More on the lack of grandfathering/grandmothering of those impacted by Quebec’s cancellation of the PEQ (equivalent of PGWP):
…On pourrait croire que de passer de 100 % à 50 % sur l’échelle du bouc émissaire, c’est une façon de mettre de l’eau dans son vin ou d’épargner un peu le bouc. Le fait est que cette cote revue à la baisse est à certains égards encore plus grossière. Car en répondant à la question de Jean-René Dufort, le premier ministre ne s’en est pas pris aux politiques d’immigration, mais bien aux immigrants eux-mêmes.
Dans le contexte de la suppression du PEQ, on parle d’étudiants et de travailleurs francophones ou francisés que le Québec a tenté de séduire à coups de campagnes publicitaires et de missions de recrutement à l’étranger avant de rompre inopinément ses engagements. Des gens qui contribuent déjà à la société québécoise, que ce soit dans le domaine de la recherche scientifique, où l’on compte une majorité d’étudiants étrangers, ou sur le marché du travail. Dans nos hôpitaux, nos CHSLD, nos écoles, nos garderies… Les inviter à déposer leurs rêves au Québec pour ensuite leur fermer la porte au nez en les accusant d’être responsables de 50 % des maux de la société, c’est pour le moins injuste.
Le gouvernement a évidemment le droit d’adopter de nouvelles règles d’immigration plus restrictives. Mais il a aussi le devoir de tenir parole.
Dans ce cas, cela veut dire au minimum de prévoir des mesures transitoires pour les orphelins du PEQ déjà installés au Québec et plongés dans la détresse et l’incertitude.
« Je me sens jetable, je me sens trahie, et je me sens profondément blessée », confiait une orpheline du PEQ à ma collègue Suzanne Colpron2. De telles histoires crève-cœur se suivent et se ressemblent depuis novembre. Je croule moi-même sous les témoignages. Les dénonciations sont quasi unanimes.
Une pétition qui a récolté 26 000 signatures en un temps record a été déposée à l’Assemblée nationale. Du maire Bruno Marchand à la mairesse Soraya Martinez Ferrada en passant par le maire de Trois-Rivières, Jean-François Aubin, et l’ex-ministre péquiste Louise Harel, du député solidaire Guillaume Cliche-Rivard au député libéral André A. Morin, des chambres de commerce aux cégeps et aux universités, des experts aux citoyens solidaires, on ne compte plus le nombre de voix qui s’élèvent pour dénoncer cette injustice et réclamer une clause de droits acquis.
À ces voix indignées, il faut aussi ajouter celles de 25 retraités du ministère québécois de l’Immigration, libres de dire tout haut ce que leurs anciens collègues, tenus à un devoir de réserve, doivent penser tout bas. Dans une lettre ouverte publiée avant Noël, ils demandent au gouvernement de faire preuve de décence envers ceux qui étaient admissibles à ce programme avant son abolition3.
Jusqu’à présent, le gouvernement Legault a refusé de les entendre. Pour respecter ses nouveaux seuils d’immigration sans obtenir 0 sur 10 en matière de promesses tenues, des solutions sont pourtant possibles. Le premier ministre pourrait s’inspirer de ce que l’ex-ministre de l’Immigration Christine Fréchette préconisait elle-même en 2023 : placer les candidats au volet « diplômés » du PEQ hors seuils….
Source: Quand le populisme a la cote
… One might think that going from 100% to 50% on the scapegoat scale is a way to put water in your wine or spare the goat a little. The fact is that this revised downward rating is in some respects even coarser. Because by answering Jean-René Dufort’s question, the Prime Minister did not go against immigration policies, but on immigrants themselves.
In the context of the abolition of the PEQ, we are talking about Francophone or French-speaking students and workers whom Quebec tried to seduce with advertising campaigns and recruitment missions abroad before breaking its commitments unexpectedly. People who already contribute to Quebec society, whether in the field of scientific research, where there is a majority of foreign students, or in the labor market. In our hospitals, our CHSLD, our schools, our daycare centers… Inviting them to drop off their dreams in Quebec and then close the door in their face by accusing them of being responsible for 50% of society’s ills, it is unfair to say the least.
The government obviously has the right to adopt new, more restrictive immigration rules. But he also has a duty to keep his word.
In this case, it means at least to provide for transitional measures for PEQ orphans already settled in Quebec and plunged into distress and uncertainty.
“I feel disposable, I feel betrayed, and I feel deeply hurt,” confided an orphan of the PEQ to my colleague Suzanne Colpron2. Such heartbreaking stories follow one after the other and have been similar since November. I myself collapse under the testimonies. The denunciations are almost unanimous.
A petition that collected 26,000 signatures in record time was filed with the National Assembly. From Mayor Bruno Marchand to Mayor Soraya Martinez Ferrada, through the Mayor of Trois-Rivières, Jean-François Aubin, and former Péquista Minister Louise Harel, from Solidarity MP Guillaume Cliche-Rivard to Liberal MP André A. Morin, from chambers of commerce to CEGEPs and universities, from experts to citizens of solidarity, we can no longer count the number of votes that rise to denounce this injustice and claim a clause of acquired rights.
To these indignant voices, we must also add those of 25 retirees of the Quebec Ministry of Immigration, free to say out loud what their former colleagues, bound by a duty of reserve, must think in a low voice. In an open letter published before Christmas, they call on the government to show decency to those who were eligible for this program before its abolition.3
So far, the Legault government has refused to hear them. To respect its new immigration thresholds without getting 0 out of 10 in terms of promises kept, solutions are nevertheless possible. The Prime Minister could be inspired by what former Minister of Immigration Christine Fréchette herself recommended in 2023: placing candidates for the “graduate” component of the PEQ outside the thresholds….