La radicalisation des intellectuels noirs
2015/07/20 1 Comment
Interesting piece on how the views of prominent Black intellectuels have become more radical and challenging, citing Ta-Nehisi Coates as an example:
L’insistance de Ta-Nehisi Coates à parler des sujets qui fâchent le distingue nettement de la génération précédente. Les identités étaient alors pensées dans leur pluralité, et non dans leur singularité, et le multiculturalisme devait pouvoir les réconcilier. Un nouvel ordre politique devait naître de la collaboration entre minorités par la défense d’intérêts communs. La large coalition qui permit l’élection de Barack Obama, en novembre 2008, confirmait cette thèse et signait l’entrée des États-Unis dans une ère postraciale où les discriminations, sans être tout à fait vaincues, étaient du moins significativement atténuées.
Hélas, le multiculturalisme, s’il a banalisé l’idée de diversité, n’a pas mis fin au racisme. Et c’est ce que Ta-Nehisi Coates estime nécessaire de rappeler à la majorité blanche. L’égalité devant la loi, obtenue dans les années 1960 par le mouvement des droits civiques, ne suffit pas. Le rappel de cette triste vérité est au coeur du nouveau radicalisme noir. Sur le plan des idées, l’intégration politique des descendants d’esclaves passe au second plan pour revenir à une question primordiale : la dignité des personnes noires. Ta-Nehisi Coates et plusieurs intellectuels interpellent donc aujourd’hui directement l’Amérique blanche pour lui demander une pleine reconnaissance des violences subies hier comme aujourd’hui. Le philosophe Chris Lebron et le politologue Fredrick C. Harris ont tenu des positions similaires dans le New York Times et la revue Dissent. La juriste Michelle Alexander avait en quelque sorte préparé le terrain, il y a deux ans, en publiant un livre dénonçant l’incarcération massive des hommes noirs, qu’elle assimilait à une nouvelle ségrégation.

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