“Légiférer sur la laïcité met à risque les guignolées, craignent les évêques du Québec”
2026/02/05 Leave a comment
Reminder of the risks of overly broad approaches:
“Les activités caritatives, comme les guignolées ou les comptoirs alimentaires, pourraient-elles devenir des victimes collatérales du projet de loi du gouvernement Legault « sur le renforcement de la laïcité » ? C’est du moins ce que craignent les évêques catholiques québécois.
Dans un mémoire qui sera présenté mercredi en commission parlementaire, l’Assemblée des évêques catholiques du Québec (AECQ) lève un drapeau rouge : « la définition des “pratiques religieuses” qui est utilisée dans le projet de loi est trop large et doit être précisée, car elle risque de limiter l’action charitable de plusieurs organismes de bienfaisance ».
Déposé en novembre, le projet de loi 9 « sur le renforcement de la laïcité au Québec » prévoit l’interdiction, dans une panoplie d’édifices publics, de toute « pratique religieuse ». L’usage de la voie publique ou d’un parc à des fins de « pratique religieuse collective » est également proscrit, à moins d’obtenir une autorisation exceptionnelle de la municipalité.
“Quand je me réfère à notre expérience ici, à Saint-Jérôme, au centre-ville, la cathédrale a donné plus de 20 000 $ pour des paniers de Noël. Elle a réalisé ça, entre autres, avec une guignolée au coin des rues par les Chevaliers de Colomb », a observé l’évêque de Saint-Jérôme-Mont-Laurier, Raymond Poisson, en entrevue avec Le Devoir en prévision du passage en commission de l’AECQ. « S’il fallait qu’on arrête de faire ça… »
Devant le ministre responsable de la Laïcité, Jean-François Roberge, mercredi, l’AECQ défendra l’idée que, plutôt que la « pratique religieuse », ce soit « l’enseignement religieux et le culte de toute profession religieuse » qui soient interdits dans les édifices publics et dans les rues. Sans quoi, estime Mgr Poisson, cela pourrait sonner la fin des activités caritatives pour plusieurs regroupements.
« Il y a des organismes qui nous offrent des subventions pour nos comptoirs alimentaires et vestimentaires. On en a dans beaucoup, beaucoup de nos églises », a-t-il ajouté. « Pendant la pandémie, ici, on a continué à livrer 200 boîtes de nourriture aux familles et ce sont les employés municipaux qui les livraient. On ne voudrait pas perdre ça. »
“Dans les neuf recommandations contenues dans leur mémoire, les 23 évêques membres de l’AECQ demandent le maintien des locaux de prières dans les universités et cégeps. Ils souhaitent aussi le retrait d’une disposition du projet de loi 9 prévoyant rendre conditionnel le financement public d’écoles religieuses.
« On a une liberté d’expression et c’est reconnu par des chartes. Je pense que l’État, peut-être, déborde de sa juridiction, ou a un peu trop d’ambition », a affirmé Mgr Poisson au téléphone cette semaine.”
Source: “Légiférer sur la laïcité met à risque les guignolées, craignent les évêques du Québec”
“Could charitable activities, such as puppets or food counters, become collateral victims of the Legault government’s bill “on strengthening secularism”? At least that is what Quebec Catholic bishops fear.
In a report that will be presented on Wednesday in the parliamentary committee, the Assembly of Catholic Bishops of Quebec (AECQ) raises a red flag: “the definition of “religious practices” that is used in the bill is too broad and must be clarified, because it risks limiting the charitable action of several charities”.
Tabled in November, Bill 9 “on the strengthening of secularism in Quebec” provides for the prohibition, in a range of public buildings, of any “religious practice”. The use of the public road or a park for the purpose of “collective religious practice” is also prohibited, unless exceptional authorization is obtained from the municipality.
“When I refer to our experience here in Saint-Jérôme, downtown, the cathedral gave more than $20,000 for Christmas baskets. She achieved this, among other things, with a puppet around the corner of the streets by the Knights of Columbus, “observed the bishop of Saint-Jérôme-Mont-Laurier, Raymond Poisson, in an interview with Le Devoir in anticipation of the passage through the AECQ commission. “If we had to stop doing this…”
Before the Minister responsible for Secularism, Jean-François Roberge, on Wednesday, the AECQ will defend the idea that, rather than “religious practice”, it is “religious education and the worship of any religious profession” that are prohibited in public buildings and on the streets. Otherwise, according to Bishop Poisson, this could ring the end of charitable activities for several groups.
“There are organizations that offer us subsidies for our food and clothing counters. We have them in many, many of our churches, “he added. “During the pandemic, here, we continued to deliver 200 boxes of food to families and it was municipal employees who delivered them. We wouldn’t want to lose that. ”
“In the nine recommendations contained in their report, the 23 bishops members of the AECQ ask for the maintenance of prayer rooms in universities and CEGEPs. They also want the withdrawal of a provision of Bill 9 to make the public funding of religious schools conditional.
“We have freedom of expression and it is recognized by charters. I think the State, perhaps, overflows its jurisdiction, or has a little too much ambition, “said Bishop Poisson on the phone this week.”
