. Doit-on nier tout cela pour dire qu’il n’y a pas d’islamophobie au Québec ? »

M. Benabdallah précise autrement qu’il n’a pas « d’objection au refus de la proposition d’une Journée contre l’islamophobie. Je ne me sens ni frustré ni trop malheureux, quoique déçu. »

Barrette nuance

Plus tôt dans la journée, le député libéral Gaétan Barrette avait lui aussi fait valoir que « l’islamophobie existe [au Québec] comme partout ailleurs. Je ne dis pas que c’est systémique, je ne dis pas que la société est islamophobe. Je dis qu’il y a des gens, sans aucun doute, qui le sont. De faire une affirmation aussi catégorique que celle de François Legault, ça m’apparaît être une assez courte vue d’esprit », a-t-il indiqué.

Son chef, Pierre Arcand, a bien accueilli la précision faite par M. Legault vendredi. « Il reconnaît qu’il s’est trompé […], c’est pas mal une excuse, il a corrigé le tir et moi je suis satisfait. »

Le Conseil national des musulmans canadiens (CNMC) avait quant à lui dénoncé des commentaires jugés offensants et inexacts.

Selon Statistique Canada, le nombre de crimes motivés par la haine déclarés à la police a fortement augmenté en 2017 au pays. Les incidents ciblant les Noirs, les juifs et les musulmans ont été à l’origine de la majeure partie de cette hausse.

Source: Le débat sur l’islamophobie au Québec fait des flammèches

In the Globe:

Quebec Premier François Legault has clarified his controversial comments about Islamophobia, now saying such discrimination exists but that it is not widespread.

In a statement Friday, the premier’s office said Legault meant to say that there isn’t an “undercurrent” of Islamophobia in Quebec.

“Quebecers are open and tolerant and will continue to be,” the statement said.

“Unfortunately, too many racist acts still occur today in our society, and everything must be done to denounce and combat hatred and intolerance. We will continue to honour the memory of the six victims of the tragedy of the Quebec mosque on Jan. 29.”

Friday’s statement comes after the premier told reporters Thursday that there’s no need for a day devoted to action against Islamophobia because it’s not a problem in the province. Legault was responding to calls for the anniversary of the Quebec mosque shooting to be established as an anti-Islamaphobia day.

“I don’t think there is Islamophobia in Quebec, so I don’t see why there would be a day dedicated to Islamophobia,” he said Thursday.

Those comments prompted an outpouring of criticism from Muslim groups. They want the province to take a stronger stance against anti-Muslim actions and rhetoric.

‘Out of touch’

Ihsaan Gardee, executive director of the National Council of Canadian Muslims, said Legault’s initial comments were “clearly out of touch with the realities of Islamophobia on the ground in Quebec.”

​Karim Elabed, an imam at a mosque in Lévis, a small city across the river from Quebec City, said the premier’s comments were irresponsible.

“The general opinion is that there is no problem in Quebec. But the problem is real,” he said.

The province should be striving toward educating the future generations and teaching youth to accept cultural differences, said Elabed.

Liberal MP Gaétan Barrette also said Legault’s comments were out of touch with reality, though he too cautioned the problem isn’t “systemic” in Quebec.

“I’m not saying that society is Islamophobic. I say there are people, no doubt, who are,” he said.

At the federal level, the Commons heritage committee recommended last year that Jan. 29 be declared a “national day of remembrance and action on Islamophobia and other forms of religious discrimination.”

Toronto Mayor John Tory announced this week that the city was proclaiming Jan. 29 a day of remembrance and action on Islamophobia.

Like the ruling Coalition Avenir Québec, Quebec’s previous Liberal government also rejected the idea of setting aside a day against Islamophobia.

Former premier Philippe Couillard said last year he preferred to make a commitment against racism and discrimination, rather than single out a particular group or religion.

The latest controversy comes amid a renewed focus on the province’s longstanding debate over the accommodation of religious minorities.

Legault has promised legislation early this year blocking public servants in positions of authority, including police officers, judges, prosecutors, prison guards and teachers, from wearing religious symbols at work.

Source: As controversy swirls, François Legault concedes Islamophobia exists in Quebec

About Andrew
Andrew blogs and tweets public policy issues, particularly the relationship between the political and bureaucratic levels, citizenship and multiculturalism. His latest book, Policy Arrogance or Innocent Bias, recounts his experience as a senior public servant in this area.

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