Près de dix ans d’attente pour qu’un réfugié obtienne sa résidence permanente au Québec

Of note:

Les seuils d’immigration proposés par le gouvernement Legault menacent de faire exploser les délais des futurs résidents permanents dans la catégorie humanitaire. Tandis que s’amorceront dans moins de deux semaines les consultations publiques en immigration, Le Devoir a appris que le nombre de dossiers est tel qu’au rythme où vont les admissions au Québec, il faudra près de dix ans à un réfugié reconnu et à ses personnes à charge pour obtenir la résidence permanente.

Selon les données d’Immigration Canada, quelque 30 000 réfugiés reconnus vivant au Québec — soit des demandeurs d’asile à qui le gouvernement fédéral a donné le statut de « personnes à protéger », ce nombre comprenant leurs personnes à charge se trouvant à l’étranger — attendaient ce précieux sésame en date du 8 août. Or, la planification pluriannuelle soumise par la ministre de l’Immigration, Christine Fréchette, propose d’accueillir, pour chacune des quatre prochaines années, environ 3550 personnes dans la catégorie « réfugiés reconnus sur place ». Cette catégorie comprend les demandeurs d’asile arrivés au Québec notamment par voie terrestre, maritime et aérienne.

Une règle de trois montre qu’il faudra huit ans et demi pour écouler ces dossiers, sans compter que des milliers de nouveaux réfugiés reconnus vont venir ajouter le leur sur la pile. Rien qu’en 2022, 60 000 demandes d’asile de personnes vivant au Québec ont été déposées. Ces demandes ne seront toutefois pas toutes acceptées.

« Je suis abasourdie, même si les chiffres ne me surprennent pas tant que ça parce qu’il y a eu une hausse des demandes d’asile », a déclaré Stéphanie Valois, présidente de l’Association québécoise des avocats et avocates en droit de l’immigration. « Mais ce qui me surprend c’est quand on met [ce nombre] en parallèle avec les objectifs d’admission dans la planification du Québec. Il y a un décalage complet avec la réalité. »

« Le Québec se met la tête dans le sable », a déploré pour sa part Stephan Reichhold, directeur de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes. « Ces délais sont rattachés à des souffrances majeures pour les familles qui sont séparées et reconnues comme réfugiées. Qu’elles se fassent traiter comme ça, c’est absolument inacceptable. » Selon lui, le message qu’on leur envoie est clair : « Mieux vaut pour ces personnes déménager en Ontario ! »

Sans la résidence permanente, les réfugiés reconnus ne peuvent pas étudier, avoir accès aux garderies et occuper certains emplois, explique Me Valois. « Et pour la réunification familiale, c’est une catastrophe », dit-elle, en rappelant que, si les réfugiés reconnus sur place sont en sécurité au Québec, ce n’est pas toujours le cas de leurs proches. « J’ai beaucoup de clients du Soudan, et c’est la guerre là-bas. Même si le réfugié soudanais qu’on reconnaît comme personne à protéger se trouve ici, les membres de sa famille, eux, peuvent être bloqués à l’étranger dans une situation de danger. Ils ne peuvent pas attendre tout ce temps. »

Les partis d’opposition, choqués

Ces données sur le nombre de dossiers font réagir les partis d’opposition. Le député de Québec solidaire et porte-parole en matière d’immigration, Guillaume Cliche-Rivard, se dit « atterré » et « choqué » de constater que le plan de la ministre Fréchette maintiendra dans la précarité « sans raison apparente et pour des délais excessifs » les personnes parmi les plus vulnérables qui travaillent et sont déjà intégrées.

« Cela confirme l’incompétence du ministère, qui présente, année après année, des plans incomplets et sans crédibilité. La ministre Fréchette vient malheureusement de nous confirmer que son arrivée n’a rien changé à ce niveau. »

Pour le député libéral de Nelligan, Monsef Derraji, l’immigration dite « humanitaire » est aussi économique. « Ce n’est pas de la charité. C’est une catégorie qu’on s’est donnée, car on est très accueillant comme peuple au Québec », soutient-il. « Le nombre de demandes a augmenté depuis l’arrivée de la CAQ au pouvoir et, pour moi, on ne peut pas faire fi de ça. »

Il estime d’ailleurs que la consultation publique qui s’amorce passe à côté de débats importants. « C’est l’occasion en or de parler de la capacité d’accueil, on a l’occasion de parler des travailleurs étrangers et on ne le fait pas. C’est la même chose pour les personnes de la catégorie humanitaire, on n’en parle pas. »

Le co-porte-parole du Parti québécois en immigration, Stéphane Handfield, rejette pour sa part la faute sur Ottawa. « Il faut aborder la question en fonction de notre capacité d’accueil [langue, logement, école, médecin, etc.], ce que le gouvernement fédéral n’a certainement pas fait dans les dernières années. Il s’agit ici de personnes vulnérables, qui, dans bien des cas, sont séparées des membres de leur famille depuis de nombreuses années en raison de la lenteur du système d’immigration fédéral. »

Des cibles souvent dépassées

Rappelons que, dans le plan d’immigration, les cibles proposées par le gouvernement sont souvent dépassées, car ce sont des indicateurs. En 2021 et en 2022, par exemple, il était prévu d’accueillir entre 2500 et 2800 réfugiés reconnus sur place, y compris leurs personnes à charge, mais en réalité, plus de 5600 personnes ont été admises dans cette catégorie en 2021 et quelque 4000 en 2022. Environ deux fois plus.

En plus du nombre croissant de demandes d’asile, cela peut aussi s’expliquer par un rééquilibrage dans la foulée de la pandémie. En 2019, soit tout juste avant la pandémie, le nombre de personnes admises dans la catégorie « réfugiés reconnus sur place » avait été fidèle à la prévision. En 2018, la prévision a été légèrement dépassée.

Mentionnons que, dans la catégorie de l’immigration humanitaire, les « réfugiés sélectionnés à l’étranger », dont font partie les réfugiés parrainés au privé par des petits groupes d’individus ou des organismes, ne sont pas aussi nombreux à attendre. Selon les chiffres d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, le nombre est d’environ 2000 personnes.

Suscitant un engouement certain, les consultations publiques sur la planification de l’immigration au Québec pour la période 2024-2027 s’amorceront le 12 septembre prochain. Un nombre record de plus de 70 intervenants et organismes seront entendus.

Source: Près de dix ans d’attente pour qu’un réfugié obtienne sa résidence permanente au Québec

Des demandeurs d’asile qui s’adaptent plutôt que de combattre en vain

Given ongoing levels of asylum claimants, some suggestions to facilitante their integration at the local level. Silent on the need for faster processing and decisions on asylum claims, however:

Le 20 juillet dernier, dans un article du Devoir Un nombre record de demandeurs d’asile passent désormais par les aéroports »), on apprenait que les demandeurs d’asile n’étaient pas moins nombreux à entrer au pays depuis la fermeture du chemin Roxham.

En effet, en suivant la courbe des entrées chaque mois comparativement à l’année précédente, on anticipe que le nombre de demandeurs d’asile admis en 2023 au Canada serait vraisemblablement similaire à celui de 2022. Si la frontière terrestre au sud apparaît plus imperméable, les demandeurs d’asile arrivent dorénavant en plus grand nombre par les airs.

Après quelques mois, le constat se pose donc simplement : la fermeture de chemin Roxham ne semble pas avoir eu d’effet sur le nombre de demandeurs d’asile qui entrent au Canada. Le phénomène d’arrivée des migrants qui touchaient jusqu’à récemment principalement l’Europe et les États-Unis est désormais une réalité chez nous. Si cette tendance a été longtemps ignorée, elle devient maintenant incontournable.

Pour faire face à cette question de manière pragmatique, il faut davantage s’intéresser au continuum de services d’accueil et à leur coordination, une réflexion qui tarde à se faire. Une meilleure cohérence entre les politiques publiques devrait être recherchée afin de s’assurer de l’accueil et de l’intégration de ces migrants, mais aussi de l’atteinte des objectifs nationaux chers au Québec, notamment celui de la francisation et de l’accès égal à des opportunités.

À cet égard, un écueil d’envergure est la collaboration entre les différents ordres de gouvernement. Cette coordination entre les ordres de gouvernement et les organismes qui offrent la majorité des services d’installation et d’intégration doit reposer sur une séparation claire des pouvoirs et responsabilités, un alignement des stratégies ainsi qu’un financement proportionnel au niveau d’engagement de chacune des parties prenantes.

Échelle locale

Également, et la recherche est claire à cet effet, la coordination des services voués aux nouveaux arrivants doit être menée à l’échelle locale pour être optimale. Le gouvernement du Québec, qui est responsable des services d’accueil et d’intégration en vertu de l’entente qu’il a ratifiée avec le gouvernement fédéral en 1991, doit absolument s’appuyer sur les lieux de concertation municipaux ou régionaux qui ont développé l’expertise des défis et sur les ressources disponibles sur le terrain.

Pour l’instant, Québec, qui a transféré des compétences aux villes après l’abolition des conférences régionales des élus il y a presque 10 ans, peine à reconnaître le leadership de celles-ci dans la coordination des services locaux. Ses programmes et financements devraient être alignés sur les stratégies et les priorités locales, plutôt que d’en faire fi.

Les efforts et ressources seraient ainsi mieux alloués. De même, avec la mise en place des agents d’aide à l’intégration (les AAI, comme ils sont désignés par le milieu), Québec dédouble un service existant sans que ces agents aient la capacité d’arriver à la cheville de l’expertise qui s’est développée à travers les années dans les organismes communautaires.

L’arrivée des demandeurs d’asile crée d’ailleurs une pression immense dans les communautés, ses organismes et institutions, particulièrement dans la grande région de Montréal. Ce sont largement eux qui offrent les services d’installation, de francisation, pour l’aide à l’emploi ; ils accueillent les enfants dans les écoles, logent et équipent les familles, etc.

Or, les organismes sur le terrain vous le diront : pour faire connaître leurs services, il leur est souvent impossible d’entrer en contact avec les demandeurs d’asile pris en charge par PRAIDA, le programme québécois chargé des demandeurs d’asile. Ceux-ci finissent par accéder aux services des organismes du milieu, mais pas sans embûches.

Pour s’assurer de la pleine intégration des immigrants, notamment des demandeurs d’asile, et ce, dans l’intérêt de la société québécoise, Québec doit reconnaître le rôle stratégique joué par les communautés locales et s’assurer de les outiller adéquatement.

Responsabilité mondiale

En bref, il faut entrevoir une suite aux discussions concernant l’accueil des demandeurs d’asile, et ce, à tous les ordres de gouvernement. Il n’est pas étonnant que les décideurs aient bien voulu croire (du moins en apparence) que la fermeture du chemin Roxham aurait tout réglé : l’arrivée des migrants en Europe et aux États-Unis a largement polarisé les débats politiques depuis quelques années. La réalité canadienne demeure toutefois que le nombre de demandeurs d’asile qui passent ses frontières est minime par rapport à ce qui a été observé ailleurs.

À juste titre, la ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, Christine Fréchette, rappelait cet hiver que les demandeurs d’asile étaient avant tout des humains, exhortant ainsi à un peu d’humanité dans le débat public.

Les demandeurs d’asile sont admis officiellement au Canada comme réfugiés dans environ 50 % des cas après un processus administratif permettant d’évaluer leur demande. C’est donc dire que dans une large proportion, on juge qu’effectivement, leur sécurité et même leur vie sont menacées dans leur pays d’origine.

Établir ses pénates ici relève pour eux d’un exploit suivant un parcours difficile, et une chance inespérée de vivre en paix. Si ces migrants quittent leur terre natale, c’est qu’elle leur est devenue hostile pour de nombreuses raisons : groupes armés, conflits, persécution pour des motifs politiques et religieux, ainsi que les changements climatiques… Et bien sûr, les pays occidentaux ont aussi leur rôle à jouer, en amont, pour atténuer ces crises mondiales.

Source: Des demandeurs d’asile qui s’adaptent plutôt que de combattre en vain

Globe editorial: Ottawa can’t wash its hands of Toronto’s refugee crisis

Yet another critical Globe editorial:

Here’s a short list of things that Ottawa spends money on but has no constitutional responsibility for: health care, child care, new fridges for big grocery companies, and Gen Y tech consultants for small businesses.

Source: Ottawa can’t wash its hands of Toronto’s refugee crisis

On Peter Street, a community steps up for asylum seekers abandoned to sleep on the sidewalk

Ongoing crisis and scandal:

As asylum seekers continued to sleep on a downtown Toronto sidewalk waiting on government to sort out a funding dispute, community leaders and business owners stepped in to help.

Some asylum seekers were relocated Monday night, an advocate said.

Lorraine Lam, an outreach worker who has spoken out about the situation at 129 Peter St., said a “coalition of groups” worked to arrange a bus and space for individuals at temporary church shelters. 

Some people went to the church while others chose to stay behind, Lam said.

The growing camp of refugee claimants and asylum seekers downtown is the result of a tug-of-war between all levels of government over who should foot the bill when it comes to housing refugees in Canada. A new city policy, which Deputy Mayor Jennifer McKelvie framed as a hard decision, means asylum seekers looking for emergency beds in the city’s non-refugee-specific shelters would be redirected to the federal government.

Mayor Olivia Chow said all hands on deck are required to solve the crisis.

“When senior staff meet on Tuesday, my expectation is tangible solutions from all three levels of government that we can implement right away,” Chow said on Monday.

On Monday morning, Paramount Fine Foods CEO Mohamad Fakih pledged to donate $20,000 and raise more money to pay for temporary housing. 

There are “good people in the government. They want to do the right thing, but it’s taking long and they have to move,” Fakih said. “This is wrong on all of us and we have to change it.” 

He’s asking other business leaders to open their hearts and their pockets if they are able to help. 

One man who the Star agreed not to name has been at 129 Peter St. for 10 days. He said that while they are grateful to get food, what they really need is shelter. 

“We have food in our own countries. But we came here because of security. And now security means that we have to have a place that is enclosed, where we put our heads (to rest),” the man said.

Meanwhile, 32 housing advocates and outreach workers sent an open letter to the head of Toronto’s shelter and housing system, Gord Tanner, calling for his resignation or for Chow to fire him over what they call “repeated mismanagement of the shelter system.”

While the collapse of the shelter system “is not solely the General Manager (of Toronto’s Shelter Support and Housing Administration) responsibility — it lies with City Council — your key decisions have resulted in immeasurable harm and have further exacerbated the crisis,” the letter states. 

The letter cites several “key decisions” advocates say have resulted in “immeasurable harm,” including the city denying shelter to refugees and changing shelter death reporting from monthly to biannually. 

In a statement shared with the Star, city manager Paul Johnson acknowledged the letter, adding the voices of homeless, shelter and refugee advocates matter and they play a critical role in providing supports and advocacy work, as well as City staff.

“I have every confidence in the individual mentioned in the letter and in my team who has been working diligently and on an ongoing basis, in partnership with many other experts and community leaders, some of whom are signatories of the letter,” Johnson wrote.

Johnson said urgent funding is needed from other levels of government to support the surge of people arriving in Canada as the city grapples with a shelter system that does not have extra space or means to expand the shelter system to keep up with demand.

“A lot of political figures respond to public pressure and it’s not looking very good on them right now. So I would say that maybe that little bit of pressure might jog some more quick rapid-response movement,” Lam said.

Lam took to Twitter this weekend to encourage community members who want to help to be mindful of what they are donating.

“What we started to see over the weekend, for instance, was there was so much food because everybody wanted to bring food on the weekend and on Friday night, because that’s when people are free,” Lam said. The result was extra food being thrown away or sitting next to people as they tried to sleep.

Lam and fellow outreach worker Diana McNally have started a GoFundMe to go toward water, meals, and store gift cards as well as requested items like camping chairs and sleeping bags. The campaign has raised $59,985 as of Monday afternoon. 

Brampton non-profit groups Help A Girl Out and Rescue the Youth were also in front of 129 Peter St. on Monday with pink drawstring bags full of soap, sanitizer, toothbrushes, wash clothes and sanitary pads. 

“I can’t imagine having your period on the streets,” said Andria Barrett, chair of Help a Girl Out. 

“Every non-profit, church, charity, mosque, religious institution needs to come together and donate — donate money, donate time, donate food, donate products. This is not how we need to be treating each other,” Barrett said, gesturing to the dozens of people sitting outside 129 Peter St. under tents with suitcases and garbage bags filled with belongings around them. 

Don Mills resident Vickie Williams was rolling a suitcase around the site on Monday and told the Star she dropped off used jackets, a sleeping bag, new socks and other clothing she stayed up gathering until 3 a.m.

“What is going on is not right. Our government’s got to be the example. And as far as I can see, they are not the example. They need to smarten up. They need to treat everybody equally and fairly,” Williams said.

Source: On Peter Street, a community steps up for asylum seekers abandoned to sleep on the sidewalk

Globe editorial: Immigration: Don’t mess with the success of private refugee sponsorship

Of note:

Canada expects to welcome 144,000 refugees from 2023 through 2025 – and well more than half of them will be sponsored by individuals and organizations that will take responsibility for supporting those newcomers for a year.

Source: Immigration: Don’t mess with the success of private refugee sponsorship

UK: Statistics watchdog rebukes Sunak over inaccurate asylum backlog figures

Always a risk with numbers:

Rishi Sunak and his immigration minister have been scolded by the UK statistics watchdog for using inaccurate figures to back up spurious claims about asylum seekers.

In a statement to the House of Commons in December, the prime minister claimed that the asylum backlog – 132,000 cases at the time – was half the size of the backlog left by the departing Labour government in 2010. This implied the backlog in 2010 would have been about 260,000.

In the same month, the immigration minister, Robert Jenrick, and the safeguarding minister, Sarah Dines, told MPs that 450,000 and 500,000 legacy cases had been left by the Labour government.

However, the UK Statistics Authority found the statements “do not reflect the position shown by the Home Office’s statistics”.

Source: Statistics watchdog rebukes Sunak over inaccurate asylum backlog figures

La majorité des demandeurs d’asile hébergés par Québec ne sont pas passés par Roxham

Of note (as Rodham Road becomes covered by the STCA):

Le premier ministre François Legault a de nouveau déclaré jeudi qu’il souhaitait que le chemin Roxham soit « fermé », car le Québec aurait « dépassé sa capacité d’accueil ». Les données montrent toutefois que la majorité des demandeurs d’asile dans des hébergements gérés par la province ne sont pas arrivés par là.

Le plus grand groupe de migrants présents sur les sites du Programme régional d’accueil et d’intégration des demandeurs d’asile (PRAIDA) provient du Mexique. Or, seuls 15 Mexicains sont arrivés au pays en passant entre des points d’entrée officiels depuis le début de 2023, selon Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC).

Le PRAIDA confirme que la majorité des demandeurs d’asile hébergés dans ses sites sont plutôt passés par l’aéroport et proviennent du Mexique. « Ce phénomène date d’environ 12 mois et il semble fluctuer en fonction du prix des billets d’avion », indique Carl Thériault, relationniste pour le PRAIDA.

Depuis 2016, les ressortissants du Mexique n’ont plus besoin de détenir un visa pour visiter le Canada. Ils peuvent séjourner en tant que touristes au pays durant six mois et donc venir en avion.

En 2022, 7483 demandes d’asile de Mexicains ont été envoyées à la Commission de l’immigration et du statut de réfugié (CISR), le tribunal qui se charge de déterminer si un demandeur a besoin de protection ou non.

Au total, le tiers des quelque 59 000 demandeurs d’asile arrivés au Québec en 2022, soit 19 800 personnes, ne sont pas passés par Roxham. Cette tendance s’est poursuivie en janvier, dernier mois pour lequel les données sont disponibles. Ces demandes d’asile ont pu être déposées à un point d’entrée aérien ou maritime, ou à un bureau à l’intérieur du territoire. L’Entente sur les tiers pays sûrs ne concerne que les passages terrestres et, par omission, elle permet de demander l’asile à des points d’entrée non officiels.

Pression réelle et « instrumentalisation »

Dans une lettre transmise en février au premier ministre Justin Trudeau, M. Legault se plaint que la situation au chemin Roxham crée une pression intenable sur les services, dont l’hébergement temporaire.

Le PRAIDA relève du gouvernement provincial, mais ses coûts sont couverts par le fédéral. Ottawa héberge aussi environ 2400 demandeurs au Québec et près de 4900 en Ontario, surtout des personnes qui arrivent entre les points d’entrée désignés, donc par Roxham, indique IRCC par courriel au Devoir.

Les transferts vers l’Ontario ont commencé le 30 juin 2022 et, jusqu’à maintenant, environ 8000 demandeurs ont été transférés après leur arrivée au Québec à la frontière sud. Le premier ministre québécois n’en est pas encore satisfait. « On voit qu’en mars, on est rendus à 58 % des nouveaux arrivants par Roxham qui sont envoyés à l’extérieur du Québec. Mais ce n’est pas encore suffisant », a-t-il affirmé jeudi matin.

Cette situation, le fait qu’une bonne partie des demandeurs d’asile dans les hébergements ne soit pas passée par Roxham, date cependant d’avant ces transferts, comme l’indiquent le porte-parole du PRAIDA et deux organismes de terrain. Le réseau communautaire accueille également sa part de demandeurs d’asile et leur offre aussi des services durant un temps limité.

Peu importe qu’un demandeur d’asile arrive par Roxham ou par l’aéroport, « tout le monde peut avoir besoin d’un hébergement, y compris les personnes du Mexique », précise Arthur Durieux, gestionnaire de l’organisme Le Pont. Il évalue qu’environ la moitié des familles présentes dans son centre d’accueil ne sont pas passées par le chemin désormais célèbre au sud du Québec.

Son organisme ne reçoit aucun financement public, mais il se dit « excédé » par le discours politique sur les demandeurs d’asile. « La demande est très forte en ce moment, mais Québec a nié de l’aide aux organismes depuis des années », lâche-t-il au téléphone.

Le nombre de places dans les lieux traditionnels d’hébergement du PRAIDA n’a pas changé depuis 2017, année où les arrivées se sont accélérées. Des sites temporaires avaient néanmoins ouvert leurs portes durant cette année-là, dont le Stade olympique, mais depuis que le chemin Roxham a rouvert en novembre 2021 après les restrictions pandémiques, Québec refuse d’augmenter la capacité d’accueil.

« On paie les pots cassés de ce qui n’est pas pris en charge par le gouvernement. C’est sur le dos du communautaire, car il n’y a pas de leadership, pas de volonté politique, pas de coordination », déplore quant à elle Eva Gracia-Turgeon, directrice du Foyer du monde.

Elle constate aussi que la majorité des demandeurs d’asile qui cognent à la porte de sa maison d’accueil ne sont pas passés par Roxham. « Ça date d’avant les transferts vers l’Ontario », précise-t-elle, ce qui montre à son avis « une certaine instrumentalisation » des demandeurs de Roxham.

En janvier dernier, une coalition d’organismes communautaires a lancé un cri du coeur. Cet appel a été entendu par le gouvernement caquiste, qui a rapidement débloqué 3,5 millions de dollars en aide d’urgence.

« Le message du communautaire n’était pas que le Québec est “plein”, c’était qu’on a besoin d’un financement constant et, surtout, qu’un plan d’urgence soit mis en place », ajoute Mme Gracia-Turgeon.

La situation date d’avant le début des transferts vers d’autres provinces.

Source: La majorité des demandeurs d’asile hébergés par Québec ne sont pas passés par Roxham

‘Stop the boats’: Sunak’s anti-asylum slogan echoes Australia’s harsh policy

Of note and a cautionary tale of simplistic slogans vs complex realities:

“Stop the boats.” The white-on-red slogan on Rishi Sunak’s podium on Tuesday was – word for word – the slogan used by Tony Abbott to win the Australian prime ministership a decade ago.

To Australian audiences, so much of the rhetoric emerging from the UK over its small boats policy is reminiscent of two decades of a toxic domestic debate.

A succession of Australian prime ministers have led the rhetorical charge against asylum seekers, insisting that their arrival is an issue of “national security” and “border protection”. They are “illegals”, “queue jumpers” and “terrorists”, Australians have been told, while people-smugglers are the “scum of the earth”.

That hostile and militarised language has held a potent place in the Australian political debate for 20 years. And the language is the fundamental basis of the policies that flow from it: of deterrence and forcible turnbacks, of “offshoring” and indefinite detention.

The rhetoric not only allows governments to create for asylum seekers a “hostile environment”, it compels it from them. This too has been copied in the UK straight from the Australian playbook.

Even many of the characters are the same. Alexander Downer, Australia’s former high commissioner to the UK, argued in the Daily Mail on Tuesday in support of immediate deportation and a lifetime ban from Britain for “anyone caught trying to enter Britain by a dangerous ‘irregular route’, such as a Channel crossing in a small boat”.

Downer was a foreign minister in the conservative government of John Howard that first implemented the “Pacific solution” of warehousing refugees on foreign islands.

The Tory strategist Sir Lynton Crosby was the federal director of Howard’s conservative Liberal party, overseeing his four successful election campaigns.

And Crosby’s protege Isaac Levido, later an adviser to Boris Johnson, was deputy campaign director for the Liberal party’s 2019 election campaign, bolstering the premiership of Scott Morrison, who came to prominence as the architect of the adamantine Operation Sovereign Borders, and who famously adorned his prime ministerial office with a trophy of a boat engraved “I stopped these”.

Source: ‘Stop the boats’: Sunak’s anti-asylum slogan echoes Australia’s harsh policy

UK: Braverman seeks to backdate Channel crossings law amid fears of rush

The latest effort by the UK government. Numbers are comparable to Roxham Road. And like Roxham Road, France may be less interested than the UK in adopting measures that restrict asylum seekers from leaving France:

Refugees who cross the Channel in small boats from Tuesday could face detention and deportation under a new migration law that Labour and charities have called “unworkable” and “cruel”.

In an acknowledgment that the law will prompt a fresh rush of refugees across the Channel, the Home Office is seeking to make the illegal migration bill apply retrospectively from the day it is introduced to parliament, the Guardian has been told.

Suella Braverman, the home secretary, will ask for the proposed law to be applied from the moment she stands up in the Commons on Tuesday. The move follows criticism from unions that the legislation could result in an increase in trafficking across the Channel as refugees attempt to reach the UK before it is passed.

A Home Office source said: “If parliament passes the bill, the measures will be retrospective and apply from the date of introduction. That’s to stop people smugglers seizing on the opportunity to rush migrants across the Channel to avoid being subject to the new measures.”

Lucy Moreton, of the Immigration Services Union, said the plans would “fuel the service” for people smugglers, at least in the short term, “who could tell would-be arrivals that they needed to travel soon”.

Braverman is expected to say that under the new law, asylum claims from those who travel to the UK in small boats will be inadmissible, and the arrivals will be removed to a third country and banned from returning or claiming citizenship.

Details about how the policy will be implemented are scarce, with previous efforts to tighten procedures – such as the policy to send people to Rwanda – mired in legal challenges.

On Monday evening, a Downing Street spokesperson said Rishi Sunak had spoken to Rwanda’s president ahead of Braverman’s statement.

The prime minister and Paul Kagame “discussed the UK-Rwanda migration partnership and our joint efforts to break the business model of criminal people smugglers and address humanitarian issues”, the spokesperson said.

Source: Braverman seeks to backdate Channel crossings law amid fears of rush

For Haitian migrants in limbo, calls to close Roxham Road clash with Canada’s friendly image

Of note:

Standing outside a migrant shelter near Mexico’s border with the U.S., Smyder Mesidor recounted a 10-country odyssey to get here. Driven out of Haiti by gang violence and Chile by a lack of work, the 30-year-old cook had been robbed by bandits and shaken down by customs officials as he walked across much of Latin America.

This road would end, he hoped, in either Florida or Quebec, both places where he has family.

So he reacted with a mix of bemusement and insouciance to word that Canadian politicians want to make it harder for migrants to enter by shutting down Roxham Road, the irregular border crossing south of Montreal.

Bemusement because such rhetoric seemed to clash with Canada’s immigrant-friendly image. Insouciance because, after what he’d been through, he was ready to brave the vagaries of the immigration system in a country that held out the hope of a better life.

“I don’t listen to that sort of talk,” Mr. Mesidor said. “Everyone speaks well of Canada.”

Among the thousands of Haitian migrants gathered here in Reynosa, a city of 700,000 across the Rio Bravo from Texas, there is persistent interest in reaching Canada, usually as a backup option if it proves too difficult to stay in the U.S. There is an even more persistent disregard for attempts by either country to stop people from coming.

Given the brutality and lack of economic opportunity back home, they don’t feel they have much choice but to push forward.

“We’re a little bit upset when we hear politicians say those things, because we don’t have a voice. We want to come and help them build their country,” said Kency Etienne, a 30-year-old teacher living in an encampment of several dozen tents on a concrete pad next to a Mexican government office. “But we don’t really think about it.”

Sitting nearby were Jean and Marie Petilme, who made the trek with their four children. Ms. Petilme is eight-months pregnant with a fifth. Hiking through Panama’s Darien jungle, Mr. Petilme said some migrants with them had their clothes stolen at gunpoint, others were swept away while fording a river and a few starved to death. Life hasn’t been much better in Mexico.

“We’ve been here for three months and we don’t get much to eat. We don’t have phones to fill out asylum applications,” said their daughter Miscalina, 12. “This is how we live.”

Mireille Joseph, 32, also travelled pregnant, including a five-day stretch on foot. She left her husband and two children behind in Haiti. Her hope is to get to safety and then work on having them join her. “I don’t really care at all what the politicians say. I want to come to either Canada or the U.S.,” she said.

The lifting of pandemic border restrictions, along with deteriorating economic and security conditions in Haiti and parts of Latin America, have driven a rise in northward migration this past year. In Haiti, armed gangs have tightened their control of the country, carrying out frequent kidnappings for ransom and blocking access to Port-au-Prince’s shipping terminals. The capital has suffered repeated shortages of food, fuel and medicine.

Under the Canada-United States Safe Third Country Agreement, migrants arriving in Canada from the U.S. are prohibited from making Canadian asylum claims, allowing for their swift deportation. But the rule only applies at official points of entry, leading asylum seekers to enter the country at irregular border crossings.The vast majority do so at Roxham Road near Plattsburgh, N.Y., because of its relative accessibility.

Prime Minister Justin Trudeau has vowed to renegotiate the Safe Third Country Agreement to apply to the entire border. The White House, however, has shown little interest in changing the status quo. Meanwhile, Texas Governor Greg Abbott has been busing migrants from his state to northern cities such as New York, where Mayor Eric Adams has sent many of them on to the Canadian border.

The influx has led Quebec Premier François Legault and federal Conservative Leader Pierre Poilievre to ramp up pressure on Mr. Trudeau to stem the tide. “We as a country can close that border crossing. If we are a real country, we have borders,” Mr. Poilievre said last month.

In a letter to the Prime Minister, Mr. Legault said that the province’s social services could not handle any more asylum seekers. He also warned that the new arrivals, who predominantly speak Haitian Creole or Spanish, would contribute to “the decline of French in Montreal.”

The number of people who made refugee claims after crossing at Roxham Road last year – almost 40,000 – is high by the standards of Canada, used to being geographically insulated from migration. In Mexico, it seems modest, a fraction of the more than 200,000 who tried to cross into the U.S. in December alone.

In Reynosa, the shelters are full, leaving many to live on the streets, in parks and in vacant lots. Hot, dusty and perpetually sunny even in late winter, the city feels a world away from the snow-covered forest surrounding Roxham Road. At one intersection near a large encampment, a dozen small businesses have sprung up under tarps strung between trees, with everyone from barbers to fruit sellers providing services to the migrants.

Over a charcoal fire, 19-year-old Natalie Joseph helped prepare gorditas. She has spent much of her life on the move: She left Haiti at the age of 5, she said, with her family settling in Chile. Two years ago, worried about her prospects for finding work, she decided to hit the road with two friends. “You can get the basic necessities in Chile but we wanted something better,” she said.

Across the street, Maricianne Pierre said she had been waiting in Reynosa 2½ months. “I’d love to go to Canada. There are possibilities of school, social programs, work. I’m stuck here right now,” said Ms. Pierre, 40.

Hector Silva, a pastor who runs two shelters in the city, said he wasn’t sure what to tell people who were setting their sights north. He only hoped that the leaders of wealthy countries wouldn’t shut anyone out.

“We have a lot of people asking, ‘How can we do it – if we get the paper from the U.S., how do we get all the way to Canada?’ We don’t know,” he said as a U.S. Border Patrol chopper buzzed overhead. “They’re not criminals. Many people are running for their lives. Leaving the country looking for a better life is not against the law.”

At another shelter a few blocks away, Ricot Picot and his wife watched their two small children play. Mr. Picot, 42, who was a teacher in Haiti, said everyone would be better off if the people with power to decide immigration policy allowed them to complete their journey. “I pray for them,” he said. “We don’t have anything – no jobs, no support. We are not achieving anything staying here.”

Source: For Haitian migrants in limbo, calls to close Roxham Road clash with Canada’s friendly image