Renforcement de la laïcité: Le Barreau propose d’encadrer l’usage de la disposition de dérogation
2026/02/11 Leave a comment
Of note, good to see this pushback. But we will see whether the current or future Quebec governments would support a framework that would limit their action:
Dans un mémoire qui a été soumis lundi aux députés chargés d’étudier le projet de loi 9 sur le renforcement de la laïcité, l’ordre professionnel des avocats – dont la mission est la protection du public et la défense de la primauté du droit – note que le gouvernement de François Legault utilise la disposition de dérogation (aussi nommée la clause de souveraineté parlementaire ou clause nonobstant) pour une sixième fois.
“Le contexte mondial est actuellement marqué par une érosion préoccupante de l’état de droit. La réponse la plus robuste à une telle tendance ne doit pas provoquer l’affaiblissement des mécanismes de justification, de contrôle et de reddition de comptes, mais bien les renforcer. Une démocratie solide se reconnaît à l’obligation que se donne une société de respecter les règles qui la fondent.” Le Barreau du Québec
L’ordre professionnel rappelle que la disposition de dérogation était au départ un « compromis politique historique » dans le cadre du rapatriement de la constitution, en 1982. Or, si son utilisation devait être exceptionnelle, elle a été normalisée au cours des dernières années au Québec, notamment en matière de laïcité et de protection du français. Ottawa a déjà annoncé qu’il s’attardera à la question de son utilisation de façon préventive par le gouvernement québécois dans le cadre de la contestation de la loi 21 sur la laïcité qui sera entendue devant la Cour suprême au mois de mars.
« De mécanisme d’exception destiné à répondre à des situations particulières, la disposition de dérogation est devenue un outil de sécurisation politique mobilisé en amont de la contestation judiciaire et au détriment du dialogue constitutionnel », déplore pour sa part le Barreau.
Une loi-cadre « résolument québécoise »
Dans ce contexte, le Barreau du Québec propose au gouvernement d’adopter une loi-cadre pour assurer une « juste utilisation » de la disposition de dérogation. « Une telle solution sera rassembleuse, sécurisante sur le plan juridique, structurante sur le plan institutionnel, et résolument québécoise », estime l’ordre professionnel.
Une telle loi devrait comporter différents éléments pour assurer « le maintien d’un dialogue réel et soutenu entre le législateur et les tribunaux, tout en réaffirmant sans ambiguïté la souveraineté parlementaire du Québec ». Parmi ces éléments, le Barreau estime qu’il faudrait établir des « conditions strictes » à son recours, l’obligation pour le gouvernement d’expliquer les raisons qui justifient son utilisation, de consulter la société civile et de garantir un débat parlementaire sur la question.
Le Barreau suggère également qu’un seuil supérieur à la majorité simple des députés devrait être requis pour utiliser la disposition de dérogation (afin que la démarche soit transpartisane) et qu’un renvoi vers la Cour d’appel (le plus haut tribunal de la province) soit requis pour obtenir un avis sur la question, sans que celui-ci soit de nature à limiter la souveraineté parlementaire….
Source: Renforcement de la laïcité: Le Barreau propose d’encadrer l’usage de la disposition de dérogation
In a brief that was submitted on Monday to the deputies responsible for studying Bill 9 on the strengthening of secularism, the professional order of lawyers – whose mission is the protection of the public and the defense of the primacy of law – notes that the government of François Legault is using the derogation provision (also called the clause of parliamentary sovereignty or clause notwithstanding) for a sixth time.
“The global context is currently marked by a worrying erosion of the rule of law. The most robust response to such a trend should not cause the mechanisms of justification, control and accountability to weaken, but rather strengthen them. A solid democracy is recognized by the obligation that a society gives itself to respect the rules that base it.” The Quebec Bar
The professional order recalls that the derogation provision was initially a “historic political compromise” in the context of the repatriation of the constitution in 1982. However, if its use were to be exceptional, it has been standardized in recent years in Quebec, especially in terms of secularism and the protection of French. Ottawa has already announced that it will dwell on the issue of its preventive use by the Quebec government in the context of the challenge of Bill 21 on secularism that will be heard before the Supreme Court in March.
“From an exceptional mechanism intended to respond to particular situations, the derogation provision has become a tool for political security mobilized upstream of the judicial challenge and to the detriment of constitutional dialogue,” laments the Bar for its part.
A “resolutely Quebec” framework law
In this context, the Barreau du Québec proposes to the government to adopt a framework law to ensure a “fair use” of the derogation provision. “Such a solution will be unifying, legally secure, institutionally structuring, and resolutely Quebec,” believes the professional order.
Such a law should include different elements to ensure “the maintenance of a real and sustained dialogue between the legislator and the courts, while unambiguously reaffirming the parliamentary sovereignty of Quebec”. Among these elements, the Bar believes that “strict conditions” should be established for its appeal, the obligation for the government to explain the reasons that justify its use, to consult civil society and to guarantee a parliamentary debate on the issue.
The Bar also suggests that a threshold higher than the simple majority of MPs should be required to use the derogation provision (so that the approach is cross-party) and that a referral to the Court of Appeal (the highest court in the province) be required to obtain an opinion on the matter, without this being likely to limit parliamentary sovereignty.
