“Les parents de Jack Letts, détenu en Syrie, veulent revoir leur fils”
2026/02/10 Leave a comment
Seeing less coverage in English language media than in previous years. Parental nightmare:
“En 2019, en raison du risque qu’il poserait à la sécurité du pays, Jack, qui est né et qui a grandi au Royaume-Uni, s’est fait déchoir de sa citoyenneté britannique. Il ne lui reste que sa citoyenneté canadienne, obtenue par filiation. À l’époque, Ottawa avait déploré que Downing Street se soit « déchargé de ses responsabilités ».
Depuis, le gouvernement canadien refuse de rapatrier Jack, comme tous les autres ressortissants canadiens soupçonnés d’avoir combattu avec Daech. En 2023, la Cour d’appel fédérale avait donné raison à Ottawa en précisant qu’il n’existait pas de « droit absolu » permettant de contraindre l’État à rapatrier ses citoyens afin de « les soustraire aux répercussions de leurs actions ».Sally Lane espère qu’Ottawa révisera sa position à la lumière des récents développements. Si Jack est traduit en justice en Irak, il risque de subir un procès expéditif et partial, pourrait être contraint de passer aux aveux sous la torture et être condamné à la peine de mort, craignent ses parents.
“« Les abus du système judiciaire en Irak sont bien connus », mentionne Mme Lane. « J’espère que l’attention médiatique va réellement forcer le gouvernement canadien à agir [en le rapatriant], ce qu’il a refusé de faire jusqu’à présent. » Jack pourrait ensuite subir un procès ici, soutient John Letts. Depuis des années, les autorités kurdes et états-uniennes réclament que les détenus étrangers retournent dans leurs pays d’origine. « Je pense que les Américains utilisent ces transferts comme une technique de rapatriement sous haute pression. C’est la manière qu’ils ont trouvée pour forcer les pays réticents à rapatrier leurs ressortissants », confie Mme Lane.”
“Extrémisme
Les parents de Jack — qui n’ont pas pu parler à leur fils depuis 2017 — se disent tous deux convaincus de son innocence. Jack, qui s’était converti à l’islam à 16 ans et qui s’est rendu en Syrie à 18 ans, s’est fait arrêter parce qu’il se trouvait dans le territoire contrôlé par Daech, clament-ils.« Ce n’est pas parce que vous travaillez ou vivez dans l’espace géographique contrôlé par Daech que vous êtes forcément membre de Daech », mentionne son père. Plusieurs médias, qui ont affublé leur fils du surnom de Jihadi Jack, l’ont toutefois dépeint comme un homme ayant été radicalisé.
Sally Lane et John Letts ont eux-mêmes dû faire face à la justice en 2019 pour avoir envoyé de l’argent à leur fils. Ils ont été jugés coupables d’un chef lié au financement du terrorisme, puisque l’argent envoyé aurait pu être utilisé par Daech, a statué le tribunal.”
Source: “Les parents de Jack Letts, détenu en Syrie, veulent revoir leur fils”
In 2019, due to the risk he would pose to the security of the country, Jack, who was born and raised in the United Kingdom, was deprived of his British citizenship. All he has left is his Canadian citizenship, obtained by filiation. At the time, Ottawa deplored that Downing Street had “discharged its responsibilities”.
Since then, the Canadian government has refused to repatriate Jack, like all other Canadian nationals suspected of fighting with Daesh. In 2023, the Federal Court of Appeal ruled in favor of Ottawa by specifying that there was no “absolute right” to force the State to repatriate its citizens in order to “subtract them from the repercussions of their actions”.
Sally Lane hopes that Ottawa will revise its position in light of recent developments. If Jack is brought to justice in Iraq, he risks an expedited and biased trial, could be forced to confess under torture and be sentenced to death, his parents fear.
“The abuses of the judicial system in Iraq are well known,” says Ms. Lane. “I hope that the media attention will really force the Canadian government to act [by repatriating it], which it has refused to do so far. “Jack could then face a trial here,” says John Letts. For years, the Kurdish and American authorities have been demanding that foreign prisoners return to their countries of origin. “I think Americans are using these transfers as a high-pressure repatriation technique. This is the way they have found to force reluctant countries to repatriate their nationals, “says Ms. Lane.”
“Extremism
Jack’s parents – who have not been able to talk to their son since 2017 – both say they are convinced of his innocence. Jack, who converted to Islam at the age of 16 and went to Syria at the age of 18, was arrested because he was in the territory controlled by Daesh, they claim.
“It is not because you work or live in the geographical area controlled by Daesh that you are necessarily a member of Daesh,” says his father. Several media outlets, which gave their son the nickname Jihadi Jack, however, portrayed him as a radicalized man.
Sally Lane and John Letts themselves had to face justice in 2019 for sending money to their son. They were found guilty of a charge related to the financing of terrorism, since the money sent could have been used by Daesh, the court ruled.”
