Parti québécois : l’aveuglement volontaire – Hébert
2014/04/28 Leave a comment
Chantal Hébert on the PQ remaining in denial mode:
Pendant que les ténors du PQ s’entêtaient — sur deux décennies — à vouloir prendre un non pour un peut-être, la majorité des Québécois sont passés à autre chose. Les résultats de l’élection en témoignent : l’écart entre le désir des uns et la réalité des autres est sans précédent.
Depuis le 7 avril, bien des militants souverainistes se consolent en se souvenant que la situation semblait aussi désespérée au moment de la signature de l’accord du lac Meech, en 1987. À l’époque, l’avenir de la souveraineté semblait compromis à tout jamais par la négociation d’un projet de réconciliation constitutionnelle entre le Québec et le Canada. De plus, le gouvernement fédéral de l’époque était dirigé par un Québécois, le progressiste-conservateur Brian Mulroney, disposé à favoriser le retour de sa province dans le giron fédéraliste en faisant une large place à ses compatriotes nationalistes dans la direction des affaires à Ottawa. Trois ans plus tard, l’échec spectaculaire de Meech avait plutôt donné un souffle inespéré à l’option souverainiste.
Les circonstances sont radicalement différentes aujourd’hui. Au bout du vote fédéraliste du 7 avril, il n’y avait aucune carotte constitutionnelle. Pendant la campagne électorale, personne à Ottawa — pas même les rares Québécois qui sont dans les coulisses conservatrices du pouvoir — n’a fait miroiter de grandes perspectives de changement. Le gouvernement libéral majoritaire de Philippe Couillard a été élu sans l’obligation d’obtenir des résultats sur le front des relations Québec-Canada.
Cette fois-ci, le reste du Canada ne viendra pas à la rescousse du Parti québécois.
