L’interdiction des signes religieux affecte l’implication des parents dans les écoles alternatives

Reminder of the collateral damage related to laïcité:

L’interdiction de porter un signe religieux, imposée au personnel scolaire, risque de faire particulièrement mal aux écoles alternatives du Québec, puisque cette directive s’applique aussi aux bénévoles, a appris Le Devoir. C’est que, dans ces établissements, l’implication des parents dans la classe de leurs enfants est obligatoire.

Le 30 octobre dernier, le gouvernement Legault a fait adopter son projet de loi 94, qui visait à renforcer la laïcité dans le réseau scolaire québécois. Depuis, les élèves doivent fréquenter leur école à visage découvert, tout comme l’essentiel du personnel scolaire. Il est par ailleurs interdit aux employés de porter un signe religieux. Une directive qui s’étend « à toute personne qui fournit régulièrement des services » entre les murs d’une école, peu importe leur nature, ou encore qui fournit « des services aux élèves », même de façon ponctuelle et gratuite.

« Ainsi, pour fournir bénévolement des services dans l’école de son enfant dans l’une ou l’autre des situations qui précèdent, le parent doit respecter l’interdiction de port de signe religieux », confirme le ministère de l’Éducation, dans un courriel au Devoir. Une clause de droits acquis s’applique cependant aux parents qui fournissaient déjà bénévolement des services dans l’école de leur enfant avant le 30 octobre 2025, « sauf si l’entente en vertu de laquelle ces services sont offerts est renouvelée après cette date ». Ils devront alors retirer leur signe religieux ou cesser de s’impliquer dans leur école.

Dans de nombreux établissements, cette décision pourrait complexifier le travail du personnel scolaire, comme des directions d’école, la présence de parents bénévoles pour aider au rangement des livres dans les bibliothèques ou pour accompagner des enseignants lors de sorties scolaires permettant d’alléger, quelque peu, les effets de la pénurie de main-d’œuvre, évoquent plusieurs intervenants au Devoir.

« Discrimination par association »

Cependant, c’est dans les écoles alternatives — dont le nombre, en augmentation, approche la cinquantaine au Québec — que cette interdiction pourrait avoir le plus de répercussions. Car, dans ces établissements, l’implication bénévole des parents d’élèves, directement dans la classe de ces derniers, est obligatoire. Certaines écoles demandent d’ailleurs un nombre d’heures minimales d’implication bénévole aux parents.

Ainsi, si un parent ne peut plus s’impliquer dans une école alternative parce qu’il porte un signe religieux, « son enfant ne peut plus aller à cette école-là », relève le porte-parole du Regroupement des comités de parents autonomes du Québec, Sylvain Martel. « On va arriver à exclure des enfants de leur école en raison des croyances religieuses de leurs parents », déplore M. Martel, qui voit là « une sorte de discrimination par association ».

Une situation que dénonce le porte-parole du Réseau des écoles publiques alternatives du Québec, Pierre Chénier, qui a été mis au fait de cette situation par Le Devoir.

« Je trouve ça vraiment déraisonnable », lance-t-il, déplorant que cette interdiction vise ainsi des parents motivés par leur « bonne volonté » et leur « désir d’aider ». « Vraiment, je n’en reviens pas », poursuit M. Chénier. Selon lui, cette directive menace de « faire disparaître le modèle » unique des écoles alternatives, qui cherche « l’inclusion plutôt que l’exclusion ». 

Source: L’interdiction des signes religieux affecte l’implication des parents dans les écoles alternatives

The ban on wearing a religious sign, imposed on school staff, may particularly harm alternative schools in Quebec, since this directive also applies to volunteers, Le Devoir learned. It is because, in these institutions, the involvement of parents in their children’s class is mandatory.

On October 30, the Legault government passed its Bill 94, which aimed to strengthen secularism in the Quebec school network. Since then, students have had to attend their school with their faces uncovered, just like most of the school staff. Employees are also prohibited from wearing a religious sign. A directive that extends “to anyone who regularly provides services” within the walls of a school, regardless of their nature, or who provides “services to students”, even on an ad hoc and free of charge.

“Thus, to voluntarily provide services in his child’s school in any of the above situations, the parent must respect the prohibition of wearing a religious sign,” confirms the Ministry of Education, in an email to Le Devoir. However, an acquired rights clause applies to parents who were already voluntarily providing services in their child’s school before October 30, 2025, “unless the agreement under which these services are offered is renewed after that date”. They will then have to withdraw their religious sign or stop getting involved in their school.

In many schools, this decision could complicate the work of school staff, such as school principals, the presence of volunteer parents to help store books in libraries or to accompany teachers on school outings to lighten somewhat the effects of the labor shortage, say several speakers at Le Devoir.

“Discrimination by association”

However, it is in alternative schools — whose number, increasing, is approaching fifty in Quebec — that this ban could have the most repercussions. Because, in these institutions, the voluntary involvement of parents of students, directly in their classroom, is mandatory. Some schools also require a minimum number of hours of volunteer involvement from parents.

Thus, if a parent can no longer get involved in an alternative school because he wears a religious sign, “his child can no longer go to that school,” says Sylvain Martel, spokesman for the Regroupement des comités de parents autonomes du Québec. “We will be able to exclude children from their school because of the religious beliefs of their parents,” laments Mr. Martel, who sees this as “a kind of discrimination by association”.

A situation denounced by the spokesman for the Réseau des écoles publiques alternatives du Québec, Pierre Chénier, who was made aware of this situation by Le Devoir.

“I find it really unreasonable,” he says, deploring that this ban is aimed at parents motivated by their “good will” and their “desire to help”. “Really, I can’t believe it,” continues Mr. Chenier. According to him, this directive threatens to “make the unique model” disappear from alternative schools, which seeks “inclusion rather than exclusion”.

Unknown's avatarAbout Andrew
Andrew blogs and tweets public policy issues, particularly the relationship between the political and bureaucratic levels, citizenship and multiculturalism. His latest book, Policy Arrogance or Innocent Bias, recounts his experience as a senior public servant in this area.

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