La langue ne peut pas être le critère principal dans la répartition des demandeurs d’asile, dit Québec
2024/02/17 Leave a comment
A noter. Quick rebuke to proposal from the French Language Commissioner:
Le critère de la langue ne peut pas être le facteur principal dans la répartition des demandeurs d’asile à travers le Canada, selon le gouvernement caquiste. Si ce dernier souhaite toujours voir davantage de ces immigrants se diriger vers d’autres provinces, cela doit d’abord se faire « sur une base volontaire », a indiqué jeudi la ministre de l’Immigration, Christine Fréchette.
L’élue du gouvernement de François Legault réagissait ainsi au plus récent rapport du commissaire à la langue française, Benoît Dubreuil, qui recommandait mercredi que la maîtrise de la langue française devienne un critère dans la répartition des demandeurs d’asile. Dans ce scénario, les demandeurs qui ne parlent pas français seraient redirigés vers le reste du Canada.
« Il y a exactement une année, le fédéral avait mis en place un système pour faire en sorte de donner de l’oxygène au Québec, pour faire en sorte de répartir l’ensemble des demandeurs d’asile davantage en Ontario et dans les provinces atlantiques », a rappelé jeudi la ministre Fréchette en mêlée de presse avec son collègue à la Langue française, Jean-François Roberge. « Nous, on demande de reprendre cette approche-là et de faire en sorte que, sur une base volontaire, les demandeurs d’asile soient [redirigés]. »
Interrogée sur le critère de la langue française, Mme Fréchette a répété qu’elle demandait « au fédéral d’agir sur une base volontaire pour la répartition des demandeurs d’asile ». « Les moyens qu’il utilisera pour le faire, c’est à sa discrétion », a-t-elle ajouté.
À Ottawa, le ministre fédéral de l’Immigration, Marc Miller, n’a pas attendu pour rejeter les propositions du commissaire à la langue française. En réponse à une question du député de Lac-Saint-Jean, le bloquiste Alexis Brunelle-Duceppe, il a soutenu que « déporter des gens qui ne parlent pas le français au [reste du] Canada » serait « un geste illégal, immoral, qui manquerait d’humanité ».
La langue parlée « ne devrait pas être le critère principal », a-t-il poursuivi lorsqu’interrogé directement sur la recommandation du commissaire Dubreuil.Ottawa doit « sortir de sa bulle »
Au début de l’année, le premier ministre François Legault avait envoyé une lettre à son homologue fédéral, Justin Trudeau, pour exiger que les demandeurs d’asile, qui arrivent en grande partie par l’aéroport Montréal-Trudeau, soient mieux répartis à travers le Canada. « On a une situation qui est critique au Québec », a dit jeudi Mme Fréchette, tout en demandant à Ottawa de « sortir de sa bulle ».
Or, depuis, rien. Bien que le ministre Miller ait assuré jeudi travailler pour « répartir le fardeau que porte le Québec ».
Au Salon bleu, jeudi, le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, a accusé le gouvernement caquiste d’être « responsable du pire déclin linguistique de notre histoire ». Son collègue député Pascal Bérubé a accusé la ministre Fréchette de ne pas vouloir « froisser son homologue fédéral ». Comme le commissaire à la langue française, la formation souverainiste appuie l’idée d’une répartition basée sur la langue. « C’est une bonne proposition », a dit M. Bérubé, porte-parole péquiste en matière d’immigration.
En réponse à M. St-Pierre Plamondon, le ministre Roberge a rappelé que son gouvernement travaillait à un « réveil national » sur la langue française. « Ça prend du culot pour […] demander un réveil national quand on dort à ce point-là sur cet enjeu-là », a répliqué le chef péquiste, avant d’être rappelé à l’ordre par la présidente de l’Assemblée nationale pour l’utilisation du mot non parlementaire « culot ».
S’il appuie le commissaire à la langue française sur la nécessité d’une meilleure répartition des demandeurs d’asile, Québec solidaire souhaite, comme la Coalition avenir Québec, que ces transferts se fassent de manière « volontaire ». « On ne mettra pas du monde qui ne veut pas aller ailleurs dans un autobus. De toute façon, on ne peut pas faire ça », a soutenu le porte-parole solidaire en matière d’immigration, Guillaume Cliche-Rivard.
« Du moment où ça va être volontaire, ça ne sera pas inhumain. Du moment où les gens vont être consentants », a-t-il ajouté.
Le Parti libéral du Québec, lui, ne voit pas les choses du même oeil que le commissaire Dubreuil. « Si les immigrants veulent rester de façon permanente, on doit mettre en place des programmes qui leur permettront d’apprendre le français. On ne peut pas se mettre à la porte et dire : “Vous ne parlez pas français, on vous refuse l’accès” », a soutenu le chef intérimaire du parti, Marc Tanguay.
