Judy Weissenberg Cohen: Does ‘MeToo, unless you’re a Jew,’ hold true?

Valid question:

…Then Oct. 7, 2023, happened. Hamas, a listed terrorist entity in Canada since 2002, launched a surprise armed attack on Israel. They massacred more than 1,200 innocent civilians, they kidnapped children, and they raped women. Victims hiding for their lives witnessed the stunningly savage atrocities committed against women and children. The survivors shared their eyewitness accounts. The butchery was meticulously catalogued by the soldiers and first responders — and by the terrorists themselves, who proudly shared footage of their murderous assaults.

Although intentionally documented, the sexual violence has since been denied by Hamas. Many human rights groups — even those with feminist leanings — were either slow to respond, made false equivalencies, or remained silent. It was only after weeks of pressure that Mélanie Joly, Canada’s minister of foreign affairs, finally condemned Hamas, in early December. Human rights organizations whose focus is on the protection of women also remained silent for months. It took the UN eight weeks to put out a statement. And yet, when a report with unsubstantiated accusations of sexual violence levied against Israel was published, Joly and many others commented within hours.

Were they silent about Israeli (Jewish) women because the UN’s women’s groups have aligned themselves with Hamas, whom they view as representing the oppressed? And, if they are the oppressed, they can’t possibly have committed rape?

Does the popular hashtag #MeTooUnlessUrAJew hold true?

Is the rape of women during wartime as inevitable as antisemitism?

While I am grateful for how far Holocaust studies have come in recognizing both the unique vulnerability and resilience of women, it is difficult to see silence about the weaponization of gender-based sexual violence continue. Once women suffered this in silence; we must not, 79 years after the end of the Holocaust, allow Jewish women, or any person, to ever do so again.

I am 95, and I am tired, but this is not the time to be idle. On International Women’s Day, we need to listen to women, to hear their voices, and to speak for those who have been silenced. Regardless of our politics, in this we must all be fearless.

Special to National Post

Hungarian-born Judy Weissenberg Cohen survived the Auschwitz-Birkenau Concentration and Death Camp and Bergen-Belsen Concentration Camp. She was liberated in 1945 following a four-week-long death march. Judy immigrated to Canada in 1948 and worked in the garment industry in Montreal, moving to Toronto in 1961. She is an activist in anti-racism and Holocaust education, with a focus in women’s experiences.

Source: Judy Weissenberg Cohen: Does ‘MeToo, unless you’re a Jew,’ hold true?

Rioux: La tête et le coeur

Money quote: « Comment écraser la tête de l’ennemi sans qu’il nous dévore le coeur ? »

Dans leurs pires méfaits, les nazis ont toujours tenté de cacher leurs abominations. Ils brûlaient les corps, broyaient les os, enterraient les carcasses, tentant chaque fois de préserver un lourd silence sur l’horreur de leurs crimes. Avec un certain succès d’ailleurs, puisqu’il faudra des années après la guerre pour déterrer l’inimaginable au fond des sols endormis comme au creux des mémoires qui s’étaient dépêchées de faire le vide.

Pardon de revenir sur un événement morbide dont l’actualité frénétique voudrait nous laisser croire qu’il s’est produit il y a deux ans déjà. Un événement qui, à l’échelle d’Israël, a fait plus de victimes que le 11 Septembre. Car, il y aura un « avant » et un « après » 7 octobre 2023. C’est ce que le torrent de l’actualité tente habilement de nous cacher, avec la bénédiction de ceux qui croient béatement que toutes les horreurs se valent.

Après la guerre de Six Jours, en 1967, Israël était sorti du conflit avec la fausse assurance de sa supériorité militaire et d’être dorénavant le maître des horloges. Une assurance que commença à fragiliser dès 1973 la guerre du Kippour survenue à la surprise complète des états-majors. La seconde intifada, au début des années 2000, avec ses attentats kamikazes visant au plus près des familles innocentes et des enfants revenant de l’école, mettra fin dans les esprits à toute perspective d’État palestinien dans un avenir prévisible.

Une étape supplémentaire vient d’être franchie avec l’attentat sauvage du 7 octobre. Il a non seulement prouvé que les frontières d’Israël étaient vulnérables, mais aussi que le pire pouvait se produire sur son territoire. Oui, un vrai pogrom semblable à ceux commis au siècle dernier en Europe de l’Est où l’on égorgeait femmes et enfants. Et tout ça sur le territoire d’un pays créé de toutes pièces pour que ça n’arrive plus.

« Cela va rester le plus grand choc de l’histoire juive post-Shoah, déclarait dans Le Monde la sociologue Eva Illouz. C’est toute la réalité ontologique d’Israël qui a été remise en question. Les nazis essayaient de cacher les atrocités, pas de les diffuser. La mort elle-même est devenue un motif de propagande. Il y a là un changement de régime de l’atrocité. »

L’autre nouveauté de cette guerre, c’est qu’on a crié « Allah Akbar » aussi bien à Paris qu’à Berlin, Bruxelles et Melbourne. Ce qu’on a appelé la cause nationale palestinienne semble aujourd’hui pris en otage par une idéologie islamiste mondialisée provoquant en même temps une fabuleuse internationalisation du conflit qui le rend chaque fois plus insoluble. Car les revendications nationales palestiniennes n’intéressent pas plus les fous de dieu que les potentats arabes corrompus.

Si le président français, Emmanuel Macron, a eu raison de rappeler qu’il n’y aura pas de paix dans la région sans la création d’un État national palestinien, force est de reconnaître que cet État sera une utopie tant que le Hamas demeurera ce qu’il est et qu’il transformera cette guerre de libération nationale en un conflit religieux opposant les juifs de Palestine à l’Oumma tout entière. Or, le plus dramatique n’est pas tant de découvrir l’horreur dont est capable le Hamas — on savait depuis longtemps à quoi carburaient ces extrémistes religieux —, mais de prendre conscience que cette organisation terroriste qui instrumentalise la lutte nationale des Palestiniens au nom du prophète jouit du large soutien d’une population galvanisée. En Palestine comme ailleurs dans le monde.

« Il faut donc libérer la Palestine des Israéliens qui veulent la voler, mais aussi des “Arabes” et des islamistes qui veulent la vendre et l’acheter et lui monter sur le dos », écrivait avec courage Kamel Daoud. Et l’écrivain algérien d’ajouter qu’il faut en finir avec « cette solidarité au nom de l’islam et de la haine du juif […] qui ferme les yeux sur le Hamas et sa nature pour crier à l’indignation ».

Éradiquer le Hamas est un objectif noble et nécessaire. Mais il exigera une longue lutte où il faudra éviter le piège de l’après-11 Septembre, comme l’a subtilement rappelé Joe Biden à Jérusalem. Une lutte qui ne saurait se résumer à envahir Gaza pendant quelques semaines au prix de milliers de vies palestiniennes. Et pour rendre Gaza à qui ensuite ? Sachant qu’Israël ne souhaite pas administrer ce territoire depuis qu’Ariel Sharon s’en est retiré en 2005.

Qu’il faille écraser le Hamas, à la fois pour Israël et pour l’honneur même du peuple palestinien, ne devrait pas faire de doute. Mais comment le faire sans se déshonorer ? Toute la complexité de la réaction d’Israël tient à cette question tragique qu’a admirablement posée l’écrivain Fabrice Hadjadj : « Comment écraser la tête de l’ennemi sans qu’il nous dévore le coeur ? »

Source: La tête et le coeur